Votes · Scrutin n° 280 · 6 novembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2450 de Mme Chikirou après l'article 13 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 13
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2025 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Chikirou et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe LFI-NFP prévoit de réserver le bénéfice du crédit d’impôts recherche aux entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 100 millions d’euros, afin de mettre un terme à la concentration de ce crédit d’impôt par les grands groupes, et de dégager de nouvelles recettes pour nos services publics.
Cette dépense fiscale représentait 7,2 milliards d’euros en 2023, elle est la plus coûteuse pour les finances publiques. Elle ne représentait « que » 5 milliards d’euros en 2018. Malgré ce dynamisme considérable, les effets du CIR sur la recherche privée sont mitigés, comme l'ont récemment montré l’évaluation de France Stratégie de juin 2021 et le rapport du Conseil des prélèvements obligatoires sur la fiscalité de l'innovation rendu public en février 2022. Plus largement, l’étude démontre que les CIR est particulièrement inefficace pour les grands groupes, ce qui n’est pas nécessairement le cas pour les TPE/PME.
Et pourtant, ce sont bien aujourd’hui les très grandes entreprises qui concentrent l’essentiel de la dépense publique en crédits d’impôt recherche. Les 50 plus gros consommateurs de CIR représentent 43% du coût de la niche fiscale, alors que 28 800 entreprises ont recours au dispositif. Ces 50 plus gros bénéficiaires ne représentent donc que 0,17% des entreprises concernées, et s’accaparent presque la moitié de cette niche. Cette situation, inefficace selon et CNEPI et surtout injuste ne peut plus durer, il est urgent de recentrer le dispositif sur nos TPE et PME, tout en soulageant nos finances publiques. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À la première phrase du premier alinéa du I de l’article 244 quater B du code général des impôts, après la référence : « 44 septdecies », sont insérés les mots : « , et dont le chiffre d’affaires du dernier exercice comptable est inférieur à 100 millions d’euros ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 13 : 49 scrutins publics, dont 27 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi déposé par le Gouvernement le 10 octobre 2024, qui fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2025. Principales mesures, d’après le texte adopté le 5 février 2025 (T.A. n° 42) et la décision du Conseil constitutionnel :
- une imposition minimale de 20 % pour les foyers dont le revenu dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) ;
- une contribution exceptionnelle des entreprises réalisant au moins 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en France, égale à 20,6 % de leur impôt sur les sociétés (41,2 % à partir de 3 milliards) ;
- une taxe sur les revenus des « centrales électronucléaires historiques », reversée aux consommateurs d’électricité, à partir du 1er janvier 2026 (décision, § 20 et 26) ;
- un plafond unique de franchise de TVA pour les petites entreprises (25 000 €, § 50) et un malus CO2 plus large sur les voitures neuves (§ 41) ;
- 1 milliard d’euros de recettes des collectivités mis en réserve en 2025, reversé ensuite sur trois ans (§ 102 à 105).
Ce que ça change
Le texte vise un déficit public de 5,4 % du PIB en 2025, après 6,0 % en 2024 (article liminaire), et un déficit de l’État de près de 139 milliards d’euros (article d’équilibre). Les foyers les plus aisés et les grandes entreprises paient des contributions nouvelles. Les collectivités perdent 1,2 milliard d’euros avec le gel de leur part de TVA, selon les travaux parlementaires cités par le Conseil (§ 81).
Ce qui est contesté
Le 12 novembre 2024, l’Assemblée a rejeté la première partie du texte (les recettes) par 362 voix contre 192 (scrutin n° 438), ce qui a entraîné le rejet de tout le projet en première lecture. Contre : RN, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, UDR et une partie de LIOT. Pour : LFI-NFP, Socialistes, Écologistes et GDR. Après le Sénat, une commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs) a rédigé une version commune.
Le 3 février 2025, le Gouvernement a engagé sa responsabilité sur cette version (article 49.3 : le texte est adopté sans vote, sauf si une motion de censure réunit 289 députés). La motion de censure déposée par Mathilde Panot (LFI-NFP) et 90 députés a obtenu 128 voix le 5 février : elle est rejetée.
- Pour LFI-NFP, Aurélie Trouvé estime : « Vous serez responsables du budget le plus austéritaire du XXIe siècle ».
- Selon Emmanuel Grégoire, les Socialistes, en désaccord avec le budget, « ont choisi démocratiquement de ne pas voter cette motion de censure, dans l’intérêt supérieur du pays ». Il cite la réindexation des pensions.
- Pour le RN, Yoann Gillet critique plusieurs hausses d’impôts mais indique que le budget « permet d’entériner ces mesures essentielles » obtenues selon lui par son groupe, et juge la motion « une mascarade ».
- Les Démocrates et Horizons soutiennent le compromis ; Paul Christophe (Horizons) salue « l’absence de hausses d’impôts pour les classes moyennes ».
- Selon nos données, 77 scrutins publics ont porté sur des amendements après l’article 3 du projet initial.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés RN et UDR, puis par des députés LFI-NFP, le Conseil a rendu la décision n° 2025-874 DC le 13 février 2025.
- Censurés : neuf articles étrangers au contenu possible d’une loi de finances (« cavaliers budgétaires »), dont l’article 177 créant un établissement public pour l’immobilier de l’État (§ 95 à 99) et les articles 155, 174, 176, 179 à 181, 187 et 194 (§ 108 à 115).
- Censuré : l’article 108, ajouté en commission mixte paritaire sans lien direct avec une disposition encore en discussion (§ 116 à 118).
- Validés : la procédure malgré le dépôt tardif (§ 7) ; le Conseil juge « très regrettable » la non-transmission de documents à la commission des finances, sans atteinte substantielle au débat (§ 9). La taxe nucléaire, le malus, la franchise de TVA et l’effort des collectivités (§ 81 et 104) sont conformes.
- Aucune réserve d’interprétation.
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, publiée au Journal officiel du 16 février 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif du projet de loi de finances pour 2025 (24/10/2026)
- Projet de loi de finances pour 2025, considéré comme adopté (T.A. n° 42) (05/02/2025)
- Scrutin n° 438 sur la première partie du projet de loi de finances pour 2025 (12/11/2024)
- Motion de censure déposée par Mathilde Panot et 90 députés (03/02/2025)
- Compte rendu de la séance du 5 février 2025 (motion de censure) (05/02/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-874 DC (13/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 64
- Contre
- 170
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 235
- Exprimés
- 234
- Majorité requise
- 118
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Contre | 0 | 82 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 27 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 36 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 3 | 23 | 1 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 20 | 0 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 2 | 10 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 1 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 82 dans le décompte
Contre (82) : Nicolas Meizonnet, Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Roger Chudeau, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Bruno Clavet, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Sylvie Josserand (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Tiffany Joncour, Arnaud Sanvert (ancien député), Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 28 dans le décompte
Contre (27) : Stéphane Travert, Brigitte Klinkert, Hervé Berville (ancien député), Graziella Melchior, Jean-René Cazeneuve, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Stéphanie Rist (ancien député), Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Belkhir Belhaddad, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Thomas Cazenave (ancien député), Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Mathieu Lefèvre (ancien député), Charles Rodwell, Prisca Thevenot, Emmanuelle Hoffman, Danièle Carteron, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 36 dans le décompte
Pour (36) : Bastien Lachaud, Éric Coquerel, Sophia Chikirou, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, François Piquemal, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Idir Boumertit, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Jérôme Legavre, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Farida Amrani, Carlos Martens Bilongo, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Aymeric Caron, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault, Aly Diouara
Socialistes et apparentés 27 dans le décompte
Pour (3) : Paul Christophle, Pierre Pribetich, Pierrick Courbon
Contre (23) : Laurent Baumel, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Christian Baptiste, Boris Vallaud, Gérard Leseul, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Stéphane Delautrette, Elie Califer, Aurélien Rousseau, Fabrice Barusseau, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Stéphane Hablot, Julien Gokel (ancien député), Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu, Romain Eskenazi
Abstention (1) : Arnaud Simion
Droite Républicaine 13 dans le décompte
Contre (13) : Jean-Yves Bony, Vincent Rolland, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Jean-Luc Bourgeaux, Philippe Juvin, Véronique Louwagie (ancien député), Eric Liégeon, Anne-Laure Blin, Yannick Neuder, Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli, Michel Gonord (ancien député)
Écologiste et Social 21 dans le décompte
Pour (20) : Clémentine Autain, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Julie Laernoes, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 12 dans le décompte
Pour (2) : Sabine Thillaye, Josy Poueyto
Contre (10) : Sophie Mette, Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Cyrille Isaac-Sibille, Louise Morel, Éric Martineau, Didier Padey, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Contre (8) : Laetitia Saint-Paul, Pierre Henriet, Christophe Plassard (ancien député), François Gernigon, Félicie Gérard, Isabelle Mesnard (ancien député), Jean-Michel Brard, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Pour (1) : Olivier Serva
Contre (3) : Christophe Naegelen, Joël Bruneau, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Jean-Paul Lecoq, Nicolas Sansu
UDR 3 dans le décompte
Contre (3) : Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Stella Dupont
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Marie-Ange Rousselot (ancien député)
Voulait voter Non-votant : Christophe Mongardien
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin