Votes · Scrutin n° 3897 · 18 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 6 de M. Renault à l'article 5 et Etat B du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ETAT B
- Texte
- Projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 Projet de loi de finances rectificative
Amendement déposé par M. Renault et les membres du groupe Rassemblement National (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le 11 novembre 2025, lors de sa rencontre avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à l’Élysée, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé que la France s’engage à verser une aide humanitaire supplémentaire de 100 millions d’euros à la bande de Gaza en 2025.
Dans un contexte budgétaire marqué par un endettement record et un déficit public structurel, cette allocation de crédits supplémentaires apparaît difficilement justifiable. Chaque euro dépensé doit aujourd’hui répondre à une priorité nationale clairement identifiée ; or, ces aides extérieures, souvent peu évaluées, n’offrent pas de garantie d’efficacité directe. L’argent public devrait d’abord être mobilisé pour répondre aux besoins urgents du pays : financement des services publics, soutien aux ménages, sécurité et souveraineté économique.
Par ailleurs, plusieurs rapports et analyses soulignent le manque de transparence et de contrôle entourant certaines aides internationales. La traçabilité des fonds reste partielle, les mécanismes d’évaluation insuffisants, et des cas de détournements présumés ont déjà été évoqués dans la presse. Dans ce contexte israélo-palestinien notamment, des inquiétudes existent quant à un possible usage indirect de certaines subventions européennes ou françaises au profit d’organisations liées au Hamas.
En conséquence, le présent amendement annule, en autorisations d’engagement et en crédits de paiement, les crédits de l’action 02 – Coopération bilatérale, du programme 209 – Solidarité à l’égard des pays en développement, d’un montant de 100 millions d’euros, portés par le Fondes d’urgence humanitaire et de stabilisation (FUHS).
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ETAT B : 35 scrutins publics, dont 16 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Roland Lescure et Amélie de Montchalin, déposé le 10 novembre 2025 en procédure accélérée (n° 2068). Une loi de « fin de gestion » ajuste les crédits de l’année en cours ; selon l’exposé des motifs, elle ne peut pas contenir de mesure fiscale. D’après cet exposé, le projet initial :
- ouvre 3,0 milliards d’euros de crédits sur le budget général et en annule 4,2 milliards, en plus de 2,7 milliards déjà annulés en cours d’année ;
- finance la hausse des charges de service public de l’énergie (+1,1 milliard), la défense (+0,3 milliard), la sécurité en outre-mer et une saison de feux exceptionnelle (+0,2 milliard) ;
- complète les crédits de la prime d’activité (+0,3 milliard), de l’allocation aux adultes handicapés et de l’hébergement d’urgence (+0,1 milliard chacun) ;
- annule notamment 1,6 milliard sur le plan « France 2030 » et 0,8 milliard sur la mission « Travail, emploi » ;
- maintient la prévision de déficit public à 5,4 % du PIB pour 2025.
Ce que ça change
Selon la ministre Amélie de Montchalin, le texte garantit le paiement en décembre de l’AAH et de la prime d’activité et le maintien de 203 000 places d’hébergement d’urgence (séance du 2 décembre 2025). Selon le rapporteur général Philippe Juvin, la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour proposer un texte commun) a ajouté notamment 10 millions d’euros pour les viticulteurs, 15 millions pour le service civique et 20 millions pour le Centre national d’études spatiales.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a d’abord rejeté le texte le 18 novembre 2025 par 145 voix contre 107 (scrutin n° 3936) : contre, RN (82), LFI-NFP (47), UDR (9) ; abstention de la plupart des socialistes (31) et des écologistes (15). Après le Sénat et un accord en commission mixte paritaire, elle a adopté le texte commun le 2 décembre 2025 par 217 voix contre 213 (scrutin n° 4442). Contre : RN (118), LFI-NFP (67), GDR (15), UDR (8), 3 écologistes. Pour : EPR (82), Droite républicaine (43), Démocrates (35), Horizons (32), LIOT (18). Abstention : socialistes (59) et écologistes (20).
- Pour le RN, Matthias Renault soutient que le texte « n’est ni un texte technique, ni un texte de pure gestion » et s’oppose au milliard supplémentaire pour les « énergies intermittentes ».
- Pour LFI-NFP, Aurélien Le Coq affirme qu’il « représente 10 milliards d’euros de coupes budgétaires sur 2025 ».
- Pour GDR, Nicolas Sansu résume : « si 3 milliards d’euros de crédits sont ouverts, 4,2 milliards sont annulés ».
- Pour EPR, Charles Sitzenstuhl défend « un texte indispensable à la bonne marche de l’État et des services publics ». Pour LIOT, Charles de Courson rappelle qu’« aucune nouvelle dépense n’est créée par ce texte ».
- Selon nos données, l’état B (répartition des crédits par mission) a fait l’objet de 35 scrutins publics, dont 16 serrés.
Où en est le texte
Adopté par le Sénat le 3 décembre 2025, sans saisine du Conseil constitutionnel. Promulguée : loi n° 2025-1173 du 8 décembre 2025 de finances de fin de gestion pour 2025, publiée au Journal officiel du 9 décembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2068 et exposé général des motifs (10/11/2025)
- Compte rendu de la séance du 17 novembre 2025 (motion de rejet, discussion générale) (17/11/2025)
- Scrutin n° 3936 (première lecture, rejet) (18/11/2025)
- Compte rendu de la séance du 2 décembre 2025 (texte de la commission mixte paritaire) (02/12/2025)
- Scrutin n° 4442 (texte de la commission mixte paritaire) (02/12/2025)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 78
- Contre
- 135
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 213
- Exprimés
- 213
- Majorité requise
- 107
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 70 | 1 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 27 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 28 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 28 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 24 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 1 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 71 dans le décompte
Pour (70) : Hervé de Lépinau, Nicolas Meizonnet, Marie-France Lorho, Jérôme Buisson, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Alexandra Masson (ancien député), Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Hélène Laporte, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Auguste Evrard, Jonathan Gery, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard
Contre (1) : Michel Guiniot
Ensemble pour la République 28 dans le décompte
Contre (27) : Constance Le Grip, Florent Boudié (ancien député), Élisabeth Borne, Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Bertrand Sorre, Ludovic Mendes, Guillaume Gouffier Valente, Natalia Pouzyreff, Stéphane Buchou, Thomas Gassilloud, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Nicolas Metzdorf, Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Marc Ferracci
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 28 dans le décompte
Contre (28) : Loïc Prud'homme, Ugo Bernalicis, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Idir Boumertit, Élise Leboucher, Louis Boyard, Manon Meunier, Karen Erodi, Thomas Portes, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 28 dans le décompte
Contre (28) : François Hollande, Pascale Got, Hervé Saulignac, Claudia Rouaux, Laurent Baumel, Colette Capdevielle, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Jiovanny William, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Elie Califer, Emmanuel Grégoire (ancien député), Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Julien Gokel (ancien député), Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 6 dans le décompte
Contre (6) : Jean-Yves Bony, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Fabien Di Filippo (ancien député), Antoine Vermorel, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 24 dans le décompte
Contre (24) : Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Catherine Hervieu, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 10 dans le décompte
Contre (10) : Olivier Falorni (ancien député), Erwan Balanant, Sophie Mette, Sandrine Josso, Perrine Goulet, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Nicolas Turquois, Mickaël Cosson, Éric Martineau
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (5) : Paul Christophe (ancien député), Isabelle Rauch, Jérémie Patrier-Leitus, Philippe Fait, Benoît Blanchard
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Pour (1) : Constance de Pélichy
Contre (3) : Jean-Luc Warsmann, Stéphane Lenormand, Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Elsa Faucillon, Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Pour (7) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Maxime Michelet, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Abstention : Constance Le Grip, Nicolas Metzdorf
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin