Votes · Scrutin n° 2845 · 27 juin 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 44 de M. Gillet à l'article premier et rapport annexé du projet de loi de programmation pour la refondation de Mayotte (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · RAPPORT ANNEXÉ
- Texte
- Projet de loi de programmation pour la refondation de Mayotte Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Gillet et 121 cosignataires (RN) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L’académie de Mayotte accueille aujourd’hui environ 115 000 élèves, soit davantage que dans des territoires tels que la Corse ou la Martinique, alors même que l’île présente une superficie et des ressources bien moindres. Parmi ces élèves, 54 000 sont scolarisés dans le second degré, un chiffre en constante augmentation en raison d’une croissance démographique soutenue.
D’après les estimations de la préfecture de Mayotte, entre 1 000 et 1 200 classes supplémentaires devront être ouvertes d’ici à 2030 pour faire face à cette croissance.
Cette situation génère un profond sentiment d’injustice parmi les Mahorais, qui constatent que les moyens publics déployés pour l’éducation profitent en priorité à des enfants issus de familles en situation irrégulière, au détriment des jeunes Mahorais eux-mêmes. Le droit à l’éducation se heurte ici aux limites matérielles du territoire, qui n’est plus en mesure de garantir un accueil digne et équitable pour tous les élèves.
Dans ce contexte, cet amendement vise à instaurer un moratoire sur la prise en charge par l’école publique des enfants étrangers dont les parents sont en situation irrégulière, dans l’objectif de permettre un redressement durable du système éducatif local.
Cette mesure de bon sens est la condition préalable à toute politique éducative efficace à Mayotte. Sans une régulation de cette pression migratoire, aucun plan de rattrapage, aucune ambition éducative, ne pourra aboutir.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 172, insérer l’alinéa suivant :
« L’engagement structurant de l’État consiste également à mettre en place un moratoire sur la prise en charge par l’école publique des enfants dont les parents sont en situation irrégulière. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte RAPPORT ANNEXÉ : 59 scrutins publics, dont 19 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement, présenté par Manuel Valls, ministre d’État chargé des outre-mer, et déposé au Sénat le 22 avril 2025 avec procédure accélérée. Il fait suite au cyclone Chido, qui a frappé Mayotte le 14 décembre 2024 (rapport annexé au projet). Principales mesures de la loi, d’après la décision du Conseil constitutionnel :
- un programme d’investissements de l’État pour 2025-2031, dans un rapport annexé ;
- des conditions de séjour plus strictes à Mayotte pour les parents d’enfant français et les étrangers ayant des liens familiaux (art. 5), un regroupement familial adapté (art. 8), des contrôles renforcés des reconnaissances de paternité (art. 9 et 10) ;
- une procédure d’évacuation et de démolition de l’habitat informel décidée par le préfet, qui peut déroger jusqu’au 13 décembre 2034 à l’obligation de proposer un relogement (art. 18, § 167) ;
- le Smic net de Mayotte porté à 87,5 % du niveau national au 1er janvier 2026, contre 85 % au 1er novembre 2024 (art. 25, § 246 et 247) ;
- une nouvelle assemblée de Mayotte de 52 membres élus au scrutin de liste dans une circonscription unique de treize sections (art. 49, § 252).
Ce que ça change
Pour les étrangers vivant à Mayotte, le titre de séjour pour motif familial devient plus difficile à obtenir. Les quartiers d’habitat informel peuvent être évacués selon une procédure propre à l’île. Le Smic local progresse en 2026. Le rapport annexé au projet initial chiffrait notamment 730 millions d’euros pour l’eau et l’assainissement et 1,2 milliard pour la desserte aérienne sur 2025-2031.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a adopté le texte le 1er juillet 2025 par 367 voix contre 109 et 64 abstentions (scrutin n° 2874), puis la version de la commission mixte paritaire le 9 juillet par 354 voix contre 111 (scrutin n° 2975). Contre : LFI-NFP et Écologistes ; GDR partagé entre contre et abstention ; Socialistes abstention. Pour : RN, EPR, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, LIOT et UDR.
- Pour LFI-NFP, Sandrine Nosbé estime que ces ambitions auraient pu être partagées « si la motivation du texte avait été sociale et non pas xénophobe ».
- Pour les Écologistes, Dominique Voynet indique : « Sa tournure réactionnaire et son obsession sous-jacente nous empêchent toutefois de le voter. »
- Pour les Socialistes, Elie Califer salue « un effort budgétaire inédit de 4 milliards d’euros » mais juge le texte problématique sur la question migratoire, d’où l’abstention.
- Pour EPR, Brigitte Liso y voit la concrétisation de « la promesse républicaine ». Pour le RN, Yoann Gillet estime qu’« il va dans le bon sens, grâce au Rassemblement national, mais il ne va pas assez loin ».
- Selon nos données, le rapport annexé a fait l’objet de 59 scrutins publics, l’article sur les titres de séjour familiaux (article 2 du texte examiné) de 18.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par le Premier ministre (mode d’élection de l’assemblée) et par des députés LFI-NFP, écologistes, GDR et socialistes, le Conseil a rendu la décision n° 2025-894 DC le 7 août 2025. Aucune disposition n’est censurée. Il émet quatre réserves d’interprétation (une lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait inconstitutionnelle) :
- l’administration doit délivrer le visa de long séjour familial désormais exigé lorsque l’étranger remplit les conditions (§ 15) ;
- elle garde le pouvoir de régulariser un parent d’enfant français au vu de justificatifs même non nominatifs (§ 17) ;
- le préfet ne peut se dispenser de proposer un relogement qu’en cas d’impossibilité matérielle établie liée au cyclone Chido (§ 181) ;
- une visite de lieux pour saisir des armes suppose des raisons sérieuses de penser que la personne présente est une menace (§ 201).
Il valide le niveau du Smic, adapté à la situation de Mayotte (§ 250), et le mode de scrutin (§ 268).
Où en est le texte
Adoptée définitivement par le Sénat le 10 juillet 2025, promulguée : loi n° 2025-797 du 11 août 2025 de programmation pour la refondation de Mayotte, publiée au Journal officiel du 12 août 2025. Plusieurs décrets d’application ont été publiés, dont le décret n° 2026-737 du 5 août 2026, selon le baromètre de l’Assemblée.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi n° 544 et rapport annexé (texte déposé au Sénat) (22/04/2025)
- Scrutin n° 2874 (première lecture) (01/07/2025)
- Scrutin n° 2975 (texte de la commission mixte paritaire) (09/07/2025)
- Compte rendu de la première séance du 1er juillet 2025 (explications de vote) (01/07/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-894 DC (07/08/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 28
- Contre
- 24
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 1
- Votants
- 53
- Exprimés
- 52
- Majorité requise
- 27
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 27 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 27 dans le décompte
Pour (27) : Sébastien Chenu, Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Julien Rancoule, Emmanuel Taché, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Roger Chudeau, Christophe Bentz, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Emmanuel Fouquart, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Claire Marais-Beuil, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 3 dans le décompte
Contre (2) : Franck Riester (ancien député), Gabriel Attal
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 6 dans le décompte
Contre (6) : Loïc Prud'homme, Christophe Bex, Clémence Guetté, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Sandrine Nosbé
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Contre (5) : Dominique Voynet, Sandrine Rousseau, Catherine Hervieu, Benoît Biteau, Steevy Gustave
Les Démocrates 8 dans le décompte
Contre (8) : Philippe Vigier, Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Frédéric Petit, Maud Petit, Marina Ferrari (ancien député), Frantz Gumbs, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 2 dans le décompte
Contre (2) : Agnès Firmin Le Bodo, Jérémie Patrier-Leitus
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Abstention (1) : Estelle Youssouffa
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Davy Rimane
UDR 1 dans le décompte
Pour (1) : Olivier Fayssat
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin