Votes · Scrutin n° 367 · 8 novembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 521 de M. Maillot après l'article 26 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Gauche Démocrate et Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 26
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2025 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Maillot et 15 cosignataires (GDR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La vie chère dans les départements est une lutte qui dure depuis des années et connaît son paroxysme aujourd’hui avec les manifestations ayant lieu en Martinique. Cette vie chère se matérialise notamment par les déplacements aériens forcés des citoyens ultramarins pour retrouver leur famille. Au fil des années, ce sont des prix exorbitants qui continent d’enfler et pèsent sur les budgets parfois exsangues des ultramarins. À titre d’exemple, ce sont plus de 800 000 ultramarins qui vivent et travaillent en Ile-de-France et qui ne peuvent rentrer qu’une à maximum deux fois par ans pour retrouver leur proche. Depuis février 2024, l’association Ultramarins Doubout se mobilise afin de dénoncer l’explosion des prix des billets d’avion pour pouvoir rentrer en Outre-mer et une pétition recueille d’ores et déjà 37 000 signatures. Là où certains n’y voient que des destinations touristiques, il est temps d’établir une véritable continuité territoriale et cela commencera par une exonération de la taxe sur les billets d’avions pour les ultramarins concernés.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – La sous-section 1 de la section 2 du chapitre II du titre II du livre IV du code des impositions sur les biens et services est complétée par un article L. 422‑16‑1 ainsi rédigé :
« Art. L. 422‑16‑1. – Ne sont pas assujettis à la présente taxe les embarquements dans un des territoires mentionnés aux deuxième à cinquième alinéas de L. 422‑16, à l’article L. 112‑4, à l’article 74 de la Constitution, ainsi que la Corse, et ayant pour destination finale un autre de ces mêmes territoires. »
II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 26 : 28 scrutins publics, dont 8 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi déposé par le Gouvernement le 10 octobre 2024, qui fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2025. Principales mesures, d’après le texte adopté le 5 février 2025 (T.A. n° 42) et la décision du Conseil constitutionnel :
- une imposition minimale de 20 % pour les foyers dont le revenu dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) ;
- une contribution exceptionnelle des entreprises réalisant au moins 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en France, égale à 20,6 % de leur impôt sur les sociétés (41,2 % à partir de 3 milliards) ;
- une taxe sur les revenus des « centrales électronucléaires historiques », reversée aux consommateurs d’électricité, à partir du 1er janvier 2026 (décision, § 20 et 26) ;
- un plafond unique de franchise de TVA pour les petites entreprises (25 000 €, § 50) et un malus CO2 plus large sur les voitures neuves (§ 41) ;
- 1 milliard d’euros de recettes des collectivités mis en réserve en 2025, reversé ensuite sur trois ans (§ 102 à 105).
Ce que ça change
Le texte vise un déficit public de 5,4 % du PIB en 2025, après 6,0 % en 2024 (article liminaire), et un déficit de l’État de près de 139 milliards d’euros (article d’équilibre). Les foyers les plus aisés et les grandes entreprises paient des contributions nouvelles. Les collectivités perdent 1,2 milliard d’euros avec le gel de leur part de TVA, selon les travaux parlementaires cités par le Conseil (§ 81).
Ce qui est contesté
Le 12 novembre 2024, l’Assemblée a rejeté la première partie du texte (les recettes) par 362 voix contre 192 (scrutin n° 438), ce qui a entraîné le rejet de tout le projet en première lecture. Contre : RN, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, UDR et une partie de LIOT. Pour : LFI-NFP, Socialistes, Écologistes et GDR. Après le Sénat, une commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs) a rédigé une version commune.
Le 3 février 2025, le Gouvernement a engagé sa responsabilité sur cette version (article 49.3 : le texte est adopté sans vote, sauf si une motion de censure réunit 289 députés). La motion de censure déposée par Mathilde Panot (LFI-NFP) et 90 députés a obtenu 128 voix le 5 février : elle est rejetée.
- Pour LFI-NFP, Aurélie Trouvé estime : « Vous serez responsables du budget le plus austéritaire du XXIe siècle ».
- Selon Emmanuel Grégoire, les Socialistes, en désaccord avec le budget, « ont choisi démocratiquement de ne pas voter cette motion de censure, dans l’intérêt supérieur du pays ». Il cite la réindexation des pensions.
- Pour le RN, Yoann Gillet critique plusieurs hausses d’impôts mais indique que le budget « permet d’entériner ces mesures essentielles » obtenues selon lui par son groupe, et juge la motion « une mascarade ».
- Les Démocrates et Horizons soutiennent le compromis ; Paul Christophe (Horizons) salue « l’absence de hausses d’impôts pour les classes moyennes ».
- Selon nos données, 77 scrutins publics ont porté sur des amendements après l’article 3 du projet initial.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés RN et UDR, puis par des députés LFI-NFP, le Conseil a rendu la décision n° 2025-874 DC le 13 février 2025.
- Censurés : neuf articles étrangers au contenu possible d’une loi de finances (« cavaliers budgétaires »), dont l’article 177 créant un établissement public pour l’immobilier de l’État (§ 95 à 99) et les articles 155, 174, 176, 179 à 181, 187 et 194 (§ 108 à 115).
- Censuré : l’article 108, ajouté en commission mixte paritaire sans lien direct avec une disposition encore en discussion (§ 116 à 118).
- Validés : la procédure malgré le dépôt tardif (§ 7) ; le Conseil juge « très regrettable » la non-transmission de documents à la commission des finances, sans atteinte substantielle au débat (§ 9). La taxe nucléaire, le malus, la franchise de TVA et l’effort des collectivités (§ 81 et 104) sont conformes.
- Aucune réserve d’interprétation.
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, publiée au Journal officiel du 16 février 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif du projet de loi de finances pour 2025 (24/10/2026)
- Projet de loi de finances pour 2025, considéré comme adopté (T.A. n° 42) (05/02/2025)
- Scrutin n° 438 sur la première partie du projet de loi de finances pour 2025 (12/11/2024)
- Motion de censure déposée par Mathilde Panot et 90 députés (03/02/2025)
- Compte rendu de la séance du 5 février 2025 (motion de censure) (05/02/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-874 DC (13/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 34
- Contre
- 53
- Abstention
- 4
- Non-votant
- 2
- Votants
- 91
- Exprimés
- 87
- Majorité requise
- 44
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Contre | 0 | 41 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 22 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 1 | 0 | 4 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 41 dans le décompte
Contre (41) : Bruno Bilde, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, José Gonzalez, Caroline Colombier, Christine Loir, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Hélène Laporte, Florence Goulet, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Eddy Casterman, Romain Tonussi, Nadine Lechon, Julien Gabarron, Julien Guibert, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Arnaud Sanvert (ancien député), Matthias Renault, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 6 dans le décompte
Contre (5) : Jean-René Cazeneuve, Olivia Grégoire, Benjamin Dirx, Pierre Cazeneuve, David Amiel (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 22 dans le décompte
Pour (22) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Éric Coquerel, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Matthias Tavel, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Clémence Guetté, Manon Meunier, Arnaud Le Gall, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 4 dans le décompte
Pour (4) : Olivier Faure, Joël Aviragnet, Fatiha Keloua Hachi, Jacques Oberti
Droite Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Véronique Louwagie (ancien député)
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Pour (1) : Arnaud Bonnet
Abstention (4) : Eva Sas, Julie Laernoes, Sandra Regol, Julie Ozenne
Les Démocrates 3 dans le décompte
Pour (1) : Maud Petit
Contre (2) : Christophe Blanchet, Sophie Mette
Horizons & Indépendants 3 dans le décompte
Contre (2) : Sylvain Berrios, Félicie Gérard
Non-votant (1) : Naïma Moutchou (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 6 dans le décompte
Pour (6) : Stéphane Peu, Karine Lebon, Mereana Reid Arbelot, Davy Rimane, Frédéric Maillot, Emmanuel Maurel
UDR 1 dans le décompte
Contre (1) : Charles Alloncle
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin