Votes · Scrutin n° 2301 · 13 juin 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2137 de Mme Lejeune à l'article 6 (supprimé) du projet de loi de simplification de la vie économique (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 6
- Texte
- Projet de loi de simplification de la vie économique Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Lejeune et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe LFI-NFP vise à favoriser la reprise d’entreprise par les salariés en cas de projet de vente du fonds de commerce ou de parts de société, notamment en prévoyant que lorsqu’une offre de rachat est présentée par les salariés, le propriétaire doit entrer en négociation avec les salariés concernés au sujet de leur offre et leur transmettre tous les documents nécessaires en vue de faciliter la Constitution de leur projet de rachat. La liste de ces documents est précisée par décret en Conseil d’État. Les salariés concernés sont tenus à une obligation de confidentialité.
Dans sa version issue du Sénat, supprimée en commission, l’article 6 prévoyait de supprimer le délai d’information préalable obligatoire des salariés en cas de vente du fonds de commerce ou de parts de société, entravant ainsi la reprise d’entreprise par les salariés, alors même que la transmission d’entreprise est un enjeu particulièrement important du fait du nombre conséquent d’entreprises à reprendre dans les 10 prochaines années, évalué selon CCI France à 350 000 et que les capacités de reprise des salariés sont déjà très contraintes notamment en termes de délais pour monter un dossier et prétendre au crédit d’impôt pour le plan de financement, a fortiori au sein des petites entreprises ne disposant pas de CSE.
Nous proposons au contraire de faciliter la reprise d’entreprise par les salariés en prévoyant que lorsqu’une offre de rachat est présentée par les salariés, le propriétaire doit entrer en négociation avec les salariés concernés au sujet de leur offre et leur transmettre tous les documents nécessaires en vue de faciliter la Constitution de leur projet de rachat. La liste de ces documents est précisée par décret en Conseil d’État. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Rétablir cet article dans la rédaction suivante :
« Le code de commerce est ainsi modifié :
« 1° L’article L. 23‑10‑1 est ainsi modifié :
« a) Au premier alinéa, le mot : « deux » est remplacé par le mot : « quatre » ;
« b) À l'avant-dernier alinéa, le mot : « deux » est remplacé par le mot : « quatre » ;
« c) Avant le dernier alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« Si une offre de rachat est présentée par un ou plusieurs salariés, le propriétaire doit entrer en négociation avec les salariés concernés et leur transmettre tous les documents nécessaires en vue de faciliter la constitution de leur projet de rachat. La liste de ces documents est précisée par décret en Conseil d’État. Les salariés concernés sont tenus à une obligation de confidentialité. » ;
« 2° L’article L. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi du Gouvernement a été déposé au Sénat le 24 avril 2024 par Bruno Le Maire, alors ministre de l’Économie, en procédure accélérée. Son exposé des motifs affirme que la charge des normes et démarches « pèse pour au moins 3 % du PIB ». Le projet initial comptait 28 articles ; la loi votée en compte 84, selon le Conseil constitutionnel (§ 5). D’après le résumé du projet initial fait par le Conseil (§ 6 à 17), il prévoyait notamment :
- la suppression de commissions administratives consultatives ;
- des ordonnances pour alléger les formalités déclaratives des entreprises ;
- un bulletin de paie simplifié et un médiateur dans les administrations ;
- la possibilité de qualifier certains centres de données de « projet d’intérêt national majeur » ;
- des facilités pour les projets miniers, les énergies renouvelables et la compensation des atteintes à la biodiversité.
Au fil de la navette, les députés ont ajouté des mesures sans rapport direct, dont la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), qui limitent la circulation des véhicules polluants.
Ce que ça change
Un centre de données peut désormais être qualifié par décret de projet d’intérêt national majeur, ce qui permet à l’État d’adapter les documents d’urbanisme (§ 29). Un projet déclaré d’utilité publique peut se voir reconnaître dès ce stade une « raison impérative d’intérêt public majeur », utile pour déroger à la protection des espèces (§ 46). Les dispositions censurées, dont la suppression des ZFE, ne peuvent pas entrer en vigueur.
Ce qui est contesté
Le 14 avril 2026, l’Assemblée a adopté le texte final par 275 voix contre 225 et 30 abstentions (scrutin n° 6184). Pour : RN (118), Droite républicaine (43), Horizons (32), Les Démocrates (25), UDR (17). Contre : LFI (68), Socialistes (67), Écologiste et social (38), GDR (13). Ensemble pour la République s’est divisé : 25 pour, 30 contre, 19 abstentions.
Selon le compte rendu de la séance, le débat a porté sur les ZFE. Un amendement du Gouvernement les rendant facultatives a été rejeté par 192 voix contre 149. Marie Lebec (Ensemble pour la République) estime que leur suppression « n’est pas conforme à nos engagements européens ». Louise Morel (Les Démocrates) prévient : « Elle va être censurée, tout le monde le sait. » Pierre Meurin (RN) revendique l’amendement de suppression, qui rendra selon lui aux artisans « l’accès inconditionnel » à leurs chantiers.
À gauche, Laurent Lhardit (Socialistes) juge que la « frénésie dérégulatrice » du texte « l’emporte sur la protection de notre santé et de notre environnement ». Lisa Belluco (Écologiste et social) résume : « Vous ne simplifiez rien : vous démantelez. » Côté partisans, Thomas Lam (Horizons) met en avant « plus de cinquante mesures de simplification » et Ian Boucard (Droite républicaine) veut « alléger ce qui entrave inutilement, sans affaiblir l’action publique ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 21 avril 2026 par des députés socialistes et écologistes, puis le 28 avril par des députés Les Démocrates, Ensemble pour la République, Horizons et LIOT, le Conseil a rendu le 21 mai 2026 la décision n° 2026-903 DC. Il censure tout ou partie de 25 articles comme « cavaliers législatifs », c’est-à-dire ajoutés par amendement sans lien, même indirect, avec le projet initial, sans juger leur contenu. Parmi eux :
- la suppression des ZFE (article 37, § 58 à 64) ;
- des assouplissements du « zéro artificialisation nette » pour certains projets industriels (article 35, § 34 à 38) ;
- les conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux rendus facultatifs (article 1er, § 20 à 23) ;
- l’extension du principe « silence vaut acceptation », des marchés réservés aux petites entreprises d’outre-mer et des assouplissements de licences de débits de boissons (§ 113 à 155).
Le Conseil n’émet aucune réserve. Il valide la qualification des centres de données (§ 33) et l’extension de la « raison impérative d’intérêt public majeur » (§ 57).
Où en est le texte
La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 a été publiée au Journal officiel du 27 mai 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Exposé des motifs du projet de loi n° 550 (2023-2024), Sénat (24 avril 2024)
- Scrutin public n° 6184 sur l’ensemble (texte de la CMP), Assemblée nationale (14 avril 2026)
- Compte rendu de la séance du 14 avril 2026, Assemblée nationale (14 avril 2026)
- Décision n° 2026-903 DC, Conseil constitutionnel (21 mai 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (26 mai 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 22
- Contre
- 29
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 51
- Exprimés
- 51
- Majorité requise
- 26
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 15 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 15 dans le décompte
Contre (15) : Nicolas Meizonnet, Frédéric Falcon, Lisette Pollet, Christine Loir, Christophe Bentz, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Emeric Salmon, Philippe Lottiaux, Frédéric Weber, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Matthias Renault
Ensemble pour la République 11 dans le décompte
Contre (10) : Stéphane Travert, Éric Bothorel, Vincent Ledoux, Sandra Marsaud, Roland Lescure (ancien député), Guillaume Gouffier Valente, Marie Lebec, Françoise Buffet, Pierre Cazeneuve, David Amiel (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 10 dans le décompte
Pour (10) : Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvie Ferrer, Nadège Abomangoli, Manon Meunier, Maxime Laisney, Perceval Gaillard, Sandrine Nosbé, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 7 dans le décompte
Pour (7) : Colette Capdevielle, Gérard Leseul, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Xavier Breton, Nicolas Ray
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Pour (5) : Charles Fournier, Sandrine Rousseau, Karim Ben Cheikh, Nicolas Bonnet, Boris Tavernier
Les Démocrates 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bolo (ancien député)
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin