Votes · Scrutin n° 198 · 30 octobre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 626 de Mme Garin après l'article 5 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Écologiste et Social"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 5
- Texte
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 Projet de loi de financement de la sécurité sociale
Amendement déposé par Mme Garin et 34 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La réduction du temps de travail est l’une des réponses aux défis économiques, écologiques et sociaux de notre temps. Elle permet de mieux répartir l’emploi, d’améliorer la qualité de vie des salariés et de réduire l’empreinte écologique des activités économiques. L’expérience menée sous le quinquennat de Lionel Jospin a démontré les effets bénéfiques de cette mesure : une baisse significative du chômage (de 12 % à 8 %), un équilibre des comptes sociaux, une balance commerciale positive, et une répartition des tâches domestiques légèrement plus favorable aux femmes parmi les parents de jeunes enfants. De plus, la progression du travail à temps partiel féminin a été moindre en France que dans les pays voisins pendant cette période.
La réduction du temps de travail ne signifie pas que chaque salarié doit travailler moins. Il est toujours possible de dépasser les 35 heures, le seuil servant à déclencher les heures supplémentaires. De même, cette réduction ne correspond pas nécessairement à une diminution du nombre total d’heures travaillées au niveau national ou dans les entreprises. En effet, si le nombre de personnes employées augmente, le volume d’heures global peut croître, même si la durée individuelle diminue. En d’autres termes, une réduction du temps de travail pour certains salariés peut signifier plus d’opportunités d’emploi pour ceux qui en sont privés ou qui ont un emploi partiel non désiré. Ceci est particulièrement pertinent pour les femmes, qui restent, encore aujourd’hui, les principales responsables des charges domestiques non rémunérées, comme les tâches ménagères et le soin à la famille. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À titre expérimental et jusqu’au 31 décembre 2025, un dispositif d’exonération de cotisations, nommé « Objectif 32 heures, est institué dans le but de promouvoir la réduction du temps de travail hebdomadaire sans perte de rémunération pour les salariés. Ce dispositif s’applique aux entreprises situées sur le territoire national qui embauchent, en contrat à durée déterminée ou indéterminée, un salarié pour une durée de trente-deux heures payées trente-cinq heures. Ce dispositif est mis en œuvre dans six départements pilotes, sélectionnés en fonction de critères socio-économiques spécifiques, tels que le taux de chômage ou la situation économique locale, dont la liste est fixée par arrêté conjoint des ministres chargés de l’emploi, de la santé et du budget.
II. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) fixe chaque année les recettes et les objectifs de dépenses de la Sécurité sociale. Le projet a été déposé le 10 octobre 2024 par le Gouvernement de Michel Barnier, puis repris par celui de François Bayrou. D’après la décision du Conseil constitutionnel et les débats, il prévoit notamment :
- un objectif de dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 265,9 milliards d’euros pour 2025 (paragraphe 3) ;
- la soumission à la CSG et à la CRDS de la part du salaire des apprentis qui dépasse 50 % du Smic (paragraphe 14) ;
- le remboursement de certains soins coûteux conditionné à un document du prescripteur (paragraphe 24) ;
- selon les orateurs, un fonds d’urgence de 300 millions d’euros pour les Ehpad et le calcul des retraites agricoles sur les 25 meilleures années.
Ce que ça change
Selon Thibault Bazin (Droite républicaine), rapporteur général, les dépenses progressent de « 3,7 %, bien supérieure à l’inflation attendue ». Jérôme Guedj (Socialistes) indique que les négociations ont permis d’écarter la baisse du remboursement des médicaments et consultations, de 70 % à 60 % ou 65 %, et d’obtenir « 1 milliard d’euros supplémentaires pour l’hôpital » (compte rendu du 12 février 2025). La loi a été promulguée en cours d’année, le 28 février 2025.
Ce qui est contesté
Le texte final n’a pas été voté par les députés. Le Gouvernement a utilisé l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité absolue (289 voix). Le 4 décembre 2024, la motion de censure contre le gouvernement de Michel Barnier a été adoptée par 331 voix (RN, LFI, Socialistes, Écologistes, GDR, UDR) et le texte a été rejeté. En nouvelle lecture, le gouvernement Bayrou a utilisé trois fois le 49.3. Les motions de censure de LFI ont obtenu 122, 115 puis 121 voix le 12 février 2025, soutenues par LFI, les Écologistes et GDR. En première lecture, l’Assemblée n’avait voté que sur la deuxième partie (126 voix contre 98, le 4 novembre 2024) ; selon les données de l’Assemblée, les amendements après l’article 9 ont donné lieu à 13 scrutins publics.
Marianne Maximi (LFI) dénonce un budget fait « avec l’austérité pour seule boussole ». Benjamin Lucas-Lundy (Écologiste et social) annonce que son groupe censurera. Soumya Bourouaha annonce le vote du groupe GDR « dans sa grande majorité ».
Les autres groupes, dont les Socialistes (à une voix près) et le RN, n’ont pas voté ces motions. Jérôme Guedj (Socialistes) déclare : « Je préfère ce PLFSS, aussi insuffisant soit-il ». Joëlle Mélin (RN) s’oppose au budget mais ne vote pas la censure. Thibault Bazin préfère « un budget imparfait à l’absence de budget ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 20 février 2025 par des députés LFI, le Conseil a rendu sa décision le 28 février 2025.
- Censuré sur le fond : la pénalité pour les patients qui n’honorent pas un rendez-vous médical (article 52), car la loi n’en fixait ni la nature, ni le montant, ni les conditions (paragraphe 42).
- Censurés parce qu’ils n’ont pas leur place dans une loi de financement (effet nul ou trop indirect sur les comptes de la Sécurité sociale) : treize articles, dont la réforme du contrôle médical de l’assurance maladie (article 51), les échanges de données avec les complémentaires santé (article 49), la géolocalisation des transports sanitaires (article 60) et le non-cumul des indemnités d’élus et des indemnités journalières (article 74) (paragraphes 35 et 57).
- Réserves d’interprétation (conditions d’application fixées par le Conseil) sur le document du prescripteur : le patient doit être informé à l’avance, et le document doit être fourni sans frais et dans des délais adaptés (paragraphes 26 et 27).
- Validés : l’Ondam (paragraphes 6 et 8) et la CSG des apprentis (paragraphes 16 à 19).
Où en est le texte
Le Sénat a adopté définitivement le texte le 17 février 2025. La loi n° 2025-199 du 28 février 2025 a été publiée au Journal officiel du même jour.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (28/02/2025)
- Dossier législatif du Sénat (28/02/2025)
- Projet de loi n° 325 (10/10/2024)
- Compte rendu de la première séance du 12 février 2025 (motion de censure) (12/02/2025)
- Scrutin n° 519 sur la motion de censure adoptée (04/12/2024)
- Scrutin n° 791 sur la dernière motion de censure (12/02/2025)
- Décision n° 2025-875 DC du Conseil constitutionnel (28/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 82
- Contre
- 117
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 200
- Exprimés
- 199
- Majorité requise
- 100
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Contre | 0 | 51 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 27 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 29 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 25 | 0 | 1 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 1 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 21 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 51 dans le décompte
Contre (51) : Hervé de Lépinau, Nicolas Dragon, Jordan Guitton, Lionel Tivoli, Alexandra Masson (ancien député), Joëlle Mélin, Romain Baubry, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Kévin Pfeffer, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Stéphane Rambaud, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Sandra Delannoy, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Maxime Amblard, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Arnaud Sanvert (ancien député), Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 28 dans le décompte
Contre (27) : Éric Woerth (ancien député), Gérald Darmanin (ancien député), Brigitte Klinkert, Sandra Marsaud, François Cormier-Bouligeon, Danielle Brulebois, Stéphanie Rist (ancien député), Nicole Le Peih, Brigitte Liso, Stéphane Vojetta (ancien député), Natalia Pouzyreff, Annie Vidal, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Mathieu Lefèvre (ancien député), Charles Rodwell, Paul Midy, Karl Olive, Pierre Cazeneuve, Joséphine Missoffe, Sophie Delorme Duret (ancien député), Emmanuelle Hoffman, Danièle Carteron, Christophe Mongardien, Remi Provendier (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 29 dans le décompte
Pour (29) : Jean-Philippe Nilor, Ugo Bernalicis, Bastien Lachaud, Sophia Chikirou, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, François Piquemal, Christophe Bex, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, David Guiraud (ancien député), Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Louis Boyard, Damien Maudet, Farida Amrani, Paul Vannier, Karen Erodi, René Pilato, Sandrine Nosbé, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane
Socialistes et apparentés 26 dans le décompte
Pour (25) : Jérôme Guedj, Marie Récalde, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Stéphane Delautrette, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marc Pena, Océane Godard, Pierre Pribetich, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Estelle Mercier, Stéphane Hablot, Julien Gokel (ancien député), Peio Dufau, Denis Fégné, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Béatrice Bellay
Abstention (1) : Arnaud Simion
Droite Républicaine 13 dans le décompte
Contre (12) : Jean-Pierre Vigier, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Guillaume Lepers (ancien député), Pierre Cordier, Fabien Di Filippo (ancien député), Émilie Bonnivard, Eliane Kremer (ancien député), Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Hubert Brigand, Yannick Neuder, Jean-Pierre Taite (ancien député)
Non-votant (1) : Xavier Breton
Écologiste et Social 21 dans le décompte
Pour (21) : Dominique Voynet, Pouria Amirshahi, Sophie Taillé-Polian, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Damien Girard, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 9 dans le décompte
Contre (9) : Jean-Carles Grelier, Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Géraldine Bannier, Frédéric Petit, Blandine Brocard, Romain Daubié, Laurent Croizier, Delphine Lingemann
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Contre (9) : Laurent Marcangeli, Loïc Kervran (ancien député), Vincent Thiébaut, François Gernigon, Pierre Marle, Didier Lemaire, Frédéric Valletoux, Jean-Michel Brard, David Guerin (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Laurent Panifous (ancien député), Martine Froger, Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 7 dans le décompte
Pour (7) : Nicolas Sansu, Karine Lebon, Yannick Monnet, Marcellin Nadeau, Émeline K/Bidi, Édouard Bénard, Emmanuel Tjibaou
UDR 5 dans le décompte
Contre (5) : Bernard Chaix, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Sacha Houlié
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin