Votes · Scrutin n° 3886 · 18 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 16 de Mme Duby-Muller et les amendements identiques suivants après l'article 3 du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 3
- Texte
- Projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 Projet de loi de finances rectificative
Amendement déposé par Mme Duby-Muller et 3 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Pour les collectivités à compétences départementales, la situation financière atteint son niveau le plus critique depuis 2010. Cette dégradation résulte d’un effet ciseaux particulièrement marqué : d’une part, l’augmentation des dépenses, notamment sociales, imposées par l’État ; d’autre part, par l’effondrement des recettes, liées à la conjoncture. Cette situation est aggravée par la suppression, depuis 2019, de tout levier fiscal propre aux Départements.
Le fonds de sauvegarde pour les Départements en difficulté, créé en 2020, est abondé par la dynamique de TVA, associée à la part supplémentaire de TVA reçue en compensation de la perte du foncier bâti.
Malgré les efforts de péréquation horizontale important dans un contexte contraint (1,5 milliard d’euros en 2025), le nombre de Départements ayant des difficultés à boucler leur budget s’accroît.
Un soutien aux Départements en difficulté, sur la base de critères objectifs, est donc indispensable au titre de la péréquation verticale et de la solidarité nationale.
Un outil existe pour ce faire : le fonds de sauvegarde pour les Départements en difficulté précédemment mentionné.
En loi de finances 2024, le Gouvernement avait doublé le rendement de ce fonds pour le porter à 100 M€. 14 Départements en grande difficulté étaient, alors, éligibles.
En loi de finances 2025, ce fonds n’a pas été abondé. 29 Départements en grande difficulté y auraient pourtant été éligibles.
Il convient de rattraper cette absence d’abondement, au titre de la solidarité verticale, en prévoyant 200 millions d’euros au titre de 2025.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Au titre de l’année 2025, il est institué un prélèvement sur les recettes de l’État visant à compléter le montant du fonds de sauvegarde mentionné au 2° du 4 du E du V de l’article 16 de la loi n° 2019‑1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020.
Le montant de cette dotation est fixé à 200 millions d’euros.
II. – Cette dotation est répartie selon les modalités fixées au II bis de l’article de l’article 208 de la loi n° 2019‑1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020, dans sa rédaction issue de l’article 252 de la loi n° 2023‑1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024.
III. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Roland Lescure et Amélie de Montchalin, déposé le 10 novembre 2025 en procédure accélérée (n° 2068). Une loi de « fin de gestion » ajuste les crédits de l’année en cours ; selon l’exposé des motifs, elle ne peut pas contenir de mesure fiscale. D’après cet exposé, le projet initial :
- ouvre 3,0 milliards d’euros de crédits sur le budget général et en annule 4,2 milliards, en plus de 2,7 milliards déjà annulés en cours d’année ;
- finance la hausse des charges de service public de l’énergie (+1,1 milliard), la défense (+0,3 milliard), la sécurité en outre-mer et une saison de feux exceptionnelle (+0,2 milliard) ;
- complète les crédits de la prime d’activité (+0,3 milliard), de l’allocation aux adultes handicapés et de l’hébergement d’urgence (+0,1 milliard chacun) ;
- annule notamment 1,6 milliard sur le plan « France 2030 » et 0,8 milliard sur la mission « Travail, emploi » ;
- maintient la prévision de déficit public à 5,4 % du PIB pour 2025.
Ce que ça change
Selon la ministre Amélie de Montchalin, le texte garantit le paiement en décembre de l’AAH et de la prime d’activité et le maintien de 203 000 places d’hébergement d’urgence (séance du 2 décembre 2025). Selon le rapporteur général Philippe Juvin, la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour proposer un texte commun) a ajouté notamment 10 millions d’euros pour les viticulteurs, 15 millions pour le service civique et 20 millions pour le Centre national d’études spatiales.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a d’abord rejeté le texte le 18 novembre 2025 par 145 voix contre 107 (scrutin n° 3936) : contre, RN (82), LFI-NFP (47), UDR (9) ; abstention de la plupart des socialistes (31) et des écologistes (15). Après le Sénat et un accord en commission mixte paritaire, elle a adopté le texte commun le 2 décembre 2025 par 217 voix contre 213 (scrutin n° 4442). Contre : RN (118), LFI-NFP (67), GDR (15), UDR (8), 3 écologistes. Pour : EPR (82), Droite républicaine (43), Démocrates (35), Horizons (32), LIOT (18). Abstention : socialistes (59) et écologistes (20).
- Pour le RN, Matthias Renault soutient que le texte « n’est ni un texte technique, ni un texte de pure gestion » et s’oppose au milliard supplémentaire pour les « énergies intermittentes ».
- Pour LFI-NFP, Aurélien Le Coq affirme qu’il « représente 10 milliards d’euros de coupes budgétaires sur 2025 ».
- Pour GDR, Nicolas Sansu résume : « si 3 milliards d’euros de crédits sont ouverts, 4,2 milliards sont annulés ».
- Pour EPR, Charles Sitzenstuhl défend « un texte indispensable à la bonne marche de l’État et des services publics ». Pour LIOT, Charles de Courson rappelle qu’« aucune nouvelle dépense n’est créée par ce texte ».
- Selon nos données, l’état B (répartition des crédits par mission) a fait l’objet de 35 scrutins publics, dont 16 serrés.
Où en est le texte
Adopté par le Sénat le 3 décembre 2025, sans saisine du Conseil constitutionnel. Promulguée : loi n° 2025-1173 du 8 décembre 2025 de finances de fin de gestion pour 2025, publiée au Journal officiel du 9 décembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2068 et exposé général des motifs (10/11/2025)
- Compte rendu de la séance du 17 novembre 2025 (motion de rejet, discussion générale) (17/11/2025)
- Scrutin n° 3936 (première lecture, rejet) (18/11/2025)
- Compte rendu de la séance du 2 décembre 2025 (texte de la commission mixte paritaire) (02/12/2025)
- Scrutin n° 4442 (texte de la commission mixte paritaire) (02/12/2025)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 89
- Contre
- 97
- Abstention
- 5
- Non-votant
- 2
- Votants
- 191
- Exprimés
- 186
- Majorité requise
- 94
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 61 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 16 | 1 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 18 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 30 | 1 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 16 | 0 | 1 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 1 | 6 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 8 | 1 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 5 | 0 | 2 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 3 | 4 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Pour | 2 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 61 dans le décompte
Contre (61) : Marine Le Pen, Bruno Bilde, Christian Girard, Jérôme Buisson, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Julien Rancoule, Alexandra Masson (ancien député), Joëlle Mélin, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Serge Muller, Pascale Bordes (ancien député), Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Laurent Jacobelli, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Sandra Delannoy, Guillaume Florquin, Bruno Clavet, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Jonathan Gery, Aurélien Dutremble, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy
Ensemble pour la République 18 dans le décompte
Contre (16) : Florent Boudié (ancien député), Brigitte Klinkert, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Lionel Causse, Denis Masséglia, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Natalia Pouzyreff, Jean-François Rousset, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Paul Midy, Vincent Caure
Abstention (1) : Bastien Marchive
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 18 dans le décompte
Pour (18) : Ugo Bernalicis, Sarah Legrain, Sylvain Carrière, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Idir Boumertit, Élise Leboucher, Maxime Laisney, Karen Erodi, Thomas Portes, Aymeric Caron, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 31 dans le décompte
Pour (30) : Alain David, Guillaume Garot, Hervé Saulignac, Marie Récalde, Fanny Dombre Coste, Colette Capdevielle, Jiovanny William, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Stéphane Delautrette, Aurélien Rousseau, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Laurent Lhardit, Marc Pena, Jacques Oberti, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Denis Fégné, Thierry Sother, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Ayda Hadizadeh
Contre (1) : Peio Dufau
Droite Républicaine 17 dans le décompte
Pour (16) : Michel Herbillon, Jean-Yves Bony, Philippe Gosselin, Vincent Descoeur, Thibault Bazin, Éric Pauget, Fabrice Brun, Pierre Cordier, Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Hubert Brigand, Justine Gruet, Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli, Nicolas Tryzna, Élisabeth de Maistre
Abstention (1) : Philippe Juvin
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Pour (13) : Dominique Voynet, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Hendrik Davi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Cyrielle Chatelain, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Karim Ben Cheikh, Catherine Hervieu, Steevy Gustave
Les Démocrates 7 dans le décompte
Pour (1) : Delphine Lingemann
Contre (6) : Olivier Falorni (ancien député), Christophe Blanchet, Sophie Mette, Perrine Goulet, Blandine Brocard, Emmanuel Mandon
Horizons & Indépendants 10 dans le décompte
Contre (8) : Sylvain Berrios, Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Isabelle Rauch, Jérémie Patrier-Leitus, Michel Criaud, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Abstention (1) : Félicie Gérard
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 7 dans le décompte
Pour (5) : Yannick Favennec-Bécot, Jean-Luc Warsmann, Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Charles de Courson
Abstention (2) : Jean-Pierre Bataille, Christophe Naegelen
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Marcellin Nadeau
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Pour (3) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Éric Michoux
Contre (4) : Marc Chavent, Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot
Non inscrit 3 dans le décompte
Pour (2) : Philippe Bonnecarrère, Lionel Vuibert
Contre (1) : Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin