Votes · Scrutin n° 221 · 4 novembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2307 de M. Gernigon après l'article 9 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Horizons & Indépendants"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 9
- Texte
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 Projet de loi de financement de la sécurité sociale
Amendement déposé par M. Gernigon (HOR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La consommation d’aliments ultra-transformés est associée à un risque accru de cancers et d’autres maladies chroniques. Ces produits, riches en additifs, conservateurs, sucre, sel, et graisses saturées, favorisent l’inflammation, le stress oxydatif et les déséquilibres métaboliques, augmentant ainsi les risques de cancer, de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2. Une étude montre qu’une augmentation de 10 % de la consommation de ces aliments est liée à une hausse significative du risque de cancer.
Certains de ces produits ne sont pas touchés par d'éventuelles taxes qui dépendent du taux de sucre, de gras ou de sel, car leur dangerosité pour la santé est due aux processus de fabrication et d'extraction des ingrédients utilisés, ainsi que du nombre de ces ingrédients.
Cet amendement introduit donc une contribution sur les produits alimentaires ultra-transformés dans le but d'alerter sur leur dangerosité pour la santé humaine, en se fondant sur les critères de la classification NOVA, reconnue internationalement.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Au début de la section IV du chapitre II du titre III de la deuxième partie du livre premier du code général des impôts, il est ajouté un article 1613 ter A ainsi rédigé :
« Art. 1613 ter A. – I. – Il est institué une contribution perçue sur les produits alimentaires ultra-transformés destinés à la consommation humaine.
»Les aliments ultra-transformés sont des formulations industrielles respectant cumulativement ces conditions :
« – Ils sont composés de plus de 10 ingrédients ;
« – Ils sont composés de plus de 50 % de substances extraites d’aliments naturels, dérivées de constituants alimentaires ou synthétisées en laboratoire à partir de substrats alimentaires ou d’autres sources organiques ;
« – Leurs techniques de fabrication incluent l’extrusion, le moulage ou le prétraitement par friture.
« II. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 9 : 13 scrutins publics, dont 4 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) fixe chaque année les recettes et les objectifs de dépenses de la Sécurité sociale. Le projet a été déposé le 10 octobre 2024 par le Gouvernement de Michel Barnier, puis repris par celui de François Bayrou. D’après la décision du Conseil constitutionnel et les débats, il prévoit notamment :
- un objectif de dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 265,9 milliards d’euros pour 2025 (paragraphe 3) ;
- la soumission à la CSG et à la CRDS de la part du salaire des apprentis qui dépasse 50 % du Smic (paragraphe 14) ;
- le remboursement de certains soins coûteux conditionné à un document du prescripteur (paragraphe 24) ;
- selon les orateurs, un fonds d’urgence de 300 millions d’euros pour les Ehpad et le calcul des retraites agricoles sur les 25 meilleures années.
Ce que ça change
Selon Thibault Bazin (Droite républicaine), rapporteur général, les dépenses progressent de « 3,7 %, bien supérieure à l’inflation attendue ». Jérôme Guedj (Socialistes) indique que les négociations ont permis d’écarter la baisse du remboursement des médicaments et consultations, de 70 % à 60 % ou 65 %, et d’obtenir « 1 milliard d’euros supplémentaires pour l’hôpital » (compte rendu du 12 février 2025). La loi a été promulguée en cours d’année, le 28 février 2025.
Ce qui est contesté
Le texte final n’a pas été voté par les députés. Le Gouvernement a utilisé l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité absolue (289 voix). Le 4 décembre 2024, la motion de censure contre le gouvernement de Michel Barnier a été adoptée par 331 voix (RN, LFI, Socialistes, Écologistes, GDR, UDR) et le texte a été rejeté. En nouvelle lecture, le gouvernement Bayrou a utilisé trois fois le 49.3. Les motions de censure de LFI ont obtenu 122, 115 puis 121 voix le 12 février 2025, soutenues par LFI, les Écologistes et GDR. En première lecture, l’Assemblée n’avait voté que sur la deuxième partie (126 voix contre 98, le 4 novembre 2024) ; selon les données de l’Assemblée, les amendements après l’article 9 ont donné lieu à 13 scrutins publics.
Marianne Maximi (LFI) dénonce un budget fait « avec l’austérité pour seule boussole ». Benjamin Lucas-Lundy (Écologiste et social) annonce que son groupe censurera. Soumya Bourouaha annonce le vote du groupe GDR « dans sa grande majorité ».
Les autres groupes, dont les Socialistes (à une voix près) et le RN, n’ont pas voté ces motions. Jérôme Guedj (Socialistes) déclare : « Je préfère ce PLFSS, aussi insuffisant soit-il ». Joëlle Mélin (RN) s’oppose au budget mais ne vote pas la censure. Thibault Bazin préfère « un budget imparfait à l’absence de budget ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 20 février 2025 par des députés LFI, le Conseil a rendu sa décision le 28 février 2025.
- Censuré sur le fond : la pénalité pour les patients qui n’honorent pas un rendez-vous médical (article 52), car la loi n’en fixait ni la nature, ni le montant, ni les conditions (paragraphe 42).
- Censurés parce qu’ils n’ont pas leur place dans une loi de financement (effet nul ou trop indirect sur les comptes de la Sécurité sociale) : treize articles, dont la réforme du contrôle médical de l’assurance maladie (article 51), les échanges de données avec les complémentaires santé (article 49), la géolocalisation des transports sanitaires (article 60) et le non-cumul des indemnités d’élus et des indemnités journalières (article 74) (paragraphes 35 et 57).
- Réserves d’interprétation (conditions d’application fixées par le Conseil) sur le document du prescripteur : le patient doit être informé à l’avance, et le document doit être fourni sans frais et dans des délais adaptés (paragraphes 26 et 27).
- Validés : l’Ondam (paragraphes 6 et 8) et la CSG des apprentis (paragraphes 16 à 19).
Où en est le texte
Le Sénat a adopté définitivement le texte le 17 février 2025. La loi n° 2025-199 du 28 février 2025 a été publiée au Journal officiel du même jour.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (28/02/2025)
- Dossier législatif du Sénat (28/02/2025)
- Projet de loi n° 325 (10/10/2024)
- Compte rendu de la première séance du 12 février 2025 (motion de censure) (12/02/2025)
- Scrutin n° 519 sur la motion de censure adoptée (04/12/2024)
- Scrutin n° 791 sur la dernière motion de censure (12/02/2025)
- Décision n° 2025-875 DC du Conseil constitutionnel (28/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 28
- Contre
- 89
- Abstention
- 7
- Non-votant
- 2
- Votants
- 124
- Exprimés
- 117
- Majorité requise
- 59
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Contre | 0 | 36 | 3 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 30 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 14 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 3 | 2 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 3 | 0 | 1 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 1 | 0 | 1 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 39 dans le décompte
Contre (36) : Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Joëlle Mélin, Caroline Colombier, Lisette Pollet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Christophe Bentz, Michaël Taverne, Christine Engrand, Michel Guiniot, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Sandra Delannoy, Nadine Lechon, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Maxime Amblard, Thierry Tesson, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Robert Le Bourgeois, Joseph Rivière
Abstention (3) : Thomas Ménagé, Matthieu Marchio, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 17 dans le décompte
Contre (16) : Sébastien Huyghe, Éric Woerth (ancien député), Sylvain Maillard, Liliana Tanguy, Christine Le Nabour, Danielle Brulebois, Stéphanie Rist (ancien député), Guillaume Gouffier Valente, Gabriel Attal, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Julie Delpech, Pierre Cazeneuve, Joséphine Missoffe, Sophie Delorme Duret (ancien député), Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 30 dans le décompte
Contre (30) : Ugo Bernalicis, Mathilde Panot, Danièle Obono, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Damien Maudet, Manon Meunier, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Aymeric Caron, René Pilato, Marie Mesmeur, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 7 dans le décompte
Pour (7) : Jérôme Guedj, Arthur Delaporte, Aurélien Rousseau, Emmanuel Grégoire (ancien député), Arnaud Simion, Thierry Sother, Ayda Hadizadeh
Écologiste et Social 14 dans le décompte
Pour (14) : Alexis Corbière, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Julie Laernoes, Sandrine Rousseau, Karim Ben Cheikh, Sabrina Sebaihi, Danielle Simonnet, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Vigier, Géraldine Bannier, Frantz Gumbs
Abstention (2) : Jean-Carles Grelier, Éric Martineau
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Pour (3) : François Gernigon, Anne-Cécile Violland, Nathalie Colin-Oesterlé
Abstention (1) : Frédéric Valletoux
Non-votant (1) : Naïma Moutchou (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Pour (2) : Estelle Youssouffa, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (1) : Frédéric Maillot
Abstention (1) : Yannick Monnet
UDR 3 dans le décompte
Contre (3) : Gérault Verny, Hanane Mansouri, Maxime Michelet
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Matthieu Marchio
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin