Votes · Scrutin n° 1020 · 17 mars 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 20 de Mme Manon Meunier à l'article premier de la proposition de loi visant à renforcer la stabilité économique et la compétitivité du secteur agroalimentaire (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Renforcer la stabilité économique et la compétitivité du secteur agroalimentaire Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Manon Meunier et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
"Par cet amendement, le groupe LFI-NFP propose de mettre en place un encadrement des marges de 40 % entre le prix d'achat aux fournisseurs de certains produits et leur prix de vente au consommateur final.
En effet, il est apparu que la grande distribution avait souvent réalisé à son seul bénéfice des marges très importantes sur les produits qu'elle proposait à la vente, et ce au détriment des consommateurs.
Il est donc proposé qu'en parallèle du SRP+10 soit mise en place une limitation des marges de la grande distribution à 40 %.
En effet, dans une étude publiée le 4 février dernier, l’UFC-Que Choisir montre que le revenu agricole a baissé depuis 2019 pour les céréales, la viande de porc et de bœuf, et stagné pour la filière laitière. Dans le même temps, les consommateurs ont vu les prix flamber en rayons.
La Cour des comptes a quant à elle constaté que les indices de prix utilisés dans les contrats sont souvent trop peu rémunérateurs, reflètent mal les évolutions réelles des coûts, voire sont inexistants.
On peut également ajouter qu’en cas de non-respect, les sanctions sont extrêmement faibles. Ainsi, l’amende infligée récemment à Carrefour ne représente que 0,03 % de son chiffre d’affaires. Dans ces conditions, les industriels et la grande distribution ont en réalité les coudées franches pour imposer leurs conditions aux agriculteurs.
La France insoumise souhaite changer de méthode et instaurer des tarifs planchers sur les produits agricoles. Dans le même temps, nous fixerons un prix maximum pour les produits alimentaires, à partir d’un coefficient multiplicateur qui limite les marges des maillons suivants : industriels/transformation et distribution. Garantir ainsi la rémunération de tous les maillons de la chaîne et plafonner le prix pour le consommateur final. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 1, insérer les six alinéas suivants :
« 1° A Le I est ainsi modifié :
« a) Après le mot : « coefficient », il est inséré le mot : « minimum » ;
« b) Après le nombre : « 1,10 », sont insérés les mots : « , et maximum de 1,40 » ;
« 1° B Le I bis est ainsi modifié :
« a) Après le mot : « coefficient », il est inséré le mot : « minimum » ;
« b) Après le nombre : « 0,1 », sont insérés les mots : « et maximum de 0,4 » ; ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 16 scrutins publics, dont 5 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée le 13 février 2025 par Stéphane Travert (Ensemble pour la République) et Julien Dive (Droite républicaine), examinée en procédure accélérée (une seule lecture par assemblée). Son exposé des motifs vise d’abord à éviter l’expiration, le 15 avril 2025, du « SRP+10 » : depuis la loi Egalim de 2018, les supermarchés doivent revendre les produits alimentaires au moins 10 % au-dessus de leur prix d’achat. D’après le texte issu de la commission mixte paritaire (CMP, réunion de députés et de sénateurs chargée d’un compromis), la loi :
- prolonge jusqu’au 15 avril 2028 le SRP+10 et l’encadrement des promotions ;
- fixe à 40 % du prix le plafond des promotions sur les produits d’hygiène, de droguerie et de parfumerie, au lieu de supprimer leur encadrement comme le prévoyait le texte initial ;
- punit d’une amende pouvant atteindre 0,4 % de son chiffre d’affaires en France le distributeur qui ne transmet pas aux ministres de l’économie et de l’agriculture le document prévu par la loi, ou ne répond pas sous quinze jours à leurs demandes de précisions ;
- remplace l’amende de 75 000 euros pour revente à perte par une amende plafonnée à 0,4 % du chiffre d’affaires, et l’applique aux produits de marque de distributeur.
Ce que ça change
Pour les consommateurs, les règles de prix minimum et de promotions plafonnées restent en place trois ans de plus dans les rayons alimentaires. Pour la grande distribution, les sanctions deviennent proportionnelles à la taille de l’entreprise. Les rapports du Gouvernement sur les effets du dispositif « peuvent être rendus publics ». Selon Aurélie Trouvé (LFI), présidente de la CMP, le plafond des promotions sur l’hygiène passe « de 34 % à 40 % ». Aucune étude d’impact n’accompagne cette proposition de loi : aucun chiffrage officiel des effets sur les prix n’est disponible.
Ce qui est contesté
Le texte final a été adopté le 9 avril 2025 par 284 voix contre 169 (scrutin n° 1319). Contre : Rassemblement national (100), La France insoumise (65), 2 UDR et 2 non-inscrits. Abstention : écologistes (33) et 8 UDR. Pour : Ensemble pour la République (86), socialistes (63), Droite républicaine (43), Démocrates (32), Horizons (26), LIOT (22) et Gauche démocrate et républicaine (8). En première lecture, le 17 mars, le texte était passé par 137 voix contre 4, avec le soutien du RN et de LFI (scrutin n° 1038).
Pour le RN, Robert Le Bourgeois a soutenu que le SRP+10 n’a pas amélioré la rémunération des agriculteurs et regretté le maintien de l’encadrement des promotions sur l’hygiène, alors que « près d’un Français sur deux réduit sa consommation de produits d’hygiène ». Mathilde Hignet (LFI) estime que le texte ressemble à « une loi pour assurer la stabilité des marges des multinationales » et regrette l’abandon de l’encadrement des marges voté par l’Assemblée. Boris Tavernier a justifié l’abstention des écologistes par l’absence de transparence sur les marges.
Le rapporteur Stéphane Travert présente un texte ciblé, qui « n’a jamais prétendu constituer une loi Egalim 4 ». Julien Dive (Droite républicaine) y voit « un outil de protection, de correction et de réajustement ». Richard Ramos (Démocrates) a rapporté que, selon les agriculteurs et industriels, la fin du SRP+10 les exposerait davantage dans les négociations avec la distribution. La ministre Véronique Louwagie a estimé que l’arrêt de l’expérimentation aurait relancé une « guerre des prix ».
L’article 1er a concentré 16 des 21 scrutins publics, dont cinq très serrés (par exemple 46 voix contre 47).
Où en est le texte
Promulgué : loi n° 2025-337 du 14 avril 2025 visant à renforcer la stabilité économique et la compétitivité du secteur agroalimentaire. Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Stabilité économique et compétitivité du secteur agroalimentaire » (14/04/2025)
- Proposition de loi n° 954 et exposé des motifs (13/02/2025)
- Texte adopté n° 97 (texte de la commission mixte paritaire) (09/04/2025)
- Sénat, dossier législatif de la proposition de loi n° 451 (2024-2025) (01/04/2025)
- Compte rendu de la première séance du 9 avril 2025 (lecture des conclusions de la CMP) (09/04/2025)
- Scrutin public n° 1038 sur l’ensemble (première lecture) (17/03/2025)
- Scrutin public n° 1319 sur l’ensemble (texte de la CMP) (09/04/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 43
- Contre
- 46
- Abstention
- 44
- Non-votant
- 2
- Votants
- 133
- Exprimés
- 89
- Majorité requise
- 45
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Abstention | 0 | 0 | 43 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 19 | 0 | 0 | 1 | |
| SOC 66 membres | Pour | 14 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 1 | 4 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 3 | 1 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 43 dans le décompte
Abstention (43) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jordan Guitton, Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lisette Pollet, Christine Loir, Roger Chudeau, Hélène Laporte, Philippe Ballard, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Romain Tonussi, Nadine Lechon, Thibaut Monnier, Julien Gabarron, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 22 dans le décompte
Contre (21) : Sébastien Huyghe, Stéphane Travert, Brigitte Klinkert, Annaïg Le Meur, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Stéphanie Rist (ancien député), Jean-Michel Jacques, Véronique Riotton, Céline Calvez, Olivia Grégoire, Jean-Luc Fugit, Freddy Sertin (ancien député), Charles Sitzenstuhl, Charles Rodwell, Paul Midy, Moerani Frébault, Emmanuelle Hoffman, Anne-Sophie Ronceret, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 20 dans le décompte
Pour (19) : Ugo Bernalicis, Sophia Chikirou, Sébastien Delogu, François Piquemal, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Idir Boumertit, Aurélie Trouvé, Alma Dufour, Jérôme Legavre, Damien Maudet, Manon Meunier, Maxime Laisney, Arnaud Le Gall, René Pilato
Non-votant (1) : Clémence Guetté
Socialistes et apparentés 14 dans le décompte
Pour (14) : François Hollande, Dominique Potier, Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Roger Vicot, Stéphane Delautrette, Emmanuel Grégoire (ancien député), Océane Godard, Pierre Pribetich, Céline Hervieu, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Contre (4) : Eric Liégeon, Guillaume Lepers (ancien député), Jean-Pierre Taite (ancien député), Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Pour (8) : Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Emmanuel Duplessy, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 6 dans le décompte
Contre (6) : Sophie Mette, Richard Ramos, Nicolas Turquois, Louise Morel, Éric Martineau, Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Contre (7) : Thierry Benoit, Jean-François Portarrieu, Xavier Roseren, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Anne-Cécile Violland
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Pour (1) : Paul Molac
Contre (4) : Christophe Naegelen, Harold Huwart (ancien député), Constance de Pélichy, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : André Chassaigne (ancien député)
UDR 4 dans le décompte
Contre (3) : Bernard Chaix, Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot
Abstention (1) : Marc Chavent
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin