Votes · Scrutin n° 347 · 8 novembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 3485 de Mme Diaz après l'article 26 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 26
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2025 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Diaz et 123 cosignataires (RN) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement s'inscrit dans la continuité du travail effectué par le groupe Rassemblement National sous la précédente législature, que le déclenchement à répétition du 49.3 n'a pas permis de concrétiser malgré l'urgence d'une solution pour les territoires.
Sous l'impulsion du pouvoir macroniste, l’article 8 du projet de loi de finances de 2019 a défini une augmentation annuelle des taux de la Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP) de 2021 à 2025, et ceci de manière exponentielle. Cette explosion de la fiscalité a engendré des conséquences dramatiques pour le pouvoir d'achat des Français et surtout des plus modestes.
Cette taxation est emblématique de l'écologie punitive et de la décroissance qui frappent tous les Français, et qui, dans certains cas, aggravent le délitement du service public. C'est précisément le cas dans les départements de la Dordogne et de la Gironde, où le SM3D et le SMICVAL ont décidé l'arrêt de la collecte en porte-à-porte des ordures ménagères, avec des modalités de concertation insuffisantes et discutables.
Face à cette situation éminemment pénalisante, des citoyens exaspérés ont manifesté leur contestation en constituant des associations, et des municipalités tentent courageusement de contrer ce dispositif injuste avec les moyens dont elles disposent.
Le mécontentement des opposants à ces énièmes contraintes illégitimes est parfaitement justifié. Tout d'abord, ils pointent l'incohérence écologique de ces mesures. D'une part, les maires redoutent l'explosion de dépôts sauvages contre lesquels ils peuvent difficilement lutter. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Le A du 1 de l’article 266 nonies du code des douanes est ainsi modifié :
A. – La dernière colonne du tableau du second alinéa du a est ainsi modifiée :
1° À la troisième ligne, le nombre :« 65 » est remplacé par le nombre : « 24 » ;
2° À la quatrième ligne, le nombre :« 65 » est remplacé par le nombre : « 33 » ;
3° À la cinquième ligne, le nombre :« 65 » est remplacé par le nombre : « 16 » ;
4° À la sixième ligne, le nombre :« 65 » est remplacé par le nombre : « 41 » ;
B. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 26 : 28 scrutins publics, dont 8 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi déposé par le Gouvernement le 10 octobre 2024, qui fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2025. Principales mesures, d’après le texte adopté le 5 février 2025 (T.A. n° 42) et la décision du Conseil constitutionnel :
- une imposition minimale de 20 % pour les foyers dont le revenu dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) ;
- une contribution exceptionnelle des entreprises réalisant au moins 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en France, égale à 20,6 % de leur impôt sur les sociétés (41,2 % à partir de 3 milliards) ;
- une taxe sur les revenus des « centrales électronucléaires historiques », reversée aux consommateurs d’électricité, à partir du 1er janvier 2026 (décision, § 20 et 26) ;
- un plafond unique de franchise de TVA pour les petites entreprises (25 000 €, § 50) et un malus CO2 plus large sur les voitures neuves (§ 41) ;
- 1 milliard d’euros de recettes des collectivités mis en réserve en 2025, reversé ensuite sur trois ans (§ 102 à 105).
Ce que ça change
Le texte vise un déficit public de 5,4 % du PIB en 2025, après 6,0 % en 2024 (article liminaire), et un déficit de l’État de près de 139 milliards d’euros (article d’équilibre). Les foyers les plus aisés et les grandes entreprises paient des contributions nouvelles. Les collectivités perdent 1,2 milliard d’euros avec le gel de leur part de TVA, selon les travaux parlementaires cités par le Conseil (§ 81).
Ce qui est contesté
Le 12 novembre 2024, l’Assemblée a rejeté la première partie du texte (les recettes) par 362 voix contre 192 (scrutin n° 438), ce qui a entraîné le rejet de tout le projet en première lecture. Contre : RN, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, UDR et une partie de LIOT. Pour : LFI-NFP, Socialistes, Écologistes et GDR. Après le Sénat, une commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs) a rédigé une version commune.
Le 3 février 2025, le Gouvernement a engagé sa responsabilité sur cette version (article 49.3 : le texte est adopté sans vote, sauf si une motion de censure réunit 289 députés). La motion de censure déposée par Mathilde Panot (LFI-NFP) et 90 députés a obtenu 128 voix le 5 février : elle est rejetée.
- Pour LFI-NFP, Aurélie Trouvé estime : « Vous serez responsables du budget le plus austéritaire du XXIe siècle ».
- Selon Emmanuel Grégoire, les Socialistes, en désaccord avec le budget, « ont choisi démocratiquement de ne pas voter cette motion de censure, dans l’intérêt supérieur du pays ». Il cite la réindexation des pensions.
- Pour le RN, Yoann Gillet critique plusieurs hausses d’impôts mais indique que le budget « permet d’entériner ces mesures essentielles » obtenues selon lui par son groupe, et juge la motion « une mascarade ».
- Les Démocrates et Horizons soutiennent le compromis ; Paul Christophe (Horizons) salue « l’absence de hausses d’impôts pour les classes moyennes ».
- Selon nos données, 77 scrutins publics ont porté sur des amendements après l’article 3 du projet initial.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés RN et UDR, puis par des députés LFI-NFP, le Conseil a rendu la décision n° 2025-874 DC le 13 février 2025.
- Censurés : neuf articles étrangers au contenu possible d’une loi de finances (« cavaliers budgétaires »), dont l’article 177 créant un établissement public pour l’immobilier de l’État (§ 95 à 99) et les articles 155, 174, 176, 179 à 181, 187 et 194 (§ 108 à 115).
- Censuré : l’article 108, ajouté en commission mixte paritaire sans lien direct avec une disposition encore en discussion (§ 116 à 118).
- Validés : la procédure malgré le dépôt tardif (§ 7) ; le Conseil juge « très regrettable » la non-transmission de documents à la commission des finances, sans atteinte substantielle au débat (§ 9). La taxe nucléaire, le malus, la franchise de TVA et l’effort des collectivités (§ 81 et 104) sont conformes.
- Aucune réserve d’interprétation.
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, publiée au Journal officiel du 16 février 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif du projet de loi de finances pour 2025 (24/10/2026)
- Projet de loi de finances pour 2025, considéré comme adopté (T.A. n° 42) (05/02/2025)
- Scrutin n° 438 sur la première partie du projet de loi de finances pour 2025 (12/11/2024)
- Motion de censure déposée par Mathilde Panot et 90 députés (03/02/2025)
- Compte rendu de la séance du 5 février 2025 (motion de censure) (05/02/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-874 DC (13/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 72
- Contre
- 65
- Abstention
- 5
- Non-votant
- 2
- Votants
- 142
- Exprimés
- 137
- Majorité requise
- 69
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Pour | 65 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 2 | 8 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 1 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Abstention | 1 | 0 | 2 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | Abstention | 0 | 0 | 2 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 65 dans le décompte
Pour (65) : Nicolas Meizonnet, Marie-France Lorho, Christian Girard, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Frédéric Falcon, Gisèle Lelouis, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michèle Martinez, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Philippe Schreck, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Guillaume Florquin, Bruno Clavet, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Florence Joubert, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Aurélien Dutremble, Arnaud Sanvert (ancien député), Julien Limongi, Matthias Renault, Gaëtan Dussausaye, Anne Sicard
Ensemble pour la République 11 dans le décompte
Pour (2) : Anthony Brosse, Christophe Mongardien
Contre (8) : Jean-René Cazeneuve, Sophie Panonacle, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Mathieu Lefèvre (ancien député), Pierre Cazeneuve, David Amiel (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 21 dans le décompte
Contre (20) : Bastien Lachaud, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Matthias Tavel, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Manon Meunier, Maxime Laisney, Paul Vannier, Aymeric Caron, Marie Mesmeur, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune
Non-votant (1) : Nadège Abomangoli
Socialistes et apparentés 12 dans le décompte
Contre (12) : Hervé Saulignac, Dominique Potier, Chantal Jourdan, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Elie Califer, Marie-José Allemand, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Estelle Mercier, Thierry Sother, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 3 dans le décompte
Pour (1) : Corentin Le Fur
Abstention (2) : Véronique Louwagie (ancien député), Nicolas Ray
Écologiste et Social 11 dans le décompte
Contre (11) : Eva Sas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Julie Laernoes, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Karim Ben Cheikh, Emmanuel Duplessy, Arnaud Bonnet
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (5) : Sophie Mette, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Hubert Ott, Frantz Gumbs
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Contre (7) : Laurent Marcangeli, François Jolivet, Lise Magnier, Isabelle Rauch, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (2) : Joël Bruneau, Charles de Courson
Abstention (1) : Jean-Pierre Bataille
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Abstention (2) : Nicolas Sansu, Karine Lebon
UDR 4 dans le décompte
Pour (4) : Gérault Verny, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin