Votes · Scrutin n° 3472 · 6 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 224 de M. Guedj après l'article 8 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 8
- Texte
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 Projet de loi de financement de la sécurité sociale
Amendement déposé par M. Guedj et 68 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement de repli des députés « Socialistes et apparentés » vise à relever le taux de la contribution solidarité autonomie (CSA) de 0,3 % à 0,45 % pour les rémunérations supérieures à 3 SMIC.
La création la branche autonomie ne s’est pas accompagnée de financements suffisants pour faire face aux besoins identifiés dans le rapport Libault de mars 2019 : 6 milliards d’euros supplémentaires par an à partir de 2024, et à 9 milliards d’euros supplémentaires par an à partir de 2030.
Cet amendement vise donc à augmenter à la branche autonomie une recette déjà existante : la contribution solidarité autonomie ; sans impact pour les travailleurs aux revenus plus modestes (< à 3 SMIC).
*
Cet amendement s'inscrit en complément des propositions budgétaires formulées par les Socialistes lors de leur Université d'été à Blois le samedi 30 août 2025.
Ces propositions budgétaires se fixent 4 principes :
1er principe : Soutenir les classes populaires et moyennes et les travailleurs ;
2e principe : Mettre à contribution les grandes entreprises et les grandes fortunes ;
3e principe : Relancer l’économie française via un plan d’investissement vert ;
4e principe : Retrouver la maîtrise de la dette publique : objectif 3% de déficit à l'horizon 2032, avec une cible de 5% pour 2026.
Pour ce faire, les socialistes proposent de :
– Collecter 26,9 milliards d'euros de recettes nouvelles ;
– Réaliser 14 milliards d'euros d'économies ;
– Engager 19,2 milliards d'euros de dépenses nouvelles (pour suspendre la réforme des retraites, soutenir le pouvoir d’achat ses travailleurs et relancer l’investissement). […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
La première phrase du premier alinéa de l’article L. 137‑40 du code de la sécurité sociale est complétée par les mots : « en ce qui concerne la rémunération des travailleurs dont la rémunération est inférieure à trois fois le montant du salaire minimum interprofessionnel de croissance mentionné à l’article L. 3231‑2 du code du travail et au taux de 0,45 % due par les mêmes employeurs en ce qui concerne la rémunération des travailleurs dont la rémunération est supérieure à trois fois le montant du même salaire minimum ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 8 : 46 scrutins publics, dont 2 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (le budget de la Sécurité sociale) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu, par Jean-Pierre Farandou, Stéphanie Rist et Amélie de Montchalin. D’après le texte définitif du 16 décembre 2025, la loi prévoit notamment :
- un objectif de dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 274,4 milliards d’euros pour 2026, contre 265,9 milliards en 2025 (article 109) ;
- un nouveau calendrier de l’âge légal de départ : 62 ans et 9 mois pour les assurés nés entre janvier 1963 et mars 1965, puis une hausse progressive jusqu’à 63 ans et 9 mois pour ceux nés en 1968 (article 105) ;
- une durée maximale pour les arrêts de travail prescrits, fixée par décret et d’au moins un mois pour une première prescription (article 81) ;
- un « congé supplémentaire de naissance » (article 99) et l’extension de la déduction de cotisations sur les heures supplémentaires aux entreprises de plus de 250 salariés (article 21).
Ce que ça change
Le texte définitif prévoit pour 2026 un déficit de 19,4 milliards d’euros pour l’ensemble des régimes de base (article 47). Le nouveau calendrier de départ à la retraite s’applique aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026 (article 105, VI). Selon le rapport annexé, revenir à l’équilibre en 2029 demandera « un effort supplémentaire de 23,7 milliards d’euros sur trois ans ».
Ce qui est contesté
Le 16 décembre 2025, en lecture définitive, l’Assemblée a adopté le texte par 247 voix contre 232 et 90 abstentions (scrutin n° 4758). Pour : Ensemble pour la République (91), Socialistes (64), Les Démocrates (36), LIOT (20), Droite républicaine (18). Contre : RN (123), LFI (69), UDR (16), GDR (10), Écologiste et social (9). Se sont surtout abstenus la Droite républicaine (28), les écologistes (27) et Horizons (25).
Selon le compte rendu de la séance, Hadrien Clouet (LFI) dénonce « un texte qui coupe plus de 3 milliards d’euros à l’hôpital et aux Ehpad ». Joëlle Mélin (RN) propose plutôt de « geler tout prélèvement supplémentaire ». Cyrielle Chatelain (Écologiste et social) s’oppose aux mesures sur les arrêts de travail mais juge que « rejeter ce budget, c’est demander aux soignants de faire la même chose avec moins d’argent ».
Le calendrier des retraites divise. Sandrine Runel (Socialistes) se félicite : « La réforme des retraites ? Suspendue. » Philippe Vigier (Les Démocrates) vote pour en avalisant « avec quelque regret » cette suspension. Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons) estime qu’elle laisse « croire à un retour possible à 62 ans ». Justine Gruet (Droite républicaine) annonce une abstention majoritaire de son groupe.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 18 décembre 2025 par des députés LFI et trois députés GDR, le Conseil a rendu le 30 décembre 2025 la décision n° 2025-899 DC. Censurés :
- la nouvelle définition de l’incapacité de travail ouvrant droit aux indemnités journalières, appréciée au regard d’une « activité professionnelle […] quelconque » : trop imprécise, elle prive de garanties le droit à des moyens convenables d’existence (article 83, § 82 à 91) ;
- des « cavaliers sociaux », mesures sans effet suffisant sur les comptes de la Sécurité sociale : autorisation préalable de la médecine esthétique, obligations liées au dossier médical partagé, rapport sur les retraites à Mayotte, entre autres (articles 51, 57, 60, 69, 72, 85, 91, 92 et 105, § 92 à 102).
Le Conseil n’émet aucune réserve. Il valide l’Ondam (§ 9), la limitation de durée des arrêts de travail, que le médecin peut dépasser en le justifiant (article 81, § 71 à 74), et la procédure d’adoption de l’article 54 sur le parcours de prévention (§ 51).
Où en est le texte
La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 a été publiée au Journal officiel du 31 décembre 2025, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 n° 1907 (14 octobre 2025)
- Texte définitif, T.A. n° 199, Assemblée nationale (16 décembre 2025)
- Scrutin public n° 4758 sur l’ensemble (lecture définitive) (16 décembre 2025)
- Compte rendu de la séance du 16 décembre 2025, Assemblée nationale (16 décembre 2025)
- Décision n° 2025-899 DC, Conseil constitutionnel (30 décembre 2025)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (30 décembre 2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 84
- Contre
- 150
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 14
- Votants
- 237
- Exprimés
- 234
- Majorité requise
- 118
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 70 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 34 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 27 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 33 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 2 | |
| LIOT 22 membres | aucun vote | 2 | 2 | 2 | 1 | |
| GDR 17 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 1 | 6 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 4 | 1 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 70 dans le décompte
Contre (70) : Hervé de Lépinau, Nicolas Meizonnet, Bruno Bilde, Christian Girard, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Laurent Jacobelli, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Schreck, Bénédicte Auzanot, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Nadine Lechon, Florence Joubert, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Gaëtan Dussausaye, Joseph Rivière, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 41 dans le décompte
Contre (34) : Sébastien Huyghe, Éric Woerth (ancien député), Stéphane Mazars (ancien député), Sandra Marsaud, François Cormier-Bouligeon, Graziella Melchior, Didier Le Gac, Sandrine Le Feur, Liliana Tanguy, Christine Le Nabour, Danielle Brulebois, Lionel Causse, Michel Lauzzana, Bertrand Sorre, Jean-Michel Jacques, Anne Genetet, Pieyre-Alexandre Anglade, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Jean Terlier, Céline Calvez, Natalia Pouzyreff, Annie Vidal, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Julie Delpech, Nathalie Coggia, Yannick Chenevard, Prisca Thevenot, Joséphine Missoffe, Vincent Caure
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 27 dans le décompte
Pour (27) : Élisa Martin, Loïc Prud'homme, Bastien Lachaud, Jean-Hugues Ratenon, Sophia Chikirou, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Sébastien Delogu, Hadrien Clouet, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Aurélie Trouvé, Nadège Abomangoli, Manon Meunier, Farida Amrani, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Pierre-Yves Cadalen, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 33 dans le décompte
Pour (33) : Jérôme Guedj, Pascale Got, Guillaume Garot, Fanny Dombre Coste, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Boris Vallaud, Sacha Houlié, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Roger Vicot, Fatiha Keloua Hachi, Stéphane Delautrette, Martine Froger, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Paul Christophle, Océane Godard, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Peio Dufau, Sandrine Runel, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 11 dans le décompte
Contre (8) : Jean-Yves Bony, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Ian Boucard, Justine Gruet, Élisabeth de Maistre
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 15 dans le décompte
Pour (15) : Eva Sas, Alexis Corbière, Sophie Taillé-Polian, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Catherine Hervieu, Nicolas Bonnet, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 15 dans le décompte
Contre (14) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Christophe Blanchet, Sabine Thillaye, Sandrine Josso, Josy Poueyto, Frédéric Petit, Nicolas Turquois, Mickaël Cosson, Delphine Lingemann, Louise Morel, Frantz Gumbs, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 14 dans le décompte
Contre (12) : Thierry Benoit, Laurent Marcangeli, Loïc Kervran (ancien député), Isabelle Rauch, Pierre Henriet, Jérémie Patrier-Leitus, François Gernigon, Jean Moulliere (ancien député), Béatrice Bellamy (ancien député), Frédéric Valletoux, Jean-Michel Brard, Nathalie Colin-Oesterlé
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 7 dans le décompte
Pour (2) : Paul-André Colombani, Olivier Serva
Contre (2) : Yannick Favennec-Bécot, Joël Bruneau
Abstention (2) : Jean-Luc Warsmann, David Taupiac
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 6 dans le décompte
Pour (6) : Soumya Bourouaha, Stéphane Peu, Elsa Faucillon, Karine Lebon, Yannick Monnet, Frédéric Maillot
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Pour (1) : Éric Michoux
Contre (6) : Sophie Ricourt Vaginay, Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot, Charles Alloncle, Maxime Michelet
Non inscrit 5 dans le décompte
Contre (4) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Raphaël Schellenberger, Lionel Vuibert
Abstention (1) : Aurélien Pradié
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin