Votes · Scrutin n° 1608 · 12 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 234 de M. Hetzel à l'article premier de la proposition de loi relative à l'accompagnement et aux soins palliatifs (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Soins palliatifs et d’accompagnement Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Hetzel et 14 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le terme "accompagnement" n'est pas précisemment défini dans le Code de la Santé Publique. Ce noubeau texte ne vient pas spécifiquement préciser ce mot, alors qu'il le mentionne à de nombreuses reprises. Afin de clarifier la rédaction et de préciser les différentes notions portées par cette proposition de loi, cet amendement propose de définir plus clairement la notion d'accompagnement dans le cadre d'une prise en charge en fin de vie. Cette définition met en exergue la spécificité des bénévoles instituée par la loi de 1999 qui dispose "Des bénévoles, formés à l'accompagnement de la fin de vie et appartenant à des associations qui les sélectionnent, peuvent, avec l'accord de la personne malade ou de ses proches et sans interférer avec la pratique des soins médicaux et paramédicaux, apporter leur concours à l'équipe de soins en participant à l'ultime accompagnement du malade et en confortant l'environnement psychologique et social de la personne malade et de son entourage."
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I – Au début de la première phrase de l’alinéa 5, supprimer les mots :
« L’accompagnement et ».
II – En conséquence, compléter le même alinéa 5 par les trois phrases suivantes :
« L’accompagnement a pour objectif de lutter contre la solitude et l’isolement des personnes en fin de vie. Il témoigne de l’importance accordée par la République Française à tous les citoyens en fin de vie. Il est notamment permis par l’engagement des bénévoles mentionnés à l’article L. 1110‑11 du code de la santé publique. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 31 scrutins publics, dont 10 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
En bref
Cette loi vise à rendre les soins palliatifs (les soins qui soulagent la douleur et accompagnent les personnes gravement malades et leurs proches) accessibles partout. Elle crée des maisons d’accompagnement entre le domicile et l’hôpital, un plan personnalisé pour chaque patient et une programmation des crédits jusqu’en 2034. Aucun député n’a voté contre : 491 voix pour et 69 abstentions, surtout insoumises, le 25 février 2026. Elle a été promulguée le 26 mai 2026.
Pourquoi ce texte
La proposition de loi a été déposée le 11 mars 2025 par Annie Vidal (Ensemble pour la République). Selon son exposé des motifs, elle reprend le volet « soins palliatifs » du projet de loi sur la fin de vie, après « l’interruption des débats en raison de la dissolution de l’Assemblée nationale » en 2024. L’exposé cite la Cour des comptes, pour qui, en juillet 2023, « seulement 48 % des besoins en soins palliatifs sont pourvus », et le rapport du professeur Patrick Chauvin, qui a préparé la stratégie décennale du Gouvernement.
Le texte a été examiné en même temps que la proposition de loi créant une aide à mourir, plus contestée. Selon franceinfo, les deux forment le « modèle français de la fin de vie » souhaité par Emmanuel Macron (article du 11 mai 2026).
Ce qui est voté
D’après le texte définitif adopté par le Sénat le 11 mai 2026 :
- une nouvelle définition de l’accompagnement et des soins palliatifs, qui mettent en œuvre « le droit fondamental à la protection de la santé », pour les malades de tout âge, y compris dans les lieux de privation de liberté ; pas de dépassements d’honoraires (article 1er) ;
- des organisations territoriales pilotées par les agences régionales de santé, notamment pour les soins à domicile (article 2) ;
- une stratégie nationale pluriannuelle, avec des crédits de mesures nouvelles fixés chaque année de 2026 à 2034, de 150 à 244 millions d’euros selon les années, et l’objectif d’au moins deux unités de soins palliatifs par région avant fin 2030 (articles 4 et 5) ;
- des maisons d’accompagnement et de soins palliatifs, gérées par des établissements publics ou privés à but non lucratif (article 10) ;
- un plan personnalisé d’accompagnement proposé dès l’annonce d’une maladie grave (article 17) et un enseignement spécifique pour les soignants (article 7).
Ce que ça change pour vous
- Patients et familles : une personne à qui l’on annonce une maladie grave se verra proposer un plan écrit qui coordonne soins, aide psychologique et sociale, y compris pour l’entourage après le décès (article 17). Chaque patient concerné reçoit un livret d’information sur ses droits (article 1er).
- Malades qui ne peuvent plus rester chez eux sans avoir besoin d’une unité hospitalière : ils pourront être accueillis en maison d’accompagnement, qui pourra aussi offrir des séjours de répit aux aidants, selon franceinfo.
- Soignants : formation initiale et continue aux soins palliatifs ; une expérimentation de stages en unités de soins palliatifs pour les étudiants en médecine (articles 7 et 9).
- Entrée en vigueur : le baromètre de l’Assemblée recense six décrets attendus, dont la publication est envisagée entre novembre 2026 et mars 2027.
Ce qui est contesté
Le droit opposable. Le texte initial créait une voie de recours devant le juge administratif pour faire valoir le droit aux soins palliatifs (exposé des motifs). Ce « droit opposable » a été retiré ; selon franceinfo, « Ses adversaires invoquaient les risques de contentieux » (article du 27 mai 2026). Élise Leboucher (LFI) refuse « un texte qui énumère de belles promesses sans engagements concrets, sans droit opposable et sans financement garanti » ; Jean-Pierre Bataille (LIOT) demande : « pourquoi ne pas avoir rétabli le droit opposable aux soins palliatifs ? ». Yannick Monnet (GDR) estime qu’en se fondant sur le droit à la protection de la santé, « des voies de recours seront possibles » (compte rendu).
Les moyens. Julie Laernoes (Écologiste et social) rappelle que « Dix-neuf départements ne disposent d’aucune unité de soins palliatifs » ; Karen Erodi (LFI) juge que « le compte n’y est pas » (compte rendu).
Les maisons d’accompagnement. Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) regrette qu’elles soient réservées au public et au privé non lucratif (compte rendu). Selon nos données, l’article 1er (définition) a fait l’objet de 31 scrutins publics en première lecture, l’article 4 de 15.
Le lien avec l’aide à mourir. Pour Patrick Hetzel (Droite républicaine), « il n’existe pas de continuum entre soins palliatifs d’une part et euthanasie d’autre part » ; pour Éric Martineau (Les Démocrates), le second texte « ne se substitue pas aux soins palliatifs » (compte rendu).
Qui a voté quoi, et pourquoi
Vote sur l’ensemble en deuxième lecture, le 25 février 2026 (scrutin n° 5728 : 491 pour, 0 contre, 69 abstentions). Positions tirées des explications de vote communes aux deux textes (compte rendu) :
- Rassemblement national : pour (122). Thomas Ménagé : « Garantir à chaque Français, où qu’il vive, l’accès aux soins palliatifs relève de l’exigence d’égalité républicaine. » (compte rendu).
- Ensemble pour la République : pour (88). Nicole Dubré-Chirat vise « des soins palliatifs partout et pour tous » (compte rendu).
- La France insoumise : abstention (67, 2 pour). Élise Leboucher : « nous ne désespérons pas de l’améliorer en troisième lecture » (compte rendu).
- Socialistes et apparentés : pour (69). Océane Godard salue « une avancée majeure » sur les maisons d’accompagnement mais regrette l’absence de droit opposable (compte rendu).
- Droite républicaine : pour (47). Patrick Hetzel : « je soutiens résolument la proposition de loi qui prévoit de développer les soins palliatifs » (compte rendu).
- Écologiste et social : pour (34, 2 abstentions). Julie Laernoes vote pour le texte « parce qu’il constitue un pas en avant » (compte rendu).
- Les Démocrates : pour (36). Cyrille Isaac-Sibille : « il est de notre devoir d’accompagner la souffrance et de soulager la douleur » (compte rendu).
- Horizons & indépendants : pour (34). Agnès Firmin Le Bodo : le texte « mérite d’être adopté à l’unanimité » (compte rendu).
- LIOT : pour (22). Jean-Pierre Bataille : « Nous voterons toutefois pour ce texte, mais nous ne pouvons pas nous en satisfaire. » (compte rendu).
- Gauche démocrate et républicaine : pour (11). Elsa Faucillon vote un texte qui veut « garantir un égal accès à l’accompagnement sur tout le territoire » (compte rendu).
- Union des droites pour la République : pour (17). Hanane Mansouri a consacré son intervention à l’aide à mourir, à laquelle le groupe s’oppose (compte rendu).
- Non-inscrits : pour (9).
Aucune voix contre aux deux lectures. La seule évolution concerne LFI : ses députés avaient voté pour en première lecture, le 27 mai 2025 (560 pour, 0 contre, scrutin n° 2106), puis se sont abstenus après la suppression du droit opposable. Les clivages de la fin de vie portent sur l’autre texte, l’aide à mourir.
Ce qu’en disent les médias
- franceinfo (25 février 2026) note que ce vote « laissait peu de place au suspense », contrairement à celui sur l’aide à mourir (article).
- franceinfo (11 mai 2026) rapporte l’adoption définitive par le Sénat (325 voix pour, 18 contre) et présente les maisons d’accompagnement comme « La mesure la plus emblématique de ce texte » (article).
- Mediapart (12 mai 2026) indique qu’« Une très large majorité a en revanche été trouvée en faveur des soins palliatifs », le Sénat rejetant le même jour l’aide à mourir (article).
- franceinfo (27 mai 2026) relève que la stratégie nationale est dotée, selon le média, « de plus d’un milliard d’euros sur dix ans » (article).
Où en est le texte
Adopté par l’Assemblée le 27 mai 2025, modifié par le Sénat le 28 janvier 2026, puis par l’Assemblée le 25 février, le texte a été adopté sans modification par le Sénat en deuxième lecture le 11 mai 2026, ce qui a mis fin à la navette (dossier du Sénat). La loi n° 2026-404 du 26 mai 2026 a été publiée au Journal officiel du 27 mai (dossier de l’Assemblée). Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi.
Sources
- Proposition de loi n° 1102 et exposé des motifs, Assemblée nationale (11/03/2025)
- Scrutin public n° 2106 sur l’ensemble (première lecture), Assemblée nationale (27/05/2025)
- Compte rendu de la première séance du 25 février 2026 (explications de vote communes), Assemblée nationale (25/02/2026)
- Scrutin public n° 5728 sur l’ensemble (deuxième lecture), Assemblée nationale (25/02/2026)
- Texte définitif n° 108 (2025-2026), Sénat (11/05/2026)
- Dossier législatif et baromètre de l’application, Assemblée nationale (consulté) (25/10/2026)
- Dossier législatif, Sénat (consulté) (25/10/2026)
- franceinfo, les députés adoptent les textes sur l’aide à mourir et les soins palliatifs en deuxième lecture (25/02/2026)
- franceinfo, le Parlement adopte définitivement la proposition de loi sur les soins palliatifs (11/05/2026)
- Mediapart, « Le Sénat rejette l’aide à mourir et vote pour le développement des soins palliatifs » (partie ouverte) (12/05/2026)
- franceinfo, la loi pour améliorer l’accès aux soins palliatifs est promulguée (27/05/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 25 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 48
- Contre
- 54
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 102
- Exprimés
- 102
- Majorité requise
- 52
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 27 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 1 | 10 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 2 | 12 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 27 dans le décompte
Pour (27) : Christian Girard, Nicolas Dragon, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Lisette Pollet, Christine Loir, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Christophe Bentz, Laurent Jacobelli, Sandrine Dogor-Such, Marine Hamelet, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Bénédicte Auzanot, Pascal Markowsky, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Thierry Tesson, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Matthias Renault, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy
Ensemble pour la République 12 dans le décompte
Pour (1) : Charles Sitzenstuhl
Contre (10) : Éric Bothorel, Annaïg Le Meur, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Céline Calvez, Annie Vidal, Gabriel Attal, Bastien Marchive, Marie-Ange Rousselot (ancien député), Prisca Thevenot
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 13 dans le décompte
Contre (13) : Hadrien Clouet, Ségolène Amiot, Élise Leboucher, Nadège Abomangoli, Maxime Laisney, Farida Amrani, Karen Erodi, Perceval Gaillard, René Pilato, Marie Mesmeur, Anaïs Belouassa-Cherifi, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 14 dans le décompte
Pour (2) : Dominique Potier, Elie Califer
Contre (12) : Christian Baptiste, Isabelle Santiago, Mickaël Bouloux, Stéphane Delautrette, Emmanuel Grégoire (ancien député), Valérie Rossi, Océane Godard, Arnaud Simion, Sébastien Saint-Pasteur, Sophie Pantel, Dieynaba Diop, Béatrice Bellay
Droite Républicaine 13 dans le décompte
Pour (13) : Philippe Gosselin, Xavier Breton, Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Guillaume Lepers (ancien député), Sylvie Bonnet, Jérôme Nury (ancien député), Josiane Corneloup, Justine Gruet, Thierry Liger, Alexandre Portier, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 3 dans le décompte
Contre (3) : François Ruffin, Sandrine Rousseau, Danielle Simonnet
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (5) : Olivier Falorni (ancien député), Jean-Paul Mattei, Cyrille Isaac-Sibille, Marina Ferrari (ancien député), Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Contre (7) : Agnès Firmin Le Bodo, Paul Christophe (ancien député), Isabelle Rauch, Jérémie Patrier-Leitus, François Gernigon, Jean Moulliere (ancien député), Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Nicolas Sansu, Yannick Monnet, Frédéric Maillot
UDR 5 dans le décompte
Pour (5) : Vincent Trébuchet, Bernard Chaix, Marc Chavent, Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin