Votes · Scrutin n° 281 · 6 novembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2010 de Mme Pirès Beaune après l'article 13 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 13
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2025 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Pirès Beaune et 24 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à supprimer le taux de 5 % du CIR et d’abaisser le plafond de dépenses de R&D de 100 millions d’euros à 20 millions d’euros avec un taux à 30 % inchangé. Un plafond de 100 millions d’euros serait toutefois conservé au niveau du groupe d’entreprises (amendement alternatif à l’amendement n° I-CF1521).
La rapporteure spéciale de la mission Remboursements et dégrèvements fait sienne les propositions du Conseil des prélèvements obligatoires dans son rapport de 2022 sur la fiscalité de l’innovation. Cette dépense fiscale, dont le montant devrait atteindre 7,75 milliards d’euros en 2025, est la plus coûteuse pour les finances publiques. Malgré ce dynamisme considérable, les effets du CIR sur la recherche privée sont mitigés, comme l’ont récemment montré une évaluation de France Stratégie de juin 2021, le rapport du CPO précité ainsi qu’un rapport de la mission d’information du Sénat sur l’excellence de la recherche et de l’innovation (juin 2022).
Afin de recentrer ce crédit d’impôt sur les PME, c’est-à-dire sur les entreprises en ayant le plus besoin et qui ont la propension la plus grande à réaliser des innovations de rupture, et d’éviter des effets d’aubaine chez les grandes entreprises, il est donc proposé d’instaurer un plafond de 20 millions d’euros de R&D pour un taux unique de 30 %. D’après la DGFiP, cette réforme diminuerait le coût du CIR de 1,6 milliard d’euros. Contrairement à l’amendement n° I-CF1521, il est toutefois proposé d’instaurer un plafond de 100 millions d’euros au niveau du groupe d’entreprises avec atténuer les tentatives d’optimisation fiscale.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À la fin de la deuxième phrase du premier alinéa du I de l’article 244 quater B du code général des impôts, les mots : « 100 millions d’euros et de 5 % pour la fraction des dépenses de recherche supérieure à ce montant » sont remplacés par les mots : « 20 millions d’euros dans la limite de 100 millions d’euros par groupe de sociétés au sens des articles 223 A et 223 A bis ».
II. – Les dispositions du I s’appliquent aux dépenses exposées à compter du 1er janvier 2025.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 13 : 49 scrutins publics, dont 27 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi déposé par le Gouvernement le 10 octobre 2024, qui fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2025. Principales mesures, d’après le texte adopté le 5 février 2025 (T.A. n° 42) et la décision du Conseil constitutionnel :
- une imposition minimale de 20 % pour les foyers dont le revenu dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) ;
- une contribution exceptionnelle des entreprises réalisant au moins 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en France, égale à 20,6 % de leur impôt sur les sociétés (41,2 % à partir de 3 milliards) ;
- une taxe sur les revenus des « centrales électronucléaires historiques », reversée aux consommateurs d’électricité, à partir du 1er janvier 2026 (décision, § 20 et 26) ;
- un plafond unique de franchise de TVA pour les petites entreprises (25 000 €, § 50) et un malus CO2 plus large sur les voitures neuves (§ 41) ;
- 1 milliard d’euros de recettes des collectivités mis en réserve en 2025, reversé ensuite sur trois ans (§ 102 à 105).
Ce que ça change
Le texte vise un déficit public de 5,4 % du PIB en 2025, après 6,0 % en 2024 (article liminaire), et un déficit de l’État de près de 139 milliards d’euros (article d’équilibre). Les foyers les plus aisés et les grandes entreprises paient des contributions nouvelles. Les collectivités perdent 1,2 milliard d’euros avec le gel de leur part de TVA, selon les travaux parlementaires cités par le Conseil (§ 81).
Ce qui est contesté
Le 12 novembre 2024, l’Assemblée a rejeté la première partie du texte (les recettes) par 362 voix contre 192 (scrutin n° 438), ce qui a entraîné le rejet de tout le projet en première lecture. Contre : RN, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, UDR et une partie de LIOT. Pour : LFI-NFP, Socialistes, Écologistes et GDR. Après le Sénat, une commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs) a rédigé une version commune.
Le 3 février 2025, le Gouvernement a engagé sa responsabilité sur cette version (article 49.3 : le texte est adopté sans vote, sauf si une motion de censure réunit 289 députés). La motion de censure déposée par Mathilde Panot (LFI-NFP) et 90 députés a obtenu 128 voix le 5 février : elle est rejetée.
- Pour LFI-NFP, Aurélie Trouvé estime : « Vous serez responsables du budget le plus austéritaire du XXIe siècle ».
- Selon Emmanuel Grégoire, les Socialistes, en désaccord avec le budget, « ont choisi démocratiquement de ne pas voter cette motion de censure, dans l’intérêt supérieur du pays ». Il cite la réindexation des pensions.
- Pour le RN, Yoann Gillet critique plusieurs hausses d’impôts mais indique que le budget « permet d’entériner ces mesures essentielles » obtenues selon lui par son groupe, et juge la motion « une mascarade ».
- Les Démocrates et Horizons soutiennent le compromis ; Paul Christophe (Horizons) salue « l’absence de hausses d’impôts pour les classes moyennes ».
- Selon nos données, 77 scrutins publics ont porté sur des amendements après l’article 3 du projet initial.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés RN et UDR, puis par des députés LFI-NFP, le Conseil a rendu la décision n° 2025-874 DC le 13 février 2025.
- Censurés : neuf articles étrangers au contenu possible d’une loi de finances (« cavaliers budgétaires »), dont l’article 177 créant un établissement public pour l’immobilier de l’État (§ 95 à 99) et les articles 155, 174, 176, 179 à 181, 187 et 194 (§ 108 à 115).
- Censuré : l’article 108, ajouté en commission mixte paritaire sans lien direct avec une disposition encore en discussion (§ 116 à 118).
- Validés : la procédure malgré le dépôt tardif (§ 7) ; le Conseil juge « très regrettable » la non-transmission de documents à la commission des finances, sans atteinte substantielle au débat (§ 9). La taxe nucléaire, le malus, la franchise de TVA et l’effort des collectivités (§ 81 et 104) sont conformes.
- Aucune réserve d’interprétation.
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, publiée au Journal officiel du 16 février 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif du projet de loi de finances pour 2025 (24/10/2026)
- Projet de loi de finances pour 2025, considéré comme adopté (T.A. n° 42) (05/02/2025)
- Scrutin n° 438 sur la première partie du projet de loi de finances pour 2025 (12/11/2024)
- Motion de censure déposée par Mathilde Panot et 90 députés (03/02/2025)
- Compte rendu de la séance du 5 février 2025 (motion de censure) (05/02/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-874 DC (13/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 102
- Contre
- 166
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 268
- Exprimés
- 268
- Majorité requise
- 135
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Contre | 0 | 87 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 25 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 39 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 33 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 1 | 14 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 21 | 0 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 4 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 87 dans le décompte
Contre (87) : Hervé de Lépinau, Nicolas Meizonnet, Sébastien Chenu, Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Roger Chudeau, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Bruno Clavet, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Tiffany Joncour, Arnaud Sanvert (ancien député), Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 26 dans le décompte
Contre (25) : Brigitte Klinkert, Graziella Melchior, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Stéphanie Rist (ancien député), Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Jean Terlier, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Thomas Cazenave (ancien député), Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Mathieu Lefèvre (ancien député), Prisca Thevenot, David Amiel (ancien député), Danièle Carteron, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 39 dans le décompte
Pour (39) : Loïc Prud'homme, Bastien Lachaud, Éric Coquerel, Danièle Obono, Sophia Chikirou, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Idir Boumertit, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Jérôme Legavre, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Farida Amrani, Carlos Martens Bilongo, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Aymeric Caron, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault, Aly Diouara
Socialistes et apparentés 33 dans le décompte
Pour (33) : Claudia Rouaux, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Gérard Leseul, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Stéphane Delautrette, Elie Califer, Aurélien Rousseau, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Paul Christophle, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Stéphane Hablot, Julien Gokel (ancien député), Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu, Dieynaba Diop, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 15 dans le décompte
Pour (1) : Jérôme Nury (ancien député)
Contre (14) : Jean-Yves Bony, Philippe Gosselin, Vincent Rolland, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Jean-Luc Bourgeaux, Philippe Juvin, Véronique Louwagie (ancien député), Eric Liégeon, Anne-Laure Blin, Yannick Neuder, Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli, Michel Gonord (ancien député)
Écologiste et Social 22 dans le décompte
Pour (21) : Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 13 dans le décompte
Contre (13) : Sophie Mette, Sabine Thillaye, Fabien Lainé (ancien député), Jimmy Pahun, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Cyrille Isaac-Sibille, Delphine Lingemann, Louise Morel, Éric Martineau, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 19 dans le décompte
Contre (19) : Thierry Benoit, Sylvain Berrios, Bertrand Bouyx, François Jolivet, Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Béatrice Piron, Pierre Henriet, Jérémie Patrier-Leitus, Christophe Plassard (ancien député), François Gernigon, Anne Le Hénanff (ancien député), Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Béatrice Bellamy (ancien député), Isabelle Mesnard (ancien député), Jean-Michel Brard, David Guerin (ancien député), Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 7 dans le décompte
Pour (4) : Michel Castellani, Paul-André Colombani, Olivier Serva, Harold Huwart (ancien député)
Contre (3) : Christophe Naegelen, Joël Bruneau, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Jean-Paul Lecoq, Nicolas Sansu, Jean-Victor Castor
UDR 5 dans le décompte
Contre (5) : Éric Ciotti, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Charles Alloncle, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Stella Dupont
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Marie-Ange Rousselot (ancien député)
Voulait voter Non-votant : Christophe Mongardien, Olivier Serva
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin