Votes · Scrutin n° 208 · 30 octobre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 905 de M. Davi après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Écologiste et Social"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 7
- Texte
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 Projet de loi de financement de la sécurité sociale
Amendement déposé par M. Davi et 34 cosignataires (ECOS) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Avec le vieillissement de la population et l’évolution des dépenses de santé, il est important d’augmenter les recettes pour la sécurité sociale. Cet amendement propose d’augmenter le taux de CSG (contribution sociale généralisée) pour les revenus du capital.
Les revenus du capital sont soumis au taux de prélèvements sociaux de 17,2 %, dont 9,2 % de CSG ; 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvements de solidarité. En 2018, la CSG sur les revenus du capital a été augmentée d’un seul point, alors qu’elle a été augmentée de 1,7 point pour les revenus d’activité et de remplacement. Il est donc plus juste de viser ces recettes sur les revenus du capital, qui progressent plus rapidement. Les entreprises du CAC 40 ont versé en 2024, 63,2 milliards de dividendes et généré 146 milliards de bénéfices.
L’augmentation proposée par cet amendement de la CSG devrait rapporter un rendement supplémentaire de 3 milliards d’euros pour les caisses de sécurité sociale.
Le présent amendement avait déjà été porté par les député.es écologistes dans le cadre du PLFSS 2024 au Sénat et de la réforme des retraites afin de proposer des formes de financement alternatives permettant de ne pas relever l’âge légal de départ ou d’accélérer la durée de cotisations. Le choix a donc été fait de faire travailler les gens plus longtemps pour une économie dont le solde serait de 7 milliards d’euros d’ici 2030. C’est sans compter sur le fait que ces estimations sont faites sur des hypothèses favorables de productivité et d’un chômage en baisse.
Dans le cadre de ce PLFSS 2025, une nouvelle fois, le gouvernement justifie des restrictions budgétaires en invoquant un manque de ressources financières, alors que les nombreuses exonérations successives ont affaibli les recettes de cette même sécurité sociale. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Au 2° du I de l’article L. 136-8 du code de la sécurité sociale, le taux : « 9,2 % » est remplacé par le taux : « 12 % ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) fixe chaque année les recettes et les objectifs de dépenses de la Sécurité sociale. Le projet a été déposé le 10 octobre 2024 par le Gouvernement de Michel Barnier, puis repris par celui de François Bayrou. D’après la décision du Conseil constitutionnel et les débats, il prévoit notamment :
- un objectif de dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 265,9 milliards d’euros pour 2025 (paragraphe 3) ;
- la soumission à la CSG et à la CRDS de la part du salaire des apprentis qui dépasse 50 % du Smic (paragraphe 14) ;
- le remboursement de certains soins coûteux conditionné à un document du prescripteur (paragraphe 24) ;
- selon les orateurs, un fonds d’urgence de 300 millions d’euros pour les Ehpad et le calcul des retraites agricoles sur les 25 meilleures années.
Ce que ça change
Selon Thibault Bazin (Droite républicaine), rapporteur général, les dépenses progressent de « 3,7 %, bien supérieure à l’inflation attendue ». Jérôme Guedj (Socialistes) indique que les négociations ont permis d’écarter la baisse du remboursement des médicaments et consultations, de 70 % à 60 % ou 65 %, et d’obtenir « 1 milliard d’euros supplémentaires pour l’hôpital » (compte rendu du 12 février 2025). La loi a été promulguée en cours d’année, le 28 février 2025.
Ce qui est contesté
Le texte final n’a pas été voté par les députés. Le Gouvernement a utilisé l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité absolue (289 voix). Le 4 décembre 2024, la motion de censure contre le gouvernement de Michel Barnier a été adoptée par 331 voix (RN, LFI, Socialistes, Écologistes, GDR, UDR) et le texte a été rejeté. En nouvelle lecture, le gouvernement Bayrou a utilisé trois fois le 49.3. Les motions de censure de LFI ont obtenu 122, 115 puis 121 voix le 12 février 2025, soutenues par LFI, les Écologistes et GDR. En première lecture, l’Assemblée n’avait voté que sur la deuxième partie (126 voix contre 98, le 4 novembre 2024) ; selon les données de l’Assemblée, les amendements après l’article 9 ont donné lieu à 13 scrutins publics.
Marianne Maximi (LFI) dénonce un budget fait « avec l’austérité pour seule boussole ». Benjamin Lucas-Lundy (Écologiste et social) annonce que son groupe censurera. Soumya Bourouaha annonce le vote du groupe GDR « dans sa grande majorité ».
Les autres groupes, dont les Socialistes (à une voix près) et le RN, n’ont pas voté ces motions. Jérôme Guedj (Socialistes) déclare : « Je préfère ce PLFSS, aussi insuffisant soit-il ». Joëlle Mélin (RN) s’oppose au budget mais ne vote pas la censure. Thibault Bazin préfère « un budget imparfait à l’absence de budget ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 20 février 2025 par des députés LFI, le Conseil a rendu sa décision le 28 février 2025.
- Censuré sur le fond : la pénalité pour les patients qui n’honorent pas un rendez-vous médical (article 52), car la loi n’en fixait ni la nature, ni le montant, ni les conditions (paragraphe 42).
- Censurés parce qu’ils n’ont pas leur place dans une loi de financement (effet nul ou trop indirect sur les comptes de la Sécurité sociale) : treize articles, dont la réforme du contrôle médical de l’assurance maladie (article 51), les échanges de données avec les complémentaires santé (article 49), la géolocalisation des transports sanitaires (article 60) et le non-cumul des indemnités d’élus et des indemnités journalières (article 74) (paragraphes 35 et 57).
- Réserves d’interprétation (conditions d’application fixées par le Conseil) sur le document du prescripteur : le patient doit être informé à l’avance, et le document doit être fourni sans frais et dans des délais adaptés (paragraphes 26 et 27).
- Validés : l’Ondam (paragraphes 6 et 8) et la CSG des apprentis (paragraphes 16 à 19).
Où en est le texte
Le Sénat a adopté définitivement le texte le 17 février 2025. La loi n° 2025-199 du 28 février 2025 a été publiée au Journal officiel du même jour.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (28/02/2025)
- Dossier législatif du Sénat (28/02/2025)
- Projet de loi n° 325 (10/10/2024)
- Compte rendu de la première séance du 12 février 2025 (motion de censure) (12/02/2025)
- Scrutin n° 519 sur la motion de censure adoptée (04/12/2024)
- Scrutin n° 791 sur la dernière motion de censure (12/02/2025)
- Décision n° 2025-875 DC du Conseil constitutionnel (28/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 71
- Contre
- 62
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 133
- Exprimés
- 133
- Majorité requise
- 67
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Contre | 0 | 37 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 24 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 20 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 1 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 23 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 37 dans le décompte
Contre (37) : Hervé de Lépinau, Nicolas Meizonnet, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Lionel Tivoli, Géraldine Grangier, Lisette Pollet, Christine Loir, Pierre Meurin, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Sandra Delannoy, Guillaume Florquin, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, David Magnier, Antoine Golliot, Arnaud Sanvert (ancien député), Robert Le Bourgeois, Matthias Renault, Gaëtan Dussausaye
Ensemble pour la République 12 dans le décompte
Contre (11) : Stéphanie Rist (ancien député), Jean-François Rousset, Nicolas Metzdorf, Mathieu Lefèvre (ancien député), Bastien Marchive, Pierre Cazeneuve, David Amiel (ancien député), Laure Miller, Moerani Frébault, Pauline Levasseur (ancien député), Remi Provendier (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 24 dans le décompte
Pour (24) : Jean-Philippe Nilor, Bastien Lachaud, Aurélien Taché, Hadrien Clouet, François Piquemal, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Louis Boyard, Damien Maudet, Maxime Laisney, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, René Pilato, Sandrine Nosbé, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Zahia Hamdane
Socialistes et apparentés 20 dans le décompte
Pour (20) : Jérôme Guedj, Colette Capdevielle, Philippe Naillet, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Aurélien Rousseau, Emmanuel Grégoire (ancien député), Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Sébastien Saint-Pasteur, Fabrice Roussel, Peio Dufau, Sandrine Runel, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Contre (7) : Philippe Gosselin, Thibault Bazin, Guillaume Lepers (ancien député), Eliane Kremer (ancien député), Yannick Neuder, Justine Gruet, Jean-Pierre Taite (ancien député)
Non-votant (1) : Xavier Breton
Écologiste et Social 23 dans le décompte
Pour (23) : Dominique Voynet, Clémentine Autain, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Sophie Taillé-Polian, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Benjamin Lucas-Lundy, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Damien Girard, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Julie Ozenne
Les Démocrates 2 dans le décompte
Contre (2) : Fabien Lainé (ancien député), Louise Morel
Horizons & Indépendants 3 dans le décompte
Contre (3) : Pierre Marle, Frédéric Valletoux, David Guerin (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Pour (2) : Paul Molac, David Taupiac
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Karine Lebon, Yannick Monnet
UDR 2 dans le décompte
Contre (2) : Bernard Chaix, Matthieu Bloch
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin