Votes · Scrutin n° 2326 · 13 juin 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1608 de Mme Nosbé après l'article 13 du projet de loi de simplification de la vie économique (première lecture).
Demandé par : Président de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 13
- Texte
- Projet de loi de simplification de la vie économique Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Nosbé et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe LFI-NFP vise à faire bénéficier les travailleurs indépendants et les auto-entrepreneurs du plafonnement des frais d’incidents bancaires.
En effet, les travailleurs uberisés se trouvent dans une situation ou le paiement régulier de petites sommes et dans la plus grande incertitude les exposent particulièrement aux frais d’incidents bancaires. Il est d'autant plus nécessaire de protéger ces professionnels de ces frais souvent exorbitants que ces derniers font déjà face à des difficultés financières plus fréquentes et à des contrats et conditions de travail plus précaires que la moyenne.
En dépit de ces difficultés, ces travailleurs indépendants et auto-entrepreneurs se sont retrouvés dans le viseur du gouvernement à l'occasion du passage en force du projet de loi de finances pour 2025, lequel a tenté d'abaisser en dernière minute les seuils de franchise de TVA pour les micro-entrepreneurs et micro-entreprises à 25 000 €, contre 37 000 € actuellement. Une mesure qui ciblait directement ces professionnels, et que François Bayrou arguait n'avoir "pas vue", avant de finalement la retirer sous la pression populaire.
Ces frais bancaires sont de toute manière particulièrement injustes. Ils peuvent représenter en moyenne un tiers de la facture annuelle totale (jusqu'à 50 euros pour le rejet d'un chèque, ou encore 8 euros pour une commission d'intervention). Les plus modestes se voient ponctionner des centaines d'euros par an, auxquelles s’ajoute la pratique très contestable du minimum forfaitaire d'intérêts débiteurs, soit des frais appliqués en cas de découvert quelle qu'en soit l'ampleur. En outre, les frais de tenue de compte n'ont cessé d'augmenter année après année. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le premier alinéa de l’article L. 312‑1-6 du code monétaire et financier est complété par une phrase ainsi rédigée : « Le plafonnement mentionné à l’article L. 312‑1-3 est applicable. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi du Gouvernement a été déposé au Sénat le 24 avril 2024 par Bruno Le Maire, alors ministre de l’Économie, en procédure accélérée. Son exposé des motifs affirme que la charge des normes et démarches « pèse pour au moins 3 % du PIB ». Le projet initial comptait 28 articles ; la loi votée en compte 84, selon le Conseil constitutionnel (§ 5). D’après le résumé du projet initial fait par le Conseil (§ 6 à 17), il prévoyait notamment :
- la suppression de commissions administratives consultatives ;
- des ordonnances pour alléger les formalités déclaratives des entreprises ;
- un bulletin de paie simplifié et un médiateur dans les administrations ;
- la possibilité de qualifier certains centres de données de « projet d’intérêt national majeur » ;
- des facilités pour les projets miniers, les énergies renouvelables et la compensation des atteintes à la biodiversité.
Au fil de la navette, les députés ont ajouté des mesures sans rapport direct, dont la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), qui limitent la circulation des véhicules polluants.
Ce que ça change
Un centre de données peut désormais être qualifié par décret de projet d’intérêt national majeur, ce qui permet à l’État d’adapter les documents d’urbanisme (§ 29). Un projet déclaré d’utilité publique peut se voir reconnaître dès ce stade une « raison impérative d’intérêt public majeur », utile pour déroger à la protection des espèces (§ 46). Les dispositions censurées, dont la suppression des ZFE, ne peuvent pas entrer en vigueur.
Ce qui est contesté
Le 14 avril 2026, l’Assemblée a adopté le texte final par 275 voix contre 225 et 30 abstentions (scrutin n° 6184). Pour : RN (118), Droite républicaine (43), Horizons (32), Les Démocrates (25), UDR (17). Contre : LFI (68), Socialistes (67), Écologiste et social (38), GDR (13). Ensemble pour la République s’est divisé : 25 pour, 30 contre, 19 abstentions.
Selon le compte rendu de la séance, le débat a porté sur les ZFE. Un amendement du Gouvernement les rendant facultatives a été rejeté par 192 voix contre 149. Marie Lebec (Ensemble pour la République) estime que leur suppression « n’est pas conforme à nos engagements européens ». Louise Morel (Les Démocrates) prévient : « Elle va être censurée, tout le monde le sait. » Pierre Meurin (RN) revendique l’amendement de suppression, qui rendra selon lui aux artisans « l’accès inconditionnel » à leurs chantiers.
À gauche, Laurent Lhardit (Socialistes) juge que la « frénésie dérégulatrice » du texte « l’emporte sur la protection de notre santé et de notre environnement ». Lisa Belluco (Écologiste et social) résume : « Vous ne simplifiez rien : vous démantelez. » Côté partisans, Thomas Lam (Horizons) met en avant « plus de cinquante mesures de simplification » et Ian Boucard (Droite républicaine) veut « alléger ce qui entrave inutilement, sans affaiblir l’action publique ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 21 avril 2026 par des députés socialistes et écologistes, puis le 28 avril par des députés Les Démocrates, Ensemble pour la République, Horizons et LIOT, le Conseil a rendu le 21 mai 2026 la décision n° 2026-903 DC. Il censure tout ou partie de 25 articles comme « cavaliers législatifs », c’est-à-dire ajoutés par amendement sans lien, même indirect, avec le projet initial, sans juger leur contenu. Parmi eux :
- la suppression des ZFE (article 37, § 58 à 64) ;
- des assouplissements du « zéro artificialisation nette » pour certains projets industriels (article 35, § 34 à 38) ;
- les conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux rendus facultatifs (article 1er, § 20 à 23) ;
- l’extension du principe « silence vaut acceptation », des marchés réservés aux petites entreprises d’outre-mer et des assouplissements de licences de débits de boissons (§ 113 à 155).
Le Conseil n’émet aucune réserve. Il valide la qualification des centres de données (§ 33) et l’extension de la « raison impérative d’intérêt public majeur » (§ 57).
Où en est le texte
La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 a été publiée au Journal officiel du 27 mai 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Exposé des motifs du projet de loi n° 550 (2023-2024), Sénat (24 avril 2024)
- Scrutin public n° 6184 sur l’ensemble (texte de la CMP), Assemblée nationale (14 avril 2026)
- Compte rendu de la séance du 14 avril 2026, Assemblée nationale (14 avril 2026)
- Décision n° 2026-903 DC, Conseil constitutionnel (21 mai 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (26 mai 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 29
- Contre
- 29
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 58
- Exprimés
- 58
- Majorité requise
- 30
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 2 | 12 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 12 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 1 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 14 dans le décompte
Pour (2) : Claire Marais-Beuil, Tiffany Joncour
Contre (12) : Lisette Pollet, Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Florence Goulet, Christophe Bentz, Thierry Frappé, Emeric Salmon, Philippe Lottiaux, Frédéric Weber, Thierry Tesson, Marc de Fleurian, Matthias Renault
Ensemble pour la République 10 dans le décompte
Contre (9) : Stéphane Travert, Éric Bothorel, Vincent Ledoux, Sandra Marsaud, Guillaume Gouffier Valente, Marie Lebec, Jean-François Rousset, Françoise Buffet, Eléonore Caroit (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 12 dans le décompte
Pour (12) : Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvie Ferrer, Damien Maudet, Manon Meunier, Maxime Laisney, Perceval Gaillard, Sandrine Nosbé, Claire Lejeune, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 8 dans le décompte
Pour (8) : Colette Capdevielle, Gérard Leseul, Mickaël Bouloux, Emmanuel Grégoire (ancien député), Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Jacques Oberti, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 5 dans le décompte
Contre (4) : Michel Herbillon, Ian Boucard, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray
Non-votant (1) : Xavier Breton
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Pour (7) : Nicolas Thierry, Cyrielle Chatelain, Julie Laernoes, Sandra Regol, Nicolas Bonnet, Boris Tavernier, Julie Ozenne
Les Démocrates 2 dans le décompte
Contre (2) : Louise Morel, Frantz Gumbs
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Christophe Naegelen
UDR 1 dans le décompte
Contre (1) : Maxime Michelet
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Tiffany Joncour, Claire Marais-Beuil
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin