Votes · Scrutin n° 231 · 4 novembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2352 du Gouvernement après l'article 9 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 9
- Texte
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 Projet de loi de financement de la sécurité sociale
Amendement déposé par le Gouvernement · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Une forte croissance du secteur des jeux d’argent et de hasard est observée depuis plusieurs années, essentiellement en raison du développement de l’offre en ligne. Cette tendance s’accentue et le marché français des jeux d’argent confirme son dynamisme en 2023, avec un niveau record d’activité et l’enregistrement d’un produit brut des jeux de 13,4 Md€, en augmentation de 3,5% par rapport à 2022, dont un produit brut des jeux total en ligne de 2,3Md€, en croissance quant à lui de 7,2% par rapport à 2022.
Plusieurs études attestent que cette dynamique de développement emporte des risques avérés en matière de santé publique. Depuis plusieurs années, l’observatoire français des drogues et des tendances addictives relève ainsi, dans son enquête RECAP, une augmentation continue des personnes prises en charge pour un problème d’addiction comportementale liée aux jeux d’argent et de hasard. Cette addiction pourra faire l’objet de développements spécifiques à l’occasion de la grande cause nationale « santé mentale ».
Dans un contexte où cette tendance s’accroît, accompagnée de l’augmentation continue du nombre de personnes prises en charge pour un problème d’addiction, la hausse des prélèvements sociaux améliorerait l’équité du système de prélèvement. Elle générerait, par ailleurs, un surcroît de recettes pour la branche maladie, tout en contribuant à réguler le secteur en limitant les conséquences en termes d’addiction.
L’examen des stratégies promotionnelles par l’ANJ, comme chaque année a pu mettre en évidence le maintien d’un niveau élevé des investissements promotionnels de la part des opérateurs économiques à hauteur de 630 millions d'euros en 2023. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Le code de la sécurité sociale est ainsi modifié :
1° Au deuxième alinéa du III de l’article L. 136‑7‑1, le taux : « 11,2 % » est remplacé par le taux : « 11,9 % » ;
2° Le deuxième alinéa de l’article L. 137‑20 est ainsi modifié :
a) la première occurrence du taux : « 6,9 % » est remplacée par le taux : « 7,5 % » ;
b) la seconde occurrence du taux : « 6,9 % » est remplacée par le taux : « 15 % » ;
3° Au dernier alinéa de l’article L. 137‑21, le taux : « 6,6 % » est remplacé par le taux : « 7,6 % » et le taux : « 10,6 % » est remplacé par le taux : « 15 % » ;
4° Le premier alinéa de l’article L. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 9 : 13 scrutins publics, dont 4 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) fixe chaque année les recettes et les objectifs de dépenses de la Sécurité sociale. Le projet a été déposé le 10 octobre 2024 par le Gouvernement de Michel Barnier, puis repris par celui de François Bayrou. D’après la décision du Conseil constitutionnel et les débats, il prévoit notamment :
- un objectif de dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 265,9 milliards d’euros pour 2025 (paragraphe 3) ;
- la soumission à la CSG et à la CRDS de la part du salaire des apprentis qui dépasse 50 % du Smic (paragraphe 14) ;
- le remboursement de certains soins coûteux conditionné à un document du prescripteur (paragraphe 24) ;
- selon les orateurs, un fonds d’urgence de 300 millions d’euros pour les Ehpad et le calcul des retraites agricoles sur les 25 meilleures années.
Ce que ça change
Selon Thibault Bazin (Droite républicaine), rapporteur général, les dépenses progressent de « 3,7 %, bien supérieure à l’inflation attendue ». Jérôme Guedj (Socialistes) indique que les négociations ont permis d’écarter la baisse du remboursement des médicaments et consultations, de 70 % à 60 % ou 65 %, et d’obtenir « 1 milliard d’euros supplémentaires pour l’hôpital » (compte rendu du 12 février 2025). La loi a été promulguée en cours d’année, le 28 février 2025.
Ce qui est contesté
Le texte final n’a pas été voté par les députés. Le Gouvernement a utilisé l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité absolue (289 voix). Le 4 décembre 2024, la motion de censure contre le gouvernement de Michel Barnier a été adoptée par 331 voix (RN, LFI, Socialistes, Écologistes, GDR, UDR) et le texte a été rejeté. En nouvelle lecture, le gouvernement Bayrou a utilisé trois fois le 49.3. Les motions de censure de LFI ont obtenu 122, 115 puis 121 voix le 12 février 2025, soutenues par LFI, les Écologistes et GDR. En première lecture, l’Assemblée n’avait voté que sur la deuxième partie (126 voix contre 98, le 4 novembre 2024) ; selon les données de l’Assemblée, les amendements après l’article 9 ont donné lieu à 13 scrutins publics.
Marianne Maximi (LFI) dénonce un budget fait « avec l’austérité pour seule boussole ». Benjamin Lucas-Lundy (Écologiste et social) annonce que son groupe censurera. Soumya Bourouaha annonce le vote du groupe GDR « dans sa grande majorité ».
Les autres groupes, dont les Socialistes (à une voix près) et le RN, n’ont pas voté ces motions. Jérôme Guedj (Socialistes) déclare : « Je préfère ce PLFSS, aussi insuffisant soit-il ». Joëlle Mélin (RN) s’oppose au budget mais ne vote pas la censure. Thibault Bazin préfère « un budget imparfait à l’absence de budget ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 20 février 2025 par des députés LFI, le Conseil a rendu sa décision le 28 février 2025.
- Censuré sur le fond : la pénalité pour les patients qui n’honorent pas un rendez-vous médical (article 52), car la loi n’en fixait ni la nature, ni le montant, ni les conditions (paragraphe 42).
- Censurés parce qu’ils n’ont pas leur place dans une loi de financement (effet nul ou trop indirect sur les comptes de la Sécurité sociale) : treize articles, dont la réforme du contrôle médical de l’assurance maladie (article 51), les échanges de données avec les complémentaires santé (article 49), la géolocalisation des transports sanitaires (article 60) et le non-cumul des indemnités d’élus et des indemnités journalières (article 74) (paragraphes 35 et 57).
- Réserves d’interprétation (conditions d’application fixées par le Conseil) sur le document du prescripteur : le patient doit être informé à l’avance, et le document doit être fourni sans frais et dans des délais adaptés (paragraphes 26 et 27).
- Validés : l’Ondam (paragraphes 6 et 8) et la CSG des apprentis (paragraphes 16 à 19).
Où en est le texte
Le Sénat a adopté définitivement le texte le 17 février 2025. La loi n° 2025-199 du 28 février 2025 a été publiée au Journal officiel du même jour.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (28/02/2025)
- Dossier législatif du Sénat (28/02/2025)
- Projet de loi n° 325 (10/10/2024)
- Compte rendu de la première séance du 12 février 2025 (motion de censure) (12/02/2025)
- Scrutin n° 519 sur la motion de censure adoptée (04/12/2024)
- Scrutin n° 791 sur la dernière motion de censure (12/02/2025)
- Décision n° 2025-875 DC du Conseil constitutionnel (28/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 57
- Contre
- 72
- Abstention
- 33
- Non-votant
- 2
- Votants
- 162
- Exprimés
- 129
- Majorité requise
- 65
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Contre | 0 | 58 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Pour | 16 | 2 | 2 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 0 | 0 | 28 | 1 | |
| SOC 66 membres | Pour | 16 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 5 | 2 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 7 | 1 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 4 | 1 | 0 | |
| NI 8 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 58 dans le décompte
Contre (58) : Hervé de Lépinau, Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Joëlle Mélin, Caroline Colombier, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Florence Goulet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Thierry Frappé, Christine Engrand, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Frédéric Weber, Maxime Amblard, David Magnier, Antoine Golliot, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Arnaud Sanvert (ancien député), Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Pour (16) : Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Stéphanie Rist (ancien député), Benjamin Dirx, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Julie Delpech, Nicolas Metzdorf, Mathieu Lefèvre (ancien député), Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Sophie Delorme Duret (ancien député), Emmanuelle Hoffman, Christophe Mongardien, Vincent Caure
Contre (2) : Éric Woerth (ancien député), Charles Sitzenstuhl
Abstention (2) : Sophie Panonacle, Pieyre-Alexandre Anglade
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 29 dans le décompte
Abstention (28) : Ugo Bernalicis, Jean-Hugues Ratenon, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Idir Boumertit, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Maxime Laisney, Antoine Léaument, Karen Erodi, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Gabrielle Cathala
Non-votant (1) : Clémence Guetté
Socialistes et apparentés 16 dans le décompte
Pour (16) : Jérôme Guedj, François Hollande, Pascale Got, Laurent Baumel, Philippe Naillet, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Stéphane Delautrette, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Thierry Sother, Béatrice Bellay, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 7 dans le décompte
Contre (5) : Jean-Luc Bourgeaux, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Josiane Corneloup, Yannick Neuder
Abstention (2) : Philippe Gosselin, Philippe Juvin
Écologiste et Social 9 dans le décompte
Pour (9) : Hendrik Davi, Julie Laernoes, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 8 dans le décompte
Pour (7) : Jean-Carles Grelier, Philippe Vigier, Géraldine Bannier, Cyrille Isaac-Sibille, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Frantz Gumbs
Contre (1) : Nicolas Turquois
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Pour (6) : Laurent Marcangeli, Bertrand Bouyx, Henri Alfandari, François Gernigon, Frédéric Valletoux, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Laurent Panifous (ancien député), Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Jean-Paul Lecoq, Jean-Victor Castor, Frédéric Maillot
UDR 5 dans le décompte
Contre (4) : Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Charles Alloncle, Maxime Michelet
Abstention (1) : Alexandre Allegret-Pilot
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Éric Woerth (ancien député)
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin