Votes · Scrutin n° 360 · 8 novembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1406 de Mme Pirès Beaune après l'article 26 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 26
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2025 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Pirès Beaune et 64 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Dans l’état actuel du droit, l’assurance vie bénéficie d’un traitement fiscal à la succession très avantageux. Pour les versements effectués avant 70 ans, ceux-ci sont exonérés de droits de succession s’ils ne dépassent pas 152 500 euros. Au-dessus de cette limite, un prélèvement de 20% s’applique pour la fraction de la part taxable de chaque bénéficiaire inférieure ou égale à 700 000 €, et à 31,25 % pour la fraction de la part taxable de chaque bénéficiaire excédant cette limite.
Ce barème après abattement dont bénéficient les produits d’assurance-vie est encore plus avantageux que celui appliqué aux successions en ligne directe. Cette différence de traitement ne semble pas trouver à l’heure actuelle de justification, c’est pourquoi, dans un souci de redressement de nos finances publiques, cet amendement propose d’aligner la fiscalité de la transmission des contrats d’assurance-vie après abattement sur le modèle des droits de succession en ligne directe.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À la fin de la seconde phrase du premier alinéa de l’article 990 I du code général des impôts, les mots : « 700 000 €, et à 31,25 % pour la fraction de la part taxable de chaque bénéficiaire excédant cette limite » sont remplacés par les mots : « 552 324 €, à 30 % pour la fraction de la part taxable de chaque bénéficiaire inférieure ou égale à 902 838 €, à 40 % pour la fraction de la part taxable de chaque bénéficiaire inférieure ou égale à 1 805 677 € et à 45 % pour la fraction de la part taxable de chaque bénéficiaire supérieure à 1 805 677 € ».
II. – Le I s’applique à compter du 1er janvier 2025.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 26 : 28 scrutins publics, dont 8 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi déposé par le Gouvernement le 10 octobre 2024, qui fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2025. Principales mesures, d’après le texte adopté le 5 février 2025 (T.A. n° 42) et la décision du Conseil constitutionnel :
- une imposition minimale de 20 % pour les foyers dont le revenu dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) ;
- une contribution exceptionnelle des entreprises réalisant au moins 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en France, égale à 20,6 % de leur impôt sur les sociétés (41,2 % à partir de 3 milliards) ;
- une taxe sur les revenus des « centrales électronucléaires historiques », reversée aux consommateurs d’électricité, à partir du 1er janvier 2026 (décision, § 20 et 26) ;
- un plafond unique de franchise de TVA pour les petites entreprises (25 000 €, § 50) et un malus CO2 plus large sur les voitures neuves (§ 41) ;
- 1 milliard d’euros de recettes des collectivités mis en réserve en 2025, reversé ensuite sur trois ans (§ 102 à 105).
Ce que ça change
Le texte vise un déficit public de 5,4 % du PIB en 2025, après 6,0 % en 2024 (article liminaire), et un déficit de l’État de près de 139 milliards d’euros (article d’équilibre). Les foyers les plus aisés et les grandes entreprises paient des contributions nouvelles. Les collectivités perdent 1,2 milliard d’euros avec le gel de leur part de TVA, selon les travaux parlementaires cités par le Conseil (§ 81).
Ce qui est contesté
Le 12 novembre 2024, l’Assemblée a rejeté la première partie du texte (les recettes) par 362 voix contre 192 (scrutin n° 438), ce qui a entraîné le rejet de tout le projet en première lecture. Contre : RN, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, UDR et une partie de LIOT. Pour : LFI-NFP, Socialistes, Écologistes et GDR. Après le Sénat, une commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs) a rédigé une version commune.
Le 3 février 2025, le Gouvernement a engagé sa responsabilité sur cette version (article 49.3 : le texte est adopté sans vote, sauf si une motion de censure réunit 289 députés). La motion de censure déposée par Mathilde Panot (LFI-NFP) et 90 députés a obtenu 128 voix le 5 février : elle est rejetée.
- Pour LFI-NFP, Aurélie Trouvé estime : « Vous serez responsables du budget le plus austéritaire du XXIe siècle ».
- Selon Emmanuel Grégoire, les Socialistes, en désaccord avec le budget, « ont choisi démocratiquement de ne pas voter cette motion de censure, dans l’intérêt supérieur du pays ». Il cite la réindexation des pensions.
- Pour le RN, Yoann Gillet critique plusieurs hausses d’impôts mais indique que le budget « permet d’entériner ces mesures essentielles » obtenues selon lui par son groupe, et juge la motion « une mascarade ».
- Les Démocrates et Horizons soutiennent le compromis ; Paul Christophe (Horizons) salue « l’absence de hausses d’impôts pour les classes moyennes ».
- Selon nos données, 77 scrutins publics ont porté sur des amendements après l’article 3 du projet initial.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés RN et UDR, puis par des députés LFI-NFP, le Conseil a rendu la décision n° 2025-874 DC le 13 février 2025.
- Censurés : neuf articles étrangers au contenu possible d’une loi de finances (« cavaliers budgétaires »), dont l’article 177 créant un établissement public pour l’immobilier de l’État (§ 95 à 99) et les articles 155, 174, 176, 179 à 181, 187 et 194 (§ 108 à 115).
- Censuré : l’article 108, ajouté en commission mixte paritaire sans lien direct avec une disposition encore en discussion (§ 116 à 118).
- Validés : la procédure malgré le dépôt tardif (§ 7) ; le Conseil juge « très regrettable » la non-transmission de documents à la commission des finances, sans atteinte substantielle au débat (§ 9). La taxe nucléaire, le malus, la franchise de TVA et l’effort des collectivités (§ 81 et 104) sont conformes.
- Aucune réserve d’interprétation.
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, publiée au Journal officiel du 16 février 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif du projet de loi de finances pour 2025 (24/10/2026)
- Projet de loi de finances pour 2025, considéré comme adopté (T.A. n° 42) (05/02/2025)
- Scrutin n° 438 sur la première partie du projet de loi de finances pour 2025 (12/11/2024)
- Motion de censure déposée par Mathilde Panot et 90 députés (03/02/2025)
- Compte rendu de la séance du 5 février 2025 (motion de censure) (05/02/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-874 DC (13/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 74
- Contre
- 97
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 172
- Exprimés
- 171
- Majorité requise
- 86
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Contre | 0 | 63 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 37 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 14 | 1 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 18 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 4 | 1 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 63 dans le décompte
Contre (63) : Nicolas Meizonnet, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jorys Bovet, Angélique Ranc, Frédéric Falcon, Alexandra Masson (ancien député), Joëlle Mélin, José Gonzalez, Géraldine Grangier, Timothée Houssin, Christine Loir, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Alexis Jolly, Florence Goulet, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Michèle Martinez, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Sandra Delannoy, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Florence Joubert, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Aurélien Dutremble, Arnaud Sanvert (ancien député), Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Sébastien Humbert, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 15 dans le décompte
Contre (14) : Sébastien Huyghe, Constance Le Grip, Jean-René Cazeneuve, Sophie Panonacle, Olivia Grégoire, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Julie Delpech, David Amiel (ancien député), Emmanuelle Hoffman, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 37 dans le décompte
Pour (37) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Éric Coquerel, Danièle Obono, Sophia Chikirou, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, François Piquemal, Christophe Bex, Mathilde Hignet, Matthias Tavel, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Aurélie Trouvé, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Damien Maudet, Manon Meunier, Maxime Laisney, Carlos Martens Bilongo, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 15 dans le décompte
Pour (14) : Jérôme Guedj, Dominique Potier, Chantal Jourdan, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Fatiha Keloua Hachi, Elie Califer, Marie-José Allemand, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Sophie Pantel, Thierry Sother, Romain Eskenazi
Contre (1) : Estelle Mercier
Droite Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Véronique Louwagie (ancien député), Nicolas Ray, Corentin Le Fur
Écologiste et Social 18 dans le décompte
Pour (18) : Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Cyrielle Chatelain, Julie Laernoes, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (4) : Christophe Blanchet, Jean-Paul Mattei, Éric Martineau, Frantz Gumbs
Abstention (1) : Hubert Ott
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (5) : François Jolivet, Isabelle Rauch, Pierre Henriet, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard
Non-votant (1) : Naïma Moutchou (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Contre (4) : Jean-Pierre Bataille, Nicole Sanquer, Joël Bruneau, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 5 dans le décompte
Pour (5) : Stéphane Peu, Karine Lebon, Mereana Reid Arbelot, Frédéric Maillot, Emmanuel Maurel
UDR 3 dans le décompte
Contre (3) : Gérault Verny, Alexandre Allegret-Pilot, Charles Alloncle
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Estelle Mercier
Voulait voter Non-votant : Jérôme Legavre
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin