Votes · Scrutin n° 3650 · 9 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 651 de Mme Runel après l'article 24 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 24
- Texte
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 Projet de loi de financement de la sécurité sociale
Amendement déposé par Mme Runel et 68 cosignataires (SOC) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement des députés Socialistes et apparentés vise à lutter contre les phénomènes de rente et d’optimisation financière constatés parmi les acteurs de santé, en faisant évoluer de manière plus réactive la tarification des actes et forfaits versés aux professionnels de santé.
Plusieurs phénomènes encouragent à aller dans cette direction notamment des taux de rentabilité très élevés pour certains secteurs, financés par l’Assurance maladie.
Dans son rapport Charges et produits publié en juin 2025, cette dernière a analysé précisément les taux de rentabilité des secteurs de l’anatomopathologie, de l’audioprothèse, de la biologie, de la dialyse, de la médecine nucléaire, de la radiologie et de la radiothérapie.
Résultat : en 2022, tous ces secteurs présentent une rentabilité opérationnelle (ratio EBE/CA) moyenne supérieure à 15 %, soit le double de la rentabilité moyenne des entreprises marchandes non agricoles et non financières françaises (7,8 % en 2022 ) ; atteignant même 23,7 % en biologie et 27,2 % en radiothérapie.
Dans ce même rapport Charges et produits, l'Assurance maladie propose ainsi de "prévenir la constitution de rentes en faisant évoluer de manière plus réactive la tarification des actes et forfaits versés aux professionnels de santé".
Tel est l'objet du présent amendement qui donnerait pouvoir au Ministre de réduire d'autorité – et donc de passer outre les conventions – les tarifs remboursés des actes et des prestations réalisés.
Cet amendement démontre plus largement la volonté des socialistes de réaliser des économies en dépenses, sans impact pour les assurés sociaux, sans réduction de la qualité de la prise en charge. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après le I de l’article L. 162‑1‑7 du code de la sécurité sociale, il est inséré un I bis ainsi rédigé :
« I bis. – Lorsque le rapport moyen entre l’excédent brut d’exploitation et le chiffre d’affaires et le rapport moyen entre le résultat net et le chiffre d’affaires dégagés par les actes ou les prestations mentionnés au I du présent article sont supérieurs à des seuils déterminés par un décret pris après avis de la Haute autorité de santé, le tarif de ces derniers peut être réduit d’autorité par arrêté des ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale.
« Les modalités d’application du présent I bis sont déterminées par décret. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (le budget de la Sécurité sociale) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu, par Jean-Pierre Farandou, Stéphanie Rist et Amélie de Montchalin. D’après le texte définitif du 16 décembre 2025, la loi prévoit notamment :
- un objectif de dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 274,4 milliards d’euros pour 2026, contre 265,9 milliards en 2025 (article 109) ;
- un nouveau calendrier de l’âge légal de départ : 62 ans et 9 mois pour les assurés nés entre janvier 1963 et mars 1965, puis une hausse progressive jusqu’à 63 ans et 9 mois pour ceux nés en 1968 (article 105) ;
- une durée maximale pour les arrêts de travail prescrits, fixée par décret et d’au moins un mois pour une première prescription (article 81) ;
- un « congé supplémentaire de naissance » (article 99) et l’extension de la déduction de cotisations sur les heures supplémentaires aux entreprises de plus de 250 salariés (article 21).
Ce que ça change
Le texte définitif prévoit pour 2026 un déficit de 19,4 milliards d’euros pour l’ensemble des régimes de base (article 47). Le nouveau calendrier de départ à la retraite s’applique aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026 (article 105, VI). Selon le rapport annexé, revenir à l’équilibre en 2029 demandera « un effort supplémentaire de 23,7 milliards d’euros sur trois ans ».
Ce qui est contesté
Le 16 décembre 2025, en lecture définitive, l’Assemblée a adopté le texte par 247 voix contre 232 et 90 abstentions (scrutin n° 4758). Pour : Ensemble pour la République (91), Socialistes (64), Les Démocrates (36), LIOT (20), Droite républicaine (18). Contre : RN (123), LFI (69), UDR (16), GDR (10), Écologiste et social (9). Se sont surtout abstenus la Droite républicaine (28), les écologistes (27) et Horizons (25).
Selon le compte rendu de la séance, Hadrien Clouet (LFI) dénonce « un texte qui coupe plus de 3 milliards d’euros à l’hôpital et aux Ehpad ». Joëlle Mélin (RN) propose plutôt de « geler tout prélèvement supplémentaire ». Cyrielle Chatelain (Écologiste et social) s’oppose aux mesures sur les arrêts de travail mais juge que « rejeter ce budget, c’est demander aux soignants de faire la même chose avec moins d’argent ».
Le calendrier des retraites divise. Sandrine Runel (Socialistes) se félicite : « La réforme des retraites ? Suspendue. » Philippe Vigier (Les Démocrates) vote pour en avalisant « avec quelque regret » cette suspension. Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons) estime qu’elle laisse « croire à un retour possible à 62 ans ». Justine Gruet (Droite républicaine) annonce une abstention majoritaire de son groupe.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 18 décembre 2025 par des députés LFI et trois députés GDR, le Conseil a rendu le 30 décembre 2025 la décision n° 2025-899 DC. Censurés :
- la nouvelle définition de l’incapacité de travail ouvrant droit aux indemnités journalières, appréciée au regard d’une « activité professionnelle […] quelconque » : trop imprécise, elle prive de garanties le droit à des moyens convenables d’existence (article 83, § 82 à 91) ;
- des « cavaliers sociaux », mesures sans effet suffisant sur les comptes de la Sécurité sociale : autorisation préalable de la médecine esthétique, obligations liées au dossier médical partagé, rapport sur les retraites à Mayotte, entre autres (articles 51, 57, 60, 69, 72, 85, 91, 92 et 105, § 92 à 102).
Le Conseil n’émet aucune réserve. Il valide l’Ondam (§ 9), la limitation de durée des arrêts de travail, que le médecin peut dépasser en le justifiant (article 81, § 71 à 74), et la procédure d’adoption de l’article 54 sur le parcours de prévention (§ 51).
Où en est le texte
La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 a été publiée au Journal officiel du 31 décembre 2025, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 n° 1907 (14 octobre 2025)
- Texte définitif, T.A. n° 199, Assemblée nationale (16 décembre 2025)
- Scrutin public n° 4758 sur l’ensemble (lecture définitive) (16 décembre 2025)
- Compte rendu de la séance du 16 décembre 2025, Assemblée nationale (16 décembre 2025)
- Décision n° 2025-899 DC, Conseil constitutionnel (30 décembre 2025)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (30 décembre 2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 97
- Contre
- 67
- Abstention
- 58
- Non-votant
- 14
- Votants
- 222
- Exprimés
- 164
- Majorité requise
- 83
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Abstention | 0 | 2 | 57 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 3 | 23 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 29 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 41 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 17 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 13 | 1 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 2 | |
| LIOT 22 membres | aucun vote | 2 | 2 | 0 | 1 | |
| GDR 17 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 59 dans le décompte
Contre (2) : Antoine Villedieu, Béatrice Roullaud
Abstention (57) : Sébastien Chenu, Emmanuel Blairy, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Frédéric Falcon, Lionel Tivoli, Joëlle Mélin, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pierre Meurin, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Florence Goulet, Christophe Bentz, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thibaut Monnier, Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Maxime Amblard, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Marc de Fleurian, Aurélien Dutremble, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Anne Sicard
Ensemble pour la République 33 dans le décompte
Pour (3) : Éric Bothorel, Camille Galliard-Minier (ancien député), Charles Sitzenstuhl
Contre (23) : Sébastien Huyghe, Éric Woerth (ancien député), Franck Riester (ancien député), Stéphane Mazars (ancien député), Liliana Tanguy, Christine Le Nabour, Danielle Brulebois, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Anne Genetet, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Jean Terlier, Céline Calvez, Annie Vidal, Jean-Marie Fiévet, Mikaele Seo, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Nicolas Metzdorf, Charles Rodwell, Prisca Thevenot
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 29 dans le décompte
Pour (29) : Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Idir Boumertit, Élise Leboucher, Aurélie Trouvé, Alma Dufour, Clémence Guetté, Louis Boyard, Damien Maudet, Ersilia Soudais, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Karen Erodi, Thomas Portes, Aymeric Caron, Sandrine Nosbé, Anaïs Belouassa-Cherifi, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 41 dans le décompte
Pour (41) : Jérôme Guedj, François Hollande, Pascale Got, Guillaume Garot, Marie Récalde, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Olivier Faure, Joël Aviragnet, Christian Baptiste, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Sacha Houlié, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Anna Pic, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Martine Froger, Marie-José Allemand, Marc Pena, Océane Godard, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Peio Dufau, Denis Fégné, Thierry Sother, Sandrine Runel, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Romain Eskenazi, Béatrice Bellay, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 9 dans le décompte
Contre (6) : Jean-Yves Bony, Vincent Descoeur, Thibault Bazin, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Josiane Corneloup
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 17 dans le décompte
Pour (17) : Dominique Voynet, Delphine Batho, Clémentine Autain, Eva Sas, Pouria Amirshahi, François Ruffin, Hendrik Davi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Sabrina Sebaihi, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Les Démocrates 15 dans le décompte
Contre (13) : Philippe Vigier, Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Sandrine Josso, Philippe Bolo (ancien député), Josy Poueyto, Maud Petit, Nicolas Turquois, Cyrille Isaac-Sibille, Romain Daubié, Laurent Croizier, Frantz Gumbs, Anne Bergantz
Abstention (1) : Éric Martineau
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 14 dans le décompte
Contre (12) : Laurent Marcangeli, Bertrand Bouyx, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, François Gernigon, Xavier Albertini, Jean Moulliere (ancien député), Didier Lemaire, Béatrice Bellamy (ancien député), Frédéric Valletoux, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Pour (2) : Paul Molac, Stéphane Lenormand
Contre (2) : Yannick Favennec-Bécot, Jean-Luc Warsmann
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 5 dans le décompte
Pour (5) : Jean-Paul Lecoq, Elsa Faucillon, Yannick Monnet, Émeline K/Bidi, Édouard Bénard
Union des droites pour la République 8 dans le décompte
Contre (8) : Éric Ciotti, Vincent Trébuchet, Bernard Chaix, Matthieu Bloch, Bartolomé Lenoir, Charles Alloncle, Maxime Michelet, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin