Votes · Scrutin n° 354 · 8 novembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1268 de Mme Ozenne après l'article 26 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 26
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2025 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Ozenne et 34 cosignataires (ECOS) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement propose la création d'un "malus bruit" sur les 2 et 3 roues motorisés les plus bruyants.
En effet, selon l’OMS, le bruit est le deuxième facteur environnemental le plus important à l’origine de problèmes de santé, juste derrière la pollution atmosphérique. Les conséquences sanitaires de la pollution sonore sont graves et concrètes : perturbation du sommeil, du système endocrinien, du système cardio-vasculaire, effets sur le système immunitaire.
Mal connu, ce problème de santé publique concerne pourtant une vaste part de la population. L’Agence européenne de l’environnement (AEE) estime ainsi que 20 % de la population européenne (soit plus de 100 millions de personnes) est exposé à des niveaux de bruit de longue durée néfastes à leur santé. Cette pollution représente un coût faramineux pour la société. Selon l’Ademe, le coût social des pollutions sonores en France s’élève à 147 milliards d’euros par an, en prenant notamment en compte le coût des troubles et pathologies associées et la perte de productivité. C’est quasiment l’équivalent du coût social du tabac, estimé à 156 milliards d'euros.
L’une des premières causes de pollution sonore est le trafic routier. L’OMS recommande ainsi de réduire les niveaux sonores émis par le trafic routier à moins de 53 décibels (dB) en journée, et à moins de 45 dB la nuit. Malheureusement, ces limites sanitaires sont bien souvent fortement dépassées. Selon l’ANSES, 40% de la population française est exposée à des niveaux sonores supérieurs à 55 dB, dont les ¾ sont liés au trafic routier. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
La section 1 du chapitre Ier du titre VII du livre V du code de l’environnement est complétée par un article L. 571‑5‑1 ainsi rédigé :
« Art. L. 571‑5‑1. – I. – À compter du 1er janvier 2025, il est perçu une taxe sur les émissions sonores produites par les véhicules à moteur de catégorie L1e, L2e, L3e, L4e mentionnés à l’article R. 311‑1 du code de la route.
« II. – Le montant de la taxe est déterminé au moyen d’un barème progressif fixé par décret. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 26 : 28 scrutins publics, dont 8 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi déposé par le Gouvernement le 10 octobre 2024, qui fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2025. Principales mesures, d’après le texte adopté le 5 février 2025 (T.A. n° 42) et la décision du Conseil constitutionnel :
- une imposition minimale de 20 % pour les foyers dont le revenu dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) ;
- une contribution exceptionnelle des entreprises réalisant au moins 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en France, égale à 20,6 % de leur impôt sur les sociétés (41,2 % à partir de 3 milliards) ;
- une taxe sur les revenus des « centrales électronucléaires historiques », reversée aux consommateurs d’électricité, à partir du 1er janvier 2026 (décision, § 20 et 26) ;
- un plafond unique de franchise de TVA pour les petites entreprises (25 000 €, § 50) et un malus CO2 plus large sur les voitures neuves (§ 41) ;
- 1 milliard d’euros de recettes des collectivités mis en réserve en 2025, reversé ensuite sur trois ans (§ 102 à 105).
Ce que ça change
Le texte vise un déficit public de 5,4 % du PIB en 2025, après 6,0 % en 2024 (article liminaire), et un déficit de l’État de près de 139 milliards d’euros (article d’équilibre). Les foyers les plus aisés et les grandes entreprises paient des contributions nouvelles. Les collectivités perdent 1,2 milliard d’euros avec le gel de leur part de TVA, selon les travaux parlementaires cités par le Conseil (§ 81).
Ce qui est contesté
Le 12 novembre 2024, l’Assemblée a rejeté la première partie du texte (les recettes) par 362 voix contre 192 (scrutin n° 438), ce qui a entraîné le rejet de tout le projet en première lecture. Contre : RN, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, UDR et une partie de LIOT. Pour : LFI-NFP, Socialistes, Écologistes et GDR. Après le Sénat, une commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs) a rédigé une version commune.
Le 3 février 2025, le Gouvernement a engagé sa responsabilité sur cette version (article 49.3 : le texte est adopté sans vote, sauf si une motion de censure réunit 289 députés). La motion de censure déposée par Mathilde Panot (LFI-NFP) et 90 députés a obtenu 128 voix le 5 février : elle est rejetée.
- Pour LFI-NFP, Aurélie Trouvé estime : « Vous serez responsables du budget le plus austéritaire du XXIe siècle ».
- Selon Emmanuel Grégoire, les Socialistes, en désaccord avec le budget, « ont choisi démocratiquement de ne pas voter cette motion de censure, dans l’intérêt supérieur du pays ». Il cite la réindexation des pensions.
- Pour le RN, Yoann Gillet critique plusieurs hausses d’impôts mais indique que le budget « permet d’entériner ces mesures essentielles » obtenues selon lui par son groupe, et juge la motion « une mascarade ».
- Les Démocrates et Horizons soutiennent le compromis ; Paul Christophe (Horizons) salue « l’absence de hausses d’impôts pour les classes moyennes ».
- Selon nos données, 77 scrutins publics ont porté sur des amendements après l’article 3 du projet initial.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés RN et UDR, puis par des députés LFI-NFP, le Conseil a rendu la décision n° 2025-874 DC le 13 février 2025.
- Censurés : neuf articles étrangers au contenu possible d’une loi de finances (« cavaliers budgétaires »), dont l’article 177 créant un établissement public pour l’immobilier de l’État (§ 95 à 99) et les articles 155, 174, 176, 179 à 181, 187 et 194 (§ 108 à 115).
- Censuré : l’article 108, ajouté en commission mixte paritaire sans lien direct avec une disposition encore en discussion (§ 116 à 118).
- Validés : la procédure malgré le dépôt tardif (§ 7) ; le Conseil juge « très regrettable » la non-transmission de documents à la commission des finances, sans atteinte substantielle au débat (§ 9). La taxe nucléaire, le malus, la franchise de TVA et l’effort des collectivités (§ 81 et 104) sont conformes.
- Aucune réserve d’interprétation.
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, publiée au Journal officiel du 16 février 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif du projet de loi de finances pour 2025 (24/10/2026)
- Projet de loi de finances pour 2025, considéré comme adopté (T.A. n° 42) (05/02/2025)
- Scrutin n° 438 sur la première partie du projet de loi de finances pour 2025 (12/11/2024)
- Motion de censure déposée par Mathilde Panot et 90 députés (03/02/2025)
- Compte rendu de la séance du 5 février 2025 (motion de censure) (05/02/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-874 DC (13/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 49
- Contre
- 48
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 97
- Exprimés
- 97
- Majorité requise
- 49
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Contre | 0 | 28 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 2 | 5 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 18 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 12 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 1 | 3 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 28 dans le décompte
Contre (28) : Marie-France Lorho, Christian Girard, José Gonzalez, Caroline Colombier, Yoann Gillet, Edwige Diaz (ancien député), Alexandre Sabatou, Thierry Frappé, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Philippe Schreck, Bruno Clavet, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Julien Guibert, David Magnier, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Arnaud Sanvert (ancien député), Matthias Renault, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 8 dans le décompte
Pour (2) : Anthony Brosse, Christophe Mongardien
Contre (5) : Jean-René Cazeneuve, Sophie Panonacle, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Mathieu Lefèvre (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 18 dans le décompte
Pour (18) : Aurélien Taché, Éric Coquerel, Sophia Chikirou, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Matthias Tavel, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Clémence Guetté, Manon Meunier, Maxime Laisney, Paul Vannier, Carlos Martens Bilongo, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 13 dans le décompte
Pour (13) : Hervé Saulignac, Dominique Potier, Christian Baptiste, Chantal Jourdan, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Thierry Sother, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Véronique Louwagie (ancien député), Corentin Le Fur
Écologiste et Social 12 dans le décompte
Pour (12) : Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Cyrielle Chatelain, Julie Laernoes, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Karim Ben Cheikh, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 4 dans le décompte
Pour (1) : Hubert Ott
Contre (3) : Christophe Blanchet, Sophie Mette, Jean-Paul Mattei
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (5) : Laurent Marcangeli, François Jolivet, Pierre Henriet, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard
Non-votant (1) : Naïma Moutchou (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Contre (5) : Jean-Pierre Bataille, Michel Castellani, Joël Bruneau, Harold Huwart (ancien député), Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Nicolas Sansu, Karine Lebon, Emmanuel Maurel
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin