Votes · Scrutin n° 207 · 30 octobre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 276 de M. Cordier après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Président de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 7
- Texte
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 Projet de loi de financement de la sécurité sociale
Amendement déposé par M. Cordier et 11 cosignataires (DR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Les retraites françaises (personnelle ou de réversion) peuvent être perçues en vivant à l’étranger, sous réserve de fournir un certificat de vie chaque année. Ce certificat est établi en fonction des pays par un notaire, un maire (en Algérie par exemple), ou une autre autorité locale.
Dans certains pays en revanche, comme au Congo ou en Chine, ce certificat doit obligatoirement être établi par le consulat français.
Par soucis de cohérence et pour éviter les fraudes, cet amendement propose que pour tous les pays, les certificats soient délivrés par les consulats français qui devront convoquer annuellement les personnes bénéficiaires d'une pension de retraite versée par la France.
Par ailleurs, si les retraités sont domiciliés fiscalement hors de France, ces pensions ne sont pas soumises à la contribution sociale généralisée (CSG), à la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS), ni à la contribution de solidarité pour l’autonomie (Casa).
Cet amendement propose par conséquent de supprimer cette exonération afin qu'eux aussi participent à l'effort national de redressement des finances publiques.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le code de la sécurité sociale est ainsi modifié :
1° Au 1° de l’article L. 136‑1, les mots : « à la fois considérées comme domiciliées en France pour l’établissement de l’impôt sur le revenu et » sont supprimés ;
2° L’article 161‑24 est complété par les mots : « en fournissant un certificat de vie délivré par le Consulat français de son pays de résidence ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) fixe chaque année les recettes et les objectifs de dépenses de la Sécurité sociale. Le projet a été déposé le 10 octobre 2024 par le Gouvernement de Michel Barnier, puis repris par celui de François Bayrou. D’après la décision du Conseil constitutionnel et les débats, il prévoit notamment :
- un objectif de dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 265,9 milliards d’euros pour 2025 (paragraphe 3) ;
- la soumission à la CSG et à la CRDS de la part du salaire des apprentis qui dépasse 50 % du Smic (paragraphe 14) ;
- le remboursement de certains soins coûteux conditionné à un document du prescripteur (paragraphe 24) ;
- selon les orateurs, un fonds d’urgence de 300 millions d’euros pour les Ehpad et le calcul des retraites agricoles sur les 25 meilleures années.
Ce que ça change
Selon Thibault Bazin (Droite républicaine), rapporteur général, les dépenses progressent de « 3,7 %, bien supérieure à l’inflation attendue ». Jérôme Guedj (Socialistes) indique que les négociations ont permis d’écarter la baisse du remboursement des médicaments et consultations, de 70 % à 60 % ou 65 %, et d’obtenir « 1 milliard d’euros supplémentaires pour l’hôpital » (compte rendu du 12 février 2025). La loi a été promulguée en cours d’année, le 28 février 2025.
Ce qui est contesté
Le texte final n’a pas été voté par les députés. Le Gouvernement a utilisé l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité absolue (289 voix). Le 4 décembre 2024, la motion de censure contre le gouvernement de Michel Barnier a été adoptée par 331 voix (RN, LFI, Socialistes, Écologistes, GDR, UDR) et le texte a été rejeté. En nouvelle lecture, le gouvernement Bayrou a utilisé trois fois le 49.3. Les motions de censure de LFI ont obtenu 122, 115 puis 121 voix le 12 février 2025, soutenues par LFI, les Écologistes et GDR. En première lecture, l’Assemblée n’avait voté que sur la deuxième partie (126 voix contre 98, le 4 novembre 2024) ; selon les données de l’Assemblée, les amendements après l’article 9 ont donné lieu à 13 scrutins publics.
Marianne Maximi (LFI) dénonce un budget fait « avec l’austérité pour seule boussole ». Benjamin Lucas-Lundy (Écologiste et social) annonce que son groupe censurera. Soumya Bourouaha annonce le vote du groupe GDR « dans sa grande majorité ».
Les autres groupes, dont les Socialistes (à une voix près) et le RN, n’ont pas voté ces motions. Jérôme Guedj (Socialistes) déclare : « Je préfère ce PLFSS, aussi insuffisant soit-il ». Joëlle Mélin (RN) s’oppose au budget mais ne vote pas la censure. Thibault Bazin préfère « un budget imparfait à l’absence de budget ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 20 février 2025 par des députés LFI, le Conseil a rendu sa décision le 28 février 2025.
- Censuré sur le fond : la pénalité pour les patients qui n’honorent pas un rendez-vous médical (article 52), car la loi n’en fixait ni la nature, ni le montant, ni les conditions (paragraphe 42).
- Censurés parce qu’ils n’ont pas leur place dans une loi de financement (effet nul ou trop indirect sur les comptes de la Sécurité sociale) : treize articles, dont la réforme du contrôle médical de l’assurance maladie (article 51), les échanges de données avec les complémentaires santé (article 49), la géolocalisation des transports sanitaires (article 60) et le non-cumul des indemnités d’élus et des indemnités journalières (article 74) (paragraphes 35 et 57).
- Réserves d’interprétation (conditions d’application fixées par le Conseil) sur le document du prescripteur : le patient doit être informé à l’avance, et le document doit être fourni sans frais et dans des délais adaptés (paragraphes 26 et 27).
- Validés : l’Ondam (paragraphes 6 et 8) et la CSG des apprentis (paragraphes 16 à 19).
Où en est le texte
Le Sénat a adopté définitivement le texte le 17 février 2025. La loi n° 2025-199 du 28 février 2025 a été publiée au Journal officiel du même jour.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (28/02/2025)
- Dossier législatif du Sénat (28/02/2025)
- Projet de loi n° 325 (10/10/2024)
- Compte rendu de la première séance du 12 février 2025 (motion de censure) (12/02/2025)
- Scrutin n° 519 sur la motion de censure adoptée (04/12/2024)
- Scrutin n° 791 sur la dernière motion de censure (12/02/2025)
- Décision n° 2025-875 DC du Conseil constitutionnel (28/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 122
- Contre
- 83
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 205
- Exprimés
- 205
- Majorité requise
- 103
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Pour | 67 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Pour | 28 | 2 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 31 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 2 | 27 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 1 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 2 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 67 dans le décompte
Pour (67) : Nicolas Meizonnet, Sébastien Chenu, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jorys Bovet, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Lionel Tivoli, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pierre Meurin, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Thomas Ménagé, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Guillaume Florquin, Florence Joubert, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Julien Guibert, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Arnaud Sanvert (ancien député), Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard
Ensemble pour la République 31 dans le décompte
Pour (28) : Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, Stéphane Mazars (ancien député), Sandra Marsaud, Hervé Berville (ancien député), Didier Le Gac, Danielle Brulebois, Michel Lauzzana, Stéphanie Rist (ancien député), Nicole Le Peih, Brigitte Liso, Stéphane Buchou, Annie Vidal, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Jean-François Rousset, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Mathieu Lefèvre (ancien député), Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Laure Miller, Sophie Delorme Duret (ancien député), Pauline Levasseur (ancien député), Danièle Carteron, Christophe Mongardien, Remi Provendier (ancien député)
Contre (2) : Pieyre-Alexandre Anglade, Stéphane Vojetta (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 31 dans le décompte
Contre (31) : Élisa Martin, Jean-Philippe Nilor, Ugo Bernalicis, Bastien Lachaud, Aurélien Taché, Danièle Obono, Sophia Chikirou, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Hadrien Clouet, François Piquemal, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Aurélie Trouvé, Louis Boyard, Damien Maudet, Farida Amrani, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, Marie Mesmeur, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Zahia Hamdane, Raphaël Arnault, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 29 dans le décompte
Pour (2) : Roger Vicot, Valérie Rossi
Contre (27) : Guillaume Garot, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Olivier Faure, Boris Vallaud, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Iñaki Echaniz, Aurélien Rousseau, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Paul Christophle, Pierre Pribetich, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Estelle Mercier, Stéphane Hablot, Peio Dufau, Sandrine Runel, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 12 dans le décompte
Pour (11) : Jean-Pierre Vigier, Thibault Bazin, Guillaume Lepers (ancien député), Pierre Cordier, Fabien Di Filippo (ancien député), Émilie Bonnivard, Ian Boucard, Josiane Corneloup, Yannick Neuder, Justine Gruet, Jean-Pierre Taite (ancien député)
Non-votant (1) : Xavier Breton
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Contre (8) : Clémentine Autain, Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Jérémie Iordanoff, Marie-Charlotte Garin, Danielle Simonnet, Nicolas Bonnet
Les Démocrates 11 dans le décompte
Contre (11) : Richard Ramos, Frédéric Petit, Blandine Brocard, Nicolas Turquois, Cyrille Isaac-Sibille, Mickaël Cosson, Louise Morel, Éric Martineau, Frantz Gumbs, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Pour (6) : Bertrand Bouyx, Vincent Thiébaut, Christophe Plassard (ancien député), François Gernigon, Pierre Marle, Nathalie Colin-Oesterlé
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Pour (2) : David Taupiac, Charles de Courson
Contre (2) : Joël Bruneau, Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Jean-Paul Lecoq
UDR 6 dans le décompte
Pour (6) : Brigitte Barèges (ancien député), Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Hanane Mansouri, Charles Alloncle, Maxime Michelet
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Stella Dupont
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Caroline Yadan
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin