Votes · Scrutin n° 2881 · 2 juillet 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 5 de Mme Céline Hervieu à l'article premier de la proposition de loi visant à faciliter le maintien en rétention des personnes condamnées pour des faits d'une particulière gravité et présentant de forts risques de récidive (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
Amendement déposé par Mme Céline Hervieu et 65 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés vise à prévoir explicitement le droit de la personne placée en rétention de demander l'assistance d'un psychologue.
En effet, si l'article 744-4 prévoit le droit de demander l'assistance d'un médecin, il apparait nécessaire de prévoir celle d'un psychologue.
L'interprétation des règles de recevabilité fixées par l'article 45 de la Constitution ne nous a pas permis de pouvoir proposer la reconnaissance de ce droit.
Aussi la présente rédaction lie t-elle ce droit à la prolongation exceptionnelle de la rétention administrative..
Placées en rétention pour une durée indéterminée, les personnes concernées peuvent assez naturellement se retrouver dans un état de détresse psychologique; c'est a fortiori le cas pour les personnes visées par une prolongation au delà de 90 jours.
Tel est le sens de cet amendement qui a un lien direct avec le texte auquel il se rapporte.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter cet article par les deux alinéas suivants :
« c) Est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« « Chaque prolongation du maintien en rétention décidée en application du présent article donne lieu à une nouvelle information de la personne visée par la mesure qu’elle bénéficie des droits énoncés à l’article 744‑4 du présent code. En outre, il est proposé à cette personne une consultation de psychologie. » »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi de la sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio et d’autres sénateurs, déposée au Sénat le 3 février 2025. Elle comptait deux articles ; la loi adoptée en compte neuf (décision du Conseil constitutionnel, § 31). Principales mesures du texte adopté, d’après la décision :
- étendre à des étrangers condamnés pour certaines infractions graves la rétention administrative longue, jusqu’à 180 jours, voire 210 jours, aujourd’hui réservée surtout aux faits de terrorisme (art. 1er, § 2 et 6) ;
- rendre automatiquement suspensif l’appel contre une décision du juge qui met fin à la rétention de ces étrangers (art. 2, § 16) ;
- permettre de relever les empreintes et de photographier un étranger sans son consentement lors de son placement en rétention (art. 3, § 26) ;
- remplacer, au-delà de 60 jours, deux prolongations de 15 jours par une prolongation de 30 jours, dans la limite de 90 jours (art. 4, § 53) ;
- rétablir la possibilité de placer en rétention un demandeur d’asile qui menace l’ordre public ou présente un risque de fuite (art. 5, § 61 et 70).
Ce que ça change
Après la décision du Conseil constitutionnel, les mesures principales (210 jours, appel suspensif) ne s’appliquent pas. Restent : la prise d’empreintes sous contrainte, autorisée par le procureur, seulement si c’est l’unique moyen d’identifier la personne et en présence de son avocat (§ 41 et 42) ; le nouveau découpage des prolongations ; la rétention de certains demandeurs d’asile, limitée à 30 jours (§ 74). La loi prévoit une entrée en vigueur au plus tard trois mois après sa promulgation (article 9, selon le baromètre de l’Assemblée).
Ce qui est contesté
L’Assemblée a adopté le texte le 8 juillet 2025 par 303 voix contre 168 (scrutin n° 2958). Contre : LFI-NFP (58), Socialistes (59), Écologistes (33) et GDR (12). Pour : RN (108), EPR (61), Droite républicaine (48), Démocrates (25), Horizons (24), LIOT (19) et UDR (13).
- Pour les Socialistes, Céline Hervieu estime que « cette loi ne résoudra en rien notre difficulté à expulser les délinquants étrangers », faute de laissez-passer consulaires délivrés à temps.
- Pour les Écologistes, Jérémie Iordanoff y voit un « texte d’affichage, attentatoire aux libertés, inefficace et peut-être même contre-productif ». Pour GDR, Émeline K/Bidi y voit « un dévoiement de l’objet légal de la rétention ».
- Pour EPR, Guillaume Kasbarian indique : « Le taux d’exécution des OQTF est de 40 % en rétention contre seulement 6 % en dehors. »
- Pour le RN, Michaël Taverne juge que le texte « va incontestablement dans le bon sens ». LIOT (Paul Molac) le vote tout en jugeant prioritaire l’obtention des laissez-passer consulaires.
- Selon nos données, les articles 1er, 2 bis et 4 ont fait l’objet de trois scrutins publics chacun.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 18 juillet 2025 par des députés socialistes et écologistes, puis par des députés LFI-NFP et GDR, le Conseil a rendu la décision n° 2025-895 DC le 7 août 2025.
- Censuré : l’article 1er (210 jours). Mesure non réservée à des cas exceptionnels, visant des infractions pas toujours graves, sans exiger de menace actuelle : atteinte déséquilibrée à la liberté individuelle (§ 9 à 14). Le 3° de l’article 4, qui en dépendait, tombe aussi (§ 15).
- Censuré : l’article 2. Aucun juge ne se prononçait sur la suspension de la remise en liberté, contrairement à l’article 66 de la Constitution, qui confie la liberté individuelle au juge (§ 21 à 25).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée par le Conseil) : le juge peut mettre fin à tout moment à la rétention prolongée (§ 58) ; pour un demandeur d’asile, l’administration doit caractériser une menace « réelle, actuelle et suffisamment grave » (§ 71).
- Validés : la prise d’empreintes sous contrainte, qui ne peut concerner les mineurs (§ 43 à 45), et la prolongation de 30 jours (§ 60).
Où en est le texte
Adoptée définitivement par le Sénat le 9 juillet 2025, promulguée : loi n° 2025-796 du 11 août 2025, publiée au Journal officiel du 12 août 2025. Le 24 octobre 2026, le baromètre de l’Assemblée indiquait la mesure d’application liée à l’article 9 « en attente d’application ».
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Scrutin n° 2958 sur l’ensemble du texte (08/07/2025)
- Compte rendu de la première séance du 8 juillet 2025 (explications de vote) (08/07/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-895 DC (07/08/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 41
- Contre
- 75
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 116
- Exprimés
- 116
- Majorité requise
- 59
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 36 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 21 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 14 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 36 dans le décompte
Contre (36) : Nicolas Meizonnet, Marine Le Pen, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Serge Muller, Yoann Gillet, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Michaël Taverne, Kévin Pfeffer, Anaïs Sabatini, Jean-Philippe Tanguy, Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, René Lioret, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, David Magnier, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy
Ensemble pour la République 15 dans le décompte
Contre (14) : Florent Boudié (ancien député), Brigitte Klinkert, Liliana Tanguy, Denis Masséglia, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Mathieu Lefèvre (ancien député), Bastien Marchive, Pierre Cazeneuve, Prisca Thevenot, Anne-Sophie Ronceret, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 21 dans le décompte
Pour (21) : Élisa Martin, Ugo Bernalicis, Laurent Alexandre, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Nadège Abomangoli, Ersilia Soudais, Antoine Léaument, Perceval Gaillard, René Pilato, Sandrine Nosbé, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 14 dans le décompte
Pour (14) : François Hollande, Marie-Noëlle Battistel, Chantal Jourdan, Arthur Delaporte, Anna Pic, Emmanuel Grégoire (ancien député), Laurent Lhardit, Fabrice Barusseau, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Denis Fégné, Sandrine Runel, Céline Hervieu
Droite Républicaine 5 dans le décompte
Contre (5) : Michel Herbillon, Olivier Marleix (ancien député), Thibault Bazin, Pierre Cordier, François-Xavier Ceccoli
Écologiste et Social 4 dans le décompte
Pour (4) : Jean-Louis Roumégas, Hendrik Davi, Jérémie Iordanoff, Boris Tavernier
Les Démocrates 4 dans le décompte
Contre (4) : Sabine Thillaye, Maud Petit, Marina Ferrari (ancien député), Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Contre (9) : Thierry Benoit, Lise Magnier, Naïma Moutchou (ancien député), Jérémie Patrier-Leitus, Xavier Albertini, Jean Moulliere (ancien député), Philippe Fait, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Nathalie Colin-Oesterlé
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Joël Bruneau, Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Elsa Faucillon
UDR 5 dans le décompte
Contre (5) : Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin