Votes · Scrutin n° 1310 · 8 avril 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 5 de M. Emmanuel Grégoire et les amendements identiques suivants de suppression de l'article premier de la proposition de loi visant à réformer le mode d'élection du Conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et Marseille (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République" Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Réformer le mode d'élection des membres du Conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et Marseille Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Emmanuel Grégoire et Mme Céline Hervieu (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à supprimer l’article 1er, qui met en oeuvre le cœur de la réforme du mode de scrutin municipal à Paris, Lyon et Marseille, proposée par la présente proposition de loi.
Les auteurs de la Proposition de loi voudraient faire croire que dans ces trois communes, la volonté des électeurs aurait été confisquée par un mode de scrutin qui ne permettrait pas aux Parisiens, aux Marseillais et aux Lyonnais, d’élire directement leur maire. Laissant même entendre que, ce faisant, le résultat de l’élection ne résulterait que d’un mode de scrutin confinant à la tambouille politicienne.
Mais qui élit directement son Maire en France ? Dans aucune de nos 34 935 communes, le maire n’est élu par un scrutin uninominal majoritaire sur son seul nom. Ce sont les conseillers municipaux, d’arrondissement ou de secteur qui élisent, en leur sein, un maire. Habituellement le candidat qui menait la liste arrivée en tête dans la circonscription électorale. Rien dans cette proposition de loi ne modifiera cet état de fait.
Quant au mode de scrutin actuel, sur les 24 scrutins municipaux qui se sont tenus dans ces trois communes depuis 1983, seule l’élection municipale à Marseille cette même année, a donné lieu à un résultat où le candidat majoritaire en sièges et élu maire, était minoritaire en voix. Cependant, comme l’a rappelé le rapporteur Mattéi dans son projet de rapport, ce résultat était d’abord la conséquence d’un découpage partisan des secteurs électoraux, qui a été remplacé dès 1987. A Paris, la liste portée par Anne Hidalgo en 2020 a même accru son avance sur la liste Les Républicains par rapport à 2014, passant de 53 000 à 65 000 voix, un écart qui ne souffre d’aucune contestation. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 15 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi de Sylvain Maillard, David Amiel, Olivia Grégoire et Jean Laussucq, déposée le 15 octobre 2024 ; Sylvain Maillard indique en séance l’avoir déposée avec des collègues du groupe Ensemble pour la République. Selon son exposé des motifs, la loi « PLM » de 1982 fait que les électeurs n’élisent « qu’indirectement » le conseil municipal. Principales mesures, d’après le texte définitif du 10 juillet 2025 :
- deux scrutins distincts le même jour : l’un pour le conseil de Paris ou le conseil municipal de Lyon ou de Marseille, sur une liste à l’échelle de la ville, l’autre pour les conseils d’arrondissement ;
- une « prime majoritaire » (sièges donnés d’office à la liste arrivée en tête) réduite au quart des sièges, au lieu de la moitié dans les autres communes ;
- un candidat peut figurer à la fois sur la liste municipale et sur une liste d’arrondissement ;
- le maire d’arrondissement peut être entendu au conseil municipal ; une « conférence des maires » est créée ;
- un rapport du Gouvernement, sous six mois, sur un transfert de compétences vers les mairies d’arrondissement.
Ce que ça change
Les électeurs de Paris, Lyon et Marseille votent avec deux bulletins et élisent directement le conseil qui désigne ensuite le maire de la ville. Selon le Conseil constitutionnel, ces règles s’appliquent dès le renouvellement des conseils municipaux de mars 2026 (§ 56). Martine Froger (LIOT) et Stéphane Delautrette (Socialistes) ont relevé en séance l’absence d’étude d’impact et d’avis du Conseil d’État.
Ce qui est contesté
Première lecture, le 9 avril 2025 : 183 voix pour, 53 contre (scrutin n° 1330). Nouvelle lecture, le 7 juillet 2025 : 117 voix pour, 34 contre (scrutin n° 2954). Ont voté contre les Écologistes (11), la majorité des Socialistes (10 contre, 5 pour), Horizons (8 contre, 2 abstentions), la majorité de LIOT (4 contre, 1 pour) et GDR (1). Ont voté pour LFI (37), le RN (31), EPR (23), les Démocrates (12), la Droite républicaine (7) et l’UDR (1). Le Sénat a rejeté le texte deux fois ; l’Assemblée a eu le dernier mot.
- Pour le socialiste Emmanuel Grégoire, auteur de la motion de rejet, « Cette proposition de loi n’a été précédée d’aucune concertation réelle. »
- Pour GDR, Elsa Faucillon juge le slogan « Une personne, une voix » « aussi simpliste que mensonger », car la prime majoritaire crée toujours une inégalité entre les voix. Pour les Écologistes, Danielle Simonnet y voit « un accord d’appareils ».
- Horizons (Jean Moulliere) et LIOT (Martine Froger) critiquent surtout la méthode et le calendrier.
- Le rapporteur Jean-Paul Mattei (Démocrates) défend un retour vers le droit commun : « Ce texte n’est pas le grand soir pour les trois plus grandes communes de France. » Pour le RN, Franck Allisio soutient le texte tout en regrettant l’absence de bulletin unique.
- Selon nos données, l’article 1er, qui fixe le mode de scrutin, a concentré 13 scrutins.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi en juillet 2025 par des députés (saisine emmenée par Boris Vallaud et Cyrielle Chatelain) et par deux groupes de sénateurs, le Conseil a rendu la décision n° 2025-892 DC le 7 août 2025. Aucune disposition n’est censurée et le dispositif ne comporte aucune réserve d’interprétation (lecture imposée par le Conseil).
- Procédure : la hausse des dépenses publiques invoquée n’était « ni directe, ni certaine » ; le texte était donc recevable (§ 10 à 13).
- Arrondissements : ce ne sont pas des collectivités territoriales, et le texte ne change pas la répartition des compétences (§ 23 à 27).
- Prime de 25 % : justifiée par la taille et l’organisation propres à ces trois villes et par l’objectif de pluralisme (§ 33 à 35).
- Sincérité du scrutin : les règles ne sont pas « d’une particulière complexité » (§ 39 à 41) ; l’application dès mars 2026, plus de six mois après la loi, est admise (§ 56 à 58).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-795 du 11 août 2025 visant à réformer le mode d’élection des membres du conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et de Marseille.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 451 et exposé des motifs (15/10/2024)
- Texte adopté n° 166 (lecture définitive) (10/07/2025)
- Scrutin n° 1330 (première lecture) (09/04/2025)
- Scrutin n° 2954 (nouvelle lecture) (07/07/2025)
- Compte rendu de la séance du 7 juillet 2025 (motion de rejet et discussion générale) (07/07/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-892 DC (07/08/2025)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 50
- Contre
- 168
- Abstention
- 10
- Non-votant
- 2
- Votants
- 228
- Exprimés
- 218
- Majorité requise
- 110
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 56 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 34 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 44 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 23 | 5 | 1 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 8 | 5 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 16 | 2 | 0 | |
| HOR 33 membres | Abstention | 0 | 0 | 7 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 56 dans le décompte
Contre (56) : Hervé de Lépinau, Nicolas Meizonnet, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Jocelyn Dessigny, Christophe Barthès (ancien député), Gisèle Lelouis, Bryan Masson (ancien député), Franck Allisio, Christine Loir, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Laurent Jacobelli, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frank Giletti (ancien député), Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Florence Joubert, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Sébastien Humbert, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 35 dans le décompte
Contre (34) : Sébastien Huyghe, Franck Riester (ancien député), Florent Boudié (ancien député), Stéphane Travert, Brigitte Klinkert, Sylvain Maillard, Sandra Marsaud, Annaïg Le Meur, Corinne Vignon, Daniel Labaronne, Stéphanie Rist (ancien député), Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Stéphane Vojetta (ancien député), Céline Calvez, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Stéphane Buchou, Marie-Pierre Rixain, Thomas Gassilloud, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Jean-François Rousset, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Caroline Yadan, Bastien Marchive, Prisca Thevenot, David Amiel (ancien député), Joséphine Missoffe, Jean Laussucq (ancien député), Emmanuelle Hoffman, Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 44 dans le décompte
Contre (44) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Aurélien Taché, Sophia Chikirou, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Idir Boumertit, Rodrigo Arenas, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Clémence Guetté, Maxime Laisney, Farida Amrani, Antoine Léaument, Karen Erodi, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 29 dans le décompte
Pour (23) : Alain David, Marietta Karamanli, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Christine Pirès Beaune, Gérard Leseul, Stéphane Delautrette, Emmanuel Grégoire (ancien député), Fabrice Barusseau, Océane Godard, Pierre Pribetich, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Julien Gokel (ancien député), Denis Fégné, Thierry Sother, Sandrine Runel, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Béatrice Bellay
Contre (5) : Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Marc Pena, Jacques Oberti
Abstention (1) : Elie Califer
Droite Républicaine 13 dans le décompte
Pour (8) : Vincent Rolland, Olivier Marleix (ancien député), Julien Dive, Pierre Cordier, Sylvie Bonnet, Fabien Di Filippo (ancien député), Émilie Bonnivard, Hubert Brigand
Contre (5) : Jean-Luc Bourgeaux, Philippe Juvin, Thibault Bazin, Nicolas Ray, Jean-Pierre Taite (ancien député)
Écologiste et Social 16 dans le décompte
Pour (15) : Dominique Voynet, Jean-Louis Roumégas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Sandrine Rousseau, Danielle Simonnet, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Julie Ozenne
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 18 dans le décompte
Contre (16) : Christophe Blanchet, Sabine Thillaye, Marc Fesneau, Sandrine Josso, Philippe Bolo (ancien député), Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Maud Petit, Cyrille Isaac-Sibille, Romain Daubié, Delphine Lingemann, Louise Morel, Éric Martineau, Marina Ferrari (ancien député), Frantz Gumbs
Abstention (2) : Perrine Goulet, Blandine Brocard
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Abstention (7) : Laetitia Saint-Paul, Isabelle Rauch, Xavier Albertini, Jean Moulliere (ancien député), Didier Lemaire, Anne-Cécile Violland, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Pour (1) : Harold Huwart (ancien député)
Contre (1) : Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Nicolas Sansu, Stéphane Peu, Emmanuel Maurel
UDR 5 dans le décompte
Contre (5) : Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Maxime Michelet, Éric Michoux
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Belkhir Belhaddad, Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin