Votes · Scrutin n° 223 · 4 novembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 124 de M. Guedj et les amendements identiques suivants après l'article 9 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 9
- Texte
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 Projet de loi de financement de la sécurité sociale
Amendement déposé par M. Guedj et 62 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement de députés socialistes et apparentés vise à réformer la « taxe soda » en créant à trois tranches et en augmentant les taux d’accise, sur le même modèle que la taxe britannique.
En France, l’obésité est en hausse, notamment chez les jeunes.
Près d’un Français sur deux est en situation de surpoids selon l’Inserm.
La contribution sur les boissons alcooliques comprenant des sucres ajoutés, également appelée « taxe soda », a été mise en place en 2012 dans le but d’inciter les consommateurs à réduire leur consommation en soda.
D’après l’UFC Que Choisir, l’impact de la taxe serait limité : pour un soda de 100 grammes de sucre par litre, une canette de 33 cl a vu son prix augmenté de seulement 5 centimes d’euros depuis l’application de cette taxe.
Les Français ont baissé leurs achats de 3 à 4 litres par an, ce qui correspond à moins d’un gramme de sucre par jour par personne.
Or d’après l’Inserm, cette consommation, qui a fortement augmenté depuis les années 1960, s’élèverait à 50,9 litres de soda par an et par personne (2019), induisant pour les consommateurs des risques accrus de diabète de type 2, d’obésité, de maladies coronariennes ou de stéatose hépatique non alcoolique, dite « maladie du soda ».
L’Organisation Mondiale de la Santé a considéré la « taxe soda » comme un outil efficace de lutte contre l’obésité, mais l’outil fiscal est encore peu et mal utilisé en France.
Les résultats sont très limités en raison des nombreux paliers de taxation (au nombre de seize !). […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le II de l’article 1613 ter du code général des impôts est ainsi modifié :
1° Le tableau du deuxième alinéa est ainsi rédigé :
«
QUANTITÉ DE SUCRE
(en kg de sucre ajoutés par hl de boisson)
TARIF APPLICABLE
(en euros par hl de boisson)
Inférieure à 50Entre 5 et 821Au-delà de 828 »
2° Le troisième alinéa est supprimé ;
3° La seconde phrase du quatrième alinéa est supprimée.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 9 : 13 scrutins publics, dont 4 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) fixe chaque année les recettes et les objectifs de dépenses de la Sécurité sociale. Le projet a été déposé le 10 octobre 2024 par le Gouvernement de Michel Barnier, puis repris par celui de François Bayrou. D’après la décision du Conseil constitutionnel et les débats, il prévoit notamment :
- un objectif de dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 265,9 milliards d’euros pour 2025 (paragraphe 3) ;
- la soumission à la CSG et à la CRDS de la part du salaire des apprentis qui dépasse 50 % du Smic (paragraphe 14) ;
- le remboursement de certains soins coûteux conditionné à un document du prescripteur (paragraphe 24) ;
- selon les orateurs, un fonds d’urgence de 300 millions d’euros pour les Ehpad et le calcul des retraites agricoles sur les 25 meilleures années.
Ce que ça change
Selon Thibault Bazin (Droite républicaine), rapporteur général, les dépenses progressent de « 3,7 %, bien supérieure à l’inflation attendue ». Jérôme Guedj (Socialistes) indique que les négociations ont permis d’écarter la baisse du remboursement des médicaments et consultations, de 70 % à 60 % ou 65 %, et d’obtenir « 1 milliard d’euros supplémentaires pour l’hôpital » (compte rendu du 12 février 2025). La loi a été promulguée en cours d’année, le 28 février 2025.
Ce qui est contesté
Le texte final n’a pas été voté par les députés. Le Gouvernement a utilisé l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité absolue (289 voix). Le 4 décembre 2024, la motion de censure contre le gouvernement de Michel Barnier a été adoptée par 331 voix (RN, LFI, Socialistes, Écologistes, GDR, UDR) et le texte a été rejeté. En nouvelle lecture, le gouvernement Bayrou a utilisé trois fois le 49.3. Les motions de censure de LFI ont obtenu 122, 115 puis 121 voix le 12 février 2025, soutenues par LFI, les Écologistes et GDR. En première lecture, l’Assemblée n’avait voté que sur la deuxième partie (126 voix contre 98, le 4 novembre 2024) ; selon les données de l’Assemblée, les amendements après l’article 9 ont donné lieu à 13 scrutins publics.
Marianne Maximi (LFI) dénonce un budget fait « avec l’austérité pour seule boussole ». Benjamin Lucas-Lundy (Écologiste et social) annonce que son groupe censurera. Soumya Bourouaha annonce le vote du groupe GDR « dans sa grande majorité ».
Les autres groupes, dont les Socialistes (à une voix près) et le RN, n’ont pas voté ces motions. Jérôme Guedj (Socialistes) déclare : « Je préfère ce PLFSS, aussi insuffisant soit-il ». Joëlle Mélin (RN) s’oppose au budget mais ne vote pas la censure. Thibault Bazin préfère « un budget imparfait à l’absence de budget ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 20 février 2025 par des députés LFI, le Conseil a rendu sa décision le 28 février 2025.
- Censuré sur le fond : la pénalité pour les patients qui n’honorent pas un rendez-vous médical (article 52), car la loi n’en fixait ni la nature, ni le montant, ni les conditions (paragraphe 42).
- Censurés parce qu’ils n’ont pas leur place dans une loi de financement (effet nul ou trop indirect sur les comptes de la Sécurité sociale) : treize articles, dont la réforme du contrôle médical de l’assurance maladie (article 51), les échanges de données avec les complémentaires santé (article 49), la géolocalisation des transports sanitaires (article 60) et le non-cumul des indemnités d’élus et des indemnités journalières (article 74) (paragraphes 35 et 57).
- Réserves d’interprétation (conditions d’application fixées par le Conseil) sur le document du prescripteur : le patient doit être informé à l’avance, et le document doit être fourni sans frais et dans des délais adaptés (paragraphes 26 et 27).
- Validés : l’Ondam (paragraphes 6 et 8) et la CSG des apprentis (paragraphes 16 à 19).
Où en est le texte
Le Sénat a adopté définitivement le texte le 17 février 2025. La loi n° 2025-199 du 28 février 2025 a été publiée au Journal officiel du même jour.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (28/02/2025)
- Dossier législatif du Sénat (28/02/2025)
- Projet de loi n° 325 (10/10/2024)
- Compte rendu de la première séance du 12 février 2025 (motion de censure) (12/02/2025)
- Scrutin n° 519 sur la motion de censure adoptée (04/12/2024)
- Scrutin n° 791 sur la dernière motion de censure (12/02/2025)
- Décision n° 2025-875 DC du Conseil constitutionnel (28/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 46
- Contre
- 57
- Abstention
- 18
- Non-votant
- 2
- Votants
- 121
- Exprimés
- 103
- Majorité requise
- 52
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Contre | 0 | 38 | 1 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 3 | 14 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 0 | 0 | 16 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 1 | 3 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 14 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | aucun vote | 1 | 1 | 1 | 0 | |
| NI 8 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 39 dans le décompte
Contre (38) : Marie-France Lorho, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Joëlle Mélin, Caroline Colombier, Lisette Pollet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Thomas Ménagé, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Kévin Pfeffer, Christine Engrand, Michel Guiniot, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Sandra Delannoy, Nadine Lechon, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Maxime Amblard, Thierry Tesson, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Joseph Rivière, Anchya Bamana
Abstention (1) : Aurélien Lopez-Liguori (ancien député)
Ensemble pour la République 18 dans le décompte
Pour (3) : Guillaume Gouffier Valente, Julie Delpech, Christophe Mongardien
Contre (14) : Sébastien Huyghe, Éric Woerth (ancien député), Sylvain Maillard, Liliana Tanguy, Christine Le Nabour, Danielle Brulebois, Stéphanie Rist (ancien député), Olivia Grégoire, Gabriel Attal, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Pierre Cazeneuve, Joséphine Missoffe, Sophie Delorme Duret (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 16 dans le décompte
Abstention (16) : Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Nathalie Oziol, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Manon Meunier, Antoine Léaument, René Pilato, Marie Mesmeur, Zahia Hamdane
Socialistes et apparentés 9 dans le décompte
Pour (9) : Jérôme Guedj, Arthur Delaporte, Aurélien Rousseau, Emmanuel Grégoire (ancien député), Océane Godard, Arnaud Simion, Thierry Sother, Céline Thiébault-Martinez, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Pour (1) : Yannick Neuder
Contre (3) : Philippe Gosselin, Thibault Bazin, Josiane Corneloup
Écologiste et Social 14 dans le décompte
Pour (14) : Alexis Corbière, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Julie Laernoes, Sandrine Rousseau, Karim Ben Cheikh, Sabrina Sebaihi, Danielle Simonnet, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 9 dans le décompte
Pour (9) : Jean-Carles Grelier, Philippe Vigier, Erwan Balanant, Sophie Mette, Géraldine Bannier, Nicolas Turquois, Cyrille Isaac-Sibille, Éric Martineau, Frantz Gumbs
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Pour (6) : Bertrand Bouyx, Henri Alfandari, François Gernigon, Anne-Cécile Violland, Frédéric Valletoux, Nathalie Colin-Oesterlé
Non-votant (1) : Naïma Moutchou (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Pour (1) : Estelle Youssouffa
Contre (1) : Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Yannick Monnet, Frédéric Maillot
UDR 3 dans le décompte
Pour (1) : Gérault Verny
Contre (1) : Maxime Michelet
Abstention (1) : Hanane Mansouri
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin