Votes · Scrutin n° 2951 · 7 juillet 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 16 de M. Emmanuel Grégoire et les amendements identiques suivants à l'article 4 de la proposition de loi visant à réformer le mode d’élection des membres du conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et de Marseille (nouvelle lecture).
Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 4
- Texte
- Réformer le mode d'élection des membres du Conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et Marseille Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Emmanuel Grégoire et Mme Céline Hervieu (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à supprimer l’article 4, qui participe de la mise en oeuvre de la réforme du mode de scrutin municipal à Paris, Lyon et Marseille, proposée par la présente proposition de loi.
La présente réforme prétend aligner Paris, Lyon et Marseille sur le droit commun des élections municipales. Pourtant, ses auteurs introduisent une prime majoritaire à 25%, dérogatoire de la prime de 50% des sièges dont bénéficie aujourd’hui la liste arrivée en tête au second tour, voire au premier si elle obtient la majorité absolue des voix.
L’article 1ᵉʳ du texte fixe en effet la prime majoritaire à 25 % des sièges pour l’élection du Conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et Marseille, au lieu des 50% prévus par l’article L. 262 du code électoral. Cette réduction de moitié de la prime est une dérogation explicite inscrite dans la loi. Une énième exception qui soulève des interrogations constitutionnelles.
Le Conseil constitutionnel veille au principe d’égalité devant le suffrage et entre les collectivités territoriales. Il a reconnu que soumettre certaines communes à un régime électoral différent doit répondre à une différence objective de situation ou à un motif d’intérêt général suffisant, en lien avec l’objet de la loi.
En l’occurrence, la prime majoritaire réduite à 25% pourrait être analysée comme créant une rupture d’égalité entre les communes : on instituerait un régime dérogatoire propre à Paris, Lyon, Marseille sans justification évidente tirée de leurs spécificités.
En réalité, aucune raison d’intérêt général ne semble justifier qu’à Paris, Lyon, Marseille la liste majoritaire n’ait droit qu’à un quart des sièges quand partout ailleurs c’est la moitié. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi de Sylvain Maillard, David Amiel, Olivia Grégoire et Jean Laussucq, déposée le 15 octobre 2024 ; Sylvain Maillard indique en séance l’avoir déposée avec des collègues du groupe Ensemble pour la République. Selon son exposé des motifs, la loi « PLM » de 1982 fait que les électeurs n’élisent « qu’indirectement » le conseil municipal. Principales mesures, d’après le texte définitif du 10 juillet 2025 :
- deux scrutins distincts le même jour : l’un pour le conseil de Paris ou le conseil municipal de Lyon ou de Marseille, sur une liste à l’échelle de la ville, l’autre pour les conseils d’arrondissement ;
- une « prime majoritaire » (sièges donnés d’office à la liste arrivée en tête) réduite au quart des sièges, au lieu de la moitié dans les autres communes ;
- un candidat peut figurer à la fois sur la liste municipale et sur une liste d’arrondissement ;
- le maire d’arrondissement peut être entendu au conseil municipal ; une « conférence des maires » est créée ;
- un rapport du Gouvernement, sous six mois, sur un transfert de compétences vers les mairies d’arrondissement.
Ce que ça change
Les électeurs de Paris, Lyon et Marseille votent avec deux bulletins et élisent directement le conseil qui désigne ensuite le maire de la ville. Selon le Conseil constitutionnel, ces règles s’appliquent dès le renouvellement des conseils municipaux de mars 2026 (§ 56). Martine Froger (LIOT) et Stéphane Delautrette (Socialistes) ont relevé en séance l’absence d’étude d’impact et d’avis du Conseil d’État.
Ce qui est contesté
Première lecture, le 9 avril 2025 : 183 voix pour, 53 contre (scrutin n° 1330). Nouvelle lecture, le 7 juillet 2025 : 117 voix pour, 34 contre (scrutin n° 2954). Ont voté contre les Écologistes (11), la majorité des Socialistes (10 contre, 5 pour), Horizons (8 contre, 2 abstentions), la majorité de LIOT (4 contre, 1 pour) et GDR (1). Ont voté pour LFI (37), le RN (31), EPR (23), les Démocrates (12), la Droite républicaine (7) et l’UDR (1). Le Sénat a rejeté le texte deux fois ; l’Assemblée a eu le dernier mot.
- Pour le socialiste Emmanuel Grégoire, auteur de la motion de rejet, « Cette proposition de loi n’a été précédée d’aucune concertation réelle. »
- Pour GDR, Elsa Faucillon juge le slogan « Une personne, une voix » « aussi simpliste que mensonger », car la prime majoritaire crée toujours une inégalité entre les voix. Pour les Écologistes, Danielle Simonnet y voit « un accord d’appareils ».
- Horizons (Jean Moulliere) et LIOT (Martine Froger) critiquent surtout la méthode et le calendrier.
- Le rapporteur Jean-Paul Mattei (Démocrates) défend un retour vers le droit commun : « Ce texte n’est pas le grand soir pour les trois plus grandes communes de France. » Pour le RN, Franck Allisio soutient le texte tout en regrettant l’absence de bulletin unique.
- Selon nos données, l’article 1er, qui fixe le mode de scrutin, a concentré 13 scrutins.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi en juillet 2025 par des députés (saisine emmenée par Boris Vallaud et Cyrielle Chatelain) et par deux groupes de sénateurs, le Conseil a rendu la décision n° 2025-892 DC le 7 août 2025. Aucune disposition n’est censurée et le dispositif ne comporte aucune réserve d’interprétation (lecture imposée par le Conseil).
- Procédure : la hausse des dépenses publiques invoquée n’était « ni directe, ni certaine » ; le texte était donc recevable (§ 10 à 13).
- Arrondissements : ce ne sont pas des collectivités territoriales, et le texte ne change pas la répartition des compétences (§ 23 à 27).
- Prime de 25 % : justifiée par la taille et l’organisation propres à ces trois villes et par l’objectif de pluralisme (§ 33 à 35).
- Sincérité du scrutin : les règles ne sont pas « d’une particulière complexité » (§ 39 à 41) ; l’application dès mars 2026, plus de six mois après la loi, est admise (§ 56 à 58).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-795 du 11 août 2025 visant à réformer le mode d’élection des membres du conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et de Marseille.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 451 et exposé des motifs (15/10/2024)
- Texte adopté n° 166 (lecture définitive) (10/07/2025)
- Scrutin n° 1330 (première lecture) (09/04/2025)
- Scrutin n° 2954 (nouvelle lecture) (07/07/2025)
- Compte rendu de la séance du 7 juillet 2025 (motion de rejet et discussion générale) (07/07/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-892 DC (07/08/2025)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 28
- Contre
- 101
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 129
- Exprimés
- 129
- Majorité requise
- 65
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 28 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 32 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 8 | 5 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 7 | 1 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 3 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 28 dans le décompte
Contre (28) : Bruno Bilde, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, José Gonzalez, Franck Allisio, Lisette Pollet, Christine Loir, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Kévin Pfeffer, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Tiffany Joncour, Matthias Renault
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Contre (20) : Florent Boudié (ancien député), Sylvain Maillard, Hervé Berville (ancien député), Graziella Melchior, Liliana Tanguy, Bertrand Sorre, Roland Lescure (ancien député), Stéphane Vojetta (ancien député), Olivia Grégoire, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Freddy Sertin (ancien député), Christophe Marion, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Mathieu Lefèvre (ancien député), Prisca Thevenot, Joséphine Missoffe, Jean Laussucq (ancien député), Emmanuelle Hoffman
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 32 dans le décompte
Contre (32) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Aurélien Taché, Sophia Chikirou, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, David Guiraud (ancien député), Idir Boumertit, Rodrigo Arenas, Aurélie Trouvé, Louis Boyard, Maxime Laisney, Farida Amrani, Carlos Martens Bilongo, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Aymeric Caron, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Bérenger Cernon, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 13 dans le décompte
Pour (8) : Marietta Karamanli, Arthur Delaporte, Stéphane Delautrette, Emmanuel Grégoire (ancien député), Arnaud Simion, Sophie Pantel, Sandrine Runel, Céline Hervieu
Contre (5) : Marie-Noëlle Battistel, Marie-José Allemand, Laurent Lhardit, Marc Pena, Pierre Pribetich
Droite Républicaine 5 dans le décompte
Contre (5) : Philippe Gosselin, Eric Liégeon, Guillaume Lepers (ancien député), Élisabeth de Maistre, Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 9 dans le décompte
Pour (9) : Sébastien Peytavie, Jérémie Iordanoff, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Sabrina Sebaihi, Danielle Simonnet, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Les Démocrates 8 dans le décompte
Contre (8) : Christophe Blanchet, Sophie Mette, Jean-Paul Mattei, Maud Petit, Nicolas Turquois, Marina Ferrari (ancien député), Frantz Gumbs, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Pour (7) : Sylvain Berrios, Laetitia Saint-Paul, Béatrice Piron, Jean Moulliere (ancien député), Anne-Cécile Violland, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Thomas Lam
Contre (1) : Thierry Benoit
Non-votant (1) : Naïma Moutchou (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Pour (3) : Stéphane Lenormand, Martine Froger, Harold Huwart (ancien député)
Contre (1) : Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Elsa Faucillon
UDR 1 dans le décompte
Contre (1) : Olivier Fayssat
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin