Votes · Scrutin n° 2909 · 3 juillet 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 109 de Mme Taillé-Polian à l'article premier du projet de loi portant transposition des accords nationaux interprofessionnels en faveur de l'emploi des salariés expérimentés et relatif à l'évolution du dialogue social (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
Amendement déposé par Mme Taillé-Polian et 34 cosignataires (ECOS) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe écologiste et social vise à faire de l’organisation et des conditions de travail un objet obligatoire de la négociation de branche sur l'emploi et le travail des salariés expérimentés.
37 % des actifs occupés disent ne pas se sentir capables de tenir dans leur travail jusqu’à la retraite, et considèrent que ce travail n’est pas« soutenable ». Un résultat qui n’a rien de surprenant car depuis des années, les enquêtes sur les conditions de travail documentent la crise majeure du travail en France. L’enquête menée par le ministère du Travail depuis 1978 ou l’enquête européenne Eurofound démontent l’intensification croissante et la dégradation continue des conditions de travail depuis les années 1990.
Les chercheuses Jolivet et Molinié Ont étudié les conditions de travail des salariés hommes et femmes âgés de 47 à 61 ans : 7 salariés sur 10 déclarent être fréquemment plus exposés à certaines conditions de travail, 1 salarié sur 4 déclare travailler sous pression, plus d’un salarié sur trois est exposé aux contraintes physiques fréquentes et / ou aux horaires décalés (Annie Jolivet, Le travail et les conditions de travail en dernière partie de vie professionnelle, LIEPP,2024).
Dans ce contexte, lutter pour l'amélioration des conditions de travail en général, et des salariés seniors en particulier, est prioritaire. Alors que le présent texte propose d’en faire un objet facultatif de négociation, le présent amendement vise donc à le rendre obligatoire : l’objectif du « maintien » dans l'emploi ne peut être mené sans rompre avec la dégradation des conditions de travail.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Après L’alinéa 20, insérer l’alinéa suivant :
« 5° L’organisation et les conditions de travail. »
II. – En conséquence, supprimer l’alinéa 28.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 11 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement (François Bayrou, Premier ministre ; Catherine Vautrin, ministre du travail), déposé au Sénat le 7 mai 2025 après avis du Conseil d’État. Il reprend dans la loi des accords nationaux interprofessionnels (ANI), c’est-à-dire des accords signés entre syndicats et organisations patronales, sur l’emploi des seniors et le dialogue social. Principales mesures, d’après le texte définitif adopté le 15 octobre 2025 :
- une négociation obligatoire sur l’emploi des salariés expérimentés dans les branches et dans les entreprises d’au moins 300 salariés ;
- un « entretien de parcours professionnel » dans la première année après l’embauche, puis tous les quatre ans ;
- un « contrat de valorisation de l’expérience », à titre expérimental pendant cinq ans : un CDI pour les demandeurs d’emploi d’au moins 60 ans (57 ans si un accord de branche le prévoit), que l’employeur peut rompre par une mise à la retraite dès le taux plein ;
- des aménagements de fin de carrière : l’employeur doit justifier un refus de temps partiel, et l’indemnité de départ à la retraite peut financer un passage à temps partiel ;
- des règles d’assurance chômage et de reconversion professionnelle issues d’autres accords des partenaires sociaux.
Ce que ça change
Sont concernés les salariés expérimentés, les demandeurs d’emploi d’au moins 57 ou 60 ans, les employeurs et les représentants du personnel. Pour le contrat de valorisation de l’expérience, l’employeur ne paie pas, jusqu’à la fin de la troisième année suivant la promulgation, la contribution patronale due sur les indemnités de mise à la retraite ; le Gouvernement doit évaluer l’expérimentation six mois avant son terme. Selon le baromètre de l’application des lois de l’Assemblée, les décrets n° 2026-39 du 28 janvier 2026 et n° 2026-378 du 13 mai 2026 ont été publiés ; d’autres mesures restent en attente.
Ce qui est contesté
Première lecture à l’Assemblée, le 3 juillet 2025 : 57 voix pour, 9 contre (scrutin n° 2935). Texte final, le 15 octobre 2025 : 143 voix pour, 25 contre (scrutin n° 3055). Seule La France insoumise a voté contre (25 voix). Les Écologistes (5) et GDR (3) se sont abstenus. Les autres groupes, dont le RN (61 voix) et les Socialistes (10), ont voté pour.
- Pour LFI, Hadrien Clouet voit dans le contrat de valorisation de l’expérience un risque d’« effet d’aubaine » pour des entreprises qui licencient des seniors : « Un tel dispositif s’apparenterait à un cadeau offert aux licencieurs ».
- Pour GDR, Yannick Monnet juge le contrat de valorisation de l’expérience « une nouvelle dérogation au CDI » et regrette que la santé au travail soit devenue un thème facultatif de négociation.
- Pour les Écologistes, Sophie Taillé-Polian salue l’objectif mais juge les mesures « microscopiques au regard des enjeux » et critique l’obligation de quitter ce CDI à l’âge du taux plein.
- Le rapporteur Nicolas Turquois résume la méthode suivie avec le Sénat : « l’accord, tout l’accord, rien que l’accord ». Pour le RN, Théo Bernhardt vote le texte « parce qu’il est issu du dialogue social ».
- Selon nos données, l’article le plus disputé en première lecture est l’article 4, qui crée le contrat de valorisation de l’expérience (13 scrutins), devant l’article 1er sur la négociation de branche (11 scrutins).
Où en est le texte
Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi. Promulguée : loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 portant transposition des accords nationaux interprofessionnels en faveur de l’emploi des salariés expérimentés et relatif à l’évolution du dialogue social.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, projet de loi n° 600 (2024-2025) (07/05/2025)
- Texte adopté n° 171 (texte de la commission mixte paritaire) (15/10/2025)
- Scrutin n° 2935 (première lecture) (03/07/2025)
- Scrutin n° 3055 (texte final) (15/10/2025)
- Compte rendu de la séance du 3 juillet 2025 (03/07/2025)
- Compte rendu de la séance du 15 octobre 2025 (explications de vote) (15/10/2025)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 32
- Contre
- 30
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 62
- Exprimés
- 62
- Majorité requise
- 32
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 16 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 1 | 6 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 16 dans le décompte
Pour (16) : Nicolas Meizonnet, Christophe Barthès (ancien député), Thomas Ménagé, Alexandre Sabatou, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Romain Tonussi, Nadine Lechon, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye
Ensemble pour la République 5 dans le décompte
Contre (4) : Sylvain Maillard, Christine Le Nabour, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 10 dans le décompte
Pour (10) : Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Ségolène Amiot, Jérôme Legavre, Louis Boyard, Ersilia Soudais, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 7 dans le décompte
Pour (1) : Marietta Karamanli
Contre (6) : Marie Récalde, Arthur Delaporte, Anna Pic, Océane Godard, Jacques Oberti, Sandrine Runel
Droite Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Patrick Hetzel
Écologiste et Social 4 dans le décompte
Pour (4) : Jean-Louis Roumégas, Sophie Taillé-Polian, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 9 dans le décompte
Contre (9) : Sophie Mette, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Frédéric Petit, Nicolas Turquois, Louise Morel, Éric Martineau, Marina Ferrari (ancien député), Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Contre (7) : Paul Christophe (ancien député), Béatrice Piron, Félicie Gérard, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député), Frédéric Valletoux, Thomas Lam
Non-votant (1) : Naïma Moutchou (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Stéphane Viry
UDR 1 dans le décompte
Pour (1) : Olivier Fayssat
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Stella Dupont, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin