Votes · Scrutin n° 1713 · 15 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 49 de M. Vos après l'article 4 de la proposition de loi de simplification du droit de l'urbanisme et du logement (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 4
- Texte
- Simplification du droit de l'urbanisme et du logement Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Vos et 121 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement tend à étendre l’obligation de constituer avocat dans tous les litiges relatifs l’occupation ou l’utilisation du sol devant les différents degrés de juridiction administratives.
Le ministère d’avocat n’est pour le moment pas obligatoire en cette matière, le code de Justice administrative réservant en effet cette obligation au seul contentieux indemnitaire. Par essence, le législateur considère que le recours en excès de pouvoir est un recours citoyen et qu’il n’impose pas l’assistance d’un professionnel du droit.
Cette dispense est pourtant une des multiples causes du contentieux de l’urbanisme.
La plupart des requérants confondent préjudice d’agrément et moyens de légalité en droit administratif.
Dans l’esprit des justiciables, la confusion entre trouble anormal et délivrance du permis est un postulat enraciné. La réforme de l’intérêt pour agir qui exige un grief privé pour déposer un recours, a aggravé cette confusion.
Les moyens sont souvent mal articulés et lorsqu’il s’agit de recours à visée pécuniaire, le promoteur n’a pas toujours en face de lui un professionnel du droit.
Les associations sont désormais moins nombreuses à agir que dans les années 1990, depuis la réforme la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 qui a imposé le dépôt de leur statut plus d’un an avant la création du permis de construire.
Mais pour celles qui existent, l’exigence de la présence d’un avocat ne sera pas un obstacle à l’exercice de leur objet social car elles y sont déjà habituées.
Libre au tribunal d’adapter les condamnations de l’article L760-1 du Code de justice administrative lorsqu’une partie succombe.
Ce sera une avancée équitable dans le cadre de ce contentieux.
L’aide juridictionnelle est par ailleurs ouverte aux personnes les plus modestes.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’article L. 600‑1‑4 du code de l’urbanisme, il est inséré un article L. 600‑1‑5 ainsi rédigé :
« Art. L. 600‑1‑5. – Pour tout recours contentieux ou demande de déféré exercé contre une décision relative à l’occupation ou à l’utilisation du sol régie par le présent code, le ministère d’avocat est obligatoire.
« Cette obligation ne s’applique pas aux services de l’État. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 4 : 6 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée le 1er avril 2025 par Harold Huwart (groupe LIOT) et plusieurs collègues, avec procédure accélérée (une seule lecture par chambre). Le texte initial comptait quatre articles, la loi adoptée trente et un (décision du Conseil constitutionnel, § 49). Principales mesures, d’après la décision et la présentation du ministre en séance :
- fin de la caducité des schémas de cohérence territoriale et modification simplifiée des plans locaux d’urbanisme (PLU) (§ 50) ;
- plus de dérogations au PLU dans les communes en zone tendue et possibilité de construire des logements dans des zones d’activité (§ 51) ;
- un permis d’aménager unique pour plusieurs terrains non contigus (§ 52) ;
- contre les constructions illégales, une amende administrative pouvant aller jusqu’à 30 000 €, selon le ministre Vincent Jeanbrun ;
- des recours plus encadrés : délais raccourcis (§ 53) et un recours gracieux qui ne prolonge plus le délai pour saisir le juge (§ 31).
Ce que ça change
Les maires et les porteurs de projets disposent de procédures plus courtes. Une demande de permis modificatif est examinée selon les règles d’urbanisme en vigueur lors du permis initial, si les travaux ne sont pas achevés et pendant trois ans au plus (§ 7). Les riverains qui contestent une autorisation ont moins de temps pour le faire. Certaines mesures entrent en vigueur le 26 mai 2026 et plusieurs décrets d’application étaient encore attendus le 24 octobre 2026, selon le baromètre de l’Assemblée.
Ce qui est contesté
En première lecture, le 15 mai 2025, le texte a été adopté par 119 voix contre 28 (scrutin n° 1717) : LFI-NFP et Écologistes contre, GDR abstention. Le texte final, issu de la commission mixte paritaire, a été adopté le 15 octobre 2025 par 65 voix contre 41 et 52 abstentions (scrutin n° 3056) : LFI-NFP (26) et Écologistes (15) contre ; RN (49), UDR et GDR abstention ; EPR, Socialistes, Droite républicaine, Démocrates, Horizons et LIOT pour.
- Pour les Écologistes, Julie Ozenne affirme : « La simplification ne doit pas devenir un permis de déréguler. » Elle dénonce des « dérogations permanentes ».
- Pour LFI-NFP, Anaïs Belouassa-Cherifi estime qu’au lieu de simplifier, « on sacrifie le droit au logement ».
- GDR (Julien Brugerolles) s’abstient en raison des régimes dérogatoires ajoutés pour la logistique et les carrières. UDR (Olivier Fayssat) s’abstient en contestant notamment la réduction des délais de recours. Le RN n’a pas exposé de motif d’abstention précis lors de la lecture finale.
- Pour le rapporteur Harold Huwart, « Quatre millions de ménages attendent un logement. » Les Socialistes votent pour une « première étape » (Pierre Pribetich), les Démocrates pour répondre à la crise du logement (Mickaël Cosson).
- Selon nos données, l’article 2 (résidences hôtelières à vocation sociale, dérogations au PLU) a donné lieu à 11 scrutins publics en première lecture.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 21 octobre 2025 par des députés écologistes et LFI-NFP, le Conseil a rendu la décision n° 2025-896 DC le 20 novembre 2025.
- Censurée : l’obligation d’avoir participé à la consultation du public pour pouvoir contester en justice un document d’urbanisme (4° du I et II de l’article 26). Motif : atteinte disproportionnée au droit à un recours effectif devant un juge (§ 24 à 30).
- Censurés : douze articles jugés « cavaliers législatifs », c’est-à-dire sans lien, même indirect, avec le texte de départ (§ 49 à 77) : articles 5, 6, 10, 11, 12, 13, 14, 16, 27, 28, 30 et 31. Parmi eux, l’identifiant unique des bâtiments (art. 5), une dérogation pour les constructions agricoles sur le littoral (art. 10) et le passage de 30 à 15 ans du délai pour déclarer un bien sans maître (art. 30).
- Validés : le gel des règles pour les permis modificatifs (§ 9), la limitation des vices de forme invocables contre les documents d’urbanisme (§ 19) et le nouveau délai de recours administratif.
- Aucune réserve d’interprétation.
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 de simplification du droit de l’urbanisme et du logement, publiée au Journal officiel du 27 novembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Scrutin n° 1717 (première lecture) (15/05/2025)
- Scrutin n° 3056 (texte de la commission mixte paritaire) (15/10/2025)
- Compte rendu de la deuxième séance du 15 mai 2025 (15/05/2025)
- Compte rendu de la séance du 15 octobre 2025 (15/10/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-896 DC (20/11/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 36
- Contre
- 92
- Abstention
- 10
- Non-votant
- 2
- Votants
- 138
- Exprimés
- 128
- Majorité requise
- 65
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 31 | 0 | 6 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Abstention | 0 | 0 | 4 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 37 dans le décompte
Pour (31) : Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Joëlle Mélin, Katiana Levavasseur, Lisette Pollet, Christine Loir, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Frédéric Boccaletti, Sandra Delannoy, Thibaut Monnier, Julien Gabarron, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault, Gaëtan Dussausaye, Joseph Rivière, Anne Sicard
Abstention (6) : Julien Rancoule, Serge Muller, Yoann Gillet, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Philippe Schreck
Ensemble pour la République 22 dans le décompte
Contre (21) : Florent Boudié (ancien député), Stéphane Travert, Sylvain Maillard, Sandra Marsaud, François Cormier-Bouligeon, Hervé Berville (ancien député), Liliana Tanguy, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Natalia Pouzyreff, Annie Vidal, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Freddy Sertin (ancien député), Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Bastien Marchive, Pierre Cazeneuve, Prisca Thevenot, Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 20 dans le décompte
Contre (20) : Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Sylvie Ferrer, Idir Boumertit, Damien Maudet, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Perceval Gaillard, René Pilato, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Anaïs Belouassa-Cherifi, Claire Lejeune, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 13 dans le décompte
Contre (13) : Claudia Rouaux, Christine Pirès Beaune, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Stéphane Delautrette, Elie Califer, Emmanuel Grégoire (ancien député), Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Christophe Proença, Stéphane Hablot, Peio Dufau
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Abstention (4) : Philippe Gosselin, Jean-Pierre Vigier, Guillaume Lepers (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député)
Écologiste et Social 4 dans le décompte
Contre (4) : Pouria Amirshahi, Sabrina Sebaihi, Léa Balage El Mariky, Julie Ozenne
Les Démocrates 4 dans le décompte
Contre (4) : Sophie Mette, Cyrille Isaac-Sibille, Mickaël Cosson, Delphine Lingemann
Horizons & Indépendants 12 dans le décompte
Contre (11) : Thierry Benoit, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Lise Magnier, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam
Non-votant (1) : Naïma Moutchou (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 17 dans le décompte
Contre (17) : Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, Paul Molac, Michel Castellani, Paul-André Colombani, Nicole Sanquer, Stéphane Viry, Christophe Naegelen, Laurent Panifous (ancien député), David Taupiac, Salvatore Castiglione (ancien député), Estelle Youssouffa, Martine Froger, Joël Bruneau, Harold Huwart (ancien député), Constance de Pélichy, Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Julien Brugerolles
UDR 5 dans le décompte
Pour (5) : Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Maxime Michelet
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin