Votes · Scrutin n° 2835 · 27 juin 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 341 de Mme Bamana à l'article premier et rapport annexé du projet de loi de programmation pour la refondation de Mayotte (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · RAPPORT ANNEXÉ
- Texte
- Projet de loi de programmation pour la refondation de Mayotte Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Bamana et 121 cosignataires (RN) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à permettre aux Mahorais d'avoir accès à l'eau. Il vient soutenir le projet d’apporter de l’eau à Mayotte via des installations temporaires (notamment des bateaux-usine de dessalement), en anticipation de la mise en service de la seconde usine en 2027.
Mayotte souffre d’un réseau d’eau potable largement sous-dimensionné depuis 2017, inadapté à sa croissance démographique : un tiers des foyers ne sont toujours pas raccordés, et le réseau souffre d’un rendement insuffisant, avec des pannes et coupures systématiques.
La crise continue et en 2023, l’État généralise les « tours d’eau » dans toutes le communes — des coupures de deux jours sur cinq, puis étendues à des rythmes plus sévères —, parfois sans avertissement ni planification . Ces mesures sont vécues comme inacceptables par les populations.
Les coupures d’eau et la dégradation de la qualité de l’eau potable ont entraîné une explosion des maladies hydriques :
-186 cas de fièvre typhoïde ont été recensés entre janvier 2022 et août 2024, soit un taux 70 fois supérieur à la moyenne métropolitaine.
-17 cas de diphtérie, aujourd’hui rare ailleurs.
À la suite du cyclone Chido, une hausse des passages aux urgences pour troubles digestifs a été constatée, traduisant une recrudescence des maladies hydriques .
Au total, 186 cas de maladies hydriques entre 2022 et août 2024 témoignent de l’urgence sanitaire.
Le gouvernement a lancé un Plan eau Mayotte 2024–2027, accompagné d’un « préfet de l’eau », (Nous en sommes au troisième préfet eau!)
et d’un engagement de transparence, y compris sur les financements européens . Cependant, les réalisations effectives tardent à se matérialiser. Or, la période 2025–2027 s’annonce critique, avec un risque élevé de nouvelles sécheresses et de tensions sociales. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 133, insérer l’alinéa suivant :
« – à pourvoir Mayotte de moyens temporaires destinés à fournir de l’eau entre aujourd’hui et la mise en service de la seconde usine de dessalement en 2027, notamment de bateaux usine de dessalement de l’eau de mer ; ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte RAPPORT ANNEXÉ : 59 scrutins publics, dont 19 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement, présenté par Manuel Valls, ministre d’État chargé des outre-mer, et déposé au Sénat le 22 avril 2025 avec procédure accélérée. Il fait suite au cyclone Chido, qui a frappé Mayotte le 14 décembre 2024 (rapport annexé au projet). Principales mesures de la loi, d’après la décision du Conseil constitutionnel :
- un programme d’investissements de l’État pour 2025-2031, dans un rapport annexé ;
- des conditions de séjour plus strictes à Mayotte pour les parents d’enfant français et les étrangers ayant des liens familiaux (art. 5), un regroupement familial adapté (art. 8), des contrôles renforcés des reconnaissances de paternité (art. 9 et 10) ;
- une procédure d’évacuation et de démolition de l’habitat informel décidée par le préfet, qui peut déroger jusqu’au 13 décembre 2034 à l’obligation de proposer un relogement (art. 18, § 167) ;
- le Smic net de Mayotte porté à 87,5 % du niveau national au 1er janvier 2026, contre 85 % au 1er novembre 2024 (art. 25, § 246 et 247) ;
- une nouvelle assemblée de Mayotte de 52 membres élus au scrutin de liste dans une circonscription unique de treize sections (art. 49, § 252).
Ce que ça change
Pour les étrangers vivant à Mayotte, le titre de séjour pour motif familial devient plus difficile à obtenir. Les quartiers d’habitat informel peuvent être évacués selon une procédure propre à l’île. Le Smic local progresse en 2026. Le rapport annexé au projet initial chiffrait notamment 730 millions d’euros pour l’eau et l’assainissement et 1,2 milliard pour la desserte aérienne sur 2025-2031.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a adopté le texte le 1er juillet 2025 par 367 voix contre 109 et 64 abstentions (scrutin n° 2874), puis la version de la commission mixte paritaire le 9 juillet par 354 voix contre 111 (scrutin n° 2975). Contre : LFI-NFP et Écologistes ; GDR partagé entre contre et abstention ; Socialistes abstention. Pour : RN, EPR, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, LIOT et UDR.
- Pour LFI-NFP, Sandrine Nosbé estime que ces ambitions auraient pu être partagées « si la motivation du texte avait été sociale et non pas xénophobe ».
- Pour les Écologistes, Dominique Voynet indique : « Sa tournure réactionnaire et son obsession sous-jacente nous empêchent toutefois de le voter. »
- Pour les Socialistes, Elie Califer salue « un effort budgétaire inédit de 4 milliards d’euros » mais juge le texte problématique sur la question migratoire, d’où l’abstention.
- Pour EPR, Brigitte Liso y voit la concrétisation de « la promesse républicaine ». Pour le RN, Yoann Gillet estime qu’« il va dans le bon sens, grâce au Rassemblement national, mais il ne va pas assez loin ».
- Selon nos données, le rapport annexé a fait l’objet de 59 scrutins publics, l’article sur les titres de séjour familiaux (article 2 du texte examiné) de 18.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par le Premier ministre (mode d’élection de l’assemblée) et par des députés LFI-NFP, écologistes, GDR et socialistes, le Conseil a rendu la décision n° 2025-894 DC le 7 août 2025. Aucune disposition n’est censurée. Il émet quatre réserves d’interprétation (une lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait inconstitutionnelle) :
- l’administration doit délivrer le visa de long séjour familial désormais exigé lorsque l’étranger remplit les conditions (§ 15) ;
- elle garde le pouvoir de régulariser un parent d’enfant français au vu de justificatifs même non nominatifs (§ 17) ;
- le préfet ne peut se dispenser de proposer un relogement qu’en cas d’impossibilité matérielle établie liée au cyclone Chido (§ 181) ;
- une visite de lieux pour saisir des armes suppose des raisons sérieuses de penser que la personne présente est une menace (§ 201).
Il valide le niveau du Smic, adapté à la situation de Mayotte (§ 250), et le mode de scrutin (§ 268).
Où en est le texte
Adoptée définitivement par le Sénat le 10 juillet 2025, promulguée : loi n° 2025-797 du 11 août 2025 de programmation pour la refondation de Mayotte, publiée au Journal officiel du 12 août 2025. Plusieurs décrets d’application ont été publiés, dont le décret n° 2026-737 du 5 août 2026, selon le baromètre de l’Assemblée.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi n° 544 et rapport annexé (texte déposé au Sénat) (22/04/2025)
- Scrutin n° 2874 (première lecture) (01/07/2025)
- Scrutin n° 2975 (texte de la commission mixte paritaire) (09/07/2025)
- Compte rendu de la première séance du 1er juillet 2025 (explications de vote) (01/07/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-894 DC (07/08/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 33
- Contre
- 20
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 55
- Exprimés
- 53
- Majorité requise
- 27
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 30 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 1 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 1 | 4 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 7 | 2 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 30 dans le décompte
Pour (30) : Sébastien Chenu, Marie-France Lorho, Julien Rancoule, Emmanuel Taché, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Florence Goulet, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Emmanuel Fouquart, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Robert Le Bourgeois, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 1 dans le décompte
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 5 dans le décompte
Contre (4) : Loïc Prud'homme, Christophe Bex, Aurélien Saintoul, Sandrine Nosbé
Non-votant (1) : Clémence Guetté
Socialistes et apparentés 2 dans le décompte
Contre (2) : Colette Capdevielle, Elie Califer
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Pour (1) : Sandrine Rousseau
Contre (4) : Dominique Voynet, Catherine Hervieu, Benoît Biteau, Steevy Gustave
Les Démocrates 9 dans le décompte
Contre (7) : Philippe Vigier, Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Maud Petit, Philippe Latombe, Marina Ferrari (ancien député), Anne Bergantz
Abstention (2) : Frédéric Petit, Frantz Gumbs
Horizons & Indépendants 2 dans le décompte
Contre (2) : Agnès Firmin Le Bodo, Jérémie Patrier-Leitus
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Davy Rimane
UDR 2 dans le décompte
Pour (2) : Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Sandrine Rousseau
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin