Votes · Scrutin n° 205 · 30 octobre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 164 de M. Olive après l'article 6 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Président de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 6
- Texte
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 Projet de loi de financement de la sécurité sociale
Amendement déposé par M. Olive et Mme Rouaux (EPR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à informer le Parlement de l’efficacité de la mesure prévue dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2021, qui exonère de cotisations et contributions sociales les entreprises mettant à disposition de leurs salariés des équipements collectifs dédiés à la pratique d’activités physiques et sportives (APS) ou finançant des prestations d’APS. Cette demande de rapport fait suite à la mission parlementaire de Claudia Rouaux et Karl Olive sur le sport au travail, ainsi qu’à l'absence de données chiffrées sur l’une des mesures les plus ambitieuses de ces dernières années pour promouvoir le sport en milieu professionnel.
Pour rappel, la sédentarité est aujourd’hui un fléau qui touche l’ensemble de la population. Ce mode de vie contribue à la dégradation globale de l’état de santé, avec une augmentation des risques de mortalité, de maladies chroniques et de troubles psychiques. Elle entraîne également une baisse de la productivité, générant des coûts pour l’employeur, la sécurité sociale et les malades eux-mêmes. Le cout global de la sédentarité est évalué entre 1 et 2 milliards d’euros chaque année pour la sécurité sociale.
Ainsi, investir dans le sport au travail représente un contrat gagnant-gagnant qu’il est nécessaire de renforcer et d’accélérer, à un moment où les salariés français passent plus de 6 heures par jour assis à leur poste de travail.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur les effets de l’article 18 de la loi n° 2020‑1576 du 14 décembre 2020 de financement de la sécurité sociale pour 2021, qui prévoit l’exclusion de l’assiette sociale des avantages relatifs à la pratique du sport en entreprise. Le rapport évalue l’impact et l’efficacité de cette disposition. Il précise le nombre d’entreprises ayant bénéficié de cette exonération, ainsi que les éventuelles limites à surmonter. Le rapport indique également le montant total et le montant moyen des exonérations de cotisations accordées.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 6 : 6 scrutins publics, dont 2 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) fixe chaque année les recettes et les objectifs de dépenses de la Sécurité sociale. Le projet a été déposé le 10 octobre 2024 par le Gouvernement de Michel Barnier, puis repris par celui de François Bayrou. D’après la décision du Conseil constitutionnel et les débats, il prévoit notamment :
- un objectif de dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 265,9 milliards d’euros pour 2025 (paragraphe 3) ;
- la soumission à la CSG et à la CRDS de la part du salaire des apprentis qui dépasse 50 % du Smic (paragraphe 14) ;
- le remboursement de certains soins coûteux conditionné à un document du prescripteur (paragraphe 24) ;
- selon les orateurs, un fonds d’urgence de 300 millions d’euros pour les Ehpad et le calcul des retraites agricoles sur les 25 meilleures années.
Ce que ça change
Selon Thibault Bazin (Droite républicaine), rapporteur général, les dépenses progressent de « 3,7 %, bien supérieure à l’inflation attendue ». Jérôme Guedj (Socialistes) indique que les négociations ont permis d’écarter la baisse du remboursement des médicaments et consultations, de 70 % à 60 % ou 65 %, et d’obtenir « 1 milliard d’euros supplémentaires pour l’hôpital » (compte rendu du 12 février 2025). La loi a été promulguée en cours d’année, le 28 février 2025.
Ce qui est contesté
Le texte final n’a pas été voté par les députés. Le Gouvernement a utilisé l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité absolue (289 voix). Le 4 décembre 2024, la motion de censure contre le gouvernement de Michel Barnier a été adoptée par 331 voix (RN, LFI, Socialistes, Écologistes, GDR, UDR) et le texte a été rejeté. En nouvelle lecture, le gouvernement Bayrou a utilisé trois fois le 49.3. Les motions de censure de LFI ont obtenu 122, 115 puis 121 voix le 12 février 2025, soutenues par LFI, les Écologistes et GDR. En première lecture, l’Assemblée n’avait voté que sur la deuxième partie (126 voix contre 98, le 4 novembre 2024) ; selon les données de l’Assemblée, les amendements après l’article 9 ont donné lieu à 13 scrutins publics.
Marianne Maximi (LFI) dénonce un budget fait « avec l’austérité pour seule boussole ». Benjamin Lucas-Lundy (Écologiste et social) annonce que son groupe censurera. Soumya Bourouaha annonce le vote du groupe GDR « dans sa grande majorité ».
Les autres groupes, dont les Socialistes (à une voix près) et le RN, n’ont pas voté ces motions. Jérôme Guedj (Socialistes) déclare : « Je préfère ce PLFSS, aussi insuffisant soit-il ». Joëlle Mélin (RN) s’oppose au budget mais ne vote pas la censure. Thibault Bazin préfère « un budget imparfait à l’absence de budget ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 20 février 2025 par des députés LFI, le Conseil a rendu sa décision le 28 février 2025.
- Censuré sur le fond : la pénalité pour les patients qui n’honorent pas un rendez-vous médical (article 52), car la loi n’en fixait ni la nature, ni le montant, ni les conditions (paragraphe 42).
- Censurés parce qu’ils n’ont pas leur place dans une loi de financement (effet nul ou trop indirect sur les comptes de la Sécurité sociale) : treize articles, dont la réforme du contrôle médical de l’assurance maladie (article 51), les échanges de données avec les complémentaires santé (article 49), la géolocalisation des transports sanitaires (article 60) et le non-cumul des indemnités d’élus et des indemnités journalières (article 74) (paragraphes 35 et 57).
- Réserves d’interprétation (conditions d’application fixées par le Conseil) sur le document du prescripteur : le patient doit être informé à l’avance, et le document doit être fourni sans frais et dans des délais adaptés (paragraphes 26 et 27).
- Validés : l’Ondam (paragraphes 6 et 8) et la CSG des apprentis (paragraphes 16 à 19).
Où en est le texte
Le Sénat a adopté définitivement le texte le 17 février 2025. La loi n° 2025-199 du 28 février 2025 a été publiée au Journal officiel du même jour.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (28/02/2025)
- Dossier législatif du Sénat (28/02/2025)
- Projet de loi n° 325 (10/10/2024)
- Compte rendu de la première séance du 12 février 2025 (motion de censure) (12/02/2025)
- Scrutin n° 519 sur la motion de censure adoptée (04/12/2024)
- Scrutin n° 791 sur la dernière motion de censure (12/02/2025)
- Décision n° 2025-875 DC du Conseil constitutionnel (28/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 83
- Contre
- 39
- Abstention
- 59
- Non-votant
- 2
- Votants
- 181
- Exprimés
- 122
- Majorité requise
- 62
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Abstention | 3 | 0 | 51 | 0 | |
| EPR 94 membres | Pour | 30 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 27 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 20 | 1 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Pour | 5 | 2 | 0 | 1 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 4 | 1 | 7 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 11 | 1 | 1 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 6 | 1 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 54 dans le décompte
Pour (3) : Christian Girard, René Lioret, Patrice Martin
Abstention (51) : Sébastien Chenu, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Lionel Tivoli, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pierre Meurin, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Kévin Pfeffer, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Guillaume Florquin, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Tiffany Joncour, Arnaud Sanvert (ancien député), Robert Le Bourgeois, Matthias Renault, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy
Ensemble pour la République 31 dans le décompte
Pour (30) : Stéphane Mazars (ancien député), Sandra Marsaud, Hervé Berville (ancien député), Didier Le Gac, Jean-René Cazeneuve, Danielle Brulebois, Michel Lauzzana, Stéphanie Rist (ancien député), Nicole Le Peih, Belkhir Belhaddad, Brigitte Liso, Marie Lebec, Stéphane Buchou, Annie Vidal, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Thomas Cazenave (ancien député), Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Mathieu Lefèvre (ancien député), Paul Midy, Karl Olive, Bastien Marchive, Pierre Cazeneuve, Joséphine Missoffe, Sophie Delorme Duret (ancien député), Danièle Carteron, Christophe Mongardien, Remi Provendier (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 27 dans le décompte
Contre (27) : Élisa Martin, Jean-Philippe Nilor, Bastien Lachaud, Danièle Obono, Sophia Chikirou, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Hadrien Clouet, François Piquemal, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Aurélie Trouvé, Damien Maudet, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, René Pilato, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Zahia Hamdane, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 21 dans le décompte
Pour (20) : François Hollande, Marietta Karamanli, Gérard Leseul, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Iñaki Echaniz, Aurélien Rousseau, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Fabrice Barusseau, Paul Christophle, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Céline Thiébault-Martinez
Contre (1) : Stéphane Hablot
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Pour (5) : Thibault Bazin, Pierre Cordier, Fabien Di Filippo (ancien député), Ian Boucard, Jean-Pierre Taite (ancien député)
Contre (2) : Guillaume Lepers (ancien député), Yannick Neuder
Non-votant (1) : Xavier Breton
Écologiste et Social 12 dans le décompte
Pour (4) : Sébastien Peytavie, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco
Contre (1) : Danielle Simonnet
Abstention (7) : Dominique Voynet, Alexis Corbière, Hendrik Davi, Marie Pochon, Jérémie Iordanoff, Damien Girard, Boris Tavernier
Les Démocrates 13 dans le décompte
Pour (11) : Philippe Vigier, Richard Ramos, Frédéric Petit, Blandine Brocard, Cyrille Isaac-Sibille, Mickaël Cosson, Emmanuel Mandon, Louise Morel, Hubert Ott, Éric Martineau, Pascal Lecamp
Contre (1) : Nicolas Turquois
Abstention (1) : Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Pour (6) : Bertrand Bouyx, Vincent Thiébaut, François Gernigon, Isabelle Mesnard (ancien député), Jean-Michel Brard, Nathalie Colin-Oesterlé
Contre (1) : Pierre Marle
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (3) : Paul Molac, David Taupiac, Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Yannick Monnet
UDR 6 dans le décompte
Contre (6) : Bernard Chaix, Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Hanane Mansouri, Charles Alloncle, Maxime Michelet
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin