Votes · Scrutin n° 1571 · 6 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 33 de M. Gustave à l'article premier de la proposition de loi relative à la lutte contre l'antisémitisme, le racisme, les discriminations, les violences et la haine dans l'enseignement supérieur (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Horizons & Indépendants"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Proposition de loi relative à la lutte contre l'antisémitisme dans l'enseignement supérieur Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Gustave et 34 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à rappeler l’objectif principal de ce texte : la lutte contre toutes les formes de racisme dans l’enseignement supérieur.
Nous ne cherchons pas ici à invisibiliser ni à diluer le combat contre l’antisémitisme, mais bien à décloisonner les luttes contre les discriminations.
D’un point de vue pédagogique, le décloisonnement des luttes permet de montrer que l’antisémitisme procède des mêmes mécanismes que d’autres discriminations ou haines de minorités comme par exemple l’islamophobie. Ce décloisonnement en créant des ponts entre les différentes violences subies, renforce la solidarité entre les étudiants victimes de tels agissements.
D’un point de vue pragmatique, la fragmentation des luttes aboutit à un saupoudrage des actions conduites, diluant les actions des référents et des chargés de mission sans parvenir à capter l’attention des populations étudiantes, dès lors que les actions de sensibilisation sont multipliées. Le morcellement des actions n’est pas compatible avec les moyens humains mais surtout financiers dont dispose les établissements.
Enfin, la dissociation des deux combats est contre-productive, et peut se révéler dangereuse, dans la mesure où elle peut nourrir chez d’autres minorités le sentiment de double standard, et de hiérarchisation des discriminations, donnant lieu à du ressenti et in fine pouvant créer des conditions d’une concurrence victimaire délétère, que nous voulons absolument éviter.
Le droit français retient une définition globale et universelle du racisme, la CNCDH estime qu’une singularisation de la lutte contre l’antisémitisme risque à terme de fragiliser l’approche républicaine universelle et indivisible du combat antiraciste.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À l’alinéa 2, substituer aux mots :
« l’antisémitisme, le racisme »
les mots :
« le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie ».
II. – En conséquence, à l’alinéa 3, substituer aux mots :
« l’antisémitisme, le racisme »
les mots :
« le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie ».
III. – En conséquence, à l’alinéa 4, substituer aux mots :
« l’antisémitisme, le racisme »
les mots :
« le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie ».
IV. – En conséquence, à l’alinéa 6, substituer aux mots :
« l’antisémitisme, le racisme »
les mots :
« le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie ».
V. – En conséquence, à l’alinéa 7, substituer aux mots :
« l’antisémitisme, le racisme »
les mots :
« le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi des sénateurs Pierre-Antoine Levi et Bernard Fialaire, déposée au Sénat le 10 octobre 2024 avec de nombreux cosignataires. Selon la rapporteure Constance Le Grip, elle prolonge leur mission d’information sur l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur. Principales mesures, d’après le texte définitif adopté le 2 juillet 2025 :
- une formation à la lutte contre l’antisémitisme, le racisme, les discriminations, les violences et la haine, dans les établissements d’enseignement ;
- dans chaque université, une mission « égalité et diversité » avec un référent chargé de l’antisémitisme et du racisme, et un dispositif de signalement anonyme ; le personnel doit signaler les faits dont il a connaissance ;
- une liste des fautes disciplinaires des étudiants, dont les faits d’antisémitisme, de racisme ou d’incitation à la haine, y compris hors de l’établissement s’ils ont « un lien suffisant » avec lui ;
- la possibilité d’interdire l’accès aux locaux à un étudiant poursuivi, jusqu’à la fin de la procédure, et une section disciplinaire commune par région académique, présidée par un magistrat administratif.
Ce que ça change
Étudiants, enseignants et présidents d’université sont concernés. Les victimes sont informées des poursuites disciplinaires et de leur issue. Le Gouvernement transmet chaque année au Parlement un bilan des signalements. Selon le baromètre de l’application des lois de l’Assemblée, plusieurs décrets d’application ont été publiés, dont le décret n° 2025-1433 du 29 décembre 2025 et le décret n° 2026-36 du 29 janvier 2026.
Ce qui est contesté
Première lecture à l’Assemblée, le 7 mai 2025 : 131 voix pour, 28 contre (scrutin n° 1601). Texte final, le 2 juillet 2025 : 366 voix pour, 88 contre (scrutin n° 2880). Ont voté contre La France insoumise (65), la majorité de GDR (12 contre, 3 pour) et une partie des Écologistes (11 contre, 7 abstentions, 4 pour). Les autres groupes, dont le RN (117) et les Socialistes (35), ont voté pour.
- Pour LFI, Marie Mesmeur estime que le texte vise les mobilisations pour Gaza et qu’il va « brouiller la frontière entre antisémitisme et critiques légitimes d’Israël » ; elle regrette l’absence de moyens supplémentaires.
- Pour GDR, Nicolas Sansu juge que la section disciplinaire régionale affaiblirait le Cneser (la juridiction de l’enseignement supérieur) et l’autonomie des universités.
- L’écologiste Steevy Gustave, qui avait voté le texte en première lecture, s’abstient : la version finale « affaiblit les garanties sur la liberté académique », selon lui, notamment avec l’interdiction d’accès aux locaux.
- Pour les Socialistes, Romain Eskenazi vote pour et indique que la commission mixte paritaire a confié la saisine de la section disciplinaire au président d’université : « L’autonomie des universités n’est donc plus remise en cause. » Pour la Droite républicaine, Alexandre Portier salue une procédure disciplinaire qui « répond à une lacune de notre droit ».
- Selon nos données, l’article le plus disputé est l’article 2 (mission « égalité et diversité » et signalements, 12 scrutins), devant l’article 3 (procédure disciplinaire, 8 scrutins). La commission mixte paritaire a rétabli le titre initial, centré sur l’antisémitisme, que l’Assemblée avait élargi au racisme et aux discriminations.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 7 juillet 2025 par des députés de La France insoumise, le Conseil a rendu la décision n° 2025-890 DC le 29 juillet 2025. Aucune disposition n’est censurée et le dispositif ne comporte aucune réserve d’interprétation (lecture imposée par le Conseil).
- Section disciplinaire commune : le renvoi à un décret pour sa composition et son fonctionnement est admis, ces points ne relevant pas de la loi (§ 8 à 10).
- Fautes disciplinaires : la liste est jugée assez précise ; pour les faits commis hors de l’établissement, l’exigence d’un « lien suffisant » protège contre l’arbitraire (§ 15 à 19).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-732 du 31 juillet 2025 relative à la lutte contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, proposition de loi n° 26 (2024-2025) (10/10/2024)
- Texte adopté n° 156 (texte de la commission mixte paritaire) (02/07/2025)
- Scrutin n° 1601 (première lecture) (07/05/2025)
- Scrutin n° 2880 (texte final) (02/07/2025)
- Compte rendu de la séance du 2 juillet 2025 (explications de vote) (02/07/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-890 DC (29/07/2025)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 64
- Contre
- 109
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 173
- Exprimés
- 173
- Majorité requise
- 87
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 1 | 43 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 25 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 32 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 15 | 2 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 14 | 0 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 44 dans le décompte
Pour (1) : Marc de Fleurian
Contre (43) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Katiana Levavasseur, Lisette Pollet, Christine Loir, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Christophe Bentz, Laurent Jacobelli, Sandrine Dogor-Such, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Julien Odoul, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Sandra Delannoy, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Florence Joubert, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, Antoine Golliot, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Julien Limongi, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard
Ensemble pour la République 26 dans le décompte
Contre (25) : Constance Le Grip, Sylvain Maillard, Hervé Berville (ancien député), Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Corinne Vignon, Stéphanie Rist (ancien député), Guillaume Gouffier Valente, Céline Calvez, Natalia Pouzyreff, Jean-Luc Fugit, Thomas Cazenave (ancien député), Christophe Marion, Violette Spillebout, Philippe Fait, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Antoine Armand (ancien député), Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), Prisca Thevenot, Laure Miller, Pauline Levasseur (ancien député), Emmanuelle Hoffman
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 32 dans le décompte
Pour (32) : Élisa Martin, Ugo Bernalicis, Mathilde Panot, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, François Piquemal, Christophe Bex, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, David Guiraud (ancien député), Gabriel Amard (ancien député), Idir Boumertit, Jérôme Legavre, Louis Boyard, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, Pierre-Yves Cadalen, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Zahia Hamdane, Raphaël Arnault, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 17 dans le décompte
Pour (15) : Guillaume Garot, Hervé Saulignac, Claudia Rouaux, Iñaki Echaniz, Emmanuel Grégoire (ancien député), Valérie Rossi, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Julien Gokel (ancien député), Sandrine Runel, Céline Hervieu, Romain Eskenazi
Contre (2) : Aurélien Rousseau, Sophie Pantel
Droite Républicaine 9 dans le décompte
Contre (9) : Jean-Luc Bourgeaux, Éric Pauget, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Frédérique Meunier, Sylvie Bonnet, Fabien Di Filippo (ancien député), Hubert Brigand, Alexandre Portier
Écologiste et Social 15 dans le décompte
Pour (14) : Dominique Voynet, Eva Sas, Sophie Taillé-Polian, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Cyrielle Chatelain, Sandra Regol, Lisa Belluco, Catherine Hervieu, Damien Girard, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 4 dans le décompte
Contre (4) : Philippe Vigier, Géraldine Bannier, Perrine Goulet, Romain Daubié
Horizons & Indépendants 17 dans le décompte
Contre (17) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Paul Christophe (ancien député), Bertrand Bouyx, Xavier Lacombe (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Isabelle Rauch, Xavier Roseren, Béatrice Piron, Pierre Henriet, Jérémie Patrier-Leitus, Anne Le Hénanff (ancien député), Jean Moulliere (ancien député), Didier Lemaire, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député), Nathalie Colin-Oesterlé
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (1) : Paul Molac
Contre (2) : Stéphane Viry, Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Jean-Paul Lecoq
UDR 5 dans le décompte
Contre (5) : Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Éric Michoux
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Belkhir Belhaddad, Christine Engrand
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Arnaud Simion
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin