Votes · Scrutin n° 1631 · 13 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 535 de M. Pilato après l'article 3 de la proposition de loi relative à l'accompagnement et aux soins palliatifs (première lecture).
Demandé par : Président de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 3
- Texte
- Soins palliatifs et d’accompagnement Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Pilato et 68 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise deux objectifs :
1° Confier au Contrôleur général des lieux de privation de liberté la mission de contrôler les conditions de détention et de transfèrement des personnes détenues et recquérant un accompagnement et des soins palliatifs ;
2° Reconnaître un droit de visite inconditionnel aux personnes en fin de vie et accueillies en unité hospitalière sécurisée.
La situation des personnes détenues et en fin de vie est un angle mort du présent texte. La loi du 4 mars 2002 a introduit la suspension de peine pour raison médicale, une mesure qui permet la sortie de prison anticipée des personnes condamnées atteintes d’une « pathologie engageant leur pronostic vital » ou présentant un « état de santé durablement incompatible avec leur maintien en détention ». Pourtant, chaque année, près de 150 personnes décèdent encore de mort naturelle en prison, et certains détenus en fin de vie sont parfois admises pour un traitement en unité hospitalière sécurisée.
Comment accompagner une fin de vie si on n’accepte pas de libérer la personne car la société ne veut pas qu’elle soit à l’extérieur, ou si cette dernière refuse d'être libérée par manque de solutions d'accueil à l'extérieur de la prison ? Il est nécessaire de se confronter à ces situations difficiles, rencontrées par les détenus malades et les professionnels de la santé et de la justice.
Par exemple, lors d'une admission en unité hospitalière sécurisée, les liens avec la famille sont au mieux plus difficiles au pire rendus impossibles, sauf dans des cas où une souplesse est accordée pour que les proches puissent venir en dehors du temps de parloir, mais cette décision n'est pas systématique. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le code pénitentiaire est ainsi modifié :
1° Après l’article L. 133‑1 du code pénitentiaire, il est inséré un article L. 133‑1 ainsi rédigé :
« Art. L. 133‑1. – Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté contrôle la compatibilité des conditions de détention et de transfèrement de la personne détenue avec son accompagnement au titre des soins palliatifs et d’accompagnement définis à l’article L. 1110‑10 du code de la santé publique et s’assure du respect du droit prévu à l’article L. 1110‑9 du même code. »
2° Après l’article L. 341‑8, il est inséré un article L. 341‑8-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 341‑8-1. – Toute personne détenue admise en unité hospitalière sécurisée et souffrant d’une affection grave en phase avancée ou terminale peut bénéficier à sa demande d’au moins trois visites hebdomadaires, dont les modalités et la durée tiennent compte de son état de santé. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Annie Vidal, députée du groupe Ensemble pour la République, déposée le 11 mars 2025 (n° 1102). Son exposé des motifs indique qu’elle reprend le volet « soins palliatifs » du projet de loi interrompu par la dissolution de 2024. D’après le texte définitif adopté par le Sénat le 11 mai 2026, la loi :
- remplace la notion de soins palliatifs par celle d’« accompagnement et soins palliatifs », destinés aux personnes de tout âge atteintes de maladies graves, y compris dans les lieux de privation de liberté (article 1er) ;
- confie aux agences régionales de santé des « organisations territoriales » chargées de coordonner l’offre, notamment à domicile (article 2) ;
- crée une stratégie nationale pluriannuelle et programme des crédits de mesures nouvelles de 2026 à 2034 (articles 4 et 5) ;
- crée des « maisons d’accompagnement et de soins palliatifs », entre le domicile et l’hôpital (article 10) ;
- prévoit un plan personnalisé d’accompagnement proposé après l’annonce d’un diagnostic grave (article 17) et une formation spécifique des soignants (article 7).
Ce que ça change
Selon l’article 5 de la loi, les crédits des mesures nouvelles vont de 194 millions d’euros en 2026 à 222 millions en 2034, avec un pic à 244 millions en 2033. Le texte fixe l’objectif d’au moins deux unités de soins palliatifs, y compris pédiatriques, par région avant le 31 décembre 2030. Chaque patient concerné doit recevoir un livret d’information sur ses droits. Les dépassements d’honoraires sont interdits pour ces soins (article 1er). Plusieurs mesures attendent des décrets dont la publication est envisagée entre novembre 2026 et mars 2027, selon le baromètre de l’Assemblée.
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre. En première lecture, le 27 mai 2025, le texte a été adopté par 560 voix contre 0 (scrutin n° 2106). En deuxième lecture, le 25 février 2026, il a recueilli 491 voix pour et 0 contre (scrutin n° 5728) ; La France insoumise s’est abstenue (67 abstentions, 2 pour), ainsi que 2 écologistes. Tous les autres groupes ont voté pour.
- Pour LFI-NFP, Élise Leboucher explique l’abstention par un texte « sans engagements concrets, sans droit opposable et sans financement garanti ». Karen Erodi regrette le refus de rétablir l’objectif d’une maison d’accompagnement par département.
- Pour les écologistes, Julie Laernoes vote pour mais estime : « Sans droit opposable, sans programmation pluriannuelle chiffrée, le risque est grand que les intentions demeurent des promesses. »
- Pour Horizons, Agnès Firmin Le Bodo estime que le texte « mérite d’être adopté à l’unanimité », tout en regrettant que les maisons d’accompagnement soient réservées au public et au privé non lucratif.
- Pour la Droite républicaine, Patrick Hetzel indique : « je soutiens résolument la proposition de loi qui prévoit de développer les soins palliatifs ».
- Selon nos données, l’article 1er (définition des soins palliatifs) a fait l’objet de 31 scrutins publics, l’article 7 du texte examiné de 17.
Le texte a été examiné en parallèle de la proposition de loi sur l’aide à mourir. Plusieurs orateurs, dont Agnès Firmin Le Bodo, présentent les deux textes comme complémentaires ; d’autres, comme Patrick Hetzel, soutiennent le premier et s’opposent au second.
Où en est le texte
Le Sénat l’a adopté sans modification en deuxième lecture le 11 mai 2026, ce qui a mis fin à la navette (dossier du Sénat). Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi. Promulguée : loi n° 2026-404 du 26 mai 2026 visant à garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs, publiée au Journal officiel du 27 mai 2026.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Soins palliatifs et d’accompagnement » (dont baromètre) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1102 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Sénat, texte définitif n° 108 (2025-2026) (11/05/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Scrutin n° 2106 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5728 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Compte rendu de la séance du 25 février 2026 (explications de vote communes) (25/02/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 53
- Contre
- 64
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 118
- Exprimés
- 117
- Majorité requise
- 59
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 36 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 2 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 21 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 12 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 3 | 1 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 36 dans le décompte
Contre (36) : Marie-France Lorho, José Beaurain, Julien Rancoule, Joëlle Mélin, Caroline Colombier, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pascale Bordes (ancien député), Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Christophe Bentz, Michaël Taverne, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Philippe Schreck, Bénédicte Auzanot, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Sylvie Josserand (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Tiffany Joncour, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Sophie-Laurence Roy
Ensemble pour la République 15 dans le décompte
Contre (13) : Brigitte Klinkert, Vincent Ledoux, Didier Le Gac, Christine Le Nabour, Lionel Causse, Stéphanie Rist (ancien député), Nicole Dubré-Chirat, Annie Vidal, Jean-François Rousset, Charles Sitzenstuhl, Joséphine Missoffe, Pauline Levasseur (ancien député), Vincent Caure
Non-votant (2) : Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 21 dans le décompte
Pour (21) : Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Idir Boumertit, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Ersilia Soudais, Karen Erodi, Perceval Gaillard, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Marie Mesmeur, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 15 dans le décompte
Pour (15) : Jérôme Guedj, Marie Récalde, Colette Capdevielle, Isabelle Santiago, Paul Christophle, Océane Godard, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Peio Dufau, Denis Fégné, Thierry Sother, Sandrine Runel, Florence Herouin-Léautey, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 12 dans le décompte
Pour (12) : Xavier Breton, Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Virginie Duby-Muller, Eric Liégeon, Sylvie Bonnet, Josiane Corneloup, Hubert Brigand, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Justine Gruet, Corentin Le Fur, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 2 dans le décompte
Pour (2) : Sébastien Peytavie, Tristan Lahais
Les Démocrates 3 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Vigier, Delphine Lingemann, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Contre (8) : Agnès Firmin Le Bodo, Lise Magnier, Jérémie Patrier-Leitus, François Gernigon, Anne Le Hénanff (ancien député), Frédéric Valletoux, Jean-Michel Brard, Nathalie Colin-Oesterlé
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Jean-Paul Lecoq, Karine Lebon
UDR 4 dans le décompte
Contre (3) : Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Hanane Mansouri
Abstention (1) : Vincent Trébuchet
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin