Lois · Projet ou proposition de loi organique · déposé le 18 mars 2026
Projet de loi organique relatif au renforcement des juridictions criminelles
Promulguée Loi n° 2026-650 du 23 juillet 2026
Ce qui est voté, ce que ça change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi organique du Gouvernement (garde des sceaux : Gérald Darmanin), déposé au Sénat le 18 mars 2026 avec procédure accélérée (texte déposé). Il accompagne le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. D’après le texte définitif (9 juillet 2026) :
- les avocats honoraires (avocats ayant cessé leur activité) peuvent siéger comme assesseurs dans les cours criminelles départementales, statut jusqu’ici expérimental (loi organique du 22 décembre 2021) ; mandat de cinq ans renouvelable une fois, jusqu’à 75 ans (art. 1er) ;
- des règles d’impartialité : pas d’exercice comme avocat depuis au moins trois ans dans le ressort de la cour d’appel, pas d’affaire liée à son activité ou à une partie connue professionnellement (art. 1er) ;
- une formation obligatoire de l’École nationale de la magistrature sur les violences intrafamiliales et sur les violences sexuelles et sexistes pour certains magistrats et assesseurs (art. 2).
Le projet créait aussi un statut de « citoyen assesseur » (rapport du Sénat). L’Assemblée l’a supprimé le 2 juillet 2026 par deux amendements identiques du Gouvernement et du RN (compte rendu) ; la commission mixte paritaire ne l’a pas rétabli.
Ce que ça change
Contrairement aux cours d’assises et à leurs six jurés, les cours criminelles départementales réunissent un président et quatre assesseurs (rapport du Sénat). Les avocats honoraires y sont nommés par décret après avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature et ne peuvent y être majoritaires avec d’autres juges non professionnels (décision du Conseil constitutionnel, § 8 et 15). Les magistrats en poste ont jusqu’au 31 décembre 2028 pour suivre la formation sur les violences intrafamiliales (art. 3).
Ce qui est contesté
L’Assemblée a adopté le texte le 7 juillet 2026 par 363 voix contre 177 (scrutin n° 7981). Contre : LFI-NFP (66), Socialistes (56), Écologiste et social (37), GDR (17). Pour : RN (121), EPR (80, 1 contre), Droite républicaine (47), Démocrates (37), Horizons (32), LIOT (22), UDR (17). Le texte de la commission mixte paritaire a été adopté le 8 juillet par 283 voix contre 156, mêmes groupes contre (scrutin n° 8043). Deux motions de rejet de LFI ont été repoussées (n° 7895 et n° 8041).
- Pour LFI, Élisa Martin estime que « ce texte ne répond pas au problème de fond de notre justice criminelle ». Gabrielle Cathala veut une justice rendue par des magistrats professionnels ; l’article 1er a été adopté par 55 voix contre 27, LFI, Écologistes et GDR contre (scrutin n° 7975).
- La suppression de l’article 2 du texte examiné (entrée en vigueur), demandée par LFI, a été rejetée par 55 voix contre 28 (scrutin n° 7977).
- Dans les explications de vote communes aux deux textes, Colette Capdevielle (Socialistes) reproche au Gouvernement d’agir « pour tenter d’adapter la justice à la pénurie » ; Elsa Faucillon (GDR) évoque le manque de moyens.
- Sylvie Josserand (RN) dit avoir « obtenu la suppression des citoyens assesseurs », retrait approuvé par l’UDR et regretté par les Démocrates.
- Pour les partisans, Ian Boucard (Droite républicaine) estime que « notre justice criminelle est en souffrance ». Pour la formation obligatoire, Gérald Darmanin rappelle qu’un magistrat non formé pouvait jusqu’ici siéger (2 juillet).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par le Premier ministre le 10 juillet 2026, contrôle obligatoire pour une loi organique, le Conseil a déclaré la loi entièrement conforme le 23 juillet 2026 (décision n° 2026-908 DC), sans censure ni réserve d’interprétation. Des non-professionnels peuvent exercer, pour une part limitée et à titre temporaire, des fonctions de magistrat, avec des garanties d’indépendance et de capacité (§ 4 à 6). Il les juge réunies : avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature, serment, discipline, incompatibilités (§ 7 à 13), vingt ans d’exercice et formation (§ 14), pas de majorité (§ 15). Les articles 2 et 3 sont conformes (§ 17 à 19).
Où en est le texte
La loi organique n° 2026-650 relative au renforcement des juridictions criminelles a été promulguée le 23 juillet 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, projet de loi organique n° 457 (texte déposé) (18/03/2026)
- Sénat, rapport n° 520 de la commission des lois (08/04/2026)
- Sénat, texte définitif adopté (T.A. n° 161) (09/07/2026)
- Compte rendu de séance, motion de rejet préalable (30/06/2026)
- Compte rendu de séance, examen des articles (02/07/2026)
- Compte rendu de séance, explications de vote et vote solennel (07/07/2026)
- Compte rendu de séance, texte de la commission mixte paritaire (08/07/2026)
- Scrutin n° 7895 (motion de rejet préalable) (30/06/2026)
- Scrutin n° 7975 (article 1er) (02/07/2026)
- Scrutin n° 7977 (suppression de l’article 2) (02/07/2026)
- Scrutin n° 7981 (ensemble, première lecture) (07/07/2026)
- Scrutin n° 8041 (motion de rejet préalable, CMP) (08/07/2026)
- Scrutin n° 8043 (ensemble, texte de la CMP) (08/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-908 DC (23/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Les articles les plus disputés
Classement factuel, calculé sur les scrutins publics de l’Assemblée : nombre de scrutins portant sur l’article (amendements et article lui-même), dont « serrés » (écart entre pour et contre inférieur ou égal à 10 % des suffrages exprimés). Un scrutin public est demandé par un groupe ou par le Gouvernement : beaucoup de scrutins signalent un point de désaccord, pas son importance.
| Article | Scrutins | Serrés | Amendements adoptés | Intensité |
|---|---|---|---|---|
| Article 2 | 2 | 0 | 0 | |
| Article premier | 1 | 0 | 0 | |
| Article 1er bis | 1 | 0 | 1 |
Les votes du texte
- 8 Juil 2026 · n° 8043 · Solennel L'ensemble du projet de loi organique relatif au renforcement des juridictions criminelles (texte de la commission mixte paritaire). Adopté 283 pour · 156 contre · 1 abst.
- 8 Juil 2026 · n° 8041 La motion de rejet préalable, déposée par Mme Mathilde Panot, du projet de loi organique relatif au renforcement des juridictions criminelles (texte de la commission mixte paritaire). Rejeté 70 pour · 133 contre · 1 abst.
- 7 Juil 2026 · n° 7981 · Solennel L'ensemble du projet de loi organique relatif au renforcement des juridictions criminelles (première lecture). Adopté 363 pour · 177 contre · 2 abst.
- 2 Juil 2026 · n° 7978 L'article 2 du projet de loi organique relatif au renforcement des juridictions criminelles (première lecture). Adopté 62 pour · 24 contre · 0 abst.
- 2 Juil 2026 · n° 7975 L'article premier du projet de loi organique relatif au renforcement des juridictions criminelles (première lecture). Adopté 55 pour · 27 contre · 0 abst.
- 30 Juin 2026 · n° 7895 La motion de rejet préalable, déposée par Mme Mathilde Panot, du projet de loi organique relatif au renforcement des juridictions criminelles (première lecture). Rejeté 59 pour · 176 contre · 11 abst.
Les étapes
- 18 mars 2026 Sénat, 1re lecture · 1er dépôt d'une initiative.
- 18 mars 2026 Sénat, 1re lecture · Le gouvernement déclare l'urgence / engage la procédure accélérée
- 14 avril 2026 Sénat, 1re lecture · Décision
- 15 avril 2026 Assemblée, 1re lecture · Dépôt d'une initiative en navette
- 7 juillet 2026 Assemblée, 1re lecture · Décision · modifié
- 7 juillet 2026 Commission mixte paritaire · Dépôt d'un projet de loi
- 8 juillet 2026 Commission mixte paritaire · Décision de la CMP · Accord
- 23 juillet 2026 Conseil constitutionnel · Conclusion du conseil constitutionnel · Conforme
- 23 juillet 2026 Promulgation · Promulgation d'une loi
Source : Assemblée nationale, open data : dossiers législatifs, amendements, scrutins · fichiers du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · dossier officiel · dossier du Sénat