Votes · Scrutin n° 1698 · 15 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 103 de M. Huyghe après l'article 2 de la proposition de loi de simplification du droit de l'urbanisme et du logement (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 2
- Texte
- Simplification du droit de l'urbanisme et du logement Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Huyghe (EPR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La construction de bâtiments à étages à usage industriel ou logistique est une réponse concrète aux objectifs de sobriété foncière et de lutte contre l’artificialisation des sols. Elle permet de densifier les mètres carrés bâtis, aussi bien en valeur économique générée qu’en emplois créés.
Dans le secteur de la logistique, l’entrepôt à étage constitue une réponse pertinente à la pénurie de foncier dans les aires urbanisées ou soumises à des contraintes de cette nature. Il s’inscrit dans un modèle vertueux pour l’environnement, puisqu’il permet de rapprocher les lieux de stockage des consommateurs finals, et de réduire ainsi le nombre de kilomètres parcourus et la quantité de gaz à effet de serre émise par la chaîne de transport. Ce modèle a été adopté avec succès dans des pays fortement urbanisés comme le Japon.
Dans le contexte de la lutte contre l’artificialisation des sols, ce type de constructions à étages peut permettre aux collectivités locales de respecter les objectifs fixés par le législateur tout en accompagnant le développement de l’activité économique. Ces constructions permettent en effet de réaliser davantage de surfaces utiles tout en limitant leur emprise au sol et, par conséquent, la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF).
Ce modèle de construction se heurte néanmoins à des contraintes réglementaires. La principale contrainte réside dans les dispositions limitant la hauteur des constructions inscrites dans les plans locaux d’urbanisme (PLU). Ces limites sont généralement de l’ordre de 10 ou 12 mètres. Ces règles demeurent difficiles à modifier car la révision d’un PLU est en effet une option longue et complexe, y compris lorsqu’il existe un consensus politique au niveau local pour soutenir un projet de construction en hauteur. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’article L. 152‑5-2 du code de l’urbanisme, il est inséré un article L. 152‑5-3 ainsi rédigé :
« Art. L. 152‑5-3. – L’autorité compétente pour délivrer le permis de construire ou prendre la décision sur une déclaration préalable peut, par décision motivée, déroger aux règles des plans locaux d’urbanisme relatives à la hauteur des constructions lorsque celles-ci ont pour objet d’accueillir une activité industrielle ou logistique, afin d’éviter d’introduire une limitation du nombre d’étages et ainsi de favoriser la densification des zones concernées ou la limitation de l’artificialisation des sols.
« Un décret en Conseil d’État précise les modalités d’exercice de cette dérogation. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 2 : 8 scrutins publics, dont 4 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée le 1er avril 2025 par Harold Huwart (groupe LIOT) et plusieurs collègues, avec procédure accélérée (une seule lecture par chambre). Le texte initial comptait quatre articles, la loi adoptée trente et un (décision du Conseil constitutionnel, § 49). Principales mesures, d’après la décision et la présentation du ministre en séance :
- fin de la caducité des schémas de cohérence territoriale et modification simplifiée des plans locaux d’urbanisme (PLU) (§ 50) ;
- plus de dérogations au PLU dans les communes en zone tendue et possibilité de construire des logements dans des zones d’activité (§ 51) ;
- un permis d’aménager unique pour plusieurs terrains non contigus (§ 52) ;
- contre les constructions illégales, une amende administrative pouvant aller jusqu’à 30 000 €, selon le ministre Vincent Jeanbrun ;
- des recours plus encadrés : délais raccourcis (§ 53) et un recours gracieux qui ne prolonge plus le délai pour saisir le juge (§ 31).
Ce que ça change
Les maires et les porteurs de projets disposent de procédures plus courtes. Une demande de permis modificatif est examinée selon les règles d’urbanisme en vigueur lors du permis initial, si les travaux ne sont pas achevés et pendant trois ans au plus (§ 7). Les riverains qui contestent une autorisation ont moins de temps pour le faire. Certaines mesures entrent en vigueur le 26 mai 2026 et plusieurs décrets d’application étaient encore attendus le 24 octobre 2026, selon le baromètre de l’Assemblée.
Ce qui est contesté
En première lecture, le 15 mai 2025, le texte a été adopté par 119 voix contre 28 (scrutin n° 1717) : LFI-NFP et Écologistes contre, GDR abstention. Le texte final, issu de la commission mixte paritaire, a été adopté le 15 octobre 2025 par 65 voix contre 41 et 52 abstentions (scrutin n° 3056) : LFI-NFP (26) et Écologistes (15) contre ; RN (49), UDR et GDR abstention ; EPR, Socialistes, Droite républicaine, Démocrates, Horizons et LIOT pour.
- Pour les Écologistes, Julie Ozenne affirme : « La simplification ne doit pas devenir un permis de déréguler. » Elle dénonce des « dérogations permanentes ».
- Pour LFI-NFP, Anaïs Belouassa-Cherifi estime qu’au lieu de simplifier, « on sacrifie le droit au logement ».
- GDR (Julien Brugerolles) s’abstient en raison des régimes dérogatoires ajoutés pour la logistique et les carrières. UDR (Olivier Fayssat) s’abstient en contestant notamment la réduction des délais de recours. Le RN n’a pas exposé de motif d’abstention précis lors de la lecture finale.
- Pour le rapporteur Harold Huwart, « Quatre millions de ménages attendent un logement. » Les Socialistes votent pour une « première étape » (Pierre Pribetich), les Démocrates pour répondre à la crise du logement (Mickaël Cosson).
- Selon nos données, l’article 2 (résidences hôtelières à vocation sociale, dérogations au PLU) a donné lieu à 11 scrutins publics en première lecture.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 21 octobre 2025 par des députés écologistes et LFI-NFP, le Conseil a rendu la décision n° 2025-896 DC le 20 novembre 2025.
- Censurée : l’obligation d’avoir participé à la consultation du public pour pouvoir contester en justice un document d’urbanisme (4° du I et II de l’article 26). Motif : atteinte disproportionnée au droit à un recours effectif devant un juge (§ 24 à 30).
- Censurés : douze articles jugés « cavaliers législatifs », c’est-à-dire sans lien, même indirect, avec le texte de départ (§ 49 à 77) : articles 5, 6, 10, 11, 12, 13, 14, 16, 27, 28, 30 et 31. Parmi eux, l’identifiant unique des bâtiments (art. 5), une dérogation pour les constructions agricoles sur le littoral (art. 10) et le passage de 30 à 15 ans du délai pour déclarer un bien sans maître (art. 30).
- Validés : le gel des règles pour les permis modificatifs (§ 9), la limitation des vices de forme invocables contre les documents d’urbanisme (§ 19) et le nouveau délai de recours administratif.
- Aucune réserve d’interprétation.
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 de simplification du droit de l’urbanisme et du logement, publiée au Journal officiel du 27 novembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Scrutin n° 1717 (première lecture) (15/05/2025)
- Scrutin n° 3056 (texte de la commission mixte paritaire) (15/10/2025)
- Compte rendu de la deuxième séance du 15 mai 2025 (15/05/2025)
- Compte rendu de la séance du 15 octobre 2025 (15/10/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-896 DC (20/11/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 67
- Contre
- 56
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 124
- Exprimés
- 123
- Majorité requise
- 62
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 36 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Pour | 16 | 1 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 1 | 10 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 3 | 13 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 36 dans le décompte
Pour (36) : Nicolas Meizonnet, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Julien Rancoule, Joëlle Mélin, Katiana Levavasseur, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Sandra Delannoy, Thibaut Monnier, Julien Gabarron, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault, Gaëtan Dussausaye, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 18 dans le décompte
Pour (16) : Sébastien Huyghe, Stéphane Travert, Annaïg Le Meur, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Michel Lauzzana, Marie Lebec, Annie Vidal, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Freddy Sertin (ancien député), Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Prisca Thevenot, Joséphine Missoffe, Anne-Sophie Ronceret
Contre (1) : Bastien Marchive
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 16 dans le décompte
Contre (16) : Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Ségolène Amiot, Sylvie Ferrer, Idir Boumertit, Clémence Guetté, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, René Pilato, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Anaïs Belouassa-Cherifi, Claire Lejeune, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 11 dans le décompte
Pour (1) : Stéphane Hablot
Contre (10) : Claudia Rouaux, Gérard Leseul, Philippe Brun, Stéphane Delautrette, Elie Califer, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Christophe Proença, Peio Dufau
Droite Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Philippe Gosselin, Vincent Jeanbrun (ancien député)
Écologiste et Social 4 dans le décompte
Contre (4) : Pouria Amirshahi, Léa Balage El Mariky, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 5 dans le décompte
Pour (5) : Maud Petit, Romain Daubié, Mickaël Cosson, Delphine Lingemann, Éric Martineau
Horizons & Indépendants 10 dans le décompte
Contre (9) : Thierry Benoit, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Jérémie Patrier-Leitus, Félicie Gérard, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam
Non-votant (1) : Naïma Moutchou (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 17 dans le décompte
Pour (3) : Jean-Pierre Bataille, Joël Bruneau, Laurent Mazaury
Contre (13) : Yannick Favennec-Bécot, Jean-Luc Warsmann, Paul Molac, Paul-André Colombani, Olivier Serva, Max Mathiasin, Nicole Sanquer, Laurent Panifous (ancien député), David Taupiac, Salvatore Castiglione (ancien député), Martine Froger, Harold Huwart (ancien député), Constance de Pélichy
Abstention (1) : Stéphane Lenormand
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Julien Brugerolles, Frédéric Maillot
UDR 4 dans le décompte
Pour (4) : Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Olivier Fayssat, Maxime Michelet
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin