Votes · Scrutin n° 237 · 4 novembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1567 de M. Clouet à l'article 14 et annexe du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ANNEXE
- Texte
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 Projet de loi de financement de la sécurité sociale
Amendement déposé par M. Clouet et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, le groupe LFI-NFP propose des prévisions plus crédibles de progression de la masse salariale et de croissance compte tenu du budget d'austérité présenté par le gouvernement.
Les hypothèses budgétaires présentées à cette annexe ne sont pas sérieuses. Ainsi, le Haut Conseil des Finances Publiques considère que "la prévision de masse salariale pour 2025 (2,8 % dans les branches marchandes non agricoles) est un peu optimiste" et que "la prévision de croissance pour 2025 (1,1 %) apparaît en premier lieu un peu élevée compte tenu de l’orientation restrictive du scénario de finances publiques associé, qui se traduit notamment par un repli de la demande publique".
Pour le dire autrement, le gouvernement gonfle les sous-jacents macroéconomiques lui permettant d'établir ses hypothèses budgétaires. Il ignore sciemment le risque de récession que fait peser sa cure d'austérité sur le pays.
Dans une tribune parue dans Le Monde, les économistes Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa, Dominique Plihon et Jacques Rigaudiat sonnent l'alerte: "baisser les dépenses publiques aura un effet récessif qui, in fine, aggravera la situation des finances publiques. Phénomène bien connu dont la Grèce a fait l’amère expérience".
Pris dans son ornière libérale, le gouvernement ne fait que préparer de futures mesures d'austérité qui amèneront à toujours plus de dégradation des comptes publics.
Pour toutes ces raisons, le groupe LFI-NFP propose d'indiquer en annexe des prévisions de progression de la masse salariale et de croissance revues à la baisse.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À la première phrase de l’alinéa 5, substituer au taux :
« 1,1 % »
le taux :
« 0,3 % ».
II. – En conséquence, à la dernière phrase du même alinéa 5, substituer au taux :
« 2,8 % »
le taux :
« 1% ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) fixe chaque année les recettes et les objectifs de dépenses de la Sécurité sociale. Le projet a été déposé le 10 octobre 2024 par le Gouvernement de Michel Barnier, puis repris par celui de François Bayrou. D’après la décision du Conseil constitutionnel et les débats, il prévoit notamment :
- un objectif de dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 265,9 milliards d’euros pour 2025 (paragraphe 3) ;
- la soumission à la CSG et à la CRDS de la part du salaire des apprentis qui dépasse 50 % du Smic (paragraphe 14) ;
- le remboursement de certains soins coûteux conditionné à un document du prescripteur (paragraphe 24) ;
- selon les orateurs, un fonds d’urgence de 300 millions d’euros pour les Ehpad et le calcul des retraites agricoles sur les 25 meilleures années.
Ce que ça change
Selon Thibault Bazin (Droite républicaine), rapporteur général, les dépenses progressent de « 3,7 %, bien supérieure à l’inflation attendue ». Jérôme Guedj (Socialistes) indique que les négociations ont permis d’écarter la baisse du remboursement des médicaments et consultations, de 70 % à 60 % ou 65 %, et d’obtenir « 1 milliard d’euros supplémentaires pour l’hôpital » (compte rendu du 12 février 2025). La loi a été promulguée en cours d’année, le 28 février 2025.
Ce qui est contesté
Le texte final n’a pas été voté par les députés. Le Gouvernement a utilisé l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité absolue (289 voix). Le 4 décembre 2024, la motion de censure contre le gouvernement de Michel Barnier a été adoptée par 331 voix (RN, LFI, Socialistes, Écologistes, GDR, UDR) et le texte a été rejeté. En nouvelle lecture, le gouvernement Bayrou a utilisé trois fois le 49.3. Les motions de censure de LFI ont obtenu 122, 115 puis 121 voix le 12 février 2025, soutenues par LFI, les Écologistes et GDR. En première lecture, l’Assemblée n’avait voté que sur la deuxième partie (126 voix contre 98, le 4 novembre 2024) ; selon les données de l’Assemblée, les amendements après l’article 9 ont donné lieu à 13 scrutins publics.
Marianne Maximi (LFI) dénonce un budget fait « avec l’austérité pour seule boussole ». Benjamin Lucas-Lundy (Écologiste et social) annonce que son groupe censurera. Soumya Bourouaha annonce le vote du groupe GDR « dans sa grande majorité ».
Les autres groupes, dont les Socialistes (à une voix près) et le RN, n’ont pas voté ces motions. Jérôme Guedj (Socialistes) déclare : « Je préfère ce PLFSS, aussi insuffisant soit-il ». Joëlle Mélin (RN) s’oppose au budget mais ne vote pas la censure. Thibault Bazin préfère « un budget imparfait à l’absence de budget ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 20 février 2025 par des députés LFI, le Conseil a rendu sa décision le 28 février 2025.
- Censuré sur le fond : la pénalité pour les patients qui n’honorent pas un rendez-vous médical (article 52), car la loi n’en fixait ni la nature, ni le montant, ni les conditions (paragraphe 42).
- Censurés parce qu’ils n’ont pas leur place dans une loi de financement (effet nul ou trop indirect sur les comptes de la Sécurité sociale) : treize articles, dont la réforme du contrôle médical de l’assurance maladie (article 51), les échanges de données avec les complémentaires santé (article 49), la géolocalisation des transports sanitaires (article 60) et le non-cumul des indemnités d’élus et des indemnités journalières (article 74) (paragraphes 35 et 57).
- Réserves d’interprétation (conditions d’application fixées par le Conseil) sur le document du prescripteur : le patient doit être informé à l’avance, et le document doit être fourni sans frais et dans des délais adaptés (paragraphes 26 et 27).
- Validés : l’Ondam (paragraphes 6 et 8) et la CSG des apprentis (paragraphes 16 à 19).
Où en est le texte
Le Sénat a adopté définitivement le texte le 17 février 2025. La loi n° 2025-199 du 28 février 2025 a été publiée au Journal officiel du même jour.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (28/02/2025)
- Dossier législatif du Sénat (28/02/2025)
- Projet de loi n° 325 (10/10/2024)
- Compte rendu de la première séance du 12 février 2025 (motion de censure) (12/02/2025)
- Scrutin n° 519 sur la motion de censure adoptée (04/12/2024)
- Scrutin n° 791 sur la dernière motion de censure (12/02/2025)
- Décision n° 2025-875 DC du Conseil constitutionnel (28/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 70
- Contre
- 50
- Abstention
- 48
- Non-votant
- 1
- Votants
- 168
- Exprimés
- 120
- Majorité requise
- 61
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Abstention | 2 | 0 | 44 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 25 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 33 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 22 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 7 | 1 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Abstention | 0 | 0 | 3 | 0 | |
| NI 8 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 46 dans le décompte
Pour (2) : René Lioret, Patrice Martin
Abstention (44) : Marie-France Lorho, José Beaurain, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Joëlle Mélin, Caroline Colombier, Timothée Houssin, Christine Loir, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Christophe Bentz, Philippe Ballard, Kévin Pfeffer, Thierry Frappé, Christine Engrand, Michel Guiniot, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Maxime Amblard, Thierry Tesson, David Magnier, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Matthias Renault, Gaëtan Dussausaye
Ensemble pour la République 26 dans le décompte
Contre (25) : Sébastien Huyghe, Éric Woerth (ancien député), Élisabeth Borne, Annaïg Le Meur, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Christine Le Nabour, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Stéphanie Rist (ancien député), Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Jean Terlier, Benjamin Dirx, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Caroline Yadan, Mathieu Lefèvre (ancien député), Paul Midy, Prisca Thevenot, Sophie Delorme Duret (ancien député), Christophe Mongardien, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 33 dans le décompte
Pour (33) : Élisa Martin, Aurélien Taché, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Clémence Guetté, Louis Boyard, Damien Maudet, Manon Meunier, Maxime Laisney, Farida Amrani, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, Thomas Portes, Aymeric Caron, René Pilato, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 22 dans le décompte
Pour (22) : Jérôme Guedj, Pascale Got, Marietta Karamanli, Fanny Dombre Coste, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Stéphane Delautrette, Elie Califer, Aurélien Rousseau, Emmanuel Grégoire (ancien député), Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Fabrice Roussel, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 10 dans le décompte
Contre (10) : Xavier Breton, Jean-Luc Bourgeaux, Virginie Duby-Muller, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Guillaume Lepers (ancien député), Christelle Petex (ancien député), Eliane Kremer (ancien député), Yannick Neuder, Jean-Pierre Taite (ancien député)
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Pour (8) : Hendrik Davi, Julie Laernoes, Sandra Regol, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 8 dans le décompte
Contre (8) : Jean-Carles Grelier, Philippe Vigier, Christophe Blanchet, Géraldine Bannier, Maud Petit, Nicolas Turquois, Cyrille Isaac-Sibille, Frantz Gumbs
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Contre (7) : Bertrand Bouyx, Jérémie Patrier-Leitus, Henri Alfandari, François Gernigon, Frédéric Valletoux, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam
Abstention (1) : Thierry Benoit
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Pour (2) : Laurent Panifous (ancien député), Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Karine Lebon, Yannick Monnet, Jean-Victor Castor
UDR 3 dans le décompte
Abstention (3) : Olivier Fayssat, Maxime Michelet, Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin