Votes · Scrutin n° 2123 · 27 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L’amendement n° 2179 de M. Bonnet à l’article 15 (examen prioritaire) du projet de loi de simplification de la vie économique (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Écologiste et Social"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 15
- Texte
- Projet de loi de simplification de la vie économique Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Nicolas Bonnet et 34 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à préciser les conditions dans lesquelles un projet de data center peut être qualifié de projet d’intérêt national majeur, en insistant notamment sur la nécessité de prendre en compte la disponibilité de la ressource en eau et la consommation d’énergie. D’après l’édition 2024 de l’enquête annuelle “Pour un numérique soutenable” de l’Ademe et de l’Arcep, les émissions de gaz à effet de serre des data centers ont augmenté de 14% entre 2021 et 2022 en France, la consommation électrique de 15% et le volume d’eau prélevée de 20%. Il est nécessaire de réfléchir aux implantations de datacenters à l’échelle nationale et de privilégier les territoires ne présentant pas de tensions sur la disponibilité de la ressource en eau, d’autant plus qu’il n’existe pas de besoin de proximité des datacenters.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter l’alinéa 18 par les mots :
« ainsi que des enjeux liés à la disponibilité de la ressource en eau et à la consommation d’énergie ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 15 : 53 scrutins publics, dont 5 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi du Gouvernement a été déposé au Sénat le 24 avril 2024 par Bruno Le Maire, alors ministre de l’Économie, en procédure accélérée. Son exposé des motifs affirme que la charge des normes et démarches « pèse pour au moins 3 % du PIB ». Le projet initial comptait 28 articles ; la loi votée en compte 84, selon le Conseil constitutionnel (§ 5). D’après le résumé du projet initial fait par le Conseil (§ 6 à 17), il prévoyait notamment :
- la suppression de commissions administratives consultatives ;
- des ordonnances pour alléger les formalités déclaratives des entreprises ;
- un bulletin de paie simplifié et un médiateur dans les administrations ;
- la possibilité de qualifier certains centres de données de « projet d’intérêt national majeur » ;
- des facilités pour les projets miniers, les énergies renouvelables et la compensation des atteintes à la biodiversité.
Au fil de la navette, les députés ont ajouté des mesures sans rapport direct, dont la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), qui limitent la circulation des véhicules polluants.
Ce que ça change
Un centre de données peut désormais être qualifié par décret de projet d’intérêt national majeur, ce qui permet à l’État d’adapter les documents d’urbanisme (§ 29). Un projet déclaré d’utilité publique peut se voir reconnaître dès ce stade une « raison impérative d’intérêt public majeur », utile pour déroger à la protection des espèces (§ 46). Les dispositions censurées, dont la suppression des ZFE, ne peuvent pas entrer en vigueur.
Ce qui est contesté
Le 14 avril 2026, l’Assemblée a adopté le texte final par 275 voix contre 225 et 30 abstentions (scrutin n° 6184). Pour : RN (118), Droite républicaine (43), Horizons (32), Les Démocrates (25), UDR (17). Contre : LFI (68), Socialistes (67), Écologiste et social (38), GDR (13). Ensemble pour la République s’est divisé : 25 pour, 30 contre, 19 abstentions.
Selon le compte rendu de la séance, le débat a porté sur les ZFE. Un amendement du Gouvernement les rendant facultatives a été rejeté par 192 voix contre 149. Marie Lebec (Ensemble pour la République) estime que leur suppression « n’est pas conforme à nos engagements européens ». Louise Morel (Les Démocrates) prévient : « Elle va être censurée, tout le monde le sait. » Pierre Meurin (RN) revendique l’amendement de suppression, qui rendra selon lui aux artisans « l’accès inconditionnel » à leurs chantiers.
À gauche, Laurent Lhardit (Socialistes) juge que la « frénésie dérégulatrice » du texte « l’emporte sur la protection de notre santé et de notre environnement ». Lisa Belluco (Écologiste et social) résume : « Vous ne simplifiez rien : vous démantelez. » Côté partisans, Thomas Lam (Horizons) met en avant « plus de cinquante mesures de simplification » et Ian Boucard (Droite républicaine) veut « alléger ce qui entrave inutilement, sans affaiblir l’action publique ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 21 avril 2026 par des députés socialistes et écologistes, puis le 28 avril par des députés Les Démocrates, Ensemble pour la République, Horizons et LIOT, le Conseil a rendu le 21 mai 2026 la décision n° 2026-903 DC. Il censure tout ou partie de 25 articles comme « cavaliers législatifs », c’est-à-dire ajoutés par amendement sans lien, même indirect, avec le projet initial, sans juger leur contenu. Parmi eux :
- la suppression des ZFE (article 37, § 58 à 64) ;
- des assouplissements du « zéro artificialisation nette » pour certains projets industriels (article 35, § 34 à 38) ;
- les conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux rendus facultatifs (article 1er, § 20 à 23) ;
- l’extension du principe « silence vaut acceptation », des marchés réservés aux petites entreprises d’outre-mer et des assouplissements de licences de débits de boissons (§ 113 à 155).
Le Conseil n’émet aucune réserve. Il valide la qualification des centres de données (§ 33) et l’extension de la « raison impérative d’intérêt public majeur » (§ 57).
Où en est le texte
La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 a été publiée au Journal officiel du 27 mai 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Exposé des motifs du projet de loi n° 550 (2023-2024), Sénat (24 avril 2024)
- Scrutin public n° 6184 sur l’ensemble (texte de la CMP), Assemblée nationale (14 avril 2026)
- Compte rendu de la séance du 14 avril 2026, Assemblée nationale (14 avril 2026)
- Décision n° 2026-903 DC, Conseil constitutionnel (21 mai 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (26 mai 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 52
- Contre
- 122
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 174
- Exprimés
- 174
- Majorité requise
- 88
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 64 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 22 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 22 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 12 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 18 | 0 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 64 dans le décompte
Contre (64) : Sébastien Chenu, Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Frédéric Falcon, Lionel Tivoli, Alexandra Masson (ancien député), Joëlle Mélin, Franck Allisio, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Serge Muller, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Hélène Laporte, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Kévin Pfeffer, Laurent Jacobelli, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Alexandre Dufosset, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Sylvie Josserand (ancien député), Julien Gabarron, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 23 dans le décompte
Contre (22) : Stéphane Travert, Éric Bothorel, Olivier Becht, Stéphane Mazars (ancien député), Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Annaïg Le Meur, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Danielle Brulebois, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Guillaume Gouffier Valente, Marie Lebec, Jean-Marie Fiévet, Jean-François Rousset, Thomas Cazenave (ancien député), Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Mathieu Lefèvre (ancien député), Prisca Thevenot, Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 22 dans le décompte
Pour (22) : Loïc Prud'homme, Bastien Lachaud, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Matthias Tavel, Marianne Maximi, Idir Boumertit, Jean-François Coulomme, Manon Meunier, Maxime Laisney, Farida Amrani, Karen Erodi, Sandrine Nosbé, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 12 dans le décompte
Pour (12) : Alain David, Marietta Karamanli, Claudia Rouaux, Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Aurélien Rousseau, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sophie Pantel
Droite Républicaine 9 dans le décompte
Contre (9) : Jean-Yves Bony, Vincent Rolland, Vincent Descoeur, Jean-Luc Bourgeaux, Guillaume Lepers (ancien député), Ian Boucard, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 19 dans le décompte
Pour (18) : Hendrik Davi, Christine Arrighi, Cyrielle Chatelain, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (5) : Sophie Mette, Frédéric Petit, Romain Daubié, Emmanuel Mandon, Hubert Ott
Horizons & Indépendants 11 dans le décompte
Contre (11) : Thierry Benoit, Bertrand Bouyx, Laetitia Saint-Paul, Xavier Roseren, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, Henri Alfandari, Jean Moulliere (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback, Jean-Michel Brard, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Paul Molac, Christophe Naegelen, Joël Bruneau
UDR 6 dans le décompte
Contre (6) : Brigitte Barèges (ancien député), Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Charles Alloncle
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin