Votes · Scrutin n° 2706 · 25 juin 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 286 de M. Naillet à l'article 10 du projet de loi de programmation pour la refondation de Mayotte (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 10
- Texte
- Projet de loi de programmation pour la refondation de Mayotte Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Naillet et 65 cosignataires (SOC) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés vise à élargir le cadre d’urgence à caractère civil à l’ensemble du territoire mahorais, permettant de faciliter les opérations d’aménagement définies par le code de l’urbanisme et de reconnaître l’intérêt public majeur des projets de résorption de l’habitat insalubre.
La situation spécifique de Mayotte en matière d’urbanisme et d’environnement nécessite la mise en place de dispositifs juridiques adaptés pour permettre la réalisation effective des opérations de résorption de l’habitat insalubre et d’aménagement durable.
En effet, malgré la mobilisation de projets structurants tels que les opérations menées à Koungou (secteurs Carobolé, Astrée Coutanson, Ville Guichard, Clériave Kinuthia) ou à Majicavo Koropa (Mavadzani Mouinajou), la durée et la complexité des procédures réglementaires, notamment liées aux déclassements de zones, aux études environnementales et à la compatibilité des documents d’urbanisme, ralentissent considérablement la concrétisation des travaux.
Les délais d’ouverture à l’urbanisation par déclassement des périmètres, qui peuvent s’étaler entre neuf et dix-huit mois, s’ajoutent aux pauses imposées par la suspension de l’élaboration du Schéma d’Aménagement Local et aux exigences croissantes d’études environnementales. Cette situation engendre une triple peine pour Mayotte : un manque d’ingénierie locale adaptée, une pression foncière intense, et une extension urbaine rapide et souvent incontrôlée. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Afin de soutenir et d’accompagner les collectivités territoriales dans la mise en œuvre d’opérations prioritaires de résorption de l’habitat insalubre à Mayotte, qualifiées d’intérêt public majeur, le représentant de l’État dans le département peut, par arrêté motivé, accorder des dérogations temporaires et proportionnées aux règles d’urbanisme et d’environnement applicables.
II. – Ces opérations sont inscrites dans un cadre d’urgence à caractère civil élargi à l’ensemble du territoire mahorais, conformément aux dispositions du code de l’urbanisme, afin de faciliter la conduite des projets d’aménagement et de renouvellement urbain indispensables à la lutte contre l’habitat indigne.
III. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement, présenté par Manuel Valls, ministre d’État chargé des outre-mer, et déposé au Sénat le 22 avril 2025 avec procédure accélérée. Il fait suite au cyclone Chido, qui a frappé Mayotte le 14 décembre 2024 (rapport annexé au projet). Principales mesures de la loi, d’après la décision du Conseil constitutionnel :
- un programme d’investissements de l’État pour 2025-2031, dans un rapport annexé ;
- des conditions de séjour plus strictes à Mayotte pour les parents d’enfant français et les étrangers ayant des liens familiaux (art. 5), un regroupement familial adapté (art. 8), des contrôles renforcés des reconnaissances de paternité (art. 9 et 10) ;
- une procédure d’évacuation et de démolition de l’habitat informel décidée par le préfet, qui peut déroger jusqu’au 13 décembre 2034 à l’obligation de proposer un relogement (art. 18, § 167) ;
- le Smic net de Mayotte porté à 87,5 % du niveau national au 1er janvier 2026, contre 85 % au 1er novembre 2024 (art. 25, § 246 et 247) ;
- une nouvelle assemblée de Mayotte de 52 membres élus au scrutin de liste dans une circonscription unique de treize sections (art. 49, § 252).
Ce que ça change
Pour les étrangers vivant à Mayotte, le titre de séjour pour motif familial devient plus difficile à obtenir. Les quartiers d’habitat informel peuvent être évacués selon une procédure propre à l’île. Le Smic local progresse en 2026. Le rapport annexé au projet initial chiffrait notamment 730 millions d’euros pour l’eau et l’assainissement et 1,2 milliard pour la desserte aérienne sur 2025-2031.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a adopté le texte le 1er juillet 2025 par 367 voix contre 109 et 64 abstentions (scrutin n° 2874), puis la version de la commission mixte paritaire le 9 juillet par 354 voix contre 111 (scrutin n° 2975). Contre : LFI-NFP et Écologistes ; GDR partagé entre contre et abstention ; Socialistes abstention. Pour : RN, EPR, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, LIOT et UDR.
- Pour LFI-NFP, Sandrine Nosbé estime que ces ambitions auraient pu être partagées « si la motivation du texte avait été sociale et non pas xénophobe ».
- Pour les Écologistes, Dominique Voynet indique : « Sa tournure réactionnaire et son obsession sous-jacente nous empêchent toutefois de le voter. »
- Pour les Socialistes, Elie Califer salue « un effort budgétaire inédit de 4 milliards d’euros » mais juge le texte problématique sur la question migratoire, d’où l’abstention.
- Pour EPR, Brigitte Liso y voit la concrétisation de « la promesse républicaine ». Pour le RN, Yoann Gillet estime qu’« il va dans le bon sens, grâce au Rassemblement national, mais il ne va pas assez loin ».
- Selon nos données, le rapport annexé a fait l’objet de 59 scrutins publics, l’article sur les titres de séjour familiaux (article 2 du texte examiné) de 18.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par le Premier ministre (mode d’élection de l’assemblée) et par des députés LFI-NFP, écologistes, GDR et socialistes, le Conseil a rendu la décision n° 2025-894 DC le 7 août 2025. Aucune disposition n’est censurée. Il émet quatre réserves d’interprétation (une lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait inconstitutionnelle) :
- l’administration doit délivrer le visa de long séjour familial désormais exigé lorsque l’étranger remplit les conditions (§ 15) ;
- elle garde le pouvoir de régulariser un parent d’enfant français au vu de justificatifs même non nominatifs (§ 17) ;
- le préfet ne peut se dispenser de proposer un relogement qu’en cas d’impossibilité matérielle établie liée au cyclone Chido (§ 181) ;
- une visite de lieux pour saisir des armes suppose des raisons sérieuses de penser que la personne présente est une menace (§ 201).
Il valide le niveau du Smic, adapté à la situation de Mayotte (§ 250), et le mode de scrutin (§ 268).
Où en est le texte
Adoptée définitivement par le Sénat le 10 juillet 2025, promulguée : loi n° 2025-797 du 11 août 2025 de programmation pour la refondation de Mayotte, publiée au Journal officiel du 12 août 2025. Plusieurs décrets d’application ont été publiés, dont le décret n° 2026-737 du 5 août 2026, selon le baromètre de l’Assemblée.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi n° 544 et rapport annexé (texte déposé au Sénat) (22/04/2025)
- Scrutin n° 2874 (première lecture) (01/07/2025)
- Scrutin n° 2975 (texte de la commission mixte paritaire) (09/07/2025)
- Compte rendu de la première séance du 1er juillet 2025 (explications de vote) (01/07/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-894 DC (07/08/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 54
- Contre
- 33
- Abstention
- 6
- Non-votant
- 1
- Votants
- 93
- Exprimés
- 87
- Majorité requise
- 44
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 22 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 4 | 0 | 6 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 22 dans le décompte
Pour (22) : Hervé de Lépinau, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Gisèle Lelouis, Yoann Gillet, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Florence Goulet, Kévin Pfeffer, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Monique Griseti, Nadine Lechon, Julien Guibert, Antoine Golliot, Robert Le Bourgeois, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 11 dans le décompte
Contre (10) : Stéphane Mazars (ancien député), Hervé Berville (ancien député), Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Jean-François Rousset, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 10 dans le décompte
Pour (4) : Jean-Philippe Nilor, Christophe Bex, Clémence Guetté, Arnaud Saint-Martin
Abstention (6) : Jean-Hugues Ratenon, Murielle Lepvraud, Sylvain Carrière, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Jean-François Coulomme
Socialistes et apparentés 13 dans le décompte
Pour (13) : Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Iñaki Echaniz, Elie Califer, Marie-José Allemand, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Christophe Proença, Peio Dufau, Denis Fégné
Droite Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Gosselin, Eric Liégeon
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Pour (13) : Dominique Voynet, Hendrik Davi, Cyrielle Chatelain, Jean-Claude Raux, Marie-Charlotte Garin, Catherine Hervieu, Benoît Biteau, Emmanuel Duplessy, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 12 dans le décompte
Contre (12) : Philippe Vigier, Christophe Blanchet, Sophie Mette, Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Maud Petit, Nicolas Turquois, Delphine Lingemann, Louise Morel, Éric Martineau, Frantz Gumbs, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Contre (5) : Agnès Firmin Le Bodo, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Estelle Youssouffa, Constance de Pélichy, Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Elsa Faucillon, Davy Rimane
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Belkhir Belhaddad
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin