Votes · Scrutin n° 1593 · 7 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 46 de M. Henriet à l'article 3 (supprimé) de la proposition de loi relative à la lutte contre l'antisémitisme, le racisme, les discriminations, les violences et la haine dans l'enseignement supérieur (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République" Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire" Président du groupe "Horizons & Indépendants"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 3
- Texte
- Proposition de loi relative à la lutte contre l'antisémitisme dans l'enseignement supérieur Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Henriet et Mme Le Grip (HOR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à rétablir l'article 3 qui a été supprimé en commission.
Au-delà de quelques changements purement rédactionnels, des évolutions ont été apportées par rapport à la version issue du Sénat :
1° Parmi les motifs susceptibles de sanction disciplinaire, le 1er d'entre eux relatif à la méconnaissance des méconnaissance des dispositions législatives et réglementaires, a été précisé. Il faut que cette méconnaissance ait un lien avec la vie universitaire.
2° Après le 5° a été introduit un nouvel alinéa sur la possibilité par le président ou le directeur de l’établissement de prendre des mesures conservatoires à l'encontre d'un usager dans deux conditions cumulatives :
– d'une part, les agissements incriminés doivent relever des faits de violence ou de harcèlement, de faits antisémites, racistes, discriminatoires ou d’incitation à la haine ou à la violence ou porter atteinte à l’ordre, au bon fonctionnement de l’établissement ou au bon déroulement des activités,
– d'autre part, cela doit avoir pour objectif de garantir la sécurité des victimes de ces faits ou d'assurer la protection de l'établissement (y compris donc ses personnels).
Une garantie est accordée à l'usager concerné par ces mesures conservatoires (par exemple, cela peut être une exclusion de l'université) qui ne doivent pas avoir d'incidence sur la poursuite des cours par l'étudiant. L'établissement devra donc aménager un enseignement à distance.
Pour rappel, des mesures conservatoires sont déjà prévues par la partie réglementaire du code de l'éducation.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Rétablir cet article dans la rédaction suivante :
« La troisième partie du code de l’éducation est ainsi modifié :
« 1° L’article L. 712‑6‑2 est ainsi modifié :
« a) Avant la dernière phrase du dernier alinéa, est insérée une phrase ainsi rédigée : « Il précise les modalités de formation des membres de la section disciplinaire à la lutte contre l’antisémitisme, le racisme, les discriminations, les violences et la haine. » ;
« b) Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« En cas de violence ou de faits d’antisémitisme, de racisme, de discrimination ou d’incitation à la haine, toute personne s’estimant lésée par les agissements de l’enseignant‑chercheur ou de l’enseignant poursuivi et s’étant fait connaître est informée de l’engagement de poursuites disciplinaires, de leur déroulement et de leur issue selon des modalités précisées par décret en Conseil d’État. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 3 : 8 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi des sénateurs Pierre-Antoine Levi et Bernard Fialaire, déposée au Sénat le 10 octobre 2024 avec de nombreux cosignataires. Selon la rapporteure Constance Le Grip, elle prolonge leur mission d’information sur l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur. Principales mesures, d’après le texte définitif adopté le 2 juillet 2025 :
- une formation à la lutte contre l’antisémitisme, le racisme, les discriminations, les violences et la haine, dans les établissements d’enseignement ;
- dans chaque université, une mission « égalité et diversité » avec un référent chargé de l’antisémitisme et du racisme, et un dispositif de signalement anonyme ; le personnel doit signaler les faits dont il a connaissance ;
- une liste des fautes disciplinaires des étudiants, dont les faits d’antisémitisme, de racisme ou d’incitation à la haine, y compris hors de l’établissement s’ils ont « un lien suffisant » avec lui ;
- la possibilité d’interdire l’accès aux locaux à un étudiant poursuivi, jusqu’à la fin de la procédure, et une section disciplinaire commune par région académique, présidée par un magistrat administratif.
Ce que ça change
Étudiants, enseignants et présidents d’université sont concernés. Les victimes sont informées des poursuites disciplinaires et de leur issue. Le Gouvernement transmet chaque année au Parlement un bilan des signalements. Selon le baromètre de l’application des lois de l’Assemblée, plusieurs décrets d’application ont été publiés, dont le décret n° 2025-1433 du 29 décembre 2025 et le décret n° 2026-36 du 29 janvier 2026.
Ce qui est contesté
Première lecture à l’Assemblée, le 7 mai 2025 : 131 voix pour, 28 contre (scrutin n° 1601). Texte final, le 2 juillet 2025 : 366 voix pour, 88 contre (scrutin n° 2880). Ont voté contre La France insoumise (65), la majorité de GDR (12 contre, 3 pour) et une partie des Écologistes (11 contre, 7 abstentions, 4 pour). Les autres groupes, dont le RN (117) et les Socialistes (35), ont voté pour.
- Pour LFI, Marie Mesmeur estime que le texte vise les mobilisations pour Gaza et qu’il va « brouiller la frontière entre antisémitisme et critiques légitimes d’Israël » ; elle regrette l’absence de moyens supplémentaires.
- Pour GDR, Nicolas Sansu juge que la section disciplinaire régionale affaiblirait le Cneser (la juridiction de l’enseignement supérieur) et l’autonomie des universités.
- L’écologiste Steevy Gustave, qui avait voté le texte en première lecture, s’abstient : la version finale « affaiblit les garanties sur la liberté académique », selon lui, notamment avec l’interdiction d’accès aux locaux.
- Pour les Socialistes, Romain Eskenazi vote pour et indique que la commission mixte paritaire a confié la saisine de la section disciplinaire au président d’université : « L’autonomie des universités n’est donc plus remise en cause. » Pour la Droite républicaine, Alexandre Portier salue une procédure disciplinaire qui « répond à une lacune de notre droit ».
- Selon nos données, l’article le plus disputé est l’article 2 (mission « égalité et diversité » et signalements, 12 scrutins), devant l’article 3 (procédure disciplinaire, 8 scrutins). La commission mixte paritaire a rétabli le titre initial, centré sur l’antisémitisme, que l’Assemblée avait élargi au racisme et aux discriminations.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 7 juillet 2025 par des députés de La France insoumise, le Conseil a rendu la décision n° 2025-890 DC le 29 juillet 2025. Aucune disposition n’est censurée et le dispositif ne comporte aucune réserve d’interprétation (lecture imposée par le Conseil).
- Section disciplinaire commune : le renvoi à un décret pour sa composition et son fonctionnement est admis, ces points ne relevant pas de la loi (§ 8 à 10).
- Fautes disciplinaires : la liste est jugée assez précise ; pour les faits commis hors de l’établissement, l’exigence d’un « lien suffisant » protège contre l’arbitraire (§ 15 à 19).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-732 du 31 juillet 2025 relative à la lutte contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, proposition de loi n° 26 (2024-2025) (10/10/2024)
- Texte adopté n° 156 (texte de la commission mixte paritaire) (02/07/2025)
- Scrutin n° 1601 (première lecture) (07/05/2025)
- Scrutin n° 2880 (texte final) (02/07/2025)
- Compte rendu de la séance du 2 juillet 2025 (explications de vote) (02/07/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-890 DC (29/07/2025)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 124
- Contre
- 55
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 179
- Exprimés
- 179
- Majorité requise
- 90
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 28 | 1 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Pour | 28 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 35 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 22 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 8 | 1 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 14 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 29 dans le décompte
Pour (28) : Jérôme Buisson, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, José Gonzalez, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Sandrine Dogor-Such, Julie Lechanteux, Philippe Schreck, René Lioret, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Julien Limongi, Matthias Renault
Contre (1) : Julien Odoul
Ensemble pour la République 29 dans le décompte
Pour (28) : Sébastien Huyghe, Constance Le Grip, Stéphane Mazars (ancien député), Sylvain Maillard, Sandra Marsaud, Hervé Berville (ancien député), Guillaume Kasbarian, Stéphanie Rist (ancien député), Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Pieyre-Alexandre Anglade, Véronique Riotton, Céline Calvez, Annie Vidal, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), Pierre Cazeneuve, Prisca Thevenot, Joséphine Missoffe, Maud Bregeon (ancien député), Jean Laussucq (ancien député), Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 35 dans le décompte
Contre (35) : Élisa Martin, Jean-Philippe Nilor, Mathilde Panot, Éric Coquerel, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Christophe Bex, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Idir Boumertit, Élise Leboucher, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Louis Boyard, Damien Maudet, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Farida Amrani, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Pierre-Yves Cadalen, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 22 dans le décompte
Pour (22) : Guillaume Garot, Hervé Saulignac, Claudia Rouaux, Christine Pirès Beaune, Joël Aviragnet, Gérard Leseul, Philippe Brun, Iñaki Echaniz, Elie Califer, Aurélien Rousseau, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Fabrice Barusseau, Paul Christophle, Pierre Pribetich, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Denis Fégné, Céline Hervieu, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 9 dans le décompte
Pour (8) : Virginie Duby-Muller, Thibault Bazin, Jean-Louis Thiériot, Éric Pauget, Frédérique Meunier, Josiane Corneloup, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Alexandre Portier
Contre (1) : Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 14 dans le décompte
Contre (14) : Dominique Voynet, Pouria Amirshahi, Sophie Taillé-Polian, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Damien Girard, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Les Démocrates 14 dans le décompte
Pour (14) : Philippe Vigier, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Maud Petit, Cyrille Isaac-Sibille, Romain Daubié, Mickaël Cosson, Delphine Lingemann, Louise Morel, Éric Martineau, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 15 dans le décompte
Pour (15) : Thierry Benoit, Paul Christophe (ancien député), Sylvain Berrios, Xavier Lacombe (ancien député), Naïma Moutchou (ancien député), Béatrice Piron, Pierre Henriet, Jérémie Patrier-Leitus, François Gernigon, Jean Moulliere (ancien député), Anne-Cécile Violland, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député), Frédéric Valletoux, Jean-Michel Brard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (3) : Paul Molac, Joël Bruneau, Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Contre (4) : Jean-Paul Lecoq, Nicolas Sansu, Stéphane Peu, Édouard Bénard
UDR 5 dans le décompte
Pour (5) : Bernard Chaix, Marc Chavent, Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot, Maxime Michelet
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin