Votes · Scrutin n° 189 · 29 octobre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1267 de M. Tavel après l'article 3 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 3
- Texte
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 Projet de loi de financement de la sécurité sociale
Amendement déposé par M. Tavel et 70 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
"Par cet amendement, le groupe LFI-NFP propose une contribution exceptionnelle sur les dividendes afin de financer le système de retraites.
À l’instar de l’année 2022, l’année 2023 a été marqué par la hausse continue de l’inflation et la baisse des salaires réels des français. En parallèle, les actionnaires du CAC 40 ont perçu en 2023, au titre de l’exercice 2022, plus de 100 milliards d’euros en dividendes et rachat d’actions. Un record. Selon les prévisions, ce chiffre sera encore plus élevé au titre de l’année 2023.
Outre le CAC40, l’ensemble des dividendes représentait 327 milliards d’euros en 2023. Moins de 1% de cette somme correspondrait aux économies attendues de la réforme des retraites du gouvernement Borne à horizon 10 ans, contrairement à la communication mensongère du gouvernement. Seulement 8% de cette somme correspondrait aux économies attendues par le ministre sortant de l’économie, Bruno Le Maire, sur le budget pour l’année en cours.
Rappelons que mettre à contribution les dividendes ne présente aucun risque pour l’économie, contrairement à ce qu’affirment les libéraux, malgré l’importante littérature scientifique sur le sujet. Au contraire : les économistes Adrien Matray et Charles Boissel ont publié le 31 août 2023, une étude (Dividend taxes and the allocation of capital) démontrant que la hausse de la taxation des dividendes en 2013 a conduit à un accroissement de l’investissement et de l’emploi."
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Il est créé une contribution exceptionnelle sur les dividendes tels que définis aux articles L.232‑10 à L. 232‑20 du code de commerce.
Le taux de cette contribution est fixé à 16 %. Elle est reversée aux caisses de retraite du régime de base obligatoire. Les dispositions relatives à la répartition entre caisses de retraite sont déterminées par décret en Conseil d’État.
La contribution est assise sur l’ensemble des bénéfices réalisés par des entreprises en France ainsi que sur ceux dont l’imposition est attribuée à la France par une convention internationale relative aux doubles impositions.
Un décret en Conseil d’État fixe la date et les modalités d’application du présent article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 3 : 9 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) fixe chaque année les recettes et les objectifs de dépenses de la Sécurité sociale. Le projet a été déposé le 10 octobre 2024 par le Gouvernement de Michel Barnier, puis repris par celui de François Bayrou. D’après la décision du Conseil constitutionnel et les débats, il prévoit notamment :
- un objectif de dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 265,9 milliards d’euros pour 2025 (paragraphe 3) ;
- la soumission à la CSG et à la CRDS de la part du salaire des apprentis qui dépasse 50 % du Smic (paragraphe 14) ;
- le remboursement de certains soins coûteux conditionné à un document du prescripteur (paragraphe 24) ;
- selon les orateurs, un fonds d’urgence de 300 millions d’euros pour les Ehpad et le calcul des retraites agricoles sur les 25 meilleures années.
Ce que ça change
Selon Thibault Bazin (Droite républicaine), rapporteur général, les dépenses progressent de « 3,7 %, bien supérieure à l’inflation attendue ». Jérôme Guedj (Socialistes) indique que les négociations ont permis d’écarter la baisse du remboursement des médicaments et consultations, de 70 % à 60 % ou 65 %, et d’obtenir « 1 milliard d’euros supplémentaires pour l’hôpital » (compte rendu du 12 février 2025). La loi a été promulguée en cours d’année, le 28 février 2025.
Ce qui est contesté
Le texte final n’a pas été voté par les députés. Le Gouvernement a utilisé l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité absolue (289 voix). Le 4 décembre 2024, la motion de censure contre le gouvernement de Michel Barnier a été adoptée par 331 voix (RN, LFI, Socialistes, Écologistes, GDR, UDR) et le texte a été rejeté. En nouvelle lecture, le gouvernement Bayrou a utilisé trois fois le 49.3. Les motions de censure de LFI ont obtenu 122, 115 puis 121 voix le 12 février 2025, soutenues par LFI, les Écologistes et GDR. En première lecture, l’Assemblée n’avait voté que sur la deuxième partie (126 voix contre 98, le 4 novembre 2024) ; selon les données de l’Assemblée, les amendements après l’article 9 ont donné lieu à 13 scrutins publics.
Marianne Maximi (LFI) dénonce un budget fait « avec l’austérité pour seule boussole ». Benjamin Lucas-Lundy (Écologiste et social) annonce que son groupe censurera. Soumya Bourouaha annonce le vote du groupe GDR « dans sa grande majorité ».
Les autres groupes, dont les Socialistes (à une voix près) et le RN, n’ont pas voté ces motions. Jérôme Guedj (Socialistes) déclare : « Je préfère ce PLFSS, aussi insuffisant soit-il ». Joëlle Mélin (RN) s’oppose au budget mais ne vote pas la censure. Thibault Bazin préfère « un budget imparfait à l’absence de budget ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 20 février 2025 par des députés LFI, le Conseil a rendu sa décision le 28 février 2025.
- Censuré sur le fond : la pénalité pour les patients qui n’honorent pas un rendez-vous médical (article 52), car la loi n’en fixait ni la nature, ni le montant, ni les conditions (paragraphe 42).
- Censurés parce qu’ils n’ont pas leur place dans une loi de financement (effet nul ou trop indirect sur les comptes de la Sécurité sociale) : treize articles, dont la réforme du contrôle médical de l’assurance maladie (article 51), les échanges de données avec les complémentaires santé (article 49), la géolocalisation des transports sanitaires (article 60) et le non-cumul des indemnités d’élus et des indemnités journalières (article 74) (paragraphes 35 et 57).
- Réserves d’interprétation (conditions d’application fixées par le Conseil) sur le document du prescripteur : le patient doit être informé à l’avance, et le document doit être fourni sans frais et dans des délais adaptés (paragraphes 26 et 27).
- Validés : l’Ondam (paragraphes 6 et 8) et la CSG des apprentis (paragraphes 16 à 19).
Où en est le texte
Le Sénat a adopté définitivement le texte le 17 février 2025. La loi n° 2025-199 du 28 février 2025 a été publiée au Journal officiel du même jour.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (28/02/2025)
- Dossier législatif du Sénat (28/02/2025)
- Projet de loi n° 325 (10/10/2024)
- Compte rendu de la première séance du 12 février 2025 (motion de censure) (12/02/2025)
- Scrutin n° 519 sur la motion de censure adoptée (04/12/2024)
- Scrutin n° 791 sur la dernière motion de censure (12/02/2025)
- Décision n° 2025-875 DC du Conseil constitutionnel (28/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 87
- Contre
- 144
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 233
- Exprimés
- 231
- Majorité requise
- 116
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Contre | 0 | 67 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 35 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 37 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 26 | 1 | 1 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 1 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 17 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 13 | 1 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 67 dans le décompte
Contre (67) : Hervé de Lépinau, Sébastien Chenu, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Bryan Masson (ancien député), Joëlle Mélin, José Gonzalez, Emmanuel Taché, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Philippe Ballard, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Christine Engrand, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Bénédicte Auzanot, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Nadine Lechon, Florence Joubert, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Arnaud Sanvert (ancien député), Robert Le Bourgeois, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye, Sophie-Laurence Roy
Ensemble pour la République 36 dans le décompte
Contre (35) : Florent Boudié (ancien député), Éric Bothorel, Didier Le Gac, Liliana Tanguy, Christine Le Nabour, Danielle Brulebois, Lionel Causse, Michel Lauzzana, Stéphanie Rist (ancien député), Brigitte Liso, Céline Calvez, Natalia Pouzyreff, Stéphane Buchou, Annie Vidal, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Jean-François Rousset, Thomas Cazenave (ancien député), Christophe Marion, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Mathieu Lefèvre (ancien député), Pierre Cazeneuve, Marie-Ange Rousselot (ancien député), Yannick Chenevard, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Sophie Delorme Duret (ancien député), Pauline Levasseur (ancien député), Emmanuelle Hoffman, Danièle Carteron, Christophe Mongardien, Vincent Caure, Remi Provendier (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 37 dans le décompte
Pour (37) : Jean-Philippe Nilor, Ugo Bernalicis, Bastien Lachaud, Danièle Obono, Sophia Chikirou, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, François Piquemal, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Clémence Guetté, Damien Maudet, Ersilia Soudais, Carlos Martens Bilongo, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Karen Erodi, Perceval Gaillard, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 28 dans le décompte
Pour (26) : Marietta Karamanli, Marie Récalde, Fanny Dombre Coste, Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Sébastien Saint-Pasteur, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Stéphane Hablot, Julien Gokel (ancien député), Denis Fégné, Sandrine Runel, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Béatrice Bellay
Contre (1) : François Hollande
Abstention (1) : Mélanie Thomin
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Contre (7) : Marie-Christine Dalloz, Jean-Luc Bourgeaux, Jean-Pierre Vigier, Thibault Bazin, Eliane Kremer (ancien député), Josiane Corneloup, Yannick Neuder
Non-votant (1) : Xavier Breton
Écologiste et Social 17 dans le décompte
Pour (17) : Dominique Voynet, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Cyrielle Chatelain, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Nicolas Bonnet, Boris Tavernier, Julie Ozenne
Les Démocrates 12 dans le décompte
Contre (12) : Jean-Carles Grelier, Jimmy Pahun, Maud Petit, Blandine Brocard, Nicolas Turquois, Cyrille Isaac-Sibille, Delphine Lingemann, Louise Morel, Hubert Ott, Éric Martineau, Frantz Gumbs, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 14 dans le décompte
Contre (13) : Agnès Firmin Le Bodo, Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Vincent Thiébaut, François Gernigon, Xavier Albertini, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Pierre Marle, Frédéric Valletoux, Nathalie Colin-Oesterlé, David Guerin (ancien député), Thomas Lam
Abstention (1) : Thierry Benoit
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Pour (2) : Paul Molac, Paul-André Colombani
Gauche Démocrate et Républicaine 5 dans le décompte
Pour (5) : Stéphane Peu, Elsa Faucillon, Karine Lebon, Yannick Monnet, Édouard Bénard
UDR 7 dans le décompte
Contre (7) : Brigitte Barèges (ancien député), Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat, Gérault Verny, Hanane Mansouri, Charles Alloncle, Maxime Michelet
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin