Votes · Scrutin n° 1677 · 15 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 55 de Mme Ozenne et les amendements identiques suivants à l'article premier de la proposition de loi de simplification du droit de l'urbanisme et du logement (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire" Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Simplification du droit de l'urbanisme et du logement Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Ozenne et 34 cosignataires (ECOS) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Une des mesures à mettre prioritairement en œuvre pour développer les énergies renouvelables sans nuire à la biodiversité et à la production agricole est de favoriser massivement le photovoltaïque sur le bâti et les surfaces déjà artificialisées. Le potentiel des surfaces sur parkings, toitures, et autres surfaces déjà artificialisées est conséquent et doit être exploité à son maximum afin d’éviter des consommations d’espace au sol inutiles.
C’est pourquoi la loi APER de 2023 dans son article 43 a prévu une obligation de solariser ou végétaliser les bâtiments existants et les parkings couverts associés de plus de 500 m2 d’emprise au sol, à l’exception des bâtiments résidentiels. Elle a prévu que cette obligation entre en vigueur au 1er janvier 2028 pour donner un délai suffisant pour anticiper la mise en œuvre.
Le premier alinéa de l’article 1 affaiblit cette mesure, en augmentant le seuil de déclenchement de l’obligation à 1100 m2. Contrairement à ce qui est précisé dans l’exposé des motifs, cet alinéa ne concerne pas que les bâtiments publics mais l’ensemble des bâtiments soumis à l’obligation (bâtiments de bureaux, commerciaux…). Sa portée est donc très importante. Aucune analyse d’impact ni justification chiffrée en termes de baisse de production d’électricité, ni de report sur les espaces naturels, agricoles ou forestiers pour tenir les objectifs de la France en matière d’énergies renouvelables.
L’augmentation du seuil de 500m² à 1100m² entraînerait une baisse significative de la production d'électricité solaire, affectant les objectifs nationaux de transition énergétique, et aurait des impacts sur la réduction des émissions de CO₂ – notamment du secteur du bâtiment. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Supprimer l'alinéa 1.
II. – En conséquence, supprimer l'alinéa 22.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée le 1er avril 2025 par Harold Huwart (groupe LIOT) et plusieurs collègues, avec procédure accélérée (une seule lecture par chambre). Le texte initial comptait quatre articles, la loi adoptée trente et un (décision du Conseil constitutionnel, § 49). Principales mesures, d’après la décision et la présentation du ministre en séance :
- fin de la caducité des schémas de cohérence territoriale et modification simplifiée des plans locaux d’urbanisme (PLU) (§ 50) ;
- plus de dérogations au PLU dans les communes en zone tendue et possibilité de construire des logements dans des zones d’activité (§ 51) ;
- un permis d’aménager unique pour plusieurs terrains non contigus (§ 52) ;
- contre les constructions illégales, une amende administrative pouvant aller jusqu’à 30 000 €, selon le ministre Vincent Jeanbrun ;
- des recours plus encadrés : délais raccourcis (§ 53) et un recours gracieux qui ne prolonge plus le délai pour saisir le juge (§ 31).
Ce que ça change
Les maires et les porteurs de projets disposent de procédures plus courtes. Une demande de permis modificatif est examinée selon les règles d’urbanisme en vigueur lors du permis initial, si les travaux ne sont pas achevés et pendant trois ans au plus (§ 7). Les riverains qui contestent une autorisation ont moins de temps pour le faire. Certaines mesures entrent en vigueur le 26 mai 2026 et plusieurs décrets d’application étaient encore attendus le 24 octobre 2026, selon le baromètre de l’Assemblée.
Ce qui est contesté
En première lecture, le 15 mai 2025, le texte a été adopté par 119 voix contre 28 (scrutin n° 1717) : LFI-NFP et Écologistes contre, GDR abstention. Le texte final, issu de la commission mixte paritaire, a été adopté le 15 octobre 2025 par 65 voix contre 41 et 52 abstentions (scrutin n° 3056) : LFI-NFP (26) et Écologistes (15) contre ; RN (49), UDR et GDR abstention ; EPR, Socialistes, Droite républicaine, Démocrates, Horizons et LIOT pour.
- Pour les Écologistes, Julie Ozenne affirme : « La simplification ne doit pas devenir un permis de déréguler. » Elle dénonce des « dérogations permanentes ».
- Pour LFI-NFP, Anaïs Belouassa-Cherifi estime qu’au lieu de simplifier, « on sacrifie le droit au logement ».
- GDR (Julien Brugerolles) s’abstient en raison des régimes dérogatoires ajoutés pour la logistique et les carrières. UDR (Olivier Fayssat) s’abstient en contestant notamment la réduction des délais de recours. Le RN n’a pas exposé de motif d’abstention précis lors de la lecture finale.
- Pour le rapporteur Harold Huwart, « Quatre millions de ménages attendent un logement. » Les Socialistes votent pour une « première étape » (Pierre Pribetich), les Démocrates pour répondre à la crise du logement (Mickaël Cosson).
- Selon nos données, l’article 2 (résidences hôtelières à vocation sociale, dérogations au PLU) a donné lieu à 11 scrutins publics en première lecture.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 21 octobre 2025 par des députés écologistes et LFI-NFP, le Conseil a rendu la décision n° 2025-896 DC le 20 novembre 2025.
- Censurée : l’obligation d’avoir participé à la consultation du public pour pouvoir contester en justice un document d’urbanisme (4° du I et II de l’article 26). Motif : atteinte disproportionnée au droit à un recours effectif devant un juge (§ 24 à 30).
- Censurés : douze articles jugés « cavaliers législatifs », c’est-à-dire sans lien, même indirect, avec le texte de départ (§ 49 à 77) : articles 5, 6, 10, 11, 12, 13, 14, 16, 27, 28, 30 et 31. Parmi eux, l’identifiant unique des bâtiments (art. 5), une dérogation pour les constructions agricoles sur le littoral (art. 10) et le passage de 30 à 15 ans du délai pour déclarer un bien sans maître (art. 30).
- Validés : le gel des règles pour les permis modificatifs (§ 9), la limitation des vices de forme invocables contre les documents d’urbanisme (§ 19) et le nouveau délai de recours administratif.
- Aucune réserve d’interprétation.
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 de simplification du droit de l’urbanisme et du logement, publiée au Journal officiel du 27 novembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Scrutin n° 1717 (première lecture) (15/05/2025)
- Scrutin n° 3056 (texte de la commission mixte paritaire) (15/10/2025)
- Compte rendu de la deuxième séance du 15 mai 2025 (15/05/2025)
- Compte rendu de la séance du 15 octobre 2025 (15/10/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-896 DC (20/11/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 86
- Contre
- 45
- Abstention
- 7
- Non-votant
- 1
- Votants
- 138
- Exprimés
- 131
- Majorité requise
- 66
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 37 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Pour | 22 | 0 | 1 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 22 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Pour | 4 | 0 | 2 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 14 | 0 | 4 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 37 dans le décompte
Contre (37) : Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Julien Rancoule, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Thomas Ménagé, Michaël Taverne, Thierry Frappé, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Sandra Delannoy, Thibaut Monnier, Julien Gabarron, Julien Guibert, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Antoine Golliot, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 24 dans le décompte
Pour (22) : François Cormier-Bouligeon, Hervé Berville (ancien député), Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Lionel Causse, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Guillaume Gouffier Valente, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Bastien Marchive, Pierre Cazeneuve, Prisca Thevenot, Joséphine Missoffe, Jean Laussucq (ancien député), Emmanuelle Hoffman, Anne-Sophie Ronceret
Abstention (1) : Sébastien Huyghe
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 22 dans le décompte
Pour (22) : Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Sylvie Ferrer, Idir Boumertit, Aurélie Trouvé, Clémence Guetté, Louis Boyard, Maxime Laisney, Perceval Gaillard, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Anaïs Belouassa-Cherifi, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 11 dans le décompte
Pour (11) : Guillaume Garot, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Elie Califer, Emmanuel Grégoire (ancien député), Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Christophe Proença, Stéphane Hablot
Droite Républicaine 5 dans le décompte
Contre (5) : Philippe Gosselin, Jean-Pierre Vigier, Guillaume Lepers (ancien député), Nicolas Ray, Vincent Jeanbrun (ancien député)
Écologiste et Social 6 dans le décompte
Pour (6) : Dominique Voynet, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Sabrina Sebaihi, Nicolas Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 3 dans le décompte
Pour (3) : Jimmy Pahun, Mickaël Cosson, Hubert Ott
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Pour (4) : Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député)
Abstention (2) : Sylvain Berrios, Lise Magnier
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 18 dans le décompte
Pour (14) : Yannick Favennec-Bécot, Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, Paul Molac, Paul-André Colombani, Olivier Serva, Max Mathiasin, Nicole Sanquer, Laurent Panifous (ancien député), David Taupiac, Stéphane Lenormand, Martine Froger, Harold Huwart (ancien député), Constance de Pélichy
Abstention (4) : Stéphane Viry, Salvatore Castiglione (ancien député), Joël Bruneau, Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Julien Brugerolles, Jean-Victor Castor
UDR 3 dans le décompte
Contre (3) : Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Olivier Fayssat
Non inscrit 2 dans le décompte
Pour (2) : Stella Dupont, Belkhir Belhaddad
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin