Votes · Scrutin n° 2941 · 7 juillet 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 3 de M. Delautrette et l'amendement identique suivant à l'article premier de la proposition de loi visant à réformer le mode d’élection des membres du conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et de Marseille (nouvelle lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Réformer le mode d'élection des membres du Conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et Marseille Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Delautrette et 65 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement des députés Socialistes et apparentés vise à maintenir la prime majoritaire de droit commun prévue pour la liste arrivée en tête des élections municipales, soit un nombre de sièges égal à la moitié du nombre des sièges à pourvoir, arrondi, le cas échéant, à l’entier supérieur, contre le quart de ce même nombre dans la présente proposition de loi.
La loi du 19 novembre 1982 modifiant le code électoral et le code des communes et relative à l’élection des conseillers municipaux et aux conditions d’inscription des Français établis hors de France sur les listes électorales, a fait de l’attribution d’une prime majoritaire représentant la moitié des sièges à pourvoir, la règle commune pour l’ensemble du pays. Cette nouvelle règle de répartition succédait à celle en vigueur depuis les élections municipales de 1965 qui attribuait la totalité des sièges à la liste arrivée en tête.
Cette règle s’est donc appliquée aux huit dernières élections municipales partout en France, ainsi donc qu’à Paris, Lyon et Marseille, à l’échelle de leurs secteurs respectifs. Pour Paris, il s’agit même de la seule règle de répartition connue depuis les élections de 1871, à l’exception de l’élection de 1977.
La modification de cette règle représente donc une rupture dont les enjeux et les conséquences doivent être dûment identifiés et décrits afin d’éclairer parfaitement le législateur. Or, aucun élément de l’exposé des motifs ne permet d’y satisfaire pas plus qu’il ne permet d’identifier les motivations, pour peu qu’elles soient dicibles, des auteurs de la Proposition de loi.
La question d’une meilleure représentation des oppositions au sein des conseils municipaux est une question légitime et qui mériterait un travail d’information approfondi. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer les alinéas 12 et 13.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 15 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi de Sylvain Maillard, David Amiel, Olivia Grégoire et Jean Laussucq, déposée le 15 octobre 2024 ; Sylvain Maillard indique en séance l’avoir déposée avec des collègues du groupe Ensemble pour la République. Selon son exposé des motifs, la loi « PLM » de 1982 fait que les électeurs n’élisent « qu’indirectement » le conseil municipal. Principales mesures, d’après le texte définitif du 10 juillet 2025 :
- deux scrutins distincts le même jour : l’un pour le conseil de Paris ou le conseil municipal de Lyon ou de Marseille, sur une liste à l’échelle de la ville, l’autre pour les conseils d’arrondissement ;
- une « prime majoritaire » (sièges donnés d’office à la liste arrivée en tête) réduite au quart des sièges, au lieu de la moitié dans les autres communes ;
- un candidat peut figurer à la fois sur la liste municipale et sur une liste d’arrondissement ;
- le maire d’arrondissement peut être entendu au conseil municipal ; une « conférence des maires » est créée ;
- un rapport du Gouvernement, sous six mois, sur un transfert de compétences vers les mairies d’arrondissement.
Ce que ça change
Les électeurs de Paris, Lyon et Marseille votent avec deux bulletins et élisent directement le conseil qui désigne ensuite le maire de la ville. Selon le Conseil constitutionnel, ces règles s’appliquent dès le renouvellement des conseils municipaux de mars 2026 (§ 56). Martine Froger (LIOT) et Stéphane Delautrette (Socialistes) ont relevé en séance l’absence d’étude d’impact et d’avis du Conseil d’État.
Ce qui est contesté
Première lecture, le 9 avril 2025 : 183 voix pour, 53 contre (scrutin n° 1330). Nouvelle lecture, le 7 juillet 2025 : 117 voix pour, 34 contre (scrutin n° 2954). Ont voté contre les Écologistes (11), la majorité des Socialistes (10 contre, 5 pour), Horizons (8 contre, 2 abstentions), la majorité de LIOT (4 contre, 1 pour) et GDR (1). Ont voté pour LFI (37), le RN (31), EPR (23), les Démocrates (12), la Droite républicaine (7) et l’UDR (1). Le Sénat a rejeté le texte deux fois ; l’Assemblée a eu le dernier mot.
- Pour le socialiste Emmanuel Grégoire, auteur de la motion de rejet, « Cette proposition de loi n’a été précédée d’aucune concertation réelle. »
- Pour GDR, Elsa Faucillon juge le slogan « Une personne, une voix » « aussi simpliste que mensonger », car la prime majoritaire crée toujours une inégalité entre les voix. Pour les Écologistes, Danielle Simonnet y voit « un accord d’appareils ».
- Horizons (Jean Moulliere) et LIOT (Martine Froger) critiquent surtout la méthode et le calendrier.
- Le rapporteur Jean-Paul Mattei (Démocrates) défend un retour vers le droit commun : « Ce texte n’est pas le grand soir pour les trois plus grandes communes de France. » Pour le RN, Franck Allisio soutient le texte tout en regrettant l’absence de bulletin unique.
- Selon nos données, l’article 1er, qui fixe le mode de scrutin, a concentré 13 scrutins.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi en juillet 2025 par des députés (saisine emmenée par Boris Vallaud et Cyrielle Chatelain) et par deux groupes de sénateurs, le Conseil a rendu la décision n° 2025-892 DC le 7 août 2025. Aucune disposition n’est censurée et le dispositif ne comporte aucune réserve d’interprétation (lecture imposée par le Conseil).
- Procédure : la hausse des dépenses publiques invoquée n’était « ni directe, ni certaine » ; le texte était donc recevable (§ 10 à 13).
- Arrondissements : ce ne sont pas des collectivités territoriales, et le texte ne change pas la répartition des compétences (§ 23 à 27).
- Prime de 25 % : justifiée par la taille et l’organisation propres à ces trois villes et par l’objectif de pluralisme (§ 33 à 35).
- Sincérité du scrutin : les règles ne sont pas « d’une particulière complexité » (§ 39 à 41) ; l’application dès mars 2026, plus de six mois après la loi, est admise (§ 56 à 58).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-795 du 11 août 2025 visant à réformer le mode d’élection des membres du conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et de Marseille.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 451 et exposé des motifs (15/10/2024)
- Texte adopté n° 166 (lecture définitive) (10/07/2025)
- Scrutin n° 1330 (première lecture) (09/04/2025)
- Scrutin n° 2954 (nouvelle lecture) (07/07/2025)
- Compte rendu de la séance du 7 juillet 2025 (motion de rejet et discussion générale) (07/07/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-892 DC (07/08/2025)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 22
- Contre
- 96
- Abstention
- 9
- Non-votant
- 2
- Votants
- 127
- Exprimés
- 118
- Majorité requise
- 60
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 22 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 1 | 23 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 29 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 2 | 0 | 6 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 5 | 0 | 2 | 1 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 22 dans le décompte
Contre (22) : Gisèle Lelouis, Bryan Masson (ancien député), Franck Allisio, Christine Loir, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Roger Chudeau, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Tiffany Joncour, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert
Ensemble pour la République 25 dans le décompte
Pour (1) : Charles Sitzenstuhl
Contre (23) : Franck Riester (ancien député), Florent Boudié (ancien député), Éric Bothorel, Sylvain Maillard, Hervé Berville (ancien député), Graziella Melchior, Bertrand Sorre, Roland Lescure (ancien député), Stéphane Vojetta (ancien député), Guillaume Gouffier Valente, Olivia Grégoire, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Freddy Sertin (ancien député), Christophe Marion, Anthony Brosse, Antoine Armand (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), Prisca Thevenot, David Amiel (ancien député), Joséphine Missoffe, Jean Laussucq (ancien député), Emmanuelle Hoffman
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 29 dans le décompte
Contre (29) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Aurélien Taché, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Gabriel Amard (ancien député), Idir Boumertit, Rodrigo Arenas, Nadège Abomangoli, Louis Boyard, Maxime Laisney, Farida Amrani, Carlos Martens Bilongo, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Sandrine Nosbé, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Bérenger Cernon, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 13 dans le décompte
Pour (13) : Marietta Karamanli, Marie-Noëlle Battistel, Arthur Delaporte, Stéphane Delautrette, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Laurent Lhardit, Marc Pena, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Sophie Pantel, Sandrine Runel, Céline Hervieu
Droite Républicaine 7 dans le décompte
Contre (7) : Philippe Gosselin, Eric Liégeon, Guillaume Lepers (ancien député), Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Jean-Pierre Taite (ancien député), Élisabeth de Maistre, Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Pour (2) : Sébastien Peytavie, Danielle Simonnet
Abstention (6) : Eva Sas, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Les Démocrates 11 dans le décompte
Contre (11) : Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Sophie Mette, Marc Fesneau, Jean-Paul Mattei, Maud Petit, Nicolas Turquois, Romain Daubié, Marina Ferrari (ancien député), Frantz Gumbs, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Pour (5) : Sylvain Berrios, Laetitia Saint-Paul, Jean Moulliere (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback, Thomas Lam
Abstention (2) : Thierry Benoit, Béatrice Piron
Non-votant (1) : Naïma Moutchou (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Pour (1) : Martine Froger
Contre (1) : Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Abstention (1) : Elsa Faucillon
UDR 3 dans le décompte
Contre (3) : Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin