Votes · Scrutin n° 2939 · 7 juillet 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2 de M. Lhardit à l'article premier de la proposition de loi visant à réformer le mode d’élection des membres du conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et de Marseille (nouvelle lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Réformer le mode d'élection des membres du Conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et Marseille Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Lhardit (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement de repli vise, tout en conservant l’esprit de la proposition de loi initiale, à en faire évoluer la logique vers une simplification du mode de scrutin afin qu’il soit procédé à un scrutin unique pour les conseillers de Paris ou municipaux et les conseillers d’arrondissement.
Le jour du vote l’électeur ne déposerait ainsi qu’un seul bulletin de vote dans l’urne, sur lequel apparaîtrait l’ensemble des candidats de la formation politique qu’il souhaite soutenir pour le Conseil de Paris et ceux pour le Conseil d’arrondissement de son secteur.
L’attribution des sièges se ferait selon les modalités de droit commun prévues par le code électoral pour les communes de plus de 1000 habitants :
– Pour le Conseil de Paris ou municipal par la prise en compte des suffrages obtenus à l’échelle de l’ensemble de la commune ;
– Pour le conseil d’arrondissement par la prise en compte des mêmes suffrages à l’échelle de chaque secteur électoral.
Les candidats peuvent se présenter à la fois à l’échelle de la commune et dans un secteur, sans y être contraints. Au terme de l’élection, des conseillers de Paris ou des conseillers municipaux peuvent être conseillers d’arrondissement, mais ne le seront donc pas nécessairement, contrairement à la situation actuelle.
Le nombre de conseillers d’arrondissement à élire sera basé sur le nombre actuel de conseillers d’arrondissement pour chaque commune, avec une répartition entre secteurs qui devra faire l’objet d’une actualisation démographique. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Rédiger ainsi les alinéas 4 et 5 :
« a) À la fin du 1° , les mots : « , à l’exception, pour la Ville de Paris et les communes de Marseille et de Lyon, du candidat désigné comme devant présider l’organe délibérant concerné par le scrutin » sont supprimés ; »
« b) À la fin du 2° , les mots : « et, pour la Ville de Paris et les communes de Marseille et de Lyon, de la photographie ou de la représentation du candidat désigné comme devant présider l’organe délibérant concerné par le scrutin » sont supprimés ; »
II. – En conséquence, substituer aux alinéas 7 à 9 l’alinéa suivant :
« 1° Le deuxième alinéa de l’article L. 261 est supprimé. »
III. – En conséquence, après l’alinéa 9, insérer l’alinéa suivant :
« 1° bis Après la première phrase du deuxième alinéa de l’article L. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 15 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi de Sylvain Maillard, David Amiel, Olivia Grégoire et Jean Laussucq, déposée le 15 octobre 2024 ; Sylvain Maillard indique en séance l’avoir déposée avec des collègues du groupe Ensemble pour la République. Selon son exposé des motifs, la loi « PLM » de 1982 fait que les électeurs n’élisent « qu’indirectement » le conseil municipal. Principales mesures, d’après le texte définitif du 10 juillet 2025 :
- deux scrutins distincts le même jour : l’un pour le conseil de Paris ou le conseil municipal de Lyon ou de Marseille, sur une liste à l’échelle de la ville, l’autre pour les conseils d’arrondissement ;
- une « prime majoritaire » (sièges donnés d’office à la liste arrivée en tête) réduite au quart des sièges, au lieu de la moitié dans les autres communes ;
- un candidat peut figurer à la fois sur la liste municipale et sur une liste d’arrondissement ;
- le maire d’arrondissement peut être entendu au conseil municipal ; une « conférence des maires » est créée ;
- un rapport du Gouvernement, sous six mois, sur un transfert de compétences vers les mairies d’arrondissement.
Ce que ça change
Les électeurs de Paris, Lyon et Marseille votent avec deux bulletins et élisent directement le conseil qui désigne ensuite le maire de la ville. Selon le Conseil constitutionnel, ces règles s’appliquent dès le renouvellement des conseils municipaux de mars 2026 (§ 56). Martine Froger (LIOT) et Stéphane Delautrette (Socialistes) ont relevé en séance l’absence d’étude d’impact et d’avis du Conseil d’État.
Ce qui est contesté
Première lecture, le 9 avril 2025 : 183 voix pour, 53 contre (scrutin n° 1330). Nouvelle lecture, le 7 juillet 2025 : 117 voix pour, 34 contre (scrutin n° 2954). Ont voté contre les Écologistes (11), la majorité des Socialistes (10 contre, 5 pour), Horizons (8 contre, 2 abstentions), la majorité de LIOT (4 contre, 1 pour) et GDR (1). Ont voté pour LFI (37), le RN (31), EPR (23), les Démocrates (12), la Droite républicaine (7) et l’UDR (1). Le Sénat a rejeté le texte deux fois ; l’Assemblée a eu le dernier mot.
- Pour le socialiste Emmanuel Grégoire, auteur de la motion de rejet, « Cette proposition de loi n’a été précédée d’aucune concertation réelle. »
- Pour GDR, Elsa Faucillon juge le slogan « Une personne, une voix » « aussi simpliste que mensonger », car la prime majoritaire crée toujours une inégalité entre les voix. Pour les Écologistes, Danielle Simonnet y voit « un accord d’appareils ».
- Horizons (Jean Moulliere) et LIOT (Martine Froger) critiquent surtout la méthode et le calendrier.
- Le rapporteur Jean-Paul Mattei (Démocrates) défend un retour vers le droit commun : « Ce texte n’est pas le grand soir pour les trois plus grandes communes de France. » Pour le RN, Franck Allisio soutient le texte tout en regrettant l’absence de bulletin unique.
- Selon nos données, l’article 1er, qui fixe le mode de scrutin, a concentré 13 scrutins.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi en juillet 2025 par des députés (saisine emmenée par Boris Vallaud et Cyrielle Chatelain) et par deux groupes de sénateurs, le Conseil a rendu la décision n° 2025-892 DC le 7 août 2025. Aucune disposition n’est censurée et le dispositif ne comporte aucune réserve d’interprétation (lecture imposée par le Conseil).
- Procédure : la hausse des dépenses publiques invoquée n’était « ni directe, ni certaine » ; le texte était donc recevable (§ 10 à 13).
- Arrondissements : ce ne sont pas des collectivités territoriales, et le texte ne change pas la répartition des compétences (§ 23 à 27).
- Prime de 25 % : justifiée par la taille et l’organisation propres à ces trois villes et par l’objectif de pluralisme (§ 33 à 35).
- Sincérité du scrutin : les règles ne sont pas « d’une particulière complexité » (§ 39 à 41) ; l’application dès mars 2026, plus de six mois après la loi, est admise (§ 56 à 58).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-795 du 11 août 2025 visant à réformer le mode d’élection des membres du conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et de Marseille.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 451 et exposé des motifs (15/10/2024)
- Texte adopté n° 166 (lecture définitive) (10/07/2025)
- Scrutin n° 1330 (première lecture) (09/04/2025)
- Scrutin n° 2954 (nouvelle lecture) (07/07/2025)
- Compte rendu de la séance du 7 juillet 2025 (motion de rejet et discussion générale) (07/07/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-892 DC (07/08/2025)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 19
- Contre
- 94
- Abstention
- 9
- Non-votant
- 2
- Votants
- 122
- Exprimés
- 113
- Majorité requise
- 57
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 22 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 0 | 23 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 3 | 26 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 12 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 2 | 0 | 6 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | aucun vote | 1 | 3 | 3 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 22 dans le décompte
Contre (22) : Jérôme Buisson, Gisèle Lelouis, Bryan Masson (ancien député), Franck Allisio, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Roger Chudeau, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Tiffany Joncour, Julien Limongi, Catherine Rimbert
Ensemble pour la République 24 dans le décompte
Contre (23) : Franck Riester (ancien député), Florent Boudié (ancien député), Éric Bothorel, Sylvain Maillard, Hervé Berville (ancien député), Graziella Melchior, Bertrand Sorre, Roland Lescure (ancien député), Stéphane Vojetta (ancien député), Guillaume Gouffier Valente, Olivia Grégoire, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Freddy Sertin (ancien député), Christophe Marion, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Antoine Armand (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), Prisca Thevenot, David Amiel (ancien député), Jean Laussucq (ancien député), Emmanuelle Hoffman
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 29 dans le décompte
Pour (3) : Aurélien Taché, Laurent Alexandre, Farida Amrani
Contre (26) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Sarah Legrain, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Gabriel Amard (ancien député), Idir Boumertit, Rodrigo Arenas, Nadège Abomangoli, Louis Boyard, Maxime Laisney, Carlos Martens Bilongo, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Sandrine Nosbé, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Bérenger Cernon, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 12 dans le décompte
Pour (12) : Marietta Karamanli, Marie-Noëlle Battistel, Arthur Delaporte, Stéphane Delautrette, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Laurent Lhardit, Marc Pena, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Sophie Pantel, Sandrine Runel
Droite Républicaine 7 dans le décompte
Contre (7) : Philippe Gosselin, Eric Liégeon, Guillaume Lepers (ancien député), Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Jean-Pierre Taite (ancien député), Élisabeth de Maistre, Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Pour (2) : Boris Tavernier, Steevy Gustave
Abstention (6) : Sébastien Peytavie, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Sabrina Sebaihi, Danielle Simonnet
Les Démocrates 10 dans le décompte
Contre (10) : Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Sophie Mette, Marc Fesneau, Jean-Paul Mattei, Maud Petit, Nicolas Turquois, Marina Ferrari (ancien député), Frantz Gumbs, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Pour (1) : Sylvain Berrios
Contre (3) : Thierry Benoit, Béatrice Piron, Marie-Agnès Poussier-Winsback
Abstention (3) : Laetitia Saint-Paul, Jean Moulliere (ancien député), Thomas Lam
Non-votant (1) : Naïma Moutchou (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Pour (1) : Laurent Mazaury
UDR 3 dans le décompte
Contre (3) : Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Éric Michoux
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Laurent Alexandre, Aurélien Taché
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin