Votes · Scrutin n° 232 · 4 novembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 783 de M. Guedj et l'amendement identique suivant après l'article 9 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Écologiste et Social"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 9
- Texte
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 Projet de loi de financement de la sécurité sociale
Amendement déposé par M. Guedj et 51 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement de députés socialistes et apparentés vise à harmoniser la fiscalité sur les alcools.
Les recettes de taxation issues de l’alcool ne couvrent que 42% du coût des soins engendrés par la consommation d’alcool selon l’OFDT. Pourtant, l’alcool représente la deuxième cause de cancer évitable et la 1ère cause d’hospitalisation en France.
La fiscalité française sur les boissons alcooliques se base sur le type d’alcool plutôt que sur le volume d’alcool, alors que l’OMS recommande d’agir sur le prix de tous les alcools.
Seuls les alcools titrant à plus de 18% d’alcool sont concernés par la « cotisation sécurité sociale », qui sert à alimenter la branche maladie de la sécurité sociale.
Cet amendement vise à étendre la « cotisation sécurité sociale » à tous les alcools. Il aura une incidence sur le prix des alcools les moins chers, ceux-ci étant les plus consommés par les jeunes et les consommateurs excessifs.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le code de la sécurité sociale est ainsi modifié :
1° À l’article L. 245‑7, les mots : « d’une teneur en alcool supérieure à 18 % » sont supprimés ;
2° L’article L. 245‑9 est ainsi modifié :
a) Au 1° , les mots : « relevant de la catégorie fiscale des alcools » sont remplacés par le mot : « alcooliques » ;
b) Le 2° est abrogé.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 9 : 13 scrutins publics, dont 4 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) fixe chaque année les recettes et les objectifs de dépenses de la Sécurité sociale. Le projet a été déposé le 10 octobre 2024 par le Gouvernement de Michel Barnier, puis repris par celui de François Bayrou. D’après la décision du Conseil constitutionnel et les débats, il prévoit notamment :
- un objectif de dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 265,9 milliards d’euros pour 2025 (paragraphe 3) ;
- la soumission à la CSG et à la CRDS de la part du salaire des apprentis qui dépasse 50 % du Smic (paragraphe 14) ;
- le remboursement de certains soins coûteux conditionné à un document du prescripteur (paragraphe 24) ;
- selon les orateurs, un fonds d’urgence de 300 millions d’euros pour les Ehpad et le calcul des retraites agricoles sur les 25 meilleures années.
Ce que ça change
Selon Thibault Bazin (Droite républicaine), rapporteur général, les dépenses progressent de « 3,7 %, bien supérieure à l’inflation attendue ». Jérôme Guedj (Socialistes) indique que les négociations ont permis d’écarter la baisse du remboursement des médicaments et consultations, de 70 % à 60 % ou 65 %, et d’obtenir « 1 milliard d’euros supplémentaires pour l’hôpital » (compte rendu du 12 février 2025). La loi a été promulguée en cours d’année, le 28 février 2025.
Ce qui est contesté
Le texte final n’a pas été voté par les députés. Le Gouvernement a utilisé l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité absolue (289 voix). Le 4 décembre 2024, la motion de censure contre le gouvernement de Michel Barnier a été adoptée par 331 voix (RN, LFI, Socialistes, Écologistes, GDR, UDR) et le texte a été rejeté. En nouvelle lecture, le gouvernement Bayrou a utilisé trois fois le 49.3. Les motions de censure de LFI ont obtenu 122, 115 puis 121 voix le 12 février 2025, soutenues par LFI, les Écologistes et GDR. En première lecture, l’Assemblée n’avait voté que sur la deuxième partie (126 voix contre 98, le 4 novembre 2024) ; selon les données de l’Assemblée, les amendements après l’article 9 ont donné lieu à 13 scrutins publics.
Marianne Maximi (LFI) dénonce un budget fait « avec l’austérité pour seule boussole ». Benjamin Lucas-Lundy (Écologiste et social) annonce que son groupe censurera. Soumya Bourouaha annonce le vote du groupe GDR « dans sa grande majorité ».
Les autres groupes, dont les Socialistes (à une voix près) et le RN, n’ont pas voté ces motions. Jérôme Guedj (Socialistes) déclare : « Je préfère ce PLFSS, aussi insuffisant soit-il ». Joëlle Mélin (RN) s’oppose au budget mais ne vote pas la censure. Thibault Bazin préfère « un budget imparfait à l’absence de budget ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 20 février 2025 par des députés LFI, le Conseil a rendu sa décision le 28 février 2025.
- Censuré sur le fond : la pénalité pour les patients qui n’honorent pas un rendez-vous médical (article 52), car la loi n’en fixait ni la nature, ni le montant, ni les conditions (paragraphe 42).
- Censurés parce qu’ils n’ont pas leur place dans une loi de financement (effet nul ou trop indirect sur les comptes de la Sécurité sociale) : treize articles, dont la réforme du contrôle médical de l’assurance maladie (article 51), les échanges de données avec les complémentaires santé (article 49), la géolocalisation des transports sanitaires (article 60) et le non-cumul des indemnités d’élus et des indemnités journalières (article 74) (paragraphes 35 et 57).
- Réserves d’interprétation (conditions d’application fixées par le Conseil) sur le document du prescripteur : le patient doit être informé à l’avance, et le document doit être fourni sans frais et dans des délais adaptés (paragraphes 26 et 27).
- Validés : l’Ondam (paragraphes 6 et 8) et la CSG des apprentis (paragraphes 16 à 19).
Où en est le texte
Le Sénat a adopté définitivement le texte le 17 février 2025. La loi n° 2025-199 du 28 février 2025 a été publiée au Journal officiel du même jour.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (28/02/2025)
- Dossier législatif du Sénat (28/02/2025)
- Projet de loi n° 325 (10/10/2024)
- Compte rendu de la première séance du 12 février 2025 (motion de censure) (12/02/2025)
- Scrutin n° 519 sur la motion de censure adoptée (04/12/2024)
- Scrutin n° 791 sur la dernière motion de censure (12/02/2025)
- Décision n° 2025-875 DC du Conseil constitutionnel (28/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 18
- Contre
- 119
- Abstention
- 28
- Non-votant
- 2
- Votants
- 165
- Exprimés
- 137
- Majorité requise
- 69
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Contre | 0 | 56 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 0 | 3 | 25 | 1 | |
| SOC 66 membres | Pour | 7 | 6 | 1 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 10 | 0 | 1 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 1 | 3 | 1 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 56 dans le décompte
Contre (56) : Hervé de Lépinau, Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Joëlle Mélin, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Serge Muller, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Christophe Bentz, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Alexandre Loubet, Thierry Frappé, Christine Engrand, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Guillaume Florquin, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Frédéric Weber, Maxime Amblard, David Magnier, Antoine Golliot, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Arnaud Sanvert (ancien député), Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Guillaume Bigot, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 22 dans le décompte
Contre (21) : Éric Woerth (ancien député), Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Stéphanie Rist (ancien député), Brigitte Liso, Jean Terlier, Gabriel Attal, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Nicolas Metzdorf, Mathieu Lefèvre (ancien député), Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Joséphine Missoffe, Sophie Delorme Duret (ancien député), Christophe Mongardien, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 29 dans le décompte
Contre (3) : Jean-François Coulomme, René Pilato, Anaïs Belouassa-Cherifi
Abstention (25) : Bastien Lachaud, Jean-Hugues Ratenon, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Idir Boumertit, Élise Leboucher, Nadège Abomangoli, Damien Maudet, Paul Vannier, Karen Erodi, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane
Non-votant (1) : Clémence Guetté
Socialistes et apparentés 14 dans le décompte
Pour (7) : Jérôme Guedj, François Hollande, Philippe Naillet, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Aurélien Rousseau, Ayda Hadizadeh
Contre (6) : Pascale Got, Laurent Baumel, Iñaki Echaniz, Océane Godard, Pierre Pribetich, Sandrine Runel
Abstention (1) : Arnaud Simion
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Contre (8) : Philippe Gosselin, Jean-Luc Bourgeaux, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Eliane Kremer (ancien député), Josiane Corneloup, Yannick Neuder, Jean-Pierre Taite (ancien député)
Écologiste et Social 11 dans le décompte
Pour (10) : Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Julie Laernoes, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Abstention (1) : Charles Fournier
Les Démocrates 9 dans le décompte
Contre (9) : Jean-Carles Grelier, Philippe Vigier, Christophe Blanchet, Marc Fesneau, Nicolas Turquois, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Frantz Gumbs, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Contre (7) : Laurent Marcangeli, Bertrand Bouyx, Henri Alfandari, François Gernigon, Frédéric Valletoux, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Laurent Panifous (ancien député), Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 5 dans le décompte
Pour (1) : Frédéric Maillot
Contre (3) : Stéphane Peu, Karine Lebon, Yannick Monnet
Abstention (1) : Jean-Victor Castor
UDR 3 dans le décompte
Contre (3) : Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot, Maxime Michelet
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin