Votes · Scrutin n° 185 · 29 octobre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2257 de M. Lauzzana après l'article 3 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Président de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 3
- Texte
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 Projet de loi de financement de la sécurité sociale
Amendement déposé par M. Lauzzana et 91 cosignataires (EPR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Conformément à l’engagement du Premier ministre dans sa déclaration de politique générale, cet amendement vise à lutter contre la désertification médicale en s’appuyant sur les médecins libéraux ayant déjà liquidé leurs pensions de vieillesse, qui étaient 13 513 au 1er janvier 2024.
Cet amendement vise donc à favoriser le maintien en activité des médecins libéraux retraités qui souhaitent exercer dans les zones sous-dense, c’est-à-dire les territoires avec une offre de soins insuffisante pour la population, en prévoyant une exonération de leurs cotisations d’assurance vieillesse dues sur les revenus d’activité perçus en 2025 au titre de leurs régimes de base, complémentaire et de prestations complémentaires de vieillesse.
Pour être éligibles à ce dispositif, les médecins libéraux retraités devront justifier d’un revenu annuel inférieur à un montant fixé par décret. A titre d’exemple, le plafond avait été fixé à 80 000 € pour une mesure d’exonération similaire des cotisations vieillesses des médecins en cumul emploi-retraite prévue à l’article 13 de la LFSS pour 2023.
Les médecins bénéficiaires de cette exonération ne pourront pas s’ouvrir de nouveaux droits pour une seconde pension au titre du régime de base des professionnels libéraux. La faculté de se constituer de nouveaux droits à une seconde pension n’a pas été déclinée au titre des régimes complémentaires et de prestations complémentaires vieillesse gérés par la CARMF.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Sous réserve que leur revenu professionnel non salarié annuel soit inférieur à un montant fixé par décret, les médecins exerçant leur activité dans une zone caractérisée par une offre de soins insuffisante ou des difficultés dans l’accès aux soins mentionnée à l’article L. 1434‑4 du code de la santé publique classée par l’agence régionale de santé territorialement compétente comme une zone d’intervention prioritaire et remplissant les conditions prévues aux troisième à sixième alinéas de l’article L. 643‑6 du code de la sécurité sociale sont exonérés, au titre de leur activité professionnelle en qualité de médecin, des cotisations d’assurance vieillesse mentionnées aux articles L. 642‑1, L. 644‑1, L. 645‑2 et L. 645‑3 du même code dues sur les revenus perçus en 2025.
II. – Par dérogation au 2° de l’article L. 161‑22‑1 du code de la sécurité sociale et à l’article L. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 3 : 9 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) fixe chaque année les recettes et les objectifs de dépenses de la Sécurité sociale. Le projet a été déposé le 10 octobre 2024 par le Gouvernement de Michel Barnier, puis repris par celui de François Bayrou. D’après la décision du Conseil constitutionnel et les débats, il prévoit notamment :
- un objectif de dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 265,9 milliards d’euros pour 2025 (paragraphe 3) ;
- la soumission à la CSG et à la CRDS de la part du salaire des apprentis qui dépasse 50 % du Smic (paragraphe 14) ;
- le remboursement de certains soins coûteux conditionné à un document du prescripteur (paragraphe 24) ;
- selon les orateurs, un fonds d’urgence de 300 millions d’euros pour les Ehpad et le calcul des retraites agricoles sur les 25 meilleures années.
Ce que ça change
Selon Thibault Bazin (Droite républicaine), rapporteur général, les dépenses progressent de « 3,7 %, bien supérieure à l’inflation attendue ». Jérôme Guedj (Socialistes) indique que les négociations ont permis d’écarter la baisse du remboursement des médicaments et consultations, de 70 % à 60 % ou 65 %, et d’obtenir « 1 milliard d’euros supplémentaires pour l’hôpital » (compte rendu du 12 février 2025). La loi a été promulguée en cours d’année, le 28 février 2025.
Ce qui est contesté
Le texte final n’a pas été voté par les députés. Le Gouvernement a utilisé l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité absolue (289 voix). Le 4 décembre 2024, la motion de censure contre le gouvernement de Michel Barnier a été adoptée par 331 voix (RN, LFI, Socialistes, Écologistes, GDR, UDR) et le texte a été rejeté. En nouvelle lecture, le gouvernement Bayrou a utilisé trois fois le 49.3. Les motions de censure de LFI ont obtenu 122, 115 puis 121 voix le 12 février 2025, soutenues par LFI, les Écologistes et GDR. En première lecture, l’Assemblée n’avait voté que sur la deuxième partie (126 voix contre 98, le 4 novembre 2024) ; selon les données de l’Assemblée, les amendements après l’article 9 ont donné lieu à 13 scrutins publics.
Marianne Maximi (LFI) dénonce un budget fait « avec l’austérité pour seule boussole ». Benjamin Lucas-Lundy (Écologiste et social) annonce que son groupe censurera. Soumya Bourouaha annonce le vote du groupe GDR « dans sa grande majorité ».
Les autres groupes, dont les Socialistes (à une voix près) et le RN, n’ont pas voté ces motions. Jérôme Guedj (Socialistes) déclare : « Je préfère ce PLFSS, aussi insuffisant soit-il ». Joëlle Mélin (RN) s’oppose au budget mais ne vote pas la censure. Thibault Bazin préfère « un budget imparfait à l’absence de budget ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 20 février 2025 par des députés LFI, le Conseil a rendu sa décision le 28 février 2025.
- Censuré sur le fond : la pénalité pour les patients qui n’honorent pas un rendez-vous médical (article 52), car la loi n’en fixait ni la nature, ni le montant, ni les conditions (paragraphe 42).
- Censurés parce qu’ils n’ont pas leur place dans une loi de financement (effet nul ou trop indirect sur les comptes de la Sécurité sociale) : treize articles, dont la réforme du contrôle médical de l’assurance maladie (article 51), les échanges de données avec les complémentaires santé (article 49), la géolocalisation des transports sanitaires (article 60) et le non-cumul des indemnités d’élus et des indemnités journalières (article 74) (paragraphes 35 et 57).
- Réserves d’interprétation (conditions d’application fixées par le Conseil) sur le document du prescripteur : le patient doit être informé à l’avance, et le document doit être fourni sans frais et dans des délais adaptés (paragraphes 26 et 27).
- Validés : l’Ondam (paragraphes 6 et 8) et la CSG des apprentis (paragraphes 16 à 19).
Où en est le texte
Le Sénat a adopté définitivement le texte le 17 février 2025. La loi n° 2025-199 du 28 février 2025 a été publiée au Journal officiel du même jour.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (28/02/2025)
- Dossier législatif du Sénat (28/02/2025)
- Projet de loi n° 325 (10/10/2024)
- Compte rendu de la première séance du 12 février 2025 (motion de censure) (12/02/2025)
- Scrutin n° 519 sur la motion de censure adoptée (04/12/2024)
- Scrutin n° 791 sur la dernière motion de censure (12/02/2025)
- Décision n° 2025-875 DC du Conseil constitutionnel (28/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 49
- Contre
- 64
- Abstention
- 60
- Non-votant
- 2
- Votants
- 173
- Exprimés
- 113
- Majorité requise
- 57
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Abstention | 0 | 0 | 53 | 0 | |
| EPR 94 membres | Pour | 26 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 24 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Pour | 4 | 3 | 0 | 1 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Abstention | 0 | 0 | 7 | 0 | |
| NI 8 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 53 dans le décompte
Abstention (53) : Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Alexandra Masson (ancien député), Joëlle Mélin, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Guillaume Florquin, Romain Tonussi, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Arnaud Sanvert (ancien député), Gaëtan Dussausaye
Ensemble pour la République 27 dans le décompte
Pour (26) : Gérald Darmanin (ancien député), Éric Bothorel, Sylvain Maillard, François Cormier-Bouligeon, Didier Le Gac, Liliana Tanguy, Christine Le Nabour, Michel Lauzzana, Brigitte Liso, Marie Lebec, Natalia Pouzyreff, Annie Vidal, Gabriel Attal, Jean-François Rousset, Françoise Buffet, Caroline Yadan, Nicolas Metzdorf, Mathieu Lefèvre (ancien député), Pierre Cazeneuve, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Sophie Delorme Duret (ancien député), Pauline Levasseur (ancien député), Emmanuelle Hoffman, Christophe Mongardien, Remi Provendier (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 24 dans le décompte
Contre (24) : Jean-Philippe Nilor, Bastien Lachaud, Sophia Chikirou, Manuel Bompard, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, François Piquemal, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Louis Boyard, Damien Maudet, Karen Erodi, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Zahia Hamdane, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 19 dans le décompte
Contre (19) : Jérôme Guedj, Marietta Karamanli, Marie Récalde, Fanny Dombre Coste, Boris Vallaud, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Elie Califer, Valérie Rossi, Marc Pena, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Fabrice Roussel, Stéphane Hablot, Romain Eskenazi, Béatrice Bellay
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Pour (4) : Eliane Kremer (ancien député), Nicolas Ray, Hubert Brigand, Yannick Neuder
Contre (3) : Philippe Juvin, Olivier Marleix (ancien député), Thibault Bazin
Non-votant (1) : Xavier Breton
Écologiste et Social 9 dans le décompte
Contre (9) : Eva Sas, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Julie Ozenne
Les Démocrates 6 dans le décompte
Pour (6) : Jean-Carles Grelier, Philippe Vigier, Maud Petit, Nicolas Turquois, Cyrille Isaac-Sibille, Louise Morel
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Pour (8) : Laurent Marcangeli, Laetitia Saint-Paul, Vincent Thiébaut, François Gernigon, Anne Le Hénanff (ancien député), Pierre Marle, Frédéric Valletoux, Nathalie Colin-Oesterlé
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Pour (4) : Paul Molac, Paul-André Colombani, Stéphane Viry, Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 8 dans le décompte
Contre (8) : Elsa Faucillon, Karine Lebon, Yannick Monnet, Mereana Reid Arbelot, Jean-Victor Castor, Davy Rimane, Émeline K/Bidi, Édouard Bénard
UDR 7 dans le décompte
Abstention (7) : Brigitte Barèges (ancien député), Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Hanane Mansouri, Charles Alloncle, Maxime Michelet
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin