Votes · Scrutin n° 2902 · 3 juillet 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 31 de M. Boyard et l'amendement identique suivant à l'article premier du projet de loi portant transposition des accords nationaux interprofessionnels en faveur de l'emploi des salariés expérimentés et relatif à l'évolution du dialogue social (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
Amendement déposé par M. Boyard et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement de repli, le groupe LFI-NFP souhaite que l'obligation d'une négociation au minimum quadriennale s'applique à toutes les grandes entreprises.
Il s'agit d'un amendement de coordination proposant un plafond à 50 salariés pour le plan d'action type résultant de l'accord de branche et s'appliquant aux plus petites entreprises, celles non soumises aux dispositions d'ordre public rendant la négociation sur l'emploi des séniors obligatoire.
Le seuil de 300 salariés retenu dans ce projet de loi ne correspond pas aux seuils en usage dans les classifications nationale et communautaire. Le décret n° 2008-1354 du 18 décembre 2008 « relatif aux critères permettant de déterminer la catégorie d’appartenance d’une entreprise pour les besoins de l’analyse statistique et économique » instaure un plafond de 250 salarié·e·s pour la définition des PME. Les standards européens retiennent quant à eux un plafond à 250 salariés pour considérer une structure comme "grande", comme en témoigne la recommandation 2003/361/CE qui définit les moyennes entreprises comme celles comptant moins de 250 salariés.
Il s'agit donc d'élargir l'obligation de négociation aux centaines d'entreprises du pays qui emploient entre 250 et 299 salariés.
Ces entreprises disposent des ressources nécessaires pour mener une négociation structurée : 83,9% des entreprises de plus de 50 salariés disposent d'une instance élue (DARES, 2024).
Pour toutes ces raisons, les député.e.s du groupe LFI-NFP proposent que l'obligation de négociation d'un accord portant sur l'emploi des séniors s'applique également aux entreprises comptant entre 250 et 299 salariés.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À l’alinéa 8, substituer aux mots :
« trois cents »
les mots :
« deux cents cinquante ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 11 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement (François Bayrou, Premier ministre ; Catherine Vautrin, ministre du travail), déposé au Sénat le 7 mai 2025 après avis du Conseil d’État. Il reprend dans la loi des accords nationaux interprofessionnels (ANI), c’est-à-dire des accords signés entre syndicats et organisations patronales, sur l’emploi des seniors et le dialogue social. Principales mesures, d’après le texte définitif adopté le 15 octobre 2025 :
- une négociation obligatoire sur l’emploi des salariés expérimentés dans les branches et dans les entreprises d’au moins 300 salariés ;
- un « entretien de parcours professionnel » dans la première année après l’embauche, puis tous les quatre ans ;
- un « contrat de valorisation de l’expérience », à titre expérimental pendant cinq ans : un CDI pour les demandeurs d’emploi d’au moins 60 ans (57 ans si un accord de branche le prévoit), que l’employeur peut rompre par une mise à la retraite dès le taux plein ;
- des aménagements de fin de carrière : l’employeur doit justifier un refus de temps partiel, et l’indemnité de départ à la retraite peut financer un passage à temps partiel ;
- des règles d’assurance chômage et de reconversion professionnelle issues d’autres accords des partenaires sociaux.
Ce que ça change
Sont concernés les salariés expérimentés, les demandeurs d’emploi d’au moins 57 ou 60 ans, les employeurs et les représentants du personnel. Pour le contrat de valorisation de l’expérience, l’employeur ne paie pas, jusqu’à la fin de la troisième année suivant la promulgation, la contribution patronale due sur les indemnités de mise à la retraite ; le Gouvernement doit évaluer l’expérimentation six mois avant son terme. Selon le baromètre de l’application des lois de l’Assemblée, les décrets n° 2026-39 du 28 janvier 2026 et n° 2026-378 du 13 mai 2026 ont été publiés ; d’autres mesures restent en attente.
Ce qui est contesté
Première lecture à l’Assemblée, le 3 juillet 2025 : 57 voix pour, 9 contre (scrutin n° 2935). Texte final, le 15 octobre 2025 : 143 voix pour, 25 contre (scrutin n° 3055). Seule La France insoumise a voté contre (25 voix). Les Écologistes (5) et GDR (3) se sont abstenus. Les autres groupes, dont le RN (61 voix) et les Socialistes (10), ont voté pour.
- Pour LFI, Hadrien Clouet voit dans le contrat de valorisation de l’expérience un risque d’« effet d’aubaine » pour des entreprises qui licencient des seniors : « Un tel dispositif s’apparenterait à un cadeau offert aux licencieurs ».
- Pour GDR, Yannick Monnet juge le contrat de valorisation de l’expérience « une nouvelle dérogation au CDI » et regrette que la santé au travail soit devenue un thème facultatif de négociation.
- Pour les Écologistes, Sophie Taillé-Polian salue l’objectif mais juge les mesures « microscopiques au regard des enjeux » et critique l’obligation de quitter ce CDI à l’âge du taux plein.
- Le rapporteur Nicolas Turquois résume la méthode suivie avec le Sénat : « l’accord, tout l’accord, rien que l’accord ». Pour le RN, Théo Bernhardt vote le texte « parce qu’il est issu du dialogue social ».
- Selon nos données, l’article le plus disputé en première lecture est l’article 4, qui crée le contrat de valorisation de l’expérience (13 scrutins), devant l’article 1er sur la négociation de branche (11 scrutins).
Où en est le texte
Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi. Promulguée : loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 portant transposition des accords nationaux interprofessionnels en faveur de l’emploi des salariés expérimentés et relatif à l’évolution du dialogue social.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, projet de loi n° 600 (2024-2025) (07/05/2025)
- Texte adopté n° 171 (texte de la commission mixte paritaire) (15/10/2025)
- Scrutin n° 2935 (première lecture) (03/07/2025)
- Scrutin n° 3055 (texte final) (15/10/2025)
- Compte rendu de la séance du 3 juillet 2025 (03/07/2025)
- Compte rendu de la séance du 15 octobre 2025 (explications de vote) (15/10/2025)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 13
- Contre
- 43
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 56
- Exprimés
- 56
- Majorité requise
- 29
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 18 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 18 dans le décompte
Contre (18) : Nicolas Meizonnet, Christophe Barthès (ancien député), José Gonzalez, Thomas Ménagé, Alexandre Sabatou, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Bénédicte Auzanot, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye
Ensemble pour la République 6 dans le décompte
Contre (5) : François Cormier-Bouligeon, Jean-François Rousset, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Joséphine Missoffe
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 10 dans le décompte
Pour (10) : Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Ségolène Amiot, Louis Boyard, Ersilia Soudais, Paul Vannier, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 3 dans le décompte
Contre (3) : Arthur Delaporte, Océane Godard, Denis Fégné
Droite Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Xavier Breton, Patrick Hetzel
Écologiste et Social 3 dans le décompte
Pour (3) : Jean-Louis Roumégas, Sophie Taillé-Polian, Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 7 dans le décompte
Contre (7) : Sophie Mette, Jimmy Pahun, Nicolas Turquois, Louise Morel, Éric Martineau, Marina Ferrari (ancien député), Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (5) : Paul Christophe (ancien député), Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Frédéric Valletoux
Non-votant (1) : Naïma Moutchou (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Stéphane Viry
UDR 1 dans le décompte
Contre (1) : Olivier Fayssat
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin