Votes · Scrutin n° 1675 · 15 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 133 de Mme Perrine Goulet après l'article 1er A de la proposition de loi de simplification du droit de l'urbanisme et du logement (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 1er A
- Texte
- Simplification du droit de l'urbanisme et du logement Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Perrine Goulet et M. Daubié (DEM) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L’objet de la proposition de loi soumise au débat est de traduire rapidement les simplifications nécessaires dans le droit pour accélérer l’atteinte des objectifs de production de logement et d’amélioration des infrastructures de production d’énergie ou de réindustrialisation. Elle modifie, pour ce faire, à l’instar du II de l’article 2, certaines dispositions du code de l’urbanisme afin de faciliter les procédures d’évolution des documents d’urbanisme et de prévoir certaines dérogations aux règles locales qu’ils instituent.
Le présent amendement, qui s’inscrit dans cet objectif de faciliter la réalisation de certains projets du point de vue du droit de l’urbanisme, vise à simplifier les règles d’urbanisme applicables au développement du programme nouveau nucléaire français dans le but d’atteindre les objectifs de neutralité carbone en 2050 et de réindustrialisation des territoires.
En effet, les nouveaux projets de réacteurs nucléaires du programme EPR2, avec notamment les sites de Penly, Gravelines et Bugey qui pourraient être complétés par 8 réacteurs supplémentaires, à proximité des centrales existantes, doivent contribuer à trois politiques publiques majeures pour la France et ses territoires :
– La transition énergétique : atteindre la neutralité carbone en 2050 nécessite de réduire de 40 % notre consommation totale d’énergie tout en augmentant la part de l’électricité devra passer de 23% à 60% dans le mix énergétique européen. Il s’agit de répondre à l’électrification des usages notamment au travers du développement des transports électriques, des pompes à chaleur, des usages du numérique, de nombreux process industriels, en substitution d’énergie fossile. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
L’article 8 de la loi n° 2023‑491 du 22 juin 2023 relative à l’accélération des procédures liées à la construction de nouvelles installations nucléaires à proximité de sites nucléaires existants et au fonctionnement des installations existantes est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa du I est complété par deux phrases ainsi rédigées : « Elle intervient de plein droit à cette date lorsque la puissance thermique prévisionnelle de l’installation est supérieure ou égale à 400 mégawatts. Cette qualification entraîne également la qualification de projet d’intérêt général des constructions, aménagements, équipements, installations et travaux qualifiés de « Grand chantier » ;
2° Au II, après le mot : « projet », sont insérés les mots : « ou de tout ou partie des constructions, aménagements, équipements, installations et travaux qualifiés de « Grand chantier ». »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée le 1er avril 2025 par Harold Huwart (groupe LIOT) et plusieurs collègues, avec procédure accélérée (une seule lecture par chambre). Le texte initial comptait quatre articles, la loi adoptée trente et un (décision du Conseil constitutionnel, § 49). Principales mesures, d’après la décision et la présentation du ministre en séance :
- fin de la caducité des schémas de cohérence territoriale et modification simplifiée des plans locaux d’urbanisme (PLU) (§ 50) ;
- plus de dérogations au PLU dans les communes en zone tendue et possibilité de construire des logements dans des zones d’activité (§ 51) ;
- un permis d’aménager unique pour plusieurs terrains non contigus (§ 52) ;
- contre les constructions illégales, une amende administrative pouvant aller jusqu’à 30 000 €, selon le ministre Vincent Jeanbrun ;
- des recours plus encadrés : délais raccourcis (§ 53) et un recours gracieux qui ne prolonge plus le délai pour saisir le juge (§ 31).
Ce que ça change
Les maires et les porteurs de projets disposent de procédures plus courtes. Une demande de permis modificatif est examinée selon les règles d’urbanisme en vigueur lors du permis initial, si les travaux ne sont pas achevés et pendant trois ans au plus (§ 7). Les riverains qui contestent une autorisation ont moins de temps pour le faire. Certaines mesures entrent en vigueur le 26 mai 2026 et plusieurs décrets d’application étaient encore attendus le 24 octobre 2026, selon le baromètre de l’Assemblée.
Ce qui est contesté
En première lecture, le 15 mai 2025, le texte a été adopté par 119 voix contre 28 (scrutin n° 1717) : LFI-NFP et Écologistes contre, GDR abstention. Le texte final, issu de la commission mixte paritaire, a été adopté le 15 octobre 2025 par 65 voix contre 41 et 52 abstentions (scrutin n° 3056) : LFI-NFP (26) et Écologistes (15) contre ; RN (49), UDR et GDR abstention ; EPR, Socialistes, Droite républicaine, Démocrates, Horizons et LIOT pour.
- Pour les Écologistes, Julie Ozenne affirme : « La simplification ne doit pas devenir un permis de déréguler. » Elle dénonce des « dérogations permanentes ».
- Pour LFI-NFP, Anaïs Belouassa-Cherifi estime qu’au lieu de simplifier, « on sacrifie le droit au logement ».
- GDR (Julien Brugerolles) s’abstient en raison des régimes dérogatoires ajoutés pour la logistique et les carrières. UDR (Olivier Fayssat) s’abstient en contestant notamment la réduction des délais de recours. Le RN n’a pas exposé de motif d’abstention précis lors de la lecture finale.
- Pour le rapporteur Harold Huwart, « Quatre millions de ménages attendent un logement. » Les Socialistes votent pour une « première étape » (Pierre Pribetich), les Démocrates pour répondre à la crise du logement (Mickaël Cosson).
- Selon nos données, l’article 2 (résidences hôtelières à vocation sociale, dérogations au PLU) a donné lieu à 11 scrutins publics en première lecture.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 21 octobre 2025 par des députés écologistes et LFI-NFP, le Conseil a rendu la décision n° 2025-896 DC le 20 novembre 2025.
- Censurée : l’obligation d’avoir participé à la consultation du public pour pouvoir contester en justice un document d’urbanisme (4° du I et II de l’article 26). Motif : atteinte disproportionnée au droit à un recours effectif devant un juge (§ 24 à 30).
- Censurés : douze articles jugés « cavaliers législatifs », c’est-à-dire sans lien, même indirect, avec le texte de départ (§ 49 à 77) : articles 5, 6, 10, 11, 12, 13, 14, 16, 27, 28, 30 et 31. Parmi eux, l’identifiant unique des bâtiments (art. 5), une dérogation pour les constructions agricoles sur le littoral (art. 10) et le passage de 30 à 15 ans du délai pour déclarer un bien sans maître (art. 30).
- Validés : le gel des règles pour les permis modificatifs (§ 9), la limitation des vices de forme invocables contre les documents d’urbanisme (§ 19) et le nouveau délai de recours administratif.
- Aucune réserve d’interprétation.
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 de simplification du droit de l’urbanisme et du logement, publiée au Journal officiel du 27 novembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Scrutin n° 1717 (première lecture) (15/05/2025)
- Scrutin n° 3056 (texte de la commission mixte paritaire) (15/10/2025)
- Compte rendu de la deuxième séance du 15 mai 2025 (15/05/2025)
- Compte rendu de la séance du 15 octobre 2025 (15/10/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-896 DC (20/11/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 47
- Contre
- 68
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 1
- Votants
- 117
- Exprimés
- 115
- Majorité requise
- 58
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 25 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 7 | 12 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 2 | 1 | 1 | 0 | |
| HOR 33 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 1 | 18 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 25 dans le décompte
Pour (25) : Christian Girard, Jordan Guitton, José Gonzalez, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Thomas Ménagé, Michaël Taverne, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Marine Hamelet, Sandra Delannoy, Julien Gabarron, Julien Guibert, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 20 dans le décompte
Pour (7) : Sandra Marsaud, Guillaume Kasbarian, Liliana Tanguy, Olivia Grégoire, Jean-François Rousset, Charles Sitzenstuhl, Bastien Marchive
Contre (12) : Sébastien Huyghe, Stéphane Travert, François Cormier-Bouligeon, Hervé Berville (ancien député), Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Guillaume Gouffier Valente, Jean-Luc Fugit, Françoise Buffet, Prisca Thevenot, Joséphine Missoffe, Jean Laussucq (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 21 dans le décompte
Contre (21) : Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, Sylvie Ferrer, Idir Boumertit, Clémence Guetté, Manon Meunier, Maxime Laisney, Perceval Gaillard, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Anaïs Belouassa-Cherifi, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 11 dans le décompte
Contre (11) : Guillaume Garot, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Elie Califer, Emmanuel Grégoire (ancien député), Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Christophe Proença, Stéphane Hablot
Droite Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Philippe Gosselin, Vincent Jeanbrun (ancien député), Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 4 dans le décompte
Contre (4) : Dominique Voynet, Sabrina Sebaihi, Nicolas Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 4 dans le décompte
Pour (2) : Christophe Blanchet, Perrine Goulet
Contre (1) : Jimmy Pahun
Abstention (1) : Mickaël Cosson
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Pour (6) : Sylvain Berrios, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Henri Alfandari, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 19 dans le décompte
Pour (1) : David Habib
Contre (18) : Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, Paul Molac, Michel Castellani, Paul-André Colombani, Olivier Serva, Max Mathiasin, Nicole Sanquer, Stéphane Viry, Christophe Naegelen, Laurent Panifous (ancien député), Salvatore Castiglione (ancien député), Stéphane Lenormand, Estelle Youssouffa, Martine Froger, Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Abstention (1) : Julien Brugerolles
UDR 3 dans le décompte
Pour (3) : Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Olivier Fayssat
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Belkhir Belhaddad
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin