Votes · Scrutin n° 323 · 7 novembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 171 de M. Bonnecarrère après l'article 16 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Président de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 16
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2025 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Bonnecarrère et 9 cosignataires (NI) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet article du code général des impôts concerne la possibilité donnée aux communes sur le territoire desquelles sont situées des sources d'eaux minérales d’instituer, à leur profit, une contribution sur ces eaux. Celle-ci est redevable par l’exploitant de la source.
Le IV de l’article 1582 exonère de cette contribution les exportateurs des eaux minérales, dès lors que les livraisons ou transports de ces eaux se font en dehors du territoire national ou à destination de l'Outre-mer.
Il existe donc en France hexagonale plusieurs cas où les communes voient les eaux minérales issues de sources situées sur leur territoire quitter la France sans que la moindre contribution soit donnée aux communes et que l’eau ne soit, même en partie, distribuée aux habitants.
Le présent amendement vise à supprimer cette exonération pour l'export à l'étranger, afin que toutes les communes sur lesquelles sont exploitées des sources d’eau soient en mesure d’instaurer une contribution. Dans les communes disposant des sources les plus célèbres (Volvic, Vittel par exemple), cette recette représente en effet une part importante de leur budget.
Le présent amendement aurait aussi pour effet d’installer un principe d’égalité entre toutes communes disposant d’une source exploitée, quelle que soit l’activité et les choix économiques de l’exploitant.
Rien ne justifie de traiter au regard des collectivités les eaux extraites de leur territoire différemment suivant le mode de commercialisation et en pratique l’origine des capitaux de la société d’exploitation (et d’ailleurs les recherches menées ne permettent pas de comprendre les motifs historiques d’une exclusion). […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Au IV de l’article 1582 du code général des impôts, les mots : « en dehors du territoire national ou » sont supprimés.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 16 : 31 scrutins publics, dont 4 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi déposé par le Gouvernement le 10 octobre 2024, qui fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2025. Principales mesures, d’après le texte adopté le 5 février 2025 (T.A. n° 42) et la décision du Conseil constitutionnel :
- une imposition minimale de 20 % pour les foyers dont le revenu dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) ;
- une contribution exceptionnelle des entreprises réalisant au moins 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en France, égale à 20,6 % de leur impôt sur les sociétés (41,2 % à partir de 3 milliards) ;
- une taxe sur les revenus des « centrales électronucléaires historiques », reversée aux consommateurs d’électricité, à partir du 1er janvier 2026 (décision, § 20 et 26) ;
- un plafond unique de franchise de TVA pour les petites entreprises (25 000 €, § 50) et un malus CO2 plus large sur les voitures neuves (§ 41) ;
- 1 milliard d’euros de recettes des collectivités mis en réserve en 2025, reversé ensuite sur trois ans (§ 102 à 105).
Ce que ça change
Le texte vise un déficit public de 5,4 % du PIB en 2025, après 6,0 % en 2024 (article liminaire), et un déficit de l’État de près de 139 milliards d’euros (article d’équilibre). Les foyers les plus aisés et les grandes entreprises paient des contributions nouvelles. Les collectivités perdent 1,2 milliard d’euros avec le gel de leur part de TVA, selon les travaux parlementaires cités par le Conseil (§ 81).
Ce qui est contesté
Le 12 novembre 2024, l’Assemblée a rejeté la première partie du texte (les recettes) par 362 voix contre 192 (scrutin n° 438), ce qui a entraîné le rejet de tout le projet en première lecture. Contre : RN, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, UDR et une partie de LIOT. Pour : LFI-NFP, Socialistes, Écologistes et GDR. Après le Sénat, une commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs) a rédigé une version commune.
Le 3 février 2025, le Gouvernement a engagé sa responsabilité sur cette version (article 49.3 : le texte est adopté sans vote, sauf si une motion de censure réunit 289 députés). La motion de censure déposée par Mathilde Panot (LFI-NFP) et 90 députés a obtenu 128 voix le 5 février : elle est rejetée.
- Pour LFI-NFP, Aurélie Trouvé estime : « Vous serez responsables du budget le plus austéritaire du XXIe siècle ».
- Selon Emmanuel Grégoire, les Socialistes, en désaccord avec le budget, « ont choisi démocratiquement de ne pas voter cette motion de censure, dans l’intérêt supérieur du pays ». Il cite la réindexation des pensions.
- Pour le RN, Yoann Gillet critique plusieurs hausses d’impôts mais indique que le budget « permet d’entériner ces mesures essentielles » obtenues selon lui par son groupe, et juge la motion « une mascarade ».
- Les Démocrates et Horizons soutiennent le compromis ; Paul Christophe (Horizons) salue « l’absence de hausses d’impôts pour les classes moyennes ».
- Selon nos données, 77 scrutins publics ont porté sur des amendements après l’article 3 du projet initial.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés RN et UDR, puis par des députés LFI-NFP, le Conseil a rendu la décision n° 2025-874 DC le 13 février 2025.
- Censurés : neuf articles étrangers au contenu possible d’une loi de finances (« cavaliers budgétaires »), dont l’article 177 créant un établissement public pour l’immobilier de l’État (§ 95 à 99) et les articles 155, 174, 176, 179 à 181, 187 et 194 (§ 108 à 115).
- Censuré : l’article 108, ajouté en commission mixte paritaire sans lien direct avec une disposition encore en discussion (§ 116 à 118).
- Validés : la procédure malgré le dépôt tardif (§ 7) ; le Conseil juge « très regrettable » la non-transmission de documents à la commission des finances, sans atteinte substantielle au débat (§ 9). La taxe nucléaire, le malus, la franchise de TVA et l’effort des collectivités (§ 81 et 104) sont conformes.
- Aucune réserve d’interprétation.
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, publiée au Journal officiel du 16 février 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif du projet de loi de finances pour 2025 (24/10/2026)
- Projet de loi de finances pour 2025, considéré comme adopté (T.A. n° 42) (05/02/2025)
- Scrutin n° 438 sur la première partie du projet de loi de finances pour 2025 (12/11/2024)
- Motion de censure déposée par Mathilde Panot et 90 députés (03/02/2025)
- Compte rendu de la séance du 5 février 2025 (motion de censure) (05/02/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-874 DC (13/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 76
- Contre
- 71
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 148
- Exprimés
- 147
- Majorité requise
- 74
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Contre | 1 | 54 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 1 | 6 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 27 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 19 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Pour | 2 | 0 | 1 | 1 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 8 | 1 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 2 | 9 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 55 dans le décompte
Pour (1) : Florence Joubert
Contre (54) : Marie-France Lorho, Christian Girard, José Beaurain, Jorys Bovet, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Romain Baubry, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Thomas Ménagé, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Michèle Martinez, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Philippe Schreck, Eddy Casterman, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Aurélien Dutremble, Arnaud Sanvert (ancien député), Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 8 dans le décompte
Pour (1) : Christophe Mongardien
Contre (6) : Sophie Panonacle, Jean-Luc Fugit, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Prisca Thevenot
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 27 dans le décompte
Pour (27) : Mathilde Panot, Sophia Chikirou, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, François Piquemal, Christophe Bex, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Alma Dufour, Clémence Guetté, Carlos Martens Bilongo, Aurélien Saintoul, Aymeric Caron, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 19 dans le décompte
Pour (19) : Hervé Saulignac, Dominique Potier, Christian Baptiste, Chantal Jourdan, Isabelle Santiago, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Elie Califer, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Pour (2) : Véronique Louwagie (ancien député), Corentin Le Fur
Abstention (1) : Philippe Juvin
Non-votant (1) : Xavier Breton
Écologiste et Social 9 dans le décompte
Pour (9) : Jean-Louis Roumégas, Marie Pochon, Danielle Simonnet, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Julie Ozenne
Les Démocrates 9 dans le décompte
Pour (8) : Christophe Blanchet, Sophie Mette, Sabine Thillaye, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Maud Petit, Emmanuel Mandon, Anne Bergantz
Contre (1) : Hubert Ott
Horizons & Indépendants 11 dans le décompte
Pour (2) : Thierry Benoit, Pierre Marle
Contre (9) : Sylvain Berrios, François Jolivet, Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Pierre Henriet, Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Isabelle Mesnard (ancien député), Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (3) : Jean-Pierre Bataille, Joël Bruneau, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Karine Lebon, Emmanuel Maurel
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Stella Dupont
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Florence Joubert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin