Votes · Scrutin n° 2284 · 13 juin 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1641 de Mme Stambach-Terrenoir de suppression de l'article 24 A (examen prioritaire) du projet de loi de simplification de la vie économique (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National" Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 24 A
- Texte
- Projet de loi de simplification de la vie économique Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Stambach-Terrenoir et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, les député.es du groupe LFI-NFP proposent de supprimer l'article 24 A, qui risquerait de limiter le droit de préférence du locataire dans le cadre de la cession d'un local commercial ou artisanal.
Le droit actuel prévoit que le propriétaire d'un local de cette nature a obligation d’informer le locataire, un commercant enregistré au Registre du Commerce et des Sociétés ou au Répertoire des Métiers, dès lors qu’il souhaite vendre son local, ce qui vaut offre de vente. Le locataire a alors un mois pour se prononcer.
Le non-respect de ce droit entraîne la nullité de la vente. C’est pourquoi le Sénat, arguant l’existence d’une “incertitude juridique”, a souhaité préciser les définitions de local à usage commercial et de local à usage artisanal concernés par le droit de préférence du locataire.
Or, s'il n’existe pas de définition légale de ceux auxquels il s’applique, la Cour de cassation a déjà eu l'occasion de le préciser. En proposant une définition légale de chaque type de local, et sous prétexte de réduire le nombre de contentieux en nullité et de notifications “par prudence” du propriétaire, le Sénat restreint de fait le champ de ce droit, dont l’appréciation ne sera plus laissée aux juges. Le rapport du Sénat précise bien que le but est par exemple “d’écarter les locaux à usage de bureaux ou encore les entrepôts”.
Créé par la loi “Pinel” de 2014, ce droit vise pourtant à encourager le maintien des TPE commerciales et artisanales dans les centre-villes soumis à une forte pression immobilière. Or, les locaux à usage de bureaux sont parmi les plus concernés, et la jurisprudence de la Cour de Cassation les inclut bien dès lorsqu’ils visent une activité commerciale. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi du Gouvernement a été déposé au Sénat le 24 avril 2024 par Bruno Le Maire, alors ministre de l’Économie, en procédure accélérée. Son exposé des motifs affirme que la charge des normes et démarches « pèse pour au moins 3 % du PIB ». Le projet initial comptait 28 articles ; la loi votée en compte 84, selon le Conseil constitutionnel (§ 5). D’après le résumé du projet initial fait par le Conseil (§ 6 à 17), il prévoyait notamment :
- la suppression de commissions administratives consultatives ;
- des ordonnances pour alléger les formalités déclaratives des entreprises ;
- un bulletin de paie simplifié et un médiateur dans les administrations ;
- la possibilité de qualifier certains centres de données de « projet d’intérêt national majeur » ;
- des facilités pour les projets miniers, les énergies renouvelables et la compensation des atteintes à la biodiversité.
Au fil de la navette, les députés ont ajouté des mesures sans rapport direct, dont la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), qui limitent la circulation des véhicules polluants.
Ce que ça change
Un centre de données peut désormais être qualifié par décret de projet d’intérêt national majeur, ce qui permet à l’État d’adapter les documents d’urbanisme (§ 29). Un projet déclaré d’utilité publique peut se voir reconnaître dès ce stade une « raison impérative d’intérêt public majeur », utile pour déroger à la protection des espèces (§ 46). Les dispositions censurées, dont la suppression des ZFE, ne peuvent pas entrer en vigueur.
Ce qui est contesté
Le 14 avril 2026, l’Assemblée a adopté le texte final par 275 voix contre 225 et 30 abstentions (scrutin n° 6184). Pour : RN (118), Droite républicaine (43), Horizons (32), Les Démocrates (25), UDR (17). Contre : LFI (68), Socialistes (67), Écologiste et social (38), GDR (13). Ensemble pour la République s’est divisé : 25 pour, 30 contre, 19 abstentions.
Selon le compte rendu de la séance, le débat a porté sur les ZFE. Un amendement du Gouvernement les rendant facultatives a été rejeté par 192 voix contre 149. Marie Lebec (Ensemble pour la République) estime que leur suppression « n’est pas conforme à nos engagements européens ». Louise Morel (Les Démocrates) prévient : « Elle va être censurée, tout le monde le sait. » Pierre Meurin (RN) revendique l’amendement de suppression, qui rendra selon lui aux artisans « l’accès inconditionnel » à leurs chantiers.
À gauche, Laurent Lhardit (Socialistes) juge que la « frénésie dérégulatrice » du texte « l’emporte sur la protection de notre santé et de notre environnement ». Lisa Belluco (Écologiste et social) résume : « Vous ne simplifiez rien : vous démantelez. » Côté partisans, Thomas Lam (Horizons) met en avant « plus de cinquante mesures de simplification » et Ian Boucard (Droite républicaine) veut « alléger ce qui entrave inutilement, sans affaiblir l’action publique ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 21 avril 2026 par des députés socialistes et écologistes, puis le 28 avril par des députés Les Démocrates, Ensemble pour la République, Horizons et LIOT, le Conseil a rendu le 21 mai 2026 la décision n° 2026-903 DC. Il censure tout ou partie de 25 articles comme « cavaliers législatifs », c’est-à-dire ajoutés par amendement sans lien, même indirect, avec le projet initial, sans juger leur contenu. Parmi eux :
- la suppression des ZFE (article 37, § 58 à 64) ;
- des assouplissements du « zéro artificialisation nette » pour certains projets industriels (article 35, § 34 à 38) ;
- les conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux rendus facultatifs (article 1er, § 20 à 23) ;
- l’extension du principe « silence vaut acceptation », des marchés réservés aux petites entreprises d’outre-mer et des assouplissements de licences de débits de boissons (§ 113 à 155).
Le Conseil n’émet aucune réserve. Il valide la qualification des centres de données (§ 33) et l’extension de la « raison impérative d’intérêt public majeur » (§ 57).
Où en est le texte
La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 a été publiée au Journal officiel du 27 mai 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Exposé des motifs du projet de loi n° 550 (2023-2024), Sénat (24 avril 2024)
- Scrutin public n° 6184 sur l’ensemble (texte de la CMP), Assemblée nationale (14 avril 2026)
- Compte rendu de la séance du 14 avril 2026, Assemblée nationale (14 avril 2026)
- Décision n° 2026-903 DC, Conseil constitutionnel (21 mai 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (26 mai 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 28
- Contre
- 10
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 38
- Exprimés
- 38
- Majorité requise
- 20
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | aucun vote | 2 | 2 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 9 dans le décompte
Pour (9) : Lisette Pollet, Christophe Bentz, Emeric Salmon, Frédéric Weber, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Sophie-Laurence Roy
Ensemble pour la République 5 dans le décompte
Pour (2) : Stéphane Travert, Vincent Ledoux
Contre (2) : Guillaume Gouffier Valente, Marie Lebec
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 8 dans le décompte
Pour (8) : Laurent Alexandre, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvie Ferrer, Nadège Abomangoli, Manon Meunier, Maxime Laisney, Perceval Gaillard, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 5 dans le décompte
Pour (5) : Colette Capdevielle, Gérard Leseul, Mickaël Bouloux, Valérie Rossi, Jacques Oberti
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Contre (4) : Nicolas Forissier (ancien député), Michel Herbillon, Ian Boucard, Nicolas Ray
Écologiste et Social 4 dans le décompte
Pour (4) : Charles Fournier, Karim Ben Cheikh, Nicolas Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bolo (ancien député)
Horizons & Indépendants 3 dans le décompte
Contre (3) : Jérémie Patrier-Leitus, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin