Votes · Scrutin n° 1578 · 7 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 35 de M. Gustave à l'article 2 de la proposition de loi relative à la lutte contre l'antisémitisme, le racisme, les discriminations, les violences et la haine dans l'enseignement supérieur (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 2
- Texte
- Proposition de loi relative à la lutte contre l'antisémitisme dans l'enseignement supérieur Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Gustave et 34 cosignataires (ECOS) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à donner aux référents les outils nécessaires pour mener à bien leurs missions. Une formation, notamment juridique est nécessaire pour apporter des réponses aux victimes dans leur parcours et pour faire valoir leurs droits.
Le récent rapport du Défenseur des droits portant sur «la dénonciation des discriminations vécues à l’université : entre silence, révélation et signalement » datant d’avril 2024, démontre qu’un frein important au non-signalement de faits, est lié en grande partie à la méconnaissance des droits des étudiants sur le campus, ainsi qu’au manque de connaissance des dispositifs institutionnels. Ce type de connaissance varie complètement en fonction des ressources socioculturelles.
Il est donc primordial que le référent, figure de proue dans la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, les discriminations et la haine, soit en mesure de transmettre les informations nécessaires aux victimes. La formation peut être faite par la DILCRAH ou encore par des associations présentes sur le campus.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter l’alinéa 10 par la phrase suivante :
« Le référent dispose d’une formation adaptée à ses fonctions de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 2 : 12 scrutins publics, dont 2 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi des sénateurs Pierre-Antoine Levi et Bernard Fialaire, déposée au Sénat le 10 octobre 2024 avec de nombreux cosignataires. Selon la rapporteure Constance Le Grip, elle prolonge leur mission d’information sur l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur. Principales mesures, d’après le texte définitif adopté le 2 juillet 2025 :
- une formation à la lutte contre l’antisémitisme, le racisme, les discriminations, les violences et la haine, dans les établissements d’enseignement ;
- dans chaque université, une mission « égalité et diversité » avec un référent chargé de l’antisémitisme et du racisme, et un dispositif de signalement anonyme ; le personnel doit signaler les faits dont il a connaissance ;
- une liste des fautes disciplinaires des étudiants, dont les faits d’antisémitisme, de racisme ou d’incitation à la haine, y compris hors de l’établissement s’ils ont « un lien suffisant » avec lui ;
- la possibilité d’interdire l’accès aux locaux à un étudiant poursuivi, jusqu’à la fin de la procédure, et une section disciplinaire commune par région académique, présidée par un magistrat administratif.
Ce que ça change
Étudiants, enseignants et présidents d’université sont concernés. Les victimes sont informées des poursuites disciplinaires et de leur issue. Le Gouvernement transmet chaque année au Parlement un bilan des signalements. Selon le baromètre de l’application des lois de l’Assemblée, plusieurs décrets d’application ont été publiés, dont le décret n° 2025-1433 du 29 décembre 2025 et le décret n° 2026-36 du 29 janvier 2026.
Ce qui est contesté
Première lecture à l’Assemblée, le 7 mai 2025 : 131 voix pour, 28 contre (scrutin n° 1601). Texte final, le 2 juillet 2025 : 366 voix pour, 88 contre (scrutin n° 2880). Ont voté contre La France insoumise (65), la majorité de GDR (12 contre, 3 pour) et une partie des Écologistes (11 contre, 7 abstentions, 4 pour). Les autres groupes, dont le RN (117) et les Socialistes (35), ont voté pour.
- Pour LFI, Marie Mesmeur estime que le texte vise les mobilisations pour Gaza et qu’il va « brouiller la frontière entre antisémitisme et critiques légitimes d’Israël » ; elle regrette l’absence de moyens supplémentaires.
- Pour GDR, Nicolas Sansu juge que la section disciplinaire régionale affaiblirait le Cneser (la juridiction de l’enseignement supérieur) et l’autonomie des universités.
- L’écologiste Steevy Gustave, qui avait voté le texte en première lecture, s’abstient : la version finale « affaiblit les garanties sur la liberté académique », selon lui, notamment avec l’interdiction d’accès aux locaux.
- Pour les Socialistes, Romain Eskenazi vote pour et indique que la commission mixte paritaire a confié la saisine de la section disciplinaire au président d’université : « L’autonomie des universités n’est donc plus remise en cause. » Pour la Droite républicaine, Alexandre Portier salue une procédure disciplinaire qui « répond à une lacune de notre droit ».
- Selon nos données, l’article le plus disputé est l’article 2 (mission « égalité et diversité » et signalements, 12 scrutins), devant l’article 3 (procédure disciplinaire, 8 scrutins). La commission mixte paritaire a rétabli le titre initial, centré sur l’antisémitisme, que l’Assemblée avait élargi au racisme et aux discriminations.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 7 juillet 2025 par des députés de La France insoumise, le Conseil a rendu la décision n° 2025-890 DC le 29 juillet 2025. Aucune disposition n’est censurée et le dispositif ne comporte aucune réserve d’interprétation (lecture imposée par le Conseil).
- Section disciplinaire commune : le renvoi à un décret pour sa composition et son fonctionnement est admis, ces points ne relevant pas de la loi (§ 8 à 10).
- Fautes disciplinaires : la liste est jugée assez précise ; pour les faits commis hors de l’établissement, l’exigence d’un « lien suffisant » protège contre l’arbitraire (§ 15 à 19).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-732 du 31 juillet 2025 relative à la lutte contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, proposition de loi n° 26 (2024-2025) (10/10/2024)
- Texte adopté n° 156 (texte de la commission mixte paritaire) (02/07/2025)
- Scrutin n° 1601 (première lecture) (07/05/2025)
- Scrutin n° 2880 (texte final) (02/07/2025)
- Compte rendu de la séance du 2 juillet 2025 (explications de vote) (02/07/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-890 DC (29/07/2025)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 61
- Contre
- 22
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 83
- Exprimés
- 83
- Majorité requise
- 42
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 26 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 26 dans le décompte
Pour (26) : Jérôme Buisson, Jorys Bovet, Julien Rancoule, José Gonzalez, Katiana Levavasseur, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Pascale Bordes (ancien député), Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Laurent Jacobelli, Emeric Salmon, Julien Odoul, Marine Hamelet, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Romain Tonussi, Julien Gabarron, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Matthias Renault, Anne Sicard
Ensemble pour la République 12 dans le décompte
Contre (11) : Constance Le Grip, Stéphane Mazars (ancien député), Hervé Berville (ancien député), Stéphane Vojetta (ancien député), Jean-Luc Fugit, Freddy Sertin (ancien député), Christophe Marion, Caroline Yadan, Mathieu Lefèvre (ancien député), Prisca Thevenot, Pauline Levasseur (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 15 dans le décompte
Pour (15) : Élisa Martin, Sophia Chikirou, Laurent Alexandre, Hadrien Clouet, Christophe Bex, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Clémence Guetté, Maxime Laisney, Farida Amrani, Perceval Gaillard, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 8 dans le décompte
Pour (8) : Jiovanny William, Roger Vicot, Emmanuel Grégoire (ancien député), Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Christophe Proença, Sandrine Runel, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 6 dans le décompte
Contre (6) : Jean-Didier Berger (ancien député), Thibault Bazin, Éric Pauget, Frédérique Meunier, Alexandre Portier, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Pour (7) : Eva Sas, Cyrielle Chatelain, Sandra Regol, Lisa Belluco, Emmanuel Duplessy, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Contre (5) : Pierre Henriet, Jérémie Patrier-Leitus, Anne Le Hénanff (ancien député), Jean Moulliere (ancien député), Jean-Michel Brard
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Jean-Paul Lecoq
UDR 4 dans le décompte
Pour (4) : Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Marc Chavent, Matthieu Bloch
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin