Votes · Scrutin n° 3895 · 18 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 40 de Mme Diop et l'amendement identique suivant à l'article 5 et Etat B du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ETAT B
- Texte
- Projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 Projet de loi de finances rectificative
Amendement déposé par Mme Diop et 8 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés vise à supprimer les annulations de crédits des programmes "Aide économique et financière au développement" et "Solidarité à l’égard des pays en développement", de la mission Aide publique au développement.
En chute libre depuis 2024, les crédits de la mission Aide publique au développement (APD) ont diminué de près de 3 milliards d’euros ; soit près de la moitié des crédits de cette mission budgétaire. Les cinq coupes budgétaires successives contre l’APD, inédites par leur ampleur, ont eu pour conséquence d’affaiblir gravement cette mission budgétaire. Alors que les parlementaires ont inscrit dans la loi du 4 août 2021 que « la politique de développement solidaire et de lutte contre les inégalités mondiales est un pilier de la politique étrangère de la France », c’est l’une des missions du budget de l’État la plus gravement coupée.
Nous constatons également que ces coupes ciblent particulièrement les crédits alloués au programme 209 (don-projet, don-ONG, dispositifs de financement associatif à fort impact). Les différentes coupes ont ainsi durement et durablement impacté quatre fonds qui ont largement fait preuve de leur impact depuis leur création : le fonds en faveur de la paix et de la résilience (MINKA) pourtant salué par l’OCDE, le dispositif de financement des initiatives des organisations de la société civile (I-OSC), le Fonds de soutien aux organisations féministes (FSOF), et le Fonds d’urgence humanitaire et de stabilisation (FUHS).
Une telle baisse de l’APD est incompatible avec les engagements de la France, et totalement à rebours des besoins, qui n’ont jamais été aussi élevés. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ETAT B : 35 scrutins publics, dont 16 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Roland Lescure et Amélie de Montchalin, déposé le 10 novembre 2025 en procédure accélérée (n° 2068). Une loi de « fin de gestion » ajuste les crédits de l’année en cours ; selon l’exposé des motifs, elle ne peut pas contenir de mesure fiscale. D’après cet exposé, le projet initial :
- ouvre 3,0 milliards d’euros de crédits sur le budget général et en annule 4,2 milliards, en plus de 2,7 milliards déjà annulés en cours d’année ;
- finance la hausse des charges de service public de l’énergie (+1,1 milliard), la défense (+0,3 milliard), la sécurité en outre-mer et une saison de feux exceptionnelle (+0,2 milliard) ;
- complète les crédits de la prime d’activité (+0,3 milliard), de l’allocation aux adultes handicapés et de l’hébergement d’urgence (+0,1 milliard chacun) ;
- annule notamment 1,6 milliard sur le plan « France 2030 » et 0,8 milliard sur la mission « Travail, emploi » ;
- maintient la prévision de déficit public à 5,4 % du PIB pour 2025.
Ce que ça change
Selon la ministre Amélie de Montchalin, le texte garantit le paiement en décembre de l’AAH et de la prime d’activité et le maintien de 203 000 places d’hébergement d’urgence (séance du 2 décembre 2025). Selon le rapporteur général Philippe Juvin, la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour proposer un texte commun) a ajouté notamment 10 millions d’euros pour les viticulteurs, 15 millions pour le service civique et 20 millions pour le Centre national d’études spatiales.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a d’abord rejeté le texte le 18 novembre 2025 par 145 voix contre 107 (scrutin n° 3936) : contre, RN (82), LFI-NFP (47), UDR (9) ; abstention de la plupart des socialistes (31) et des écologistes (15). Après le Sénat et un accord en commission mixte paritaire, elle a adopté le texte commun le 2 décembre 2025 par 217 voix contre 213 (scrutin n° 4442). Contre : RN (118), LFI-NFP (67), GDR (15), UDR (8), 3 écologistes. Pour : EPR (82), Droite républicaine (43), Démocrates (35), Horizons (32), LIOT (18). Abstention : socialistes (59) et écologistes (20).
- Pour le RN, Matthias Renault soutient que le texte « n’est ni un texte technique, ni un texte de pure gestion » et s’oppose au milliard supplémentaire pour les « énergies intermittentes ».
- Pour LFI-NFP, Aurélien Le Coq affirme qu’il « représente 10 milliards d’euros de coupes budgétaires sur 2025 ».
- Pour GDR, Nicolas Sansu résume : « si 3 milliards d’euros de crédits sont ouverts, 4,2 milliards sont annulés ».
- Pour EPR, Charles Sitzenstuhl défend « un texte indispensable à la bonne marche de l’État et des services publics ». Pour LIOT, Charles de Courson rappelle qu’« aucune nouvelle dépense n’est créée par ce texte ».
- Selon nos données, l’état B (répartition des crédits par mission) a fait l’objet de 35 scrutins publics, dont 16 serrés.
Où en est le texte
Adopté par le Sénat le 3 décembre 2025, sans saisine du Conseil constitutionnel. Promulguée : loi n° 2025-1173 du 8 décembre 2025 de finances de fin de gestion pour 2025, publiée au Journal officiel du 9 décembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2068 et exposé général des motifs (10/11/2025)
- Compte rendu de la séance du 17 novembre 2025 (motion de rejet, discussion générale) (17/11/2025)
- Scrutin n° 3936 (première lecture, rejet) (18/11/2025)
- Compte rendu de la séance du 2 décembre 2025 (texte de la commission mixte paritaire) (02/12/2025)
- Scrutin n° 4442 (texte de la commission mixte paritaire) (02/12/2025)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 73
- Contre
- 151
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 224
- Exprimés
- 224
- Majorité requise
- 113
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 75 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 28 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 22 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 26 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 22 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 1 | 4 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 75 dans le décompte
Contre (75) : Hervé de Lépinau, Nicolas Meizonnet, Marie-France Lorho, Jérôme Buisson, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Alexandra Masson (ancien député), Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Auguste Evrard, Jonathan Gery, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard
Ensemble pour la République 29 dans le décompte
Contre (28) : Constance Le Grip, Florent Boudié (ancien député), Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Bertrand Sorre, Ludovic Mendes, Amélia Lakrafi, Guillaume Gouffier Valente, Natalia Pouzyreff, Stéphane Buchou, Thomas Gassilloud, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Antoine Armand (ancien député), Nicolas Metzdorf, Paul Midy, Bastien Marchive, Pierre Cazeneuve, Marc Ferracci
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 22 dans le décompte
Pour (22) : Loïc Prud'homme, Ugo Bernalicis, Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Andrée Taurinya, Emmanuel Fernandes, Idir Boumertit, Élise Leboucher, Louis Boyard, Manon Meunier, Thomas Portes, René Pilato, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 26 dans le décompte
Pour (26) : François Hollande, Pascale Got, Claudia Rouaux, Laurent Baumel, Colette Capdevielle, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Elie Califer, Emmanuel Grégoire (ancien député), Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Julien Gokel (ancien député), Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 16 dans le décompte
Contre (16) : Michel Herbillon, Jean-Yves Bony, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Véronique Louwagie (ancien député), Christelle Minard, Guillaume Lepers (ancien député), Éric Pauget, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Fabien Di Filippo (ancien député), Émilie Bonnivard, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Justine Gruet, Corentin Le Fur, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 22 dans le décompte
Pour (22) : Eva Sas, Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Catherine Hervieu, Benoît Biteau, Emmanuel Duplessy, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 12 dans le décompte
Contre (12) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Sophie Mette, Sandrine Josso, Perrine Goulet, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Nicolas Turquois, Mickaël Cosson, Éric Martineau
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Contre (7) : Thierry Benoit, Paul Christophe (ancien député), Isabelle Rauch, Félicie Gérard, Philippe Fait, Béatrice Bellamy (ancien député), Benoît Blanchard
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Pour (1) : Stéphane Lenormand
Contre (4) : Jean-Luc Warsmann, Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Elsa Faucillon, Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Contre (7) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Maxime Michelet, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin