Votes · Scrutin n° 1700 · 15 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 101 de M. Huyghe après l'article 2 de la proposition de loi de simplification du droit de l'urbanisme et du logement (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 2
- Texte
- Simplification du droit de l'urbanisme et du logement Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Huyghe (EPR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à simplifier la réalisation des projets de carrières en facilitant, pour le maire qui le souhaite, la mise en compatibilité des PLU.
Le secteur des carrières se trouve en effet dans une situation paradoxale :
– Le schéma régional, pris sur le fondement d’une étude d’impact, s’impose au SCOT et au PLU, ce qui répond au fait que l’activité des carrières est nécessaire tant à la construction de logements qu’au maintien et à la réalisation d’infrastructures.
– Le PLU doit de surcroît être compatible avec le SCOT.
– Mais, pour un projet de carrière donné compatible avec le SCOT, mettre en comptabilité un PLU pour permettre un projet de carrière relève pour l’élu local d’un parcours du combattant. La procédure de droit commun prévue par l’article L.300-6 est en effet, pour des communes souvent rurales et de petites tailles, particulièrement lourde et complexe, au point soit de décourager des élus, soit de les inciter à la contourner en recourant à d’autres procédures plus qu’au droit commun.
Il est rappelé que pour permettre un projet de carrière dans un PLU, peuvent être mises en œuvre les procédures de révision, de révision allégée (si les conditions sont réunies) et de mise en compatibilité (« MECDU ») avec une « déclaration de projet » conformément à l’article L. 300-6.
Le présent amendement vise donc, pour les projets de carrières compatibles avec le SCOT, à permettre à l’élu local qui le désire de recourir à la procédure de mise en compatibilité intégrée de l’article L. 300-6-1, mise en place initialement pour le logement (PIL), et depuis étendue par le législateur à d’autres secteurs tels que la construction d’unités touristiques nouvelles. Cet article s’inscrit donc dans la lignée de ces simplifications. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Lorsqu’un projet d’exploitation de carrière, au sens des articles L. 100‑2 et L. 311‑1 du code minier ou mentionné à l’article L. 515‑1 du code de l’environnement, est compatible avec le schéma de cohérence territoriale mentionné à l’article L. 141‑1 code de l’urbanisme, mais contraire à l’affectation des sols définie par le plan local d’urbanisme ou le document en tenant lieu ou la carte communale en vigueur au moment de l’instruction, le maire de la commune d’implantation du projet a la possibilité de procéder à la mise en compatibilité du plan local d’urbanisme dans les conditions définies au I bis de l’article L. 300‑6‑1 du code de l’urbanisme.
II. – La procédure intégrée pour les projets d’exploitation de carrière est conduite dans un délai de quinze mois à compter de son engagement.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 2 : 8 scrutins publics, dont 4 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée le 1er avril 2025 par Harold Huwart (groupe LIOT) et plusieurs collègues, avec procédure accélérée (une seule lecture par chambre). Le texte initial comptait quatre articles, la loi adoptée trente et un (décision du Conseil constitutionnel, § 49). Principales mesures, d’après la décision et la présentation du ministre en séance :
- fin de la caducité des schémas de cohérence territoriale et modification simplifiée des plans locaux d’urbanisme (PLU) (§ 50) ;
- plus de dérogations au PLU dans les communes en zone tendue et possibilité de construire des logements dans des zones d’activité (§ 51) ;
- un permis d’aménager unique pour plusieurs terrains non contigus (§ 52) ;
- contre les constructions illégales, une amende administrative pouvant aller jusqu’à 30 000 €, selon le ministre Vincent Jeanbrun ;
- des recours plus encadrés : délais raccourcis (§ 53) et un recours gracieux qui ne prolonge plus le délai pour saisir le juge (§ 31).
Ce que ça change
Les maires et les porteurs de projets disposent de procédures plus courtes. Une demande de permis modificatif est examinée selon les règles d’urbanisme en vigueur lors du permis initial, si les travaux ne sont pas achevés et pendant trois ans au plus (§ 7). Les riverains qui contestent une autorisation ont moins de temps pour le faire. Certaines mesures entrent en vigueur le 26 mai 2026 et plusieurs décrets d’application étaient encore attendus le 24 octobre 2026, selon le baromètre de l’Assemblée.
Ce qui est contesté
En première lecture, le 15 mai 2025, le texte a été adopté par 119 voix contre 28 (scrutin n° 1717) : LFI-NFP et Écologistes contre, GDR abstention. Le texte final, issu de la commission mixte paritaire, a été adopté le 15 octobre 2025 par 65 voix contre 41 et 52 abstentions (scrutin n° 3056) : LFI-NFP (26) et Écologistes (15) contre ; RN (49), UDR et GDR abstention ; EPR, Socialistes, Droite républicaine, Démocrates, Horizons et LIOT pour.
- Pour les Écologistes, Julie Ozenne affirme : « La simplification ne doit pas devenir un permis de déréguler. » Elle dénonce des « dérogations permanentes ».
- Pour LFI-NFP, Anaïs Belouassa-Cherifi estime qu’au lieu de simplifier, « on sacrifie le droit au logement ».
- GDR (Julien Brugerolles) s’abstient en raison des régimes dérogatoires ajoutés pour la logistique et les carrières. UDR (Olivier Fayssat) s’abstient en contestant notamment la réduction des délais de recours. Le RN n’a pas exposé de motif d’abstention précis lors de la lecture finale.
- Pour le rapporteur Harold Huwart, « Quatre millions de ménages attendent un logement. » Les Socialistes votent pour une « première étape » (Pierre Pribetich), les Démocrates pour répondre à la crise du logement (Mickaël Cosson).
- Selon nos données, l’article 2 (résidences hôtelières à vocation sociale, dérogations au PLU) a donné lieu à 11 scrutins publics en première lecture.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 21 octobre 2025 par des députés écologistes et LFI-NFP, le Conseil a rendu la décision n° 2025-896 DC le 20 novembre 2025.
- Censurée : l’obligation d’avoir participé à la consultation du public pour pouvoir contester en justice un document d’urbanisme (4° du I et II de l’article 26). Motif : atteinte disproportionnée au droit à un recours effectif devant un juge (§ 24 à 30).
- Censurés : douze articles jugés « cavaliers législatifs », c’est-à-dire sans lien, même indirect, avec le texte de départ (§ 49 à 77) : articles 5, 6, 10, 11, 12, 13, 14, 16, 27, 28, 30 et 31. Parmi eux, l’identifiant unique des bâtiments (art. 5), une dérogation pour les constructions agricoles sur le littoral (art. 10) et le passage de 30 à 15 ans du délai pour déclarer un bien sans maître (art. 30).
- Validés : le gel des règles pour les permis modificatifs (§ 9), la limitation des vices de forme invocables contre les documents d’urbanisme (§ 19) et le nouveau délai de recours administratif.
- Aucune réserve d’interprétation.
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 de simplification du droit de l’urbanisme et du logement, publiée au Journal officiel du 27 novembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Scrutin n° 1717 (première lecture) (15/05/2025)
- Scrutin n° 3056 (texte de la commission mixte paritaire) (15/10/2025)
- Compte rendu de la deuxième séance du 15 mai 2025 (15/05/2025)
- Compte rendu de la séance du 15 octobre 2025 (15/10/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-896 DC (20/11/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 67
- Contre
- 44
- Abstention
- 5
- Non-votant
- 2
- Votants
- 116
- Exprimés
- 111
- Majorité requise
- 56
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 40 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Pour | 4 | 1 | 2 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 1 | 10 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Pour | 7 | 2 | 1 | 1 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 8 | 8 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 40 dans le décompte
Pour (40) : Nicolas Meizonnet, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Julien Rancoule, Joëlle Mélin, Katiana Levavasseur, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Sandra Delannoy, Thibaut Monnier, Julien Gabarron, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault, Gaëtan Dussausaye, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 8 dans le décompte
Pour (4) : Sébastien Huyghe, Michel Lauzzana, Freddy Sertin (ancien député), Françoise Buffet
Contre (1) : Bastien Marchive
Abstention (2) : Jean-Luc Fugit, Prisca Thevenot
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 17 dans le décompte
Contre (17) : Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, Sylvie Ferrer, Idir Boumertit, Clémence Guetté, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, René Pilato, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Anaïs Belouassa-Cherifi, Claire Lejeune, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 11 dans le décompte
Pour (1) : Stéphane Hablot
Contre (10) : Claudia Rouaux, Gérard Leseul, Philippe Brun, Stéphane Delautrette, Elie Califer, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Christophe Proença, Peio Dufau
Droite Républicaine 1 dans le décompte
Abstention (1) : Guillaume Lepers (ancien député)
Écologiste et Social 4 dans le décompte
Contre (4) : Pouria Amirshahi, Léa Balage El Mariky, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 3 dans le décompte
Pour (3) : Romain Daubié, Mickaël Cosson, Delphine Lingemann
Horizons & Indépendants 11 dans le décompte
Pour (7) : Thierry Benoit, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Félicie Gérard, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député)
Contre (2) : Jérémie Patrier-Leitus, Thomas Lam
Abstention (1) : Lise Magnier
Non-votant (1) : Naïma Moutchou (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 16 dans le décompte
Pour (8) : Yannick Favennec-Bécot, Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, Christophe Naegelen, David Taupiac, Salvatore Castiglione (ancien député), Joël Bruneau, Laurent Mazaury
Contre (8) : Paul Molac, Paul-André Colombani, Olivier Serva, Max Mathiasin, Nicole Sanquer, Martine Froger, Harold Huwart (ancien député), Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Julien Brugerolles, Frédéric Maillot
UDR 4 dans le décompte
Pour (4) : Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Olivier Fayssat, Maxime Michelet
Non inscrit 1 dans le décompte
Abstention (1) : Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin