Votes · Scrutin n° 211 · 30 octobre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 252 de Mme Sylvie Bonnet et les amendements identiques suivants à l'article 9 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Président de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 9
- Texte
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 Projet de loi de financement de la sécurité sociale
Amendement déposé par Mme Sylvie Bonnet et 6 cosignataires (DR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Les médicaments génériques étaient à l’origine exonérés de la clause de sauvegarde puisqu’avec des marges faibles, tout en assurant la même qualité et la même sécurité que leurs référents, les génériques favorisent un accès durable à tous les patients aux traitements à coût raisonnable pour les comptes publics.
A partir de 2019, les génériques ont été intégrés dans l’assiette de la clause de sauvegarde, sans toutefois tenir compte de la logique économique associée à ces produits. Le secteur du médicament générique contribue en effet significativement aux économies, estimées à 2,5 milliards par an. En 2023, l’intégration des génériques à la clause de sauvegarde avait engendré une rentabilité négative de 1,5 % dans le secteur du générique. En 2024, à la lumière de cet état de fait et des risques que cette clause fait peser sur la pérennité du modèle du générique, les pouvoirs publics ont décidé d’un plafonnement du montant dû au titre de la clause de sauvegarde à 2 % du Chiffre d’affaires hors taxe réalisé pour les médicaments génériques.
Ce PLFSS pour 2025 ne reconduit pas ce plafond alors même que la problématique s’intensifie au regard de la contribution encore plus grande aux économies qui est demandée à ce secteur.
Concrètement, en déplafonnant la clause de sauvegarde sur les génériques, qui s’ajoute à la hausse des impôts sur les sociétés, prévue dans le projet de loi de finances pour 2025, la rentabilité associée aux génériques s’annonce négative à -2,4 %. Ce déplafonnement triple la contribution du secteur passant de 100 millions d’euros en 2024 à potentiellement 330 millions d’euros en 2025. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 17, insérer les quatre alinéas suivants :
« VI. – Le montant de la contribution prévue à l’article L. 138‑12 du code de la sécurité sociale due par chaque entreprise redevable au titre des spécialités pharmaceutiques définies aux 1° et 2° du présent VI ne peut excéder 2 % du montant remboursé par l’Assurance maladie :
« 1° Les spécialités génériques définies au 5° de l’article L. 5121‑1 du code de la santé publique ;
« 2° Les spécialités de référence mentionnées au même article L. 5121‑1 dont la base de remboursement des frais exposés par les assurés est limitée à un tarif forfaitaire de responsabilité défini en application du II de l’article L. 162‑16 du code de la sécurité sociale ou dont le prix fixé en application de l’article L. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) fixe chaque année les recettes et les objectifs de dépenses de la Sécurité sociale. Le projet a été déposé le 10 octobre 2024 par le Gouvernement de Michel Barnier, puis repris par celui de François Bayrou. D’après la décision du Conseil constitutionnel et les débats, il prévoit notamment :
- un objectif de dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 265,9 milliards d’euros pour 2025 (paragraphe 3) ;
- la soumission à la CSG et à la CRDS de la part du salaire des apprentis qui dépasse 50 % du Smic (paragraphe 14) ;
- le remboursement de certains soins coûteux conditionné à un document du prescripteur (paragraphe 24) ;
- selon les orateurs, un fonds d’urgence de 300 millions d’euros pour les Ehpad et le calcul des retraites agricoles sur les 25 meilleures années.
Ce que ça change
Selon Thibault Bazin (Droite républicaine), rapporteur général, les dépenses progressent de « 3,7 %, bien supérieure à l’inflation attendue ». Jérôme Guedj (Socialistes) indique que les négociations ont permis d’écarter la baisse du remboursement des médicaments et consultations, de 70 % à 60 % ou 65 %, et d’obtenir « 1 milliard d’euros supplémentaires pour l’hôpital » (compte rendu du 12 février 2025). La loi a été promulguée en cours d’année, le 28 février 2025.
Ce qui est contesté
Le texte final n’a pas été voté par les députés. Le Gouvernement a utilisé l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité absolue (289 voix). Le 4 décembre 2024, la motion de censure contre le gouvernement de Michel Barnier a été adoptée par 331 voix (RN, LFI, Socialistes, Écologistes, GDR, UDR) et le texte a été rejeté. En nouvelle lecture, le gouvernement Bayrou a utilisé trois fois le 49.3. Les motions de censure de LFI ont obtenu 122, 115 puis 121 voix le 12 février 2025, soutenues par LFI, les Écologistes et GDR. En première lecture, l’Assemblée n’avait voté que sur la deuxième partie (126 voix contre 98, le 4 novembre 2024) ; selon les données de l’Assemblée, les amendements après l’article 9 ont donné lieu à 13 scrutins publics.
Marianne Maximi (LFI) dénonce un budget fait « avec l’austérité pour seule boussole ». Benjamin Lucas-Lundy (Écologiste et social) annonce que son groupe censurera. Soumya Bourouaha annonce le vote du groupe GDR « dans sa grande majorité ».
Les autres groupes, dont les Socialistes (à une voix près) et le RN, n’ont pas voté ces motions. Jérôme Guedj (Socialistes) déclare : « Je préfère ce PLFSS, aussi insuffisant soit-il ». Joëlle Mélin (RN) s’oppose au budget mais ne vote pas la censure. Thibault Bazin préfère « un budget imparfait à l’absence de budget ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 20 février 2025 par des députés LFI, le Conseil a rendu sa décision le 28 février 2025.
- Censuré sur le fond : la pénalité pour les patients qui n’honorent pas un rendez-vous médical (article 52), car la loi n’en fixait ni la nature, ni le montant, ni les conditions (paragraphe 42).
- Censurés parce qu’ils n’ont pas leur place dans une loi de financement (effet nul ou trop indirect sur les comptes de la Sécurité sociale) : treize articles, dont la réforme du contrôle médical de l’assurance maladie (article 51), les échanges de données avec les complémentaires santé (article 49), la géolocalisation des transports sanitaires (article 60) et le non-cumul des indemnités d’élus et des indemnités journalières (article 74) (paragraphes 35 et 57).
- Réserves d’interprétation (conditions d’application fixées par le Conseil) sur le document du prescripteur : le patient doit être informé à l’avance, et le document doit être fourni sans frais et dans des délais adaptés (paragraphes 26 et 27).
- Validés : l’Ondam (paragraphes 6 et 8) et la CSG des apprentis (paragraphes 16 à 19).
Où en est le texte
Le Sénat a adopté définitivement le texte le 17 février 2025. La loi n° 2025-199 du 28 février 2025 a été publiée au Journal officiel du même jour.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (28/02/2025)
- Dossier législatif du Sénat (28/02/2025)
- Projet de loi n° 325 (10/10/2024)
- Compte rendu de la première séance du 12 février 2025 (motion de censure) (12/02/2025)
- Scrutin n° 519 sur la motion de censure adoptée (04/12/2024)
- Scrutin n° 791 sur la dernière motion de censure (12/02/2025)
- Décision n° 2025-875 DC du Conseil constitutionnel (28/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 70
- Contre
- 68
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 2
- Votants
- 141
- Exprimés
- 138
- Majorité requise
- 70
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Pour | 47 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 22 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 1 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 2 | 7 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Abstention | 0 | 1 | 3 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 47 dans le décompte
Pour (47) : Hervé de Lépinau, Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, José Beaurain, Jorys Bovet, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Joëlle Mélin, Caroline Colombier, Timothée Houssin, Christine Loir, Serge Muller, Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurent Jacobelli, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Béatrice Roullaud, Marine Hamelet, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Romain Tonussi, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Thierry Tesson, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Arnaud Sanvert (ancien député), Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Contre (20) : Franck Riester (ancien député), Sylvain Maillard, François Cormier-Bouligeon, Liliana Tanguy, Danielle Brulebois, Michel Lauzzana, Stéphanie Rist (ancien député), Nicole Le Peih, Stéphane Vojetta (ancien député), Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Joséphine Missoffe, Sophie Delorme Duret (ancien député), Pauline Levasseur (ancien député), Danièle Carteron, Christophe Mongardien, Remi Provendier (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 9 dans le décompte
Contre (9) : Jean-Philippe Nilor, Bastien Lachaud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Mathilde Hignet, Matthias Tavel, Élise Leboucher, Damien Maudet, Zahia Hamdane
Socialistes et apparentés 22 dans le décompte
Contre (22) : Jérôme Guedj, Philippe Naillet, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Mélanie Thomin, Elie Califer, Marie-José Allemand, Fabrice Barusseau, Paul Christophle, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Estelle Mercier, Peio Dufau, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Béatrice Bellay
Droite Républicaine 11 dans le décompte
Pour (10) : Philippe Gosselin, Marie-Christine Dalloz, Thibault Bazin, Julien Dive, Fabien Di Filippo (ancien député), Ian Boucard, Eliane Kremer (ancien député), Josiane Corneloup, Yannick Neuder, Justine Gruet
Non-votant (1) : Xavier Breton
Écologiste et Social 9 dans le décompte
Pour (2) : Sébastien Peytavie, Marie-Charlotte Garin
Contre (7) : Hendrik Davi, Nicolas Thierry, Sandrine Rousseau, Catherine Hervieu, Benoît Biteau, Nicolas Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 9 dans le décompte
Contre (9) : Philippe Vigier, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Blandine Brocard, Nicolas Turquois, Emmanuel Mandon, Éric Martineau, Frantz Gumbs, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Pour (8) : Agnès Firmin Le Bodo, Bertrand Bouyx, Lise Magnier, Vincent Thiébaut, François Gernigon, Anne Le Hénanff (ancien député), Frédéric Valletoux, Nathalie Colin-Oesterlé
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Contre (1) : Émeline K/Bidi
Abstention (3) : Karine Lebon, Yannick Monnet, Édouard Bénard
UDR 3 dans le décompte
Pour (3) : Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat, Maxime Michelet
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin